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ISBN : 9791028102951
Éditeur : Bragelonne (16/05/2018)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 80 notes)
Résumé :
Eté 1979. Franck Servin, 18 ans, fuit le naufrage du foyer familial pour réviser son bac. Il trouve refuge chez son oncle et sa tante, dans une ferme isolée de la Creuse où quatre ans plus tôt, son cousin a trouvé la mort sur une route qu'il connaissait pourtant depuis son enfance. Cette tragédie a ouvert une plaie qui ne s'est jamais refermée. Elle ronge insidieusement le cœur de ses proches et attend son heure pour frapper de nouveau.
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Critiques, Analyses et Avis (50) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  17 septembre 2018
Ferme de la Renardière, Creuse, 3 juillet 1979. Chevauchant sa Kawasaki, Franck se dirige vers la ferme de son oncle et de sa tante, Victor et Hélène. Aujourd'hui âgé de 19 ans, cela fait quatre années qu'il n'a pas remis les pieds ici. Pas depuis qu'un corbillard contenant le corps de son cousin, Paul, était garé devant. Fuyant un foyer en plein naufrage, son père alcoolique ayant trop souvent la main lourde sur sa mère, le jeune homme est venu réviser son bac qu'il a malheureusement raté étant donné le contexte familial chaotique. Sa ressemblance avec son cousin étant frappante, sa tante et son oncle sont quelque peu ébranlés et bouleversés en le voyant, projetant évidemment ce que serait devenu leur fils s'il n'avait pas eu ce stupide accident de mobylette. Malheureusement pour Franck, cette période, qui se devait calme et sérieuse, va vite s'assombrir...

Sur son lit de mort, trente ans après ce fameux été de 1976, un été qui verra la fin de son innocence et de son adolescence, Franck raconte, par le menu, ces quelques jours passés à la Renardière, chez son oncle et sa tante. Au fil des confidences jetées sur le papier, il évoque évidemment le décès tragique de son cousin et les répercussions inébranlables. Dans cette campagne creusoise, d'apparence calme, reposante et verdoyante, Jacques Saussey nous offre un roman profondément noir où s'entremêlent un présent et un passé tragiques et sombres. Cette narration non linéaire happe le lecteur dès les premières lignes, le plongeant dans une atmosphère lourde, suffocante et mystérieuse. Campé par des personnages denses et attachants, ce roman de terroir teinté de noir, habilement construit, se révèle diablement efficace et retors.
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Paola93130
  22 juin 2018
Haute comme trois pommes, brune, les yeux noisette virant au vert, j'ai une vérue sur le nez et des poils aux genoux. le ménage étant l'un de mes sports favoris, je suis impitoyable avec le moindre grain de poussière. Fan de Fado et de football, je suis fervente catholique et je prie, quelques fois, la Vierge de Fatima (aaah ! Sainte Marie !.... qu'il le marque ce foutu penalti, notre Cristiano !). J'adore la morue et les « pastéis de nata », bref, j'ai tout de la portugaise typique….Je suis née au Portugal, j'aime mon pays, j'en suis fière…
Cependant, je ne serais sûrement pas la même si je n'avais pas grandi en France. Lieu commun, me direz-vous. Avec La Palice, on a fait bien mieux que moi…Mais, c'est la « vérité vraie ». Vous savez où se situe la France, pour moi ? Dans mon coeur. Bien au fond, bien au chaud. J'en ai gardé des images (aaaah, le cinéma français…), des sons (aaaaah, la chanson française..) des odeurs (de doux parfums, pour mon nez à verrue), des paysages (trop peu) et d'excellents souvenirs. Un de ces jours, je vous en raconterai (même si ça ne vous intéresse pas).
Avec ses « Principes mortels » Jacques Saussey m'a envoutée. Son écriture simple et vivante, ses tournures de langage, ses descriptions comme je n'en lisais pas depuis quelque temps, m'ont replongée dans cette France que je n'ai pas eu le temps de parcourir autant que je l'aurais souhaité, mais que j'ai la sensation de connaître comme si je m'y étais promenée, au fil des livres lus. Il m'a prise par la main et m'a emmenée dans la Creuse. Je l'y ai suivi et j'ai adoré la région, que j'ai sentie omniprésente. J'aime « m'immerger » dans les lieux que je lis comme si j'y étais… surtout si je n'y ai jamais mis les pieds ! Si pour certains le chant des oiseaux, le bruit d'un ruisseau, un relief accidenté, la caresse du vent importent peu dans un roman de ce genre, pour moi, c'est primordial de lire « avec tous les sens » : la vue, l'ouïe, l'odorat s'éveillent à la lecture, comme si c'était « en vrai ». Ainsi, l'auteur écrit ici un roman noir, une histoire prenante, pleine de secrets et de non-dit « à la française », dans « une ambiance de terroir », sans pour autant en faire un pavé et sans les « effets spéciaux » américains ou anglais (que j'apprécie, bien sûr, mais pas autant). S'il m'était possible d'en faire un film, je verrais très bien les regrettés Victor Lanoux, Annie Girardot et Yves Montand dans les rôles principaux. Pour les jeunes, j'y mettrais Pierre Niney et Louane Emera. Qu'en dites-vous? J'imagine très bien mes idoles d'il y a plus de trente ans donnant le ton aux jeunesses d'aujourd'hui que je ne connais (malheureusement) pas assez.
C'est une longue confession, d'un homme fatigué de vivre qui parle comme s'il crevait un abcès. Racontée à deux temps, avec une construction classique mais efficace, un « effeuillage » subtil des indices et même une grosse frayeur, sans descriptions sanglantes. L'auteur m'a emmenée où il le souhaitait et j'ai beaucoup aimé la promenade. J'ai repensé à Maupassant, à Pagnol…À « La petite Roque », à « Jean de Florette » plus les accents de la modernité qui s'imposaient.
Merci beaucoup à Netgallay et aux Éditions Bragelonne de m'avoir fait ce cadeau.
P.S. : au fait, je vous ai fait marcher…je n'ai pas de verrue sur le nez !

