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EAN : 9782207116104
208 pages
Éditeur : Denoël (22/08/2013)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 533 notes)
Résumé :
Vers quelle forêt secrète se dirige la photographe partie à la recherche d'un certain Boychuk, témoin et brûlé des Grands Feux qui ont ravagé le nord de l'Ontario au début du XX ième siècle? On ne le saura pas. Au moment où s'amène la photographe, Boychuck vient tout juste de mourir.
Tom et Charlie, deux survivants, ignorent que la venue de la photographe bousculera leur vie. Ils feront la rencontre d'un personnage aérien, Marie-Desneige. Elle a 82 ans et tou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (150) Voir plus Ajouter une critique
tynn
  06 septembre 2014
Qu'elle jase bien, Jocelyne Saucier !
Je me suis sentie bien à mon aise dans cette jolie histoire canadienne, dans cet univers insolite peuplé de personnages pétris d'humanité.
Des petits vieux hors d'âge vivent en solitaires chacun dans sa cabane de rondins, coupés du monde dans des bois reculés, ravitaillés et protégés de la civilisation par des marginaux, gentils trafiquants-cultivateurs de substances illicites. Un huit-clos en crépuscule de vie, fait de liberté et de sérénité, en dépit des drames passés.
Des cabanes de planches, des chiens loyaux et confortables, des patates aux lardons et du thé sucré, des pièges sous la neige ou les feuilles, et la beauté d'une nature vierge, immense, reposante.
La mort peut venir, on l'attend, on s'en gausse, car cette fin de vie est belle et fraternelle, et elle réserve encore des parenthèses enchantées: des visiteuses inattendues, des tableaux qui expliquent la vie d'un ami disparu...
Jocelyne Saucier est donc une jolie conteuse à la plume poétique et chaleureuse. Elle se fait historienne en nous transportant dans le Canada du début du 20ème siècle, où les villes minières de l'Ontario se faisaient ravager par les Grands Feux, immenses incendies incontrôlables et dévastateurs de vies humaines. Un monde de furie et de fumée qui carbonisait et asphyxiait même les oiseaux.
Une lecture émouvante et délicate pour un bien bel hommage à la vieillesse, exprimé avec une grande sensiblité. Cela pourrait être gentiment niais, c'est tout simplement magnifique!
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fanfanouche24
  06 juillet 2014
Grâce à des commentaires épatants de camarades de Babelio, en plus d'un ami, m'envoyant un article très convaincant… Tout ceci conjugué m'a donné l'envie irrépressible de découvrir cette auteure canadienne...et grand bien m'en a pris !
Cela ne m'arrive pas fréquemment de quitter à regret un récit et les personnages, auxquels je me suis attachée… ce fut le cas avec cette fiction, crée à partir d'un évènement réel de l'histoire canadienne, nommé « les Grands feux » survenu en 1916…Incendies gigantesques qui ont ravagé des villages et fait de nombreux morts….
Une photographe s'intéresse à ces évènements très anciens, recueille, collecte des informations pour pouvoir retrouver les survivants…aujourd'hui « octogénaires »… Elle fera ainsi la connaissance de deux « anciens »… aux forts tempéraments, retirés au fin fond de la forêt , ayant rejeté certaines valeurs de la société , dont la manière de traiter et d'infantiliser les « vieux »…
Tom et Charlie ( le 3ème larron, Ted, venant de mourir à l'arrivée de la photographe) ont conclu un pacte entre eux… au cas où ils ne pourraient plus se débrouiller seuls. Ils ont décidé de changer de vie, d'être libres de vivre à leur manière et surtout de vieillir et de mourir dans la dignité…
Ce petit noyau d'hommes , complété de deux hommes plus jeunes et atypiques, va être « révolutionné » par l'irruption de deux nouvelles venues : la photographe souhaitant faire leur connaissance et connaître leur parcours, après ces terribles évènements des « Grands feux » datant de plus de 60 ans… et Marie-Desneige, une très vieille dame dont la vie a été une longue injustice… qui va être accueillie, protégée , choyée… et dont l'existence va lui rendre enfin une belle « éclaircie » de fin de vie, une histoire d'amour intense et lumineuse, au sein de ce « noyau d'amis »…
Un très beau style, avec des mots nouveaux à nos oreilles de « France »… qui doublent l'enchantement de la lecture.
