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ISBN : 2226238425
Éditeur : Albin Michel (04/01/2012)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 114 notes)
Résumé :
« La force d'évocation de sa prose et la rigueur de son imagination me rappelle Faulkner. » Philip Roth

De Braconniers à Smonk, en passant par la formidable Culasse de l'enfer, Tom Franklin s'est affirmé comme l'une des nouvelles voix majeures de la littérature américaine.
Dans le Mississipi des années 70, tout aurait dû séparer Larry Ott et Silas Jones : la classe sociale et la couleur de peau. Les deux adolescents sont pourtant devenus amis,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
mickaela
  26 août 2013
Je retourne depuis un moment cette critique dans ma tête mais l'inspiration ne vient pas. C'est étrange la difficulté que j'ai de ne pouvoir en parler et pourtant je l'ai aimé ce livre, oui, et c'est même pile le genre de bouquin que j'aime, que je ne n'oublie pas, qui reste graver un long moment après sa lecture .
J'ai été conquise et j'ai passé un bon moment . On a aucune difficulté à suivre le rythme de l'histoire car le ton est juste, les personnages très humains qu'on ne peut que les aimer et les descriptions très réalistes. La solitude des personnages, celle notamment de larry le pourri est touchante sans être larmoyante. La dualité Silas/ Larry est exempte de tous les clichés habituels : l'homme noir n'est pas le faible et l'homme blanc le fort. C'est l'inverse et c'est précisément ce point là qui est intéressant.
Tom Franklin signe un très beau roman que je prendrai sans hésiter sur un île déserte.
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patrick75
  02 mai 2015
Tom Franklin est doté d'une écriture qui vous transportera à Chabot, Mississippi et qui vous rendra votre liberté qu'à la toute dernière ligne. le talent de l'auteur réside dans sa sobriété et sa capacité à vous immergé dans son « monde ». L'enquête policière reste en retrait pour laisser place à une histoire d »'amitié » , une histoire de rapport humain d'enfants devenus adultes. Un polar où l'on trouve de la sensibilité et de l'émotion.
Commenter  J’apprécie          260
Ellane92
  19 novembre 2013
Silas Jones, après une carrière de sportif arrêtée net par un accident, revient en tant que constable (une sorte de gardien de la paix) dans le patelin de son enfance. Il est contacté à plusieurs reprises par Larry, qu'il a connu enfant, jusqu'à ce que ce dernier soit découvert une balle dans la poitrine. Cette agression fait suite à la disparition d'une fille, qui nous ramène à la disparition d'une autre fille que Silas a connue avant de partir à l'université, du temps où il n'était qu'un enfant noir et pauvre. D'aller-retour entre le passé et le présent, on revit avec Silas sa pauvreté et son arrivée misérable avec sa mère dans la petite ville, son amitié cachée et difficile avec Larry Otts, blanc de la classe moyenne, alors qu'à l'époque, les blancs, c'était contre les noirs, son talent pour le base-ball, son intolérance à l'injustice...
Ce descriptif me parait un peu confus. Tout simplement parce que, de mon point de vue, l'histoire n'est pas l'important de ce livre !
L'intérêt est dans l'écriture, qui mérite le nom de prose tant elle est à la fois simple et facile d'accès, mais aussi subtile ! On se laisse emporter par la beauté de la langue, perdre dans les descriptions de lieu, d'actions, de pensées, avec juste l'envie de tourner la page pour continuer à lire, parce que c'est trop bien ! C'est un roman sensitif, dans le sens où il sature tous nos sens : on sent l'odeur de la cigarette de l'inspecteur, on entend le bruit de la main qui gratte la joue mal rasée, on se délecte du roman. Les sujets abordés sont graves, mais l'auteur ne tombe jamais ni dans le vulgaire, ni dans la facilité. Ca a vraiment été un grand coup de coeur, j'ai adoré.
Je tiens quand même à dire que ce livre a un gros défaut : il est beaucoup, beaucoup, beaucoup trop court !
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tynn
  18 juin 2013
Une garçon noir, un garçon blanc...
Dans les années 70, dans le sud des Etats unis, une amitié aurait pu s'épanouir entre deux adolescents, entre parties de pêche, chasse et vagabondage dans une nature encore préservée de la future industrie forestière..
Mais c'était sans compter les adultes, leur éducation frustre et violente, leur manipulation, la misère économique quotidienne et une injure raciste malencontreuse, qui brise net ...
Trente ans plus tard, Jerry "le blanc" est resté au pays, seul, marginalisé par des soupçons de meurtre et d'enlèvement et Silas, "le noir", est policier, de retour dans le village d'enfance, quasi désertifié. le passé va les rattraper.
Je suis entrée en douceur dans cette histoire, avec une impression de "déjà vu": campagnes pauvres et reculées, habitants miséreux, alcool, familles fracassées et racisme ordinaire! La littérature américaine n'est pas avare de ces thèmes.
Et, peu à peu, mon plaisir s'est accru au fil des pages car les réminiscences de Silas ouvre un livre de vie familiale attachant, construit sur les secrets, les nons-dits, la quête d'identité et le regret de s'être perdus en chemin.
L'extrême solitude de Jerry est touchante, l'honnêteté et le désir de rédemption de Silas palpables et l'écriture de Tom Franklin très évocatrice d'images et de personnalités du Vieux Sud. On peut comprendre l'allusion à une paternité créatrice à la Faulkner.
Un très bon roman noir, rude, âpre et fraternel.