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nameless
  07 septembre 2018
On sait dès le prologue daté de 2011, que le narrateur est en fin de vie, qu'il a choisi de venir mourir dans la ferme où lors de l'été 1979, des événements dramatiques se sont déroulés. Le roman est construit sur des allers-retours entre ces deux périodes, au cours desquels les pièces du puzzle familial toxique s'emboîtent, le passé explique lentement le présent. C'est l'histoire de Franck que raconte Jacques Saussey dans Principes Mortels, son premier roman découvert par les Nouveaux Auteurs avant d'être réédité par Bragelonne en 2018.

En 1979, après un énième cassage de gueule de maman par papa, Franck, leur fiston de 19 ans qui a loupé son bac, est envoyé chez tonton Victor et tata Hélène, au fin fond de la Creuse pour potasser ses maths en vue d'épreuves de repêchage en septembre, magnanimement accordées par le rectorat, en raison du contexte familial fracassant.

Question de se remonter le moral et de se changer les idées, il y aurait à dire. Car Victor et Hélène ont perdu leur fils Paul quatre plus tôt sans pouvoir se remettre de ce drame. Circonstance aggravante, Franck ressemble comme deux gouttes d'eau à son cousin, ce qui attise leur souffrance. Heureusement, l'air de la campagne est vivifiant ; les travaux des champs procurent une saine fatigue récompensée par des repas locavores ; Gwen, une gamine du cru, trouve Franck à son goût et l'aide à réviser des problèmes d'intégrales et de dérivées. Mais.... Il ne s'agirait pas d'un polar si la mort de Paul n'apparaissait pas rapidement suspecte à Franck, si Victor ne souffrait pas d'étranges maux inexpliqués...

Comment dire ? Il s'agit d'un premier roman, et l'indulgence est de mise, d'autant plus que l'auteur a fait ses preuves par la suite. Les dialogues sont trop abondants et simples, comme pour remplir l'espace. Jacques Saussey s'essaie à l'exercice de la métaphore, quelquefois de manière involontairement amusante. La description de la vie à la campagne est quelque peu superficielle. Mais surtout, le lycéen est doté d'une maturité invraisemblable pour son âge.