Une ode à La Liberté, à l'Amitié, à la contestation nécessaire pour préserver les valeurs essentielles de notre vie ici-bas, à la Nature…à une authenticité entre les êtres. Un roman magique, que l'on ne quitte qu'à regret… J'ai noté pour « mes cahiers de vacances » de cet été, la lecture d'un autre écrit de cette romancière, dont j'apprécie l'univers et le ton singulier !
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joedi
  30 octobre 2015
Imaginez ma surprise lorsqu'arrivée à un moment de ma lecture, je découvre que je suis allée dans ces lieux où se déroule l'histoire du roman ! Un mois de vacances au Canada, juillet 1975. Quelques jours à Montréal ensuite l'Ontario, du nord au sud, Cochrane et ses environs ainsi qu'un lac, lieux que je retrouve dans Il pleuvait des oiseaux, puis Ottawa, Toronto et Niagara, de très beaux souvenirs d'un pays où j'aurais aimé vivre. Ce livre il fallait vraiment que je le lise.
Une photographe recherche les survivants des grands feux qui ont ravagé la région au début du XXᵉ siècle, elle a appris qu'un de ceux-ci, Boychuck, vit dans la forêt près de Cochrane, elle s'y rend mais, trop tard, il est mort depuis peu. Là, elle rencontre Charlie et Tom, les amis de Boychuck, deux vieillards épris de liberté qui ont choisi de disparaître en forêt. Ensuite arrive Bruno qui cultive un champs de marijuana près de la cabane de Boychuck, c'est lui qui apporte le ravitaillement. Un jour, Bruno amène Marie Desneige, une petite vieille auréolée de cheveux blancs, craintive, elle a passé sa vie dans un asile dont l'a sortie son neveu. Une belle histoire que nous raconte Jocelyne Saucier, l'histoire de ces être épris de liberté qui ont choisi de vivre en marge d'une société qu'ils ont fui.
Comme pour Les héritiers de la mine, j'ai adoré l'écriture de Jocelyne Saucier. À lire !
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kateginger63
  11 février 2019
Une bulle de tendresse dans le bois
*
J'ai remarqué que depuis quelques mois, les romans québecois me font toujours du bien. Une sorte de chaleur douce qui se répand dans mon corps et mon esprit. Une quiétude restant en suspension au creux de ma conscience.
Cet attachement me laisse rêveuse et je ne me rue pas directement sur mon clavier pour vous en parler. Je laisse passer les jours. Et ça fait du bien :)
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Il y a quelques temps, j'ai rencontré virtuellement une québecoise sur Bookstagram, Anne and the Boyz, qui m'a proposé de faire une LC (lecture commune) de @Bondrée . (un roman québecois). Fort de ce succès , nous avons récidivé avec ce roman intimiste de Jocelyn Saucier.
J'avoue que le thème de la vieillesse et le grand âge ne m'attirent pas spécialement. Mais le fait que l'histoire se passe dans une communauté isolée dans un bois au Québec m'a fortement intéressé.
*
Me voilà donc partie dans une forêt reculée, sauvage, protégée de la civilisation, impénétrable , sombre mais aussi lumineuse.
L'auteure a utilisé un fait divers , "les Grands feux" (incendie meurtrier survenu en 1916) qui a fait des ravages mortels et écologiques. Puis elle a brodé une histoire fictionnelle sur un héros de cet incendie et dont on suit les traces dans ce bois.
Bien sûr, ce n'est qu'un élément pour nous amener dans ce lieu et nous présenter les personnages qui l'habitent.
Des êtres épris de liberté (vous savez, cette liberté sauvage et primitive), de vieillards amoureux de la vie, respectueux, tendres et aussi drôles.
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Tout au long du récit, j'ai eu l'impression d'être dans un conte. Cette cabane perdue, la police qui tient lieu de l'ogre, les jeunes hommes "bonne fée" qui nourrissent ses hôtes. Le ton est résolument onirique et contemplatif.
*
Les arrivées simultanées de la jeune photographe, puis de cette gracieuse petite dame vont "réveiller" les consciences. Bouleverser l'ordre naturel. En douceur, sans heurts, avec amour et bienveillance.