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Allantvers
  25 juillet 2018
Voilà un livre qui aura décliné de toutes les manières le vieil adage : « ne pas se fier aux apparences ».
Avant de l'ouvrir, je croyais mordicus que « le retour de Silas Jones » était un western, mettant en face les retrouvailles tendues de deux hommes dans un village désert. Que nenni, nous sommes à la fin du 20ième siècle dans le Mississipi avec voitures, cinéma de plein air et cannettes de bières. Une fois ouvert, j'ai d'abord cru que c'était un polar : non plus. Il y a bien un cadavre, deux même, un représentant de l'ordre, une enquête qui suit son cours mais non, ce n'est pas un polar.
Qu'est-ce donc alors que ce roman, et d'où lui vient cette lourde grâce ?
D'abord d'une écriture riche et dense, âpre aussi comme le destin des personnages parfaitement incarnés. On « croit » à Silas Jones, ce jeune constable noir qui revient dans le hameau de son enfance et dont on perçoit d'emblée le poids de silence qui pèse sur ses souvenirs, comme on croit à Larry Ott, Le Blanc pestiféré et ostracisé par la communauté depuis la disparition des années plus tôt d'une jeune collégienne dont on lui impute le meurtre, et que l'on apprend à découvrir au fil des pages dans le désert de solitude absolu de sa vie.
Et c'est là tout le talent de ce roman pénétrant, construit de manière à couler de la banale intrigue policière vers l'étude intimiste d'une amitié inavouable entre un Noir et un Blanc née au fond d'un coin de Mississipi encore perclus de reflexes racistes, à travers la révélation progressive de tous les éléments banals ou tragiques qui abîmeront cette amitié, laquelle se reconstruira tout en nuances sur la base des souffrances vécues de part et d'autre, dans une vérité dans laquelle rien n'est blanc ni noir.
Un magnifique roman sur la culpabilité, sur le choix et l'absence de choix, la résilience et le pardon.
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critiques presse (2)
LeFigaro   13 avril 2012
Tom Franklin, avec Le Retour de Silas Jones, son troisième roman, fait une nouvelle fois la preuve de la diversité de son talent. Aucun humour, cette fois. Aucun lyrisme. Juste un fait divers, une histoire très simple: deux jeunes filles disparues, à vingt ans d'écart.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LesEchos   03 janvier 2012
A la fin de cette tragédie moderne en forme de thriller, le coeur blanc et le coeur noir ne feront plus qu'un. Le lecteur, ivre d'avoir avalé cette liqueur forte d'un seul trait, aura le sentiment non seulement d'avoir vécu une formidable histoire, mais aussi et surtout de comprendre un peu mieux l'Amérique.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
patrick75patrick75   01 mai 2015
Mais en regardant les images de ce monde, il se sentait prisonnier de ce qu'il était devenu. Ce n'était plus le monde des feuilles vertes où son père venait à l'école avec un fusil qu'il rangeait dans un coin près du poêle afin, sur le chemin du retour, de tuer des écureuils pour le dîner.
L'été , le jeune Carl Ott se promenait torse nu, bruni par le soleil, des tiques dans les cheveux et des aoûtats qui se régalaient de son sang. Aujourd'hui, on déboisait, les moustiques vous transmettaient le virus du Nil et les tiques, la maladie de Lyme. Le soleil vous donnait le cancer de la peau, et si vous apportiez une arme en classe, c'était pour tuer vos camarades.
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patrick75patrick75   28 avril 2015
Sur les trottoirs défoncés poussait des mauvaises herbes, les portes et les fenêtres de nombreux bâtiments étaient condamnés par des planches. Silas longea l'ancien bureau de poste, puis un magasin de vêtements demeuré si longtemps sans clients qu'il s'était transformé l'espace d'une brève période en magasin de vêtements vintage sans avoir besoin de renouveler son stock.
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CerisemarmotteCerisemarmotte   02 juillet 2015
Silas se souvenait que longtemps auparavant, après qu'ils avaient quitté la cabane dans la forêt des Ott pour s'installer à Fulsom, il montait dans le bus scolaire où le paysage flou défilait derrière les vitres sur le chemin de l'école, du base-ball et de son avenir. Qui sait, peut-être qu'il avait pris ce même bus avant qu'il soit reconverti en bar. Et maintenant ? Rien qu'un fossé rempli de mauvaises herbes, une véritable décharge. Tout était figé. L'enfance se résume-t-elle à ça, des choses qui passent à toute allure devant une fenêtre, des arbres soudés par un mouvement trop rapide pour qu'on en mesure les conséquences ? Dans ce cas, qu'est donc l'âge adulte ? Le bus qui s'arrête ? Un homme de quarante ans et quelque qui se heurte à son passé, alors que le kudzu continue de pousser ?
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AncolieAncolie   16 juillet 2012
Il songea à Silas, au temps qui empilait les nouvelles années sur les anciennes, lesquelles demeuraient cependant toujours là, pareilles aux premiers et plus petits anneaux dans le coeur des arbres, les plus cachés, enfermés dans les ténèbres et protégés des intempéries. Mais quand une scie pénètre dedans en hurlant, que l'arbre bascule, que les anneaux sont blessés par le soleil et que la sève luit, la souche se trouve exposée aux yeux de tous.
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patrick75patrick75   29 avril 2015
Le coup de la ceinture irrita plus encore Carl que le refus d'oncle Colin de manger de la viande parce que, bien que son père ne l'ait jamais dit, Larry savait qu'il considérait le port de la ceinture de sécurité comme un signe de lâcheté.
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