Comme c'est parfois le cas, lorsqu'un auteur rencontre le succès et devient banquébeule, son premier opus passé inaperçu lors de sa parution, est réédité pour des motifs commerciaux. Personnellement, et ce n'est que mon avis, je pense qu'il ne s'agit pas toujours d'une bonne idée. J'ajoute que fortuitement, j'ai lu la bibliographie très succincte en fin de roman avant de commencer sa lecture, et là, c'était mort. Elle donne des renseignements essentiels sur l'un des ressorts de l'intrigue et anéantit une bonne partie du suspense. Futurs lecteurs, ne commettez pas cette erreur.
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Crossroads
  31 août 2018
Une histoire dans la Creuse, qui ne l'est pas.
Hu, hu, hu.
Tiens, un fou rire...
Quatre années se sont écoulées depuis le décès de Paul, son cousin.
De retour chez tonton (pas Mitterrand) et tatie (pas le magasin), Franck espère échapper au chaos familial tout en bachotant son rattrapage.
Accueil réservé, ambiance pesante.
Hey, y aurait pas comme une douce fragrance d'été inoubliable ?
Et il le fut...
Typique du bouquin d'ambiance qui ferait passer la Toussaint pour la fête à Neu-Neu, Principes Mortels vous drape de son noir manteau en vous plombant le moral tout de go et l'assumant gaillardement tout du long.
Rancoeur, non-dits, subtile vengeance ourdie, le festin est royal, la digestion délicate.
La plume acide de Saussey distille savamment son mortel poison, poussant le lecteur à moult conjectures forcément saugrenues, déductions s'appuyant régulièrement sur celles, nombreuses, de notre Sherlock de passage, j'ai nommé Francky Holmes.
Le seul truc qui m'a durablement titillé ici, c'est la maturité affichée par ce gamin de 19 piges.
Son laïus, un problème, une solution.
Véritable couteau-suisse de la débrouille, Francky dépannage assure H24.
Nonobstant ce léger désagrément, l'auteur délivre une copie magistrale. Véritable petit bijou de noirceur familiale dans son écrin de trahison au grand air, Principes Mortels revisite la citation de Jules Renard affirmant que la campagne se prête à toutes les divagations du rêve. Encore un qui n'a pas lu Jacques Saussey...
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AudreyT
  26 juin 2018
*****
Pauvre Franck... A 18 ans, il doit passer 6 semaines au milieu de la Creuse, dans la ferme isolée de son oncle et sa tante pour réviser son bac et passer la session de septembre. Mais le plus dur n'est pas là... Cette maison était aussi celle de son cousin, Paul, décédé 4 ans plus tôt dans un accident. Paul et lui était très proches, comme des frères, et la douleur et l'incompréhension de ce drame le hante encore. Mais il ne sait pas qu'il va découvrir que cette tragédie n'est que la partie émergée de l'iceberg...
Ce livre est une agréable surprise : de l'auteur je ne connaissais rien et du polar noir je ne suis pas lectrice habituelle... Et j'ai dévoré ce roman de Jacques Saussey en 2 jours !!! Il est fort bien écrit, les personnages sont travaillés et attachants et l'intrigue est menée avec rythme et intelligence. Un drame familial au milieu des forêts, des bêtes et des petits villages silencieux... Ne cherchez plus votre prochaine lecture, partez pour cette exaltante aventure !!!
Merci à NetGalley et aux éditions Bragelonne pour leur confiance...
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critiques presse (1)
Chatelaine   14 mars 2014
Dans un récit d’une rare noirceur, Jacques Saussey offre une fine analyse de l’âme humaine, un huis clos étouffant où les découvertes sordides se multiplient jusqu’au dénouement… près de 30 ans plus tard.
Lire la critique sur le site : Chatelaine
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   17 septembre 2018
Y a-t-il un bon âge pour mourir ?
On a tendance à penser qu'on part toujours trop tôt. En fait, il n'y a pas de vérité. On part quand le cercle se rompt, quand les fils qui nous relient au vivant se nécrosent et pourrissent, nous abandonnent à la pesanteur d'un corps vidé de son essence.
C'est tout.
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namelessnameless   25 août 2018
- Tu as fait bonne route ?
Question classique quand on ne sait pas quoi dire quand des membres de la même famille se retrouvent après des années d'absence, séparés comme des mondes étrangers qui font semblant de s'être côtoyés par la pensée.
p. 28
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marina53marina53   17 septembre 2018
À peine le portail ouvert, elle se jette dans mes bras et éclate en sanglots. Mon petit... J'ai dix-neuf ans et j'ai encore droit à des "mon petit". Je suppose que toutes les mères du monde ont du mal à couper le cordon...
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marina53marina53   17 septembre 2018
C'est curieux comme, quand on a manifestement la preuve que tout va au plus mal, on peut garder quand même au plus profond de soi un déni de la plus cinglante évidence.
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marina53marina53   19 septembre 2018
La vie a parfois un humour féroce qui nous rend à notre triste condition de mortel, de simple pion sur un échiquier divin dont les règles du jeu nous dépassent.
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Videos de Jacques Saussey (27) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jacques Saussey
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