*
Malgré la tragédie en filigrane de ce récit, ce fût un concentré de bonheur de lecture. Il fait du bien, tout simplement.....
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colka
  27 février 2018
Je peux dire qu'en ce moment j'ai la main heureuse avec la littérature canadienne. Après La Femme qui fuit de Anaïs Bardeau-Lavalette, j'ai plongé avec ravissement dans Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier.
L'auteure s'amuse à nous entraîner dans un pseudo conte. Mais ne vous y trompez pas, les héros de cette histoire n'entretiennent pas de franche ressemblance avec ceux que l'on a l'habitude de rencontrer dans ce genre de récit.
Jugez plutôt ! Charlie, Tom, Ed Boychuck ou Ted ou Edward (un doute planera toujours sur son véritable prénom), veulent échapper à "toutes les travailleuses sociales du monde qui veulent enfermer les vieux dans des mouroirs". Ils vont donc se retirer dans une forêt profonde de l'Ontario pour y vivre en ermite. Ce n'est pas pour y mourir ! Certes non... C'est en tout cas ce qu'ils découvrent et ils ne se privent pas de narguer la grande faucheuse dans leurs conversations tout en jetant un oeil de côté vers la petite boîte de strychnine que chacun d'entre eux garde à proximité. On ne sait jamais...
Les deux autres personnages masculins du roman n'ont rien de princes charmants, eux non plus. Et même s'ils jouent les bonnes fées auprès du trio d'octogénaires, ils manifestent un goût très prononcé pour le "hors clous", l'un cultivant tranquillement ses plants de marijuana avec la complicité de Ted et l'autre vivotant dans un hôtel où plus aucun voyageur ne s'arrête hormis les égarés, jusqu'au jour où arrive la princesse de l'histoire !
Là encore l'auteure nous gâte car ce personnage n'est pas tout à fait celui que l'on attend puisqu'il s'agit d'une petite vieille de quatre-vingt dix ans dont soixante-six passés en hôpital psychiatrique. Marie-Desneige (ça ne vous rappelle rien ?) entretient une très forte ressemblance, en dépit de son âge avec le personnage de Poucette dans le conte d'Andersen. "La petite vieille était vraiment minuscule, de la taille d'une enfant de douze ans, très fragile, une poupée de porcelaine et ne bougeait qu'à petits gestes." le dernier personnage , celui de la photographe est sans doute un peu le double de l'auteure et la "caution narrative" du récit qu'elle va d'ailleurs commencer et finir.
Ce jeu avec les codes du conte est très amusant à suivre mais le talent de l'auteure ne s'arrête pas là. C'est une excellente portraitiste alliant le sens et le goût de la caricature à celui de l'observation lorsqu'elle évoque le regard, thème récurrent qui balaie tout le roman, via notamment le personnage de la photographe. le rire est aussi très présent car tous ces personnages sont souvent confrontés à des situations irrésistiblement drôles.
Mais ce côté léger, iconoclaste et drôle du roman a son pendant tragique. Et l'évocation des Grands Feux, qui ont ravagé le Canada au début du XXème siècle, coupe d'ailleurs le récit en deux parties. J'ai été impressionnée par la puissance de cette évocation. Au-delà du réalisme et de descritions très documentées sur les mécanismes des grands incendies, l'auteure a su, grâce à son regard et à son phrasé, donner aux scènes qui les évoquent une dimension apocalyptique.
Et comment ne pas penser en lisant ces pages sur cet holocauste naturel à tous ceux qui ont émaillé L Histoire ou qui jalonnent encore l'actualité. Rescapés mutiques, héros mythiques ou martyrs, tous les holocaustes de tous les temps ont des victimes qui se ressemblent : plus de voix, plus de regard...
C'est ce qui m'a désarmée et émue à la lecture de ce chapitre.
Il pleuvait des oiseaux. Un titre qui m'avait semblé poétique mais dont on découvre la véritable portée au cours du roman et c'est ce qui fait sa force !
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critiques presse (1)
Actualitte   23 décembre 2013
Sans intention philosophique ni discours contestataire ou jugement moral sur notre société et civilisation, ce roman va bien au-delà, rend un vibrant hommage aux vieux, à la liberté de mourir, à l'amour et à la nature. Sans commentaires superflus. Juste bienveillant.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (184) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   26 mai 2016
Tout est là, ce pétillement de lumière rose dans les yeux d’une petite vieille qui s’amuse avec son âge et cette image d’une pluie d’oiseaux sous un ciel noir, tout vient de là. La photographe ne se serait pas aventurée sur les routes du Nord, ne se serait pas lancée dans cette quête si elle avait pris une photo à ce moment-là, si elle avait fait clic sur cette pluie d’oiseaux dans les yeux de la petite vieille du High Park.
Séduite et intriguée par une vieille dame qui portait en elle des images d’une beauté apocalyptique et puis séduite et intriguée par toutes ces vieilles personnes qui avaient la tête peuplée des mêmes images.
Elle en était venue à les aimer plus qu’elle n’aurait cru. Elle aimait leurs voix usées, leurs visages ravagés, elle aimait leurs gestes lents, leurs hésitations devant un mot qui fuit, un souvenir qui se refuse, elle aimait les voir se laisser dériver dans les courants de leur pensée et puis, au milieu d’une phrase, s’assoupir. Le grand âge lui apparaissait comme l’ultime refuge de la liberté, là où on se défait de ses attaches et où on laisse son esprit aller là où il veut.
+ Lire la suite
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fanfanouche24fanfanouche24   24 juin 2014
Je suis photographe, ai-je dit aussitôt. Il fallait dissiper tout malentendu. je n'avais rien à lui vendre, aucune mauvaise nouvelle à lui annoncer, je n'étais ni travailleuse sociale, ni infirmière, je n'étais surtout pas du gouvernement, la pire des engeances, j'ai pu le constater chez tous les vieillards que j'ai visités. Vous n'êtes pas du gouvernement, j'espère ?
La question, si je mets trop longtemps à expliquer ma présence, ne tarde pas. On ne veut pas d'un fonctionnaire qui vient vous dire qu'il y a quelque chose qui cloche dans votre vie. (p.16)
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araucariaaraucaria   08 juin 2015
Je me croyais un dur, capable d'en encaisser, mais de les entendre discuter de leur propre mort comme s'il s'agissait d'aller pisser ou d'écraser un pou, j'avais le coeur à vomir.
- La mort, on en fait notre affaire, avait lancé Tom du haut de sa voix éraillée.
Et puis, plus calmement, car il avait senti mon malaise :
- T'es trop jeune, essaye pas de comprendre.
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DidiliDidili   15 février 2015
Elle en était venue à les aimer plus qu'elle n'aurait cru. Elle aimait leurs voix usées, leurs visages ravagés, elle aimait leurs gestes lents, leurs hésitations devant un mot qui fuit, un souvenir qui se refuse, elle aimait les voir se laisser dériver dans les courants de leur pensée et puis, au milieu d'une phrase s'assoupir. Le grand âge lui apparaissait comme l'ultime refuge de la liberté, là où se défait de ses attaches et où on laisse son esprit aller là où il veut.
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araucariaaraucaria   06 juin 2015
Je ne pouvais rien distinguer à l'intérieur de la cabane, c'était sombre et emmêlé, mais l'odeur qui s'en dégageait m'était familière. L'odeur de ces hommes des bois qui vivent seuls depuis des années dans l'intimité de toutes ces macérations. Odeur d'abord de corps mal lavés, je n'ai vu aucune douche aucun bain dans aucune des cabanes d'habitation de mes vieux amis des bois. Odeur de graillon, ils se nourrissent principalement de viandes poêlées, d'épais ragoûts, de viande sauvage qui nécessite un lourd apport de gras. Odeur de poussière déposées en strates momifiées sur tout ce qui ne bouge pas. Et odeur sèche du tabac qui est leur principale drogue.
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Videos de Jocelyne Saucier (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jocelyne Saucier
L'écrivaine Jocelyne Saucier vous fait découvrir des extraits de son roman Il pleuvait des oiseaux (XYZ, 2011). L'année de sa publication, cette oeuvre a remporté le Prix des cinq continents de la Francophonie, une récompense littéraire créée par l'Organisation internationale de la Francophonie. Jocelyne Saucier lit également, en primeur, des extraits de son tout nouveau roman qui sorti cet automne : À train perdu (XYZ, 2020). // Emprunter les romans de Jocelyne Saucier en version numérique http://bit.ly/JSaucier
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