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EAN : 9782902324071
364 pages
Cosmopolis (27/08/2020)
3.91/5   398 notes
Résumé :
Marc Torres, écrivain à succès, vit seul avec son fils dans un immense domaine isolé dans les bois.
Alexandre a été très perturbé par le décès de sa mère, cinq ans plus tôt. Plongé dans son travail pour tenter d'oublier la douleur du deuil, Marc ne l'a pas soutenu comme il l'aurait dû.
Lorsque son fils lui demande l'autorisation d'inviter des amis chez eux pour son dix-huitième anniversaire, Marc ne peut refuser, même s'il craint les débordements des j... >Voir plus
Que lire après Cinq doigts sous la neigeVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (133) Voir plus Ajouter une critique
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Rien que le titre fait froid dans le dos.
Cinq doigts sous la neige.
Des multitudes de questions germent aussitôt dans nos esprits retors.
Ces doigts sont-ils éparpillés ou encore attachés à leur main d'origine ? A leur corps d'origine ?
Ou est-ce que ce sont des doigts de pied ?
Ce ou ces corps sont-ils encore en vie ou ou atteints de la rigidité cadavérique post mortem ?
D'ailleurs, est-ce que ce sont les doigts d'une seule personne ou ceux de cinq personnes différentes ?
Sont-ils brûlés, ensanglantés ? Les ongles ont-ils été arrachés ?
Est-ce que ce sont de gros doigts boudinés, tâchés de nicotine ?
Ou de jolis doigts féminins manucurés et vernis de bleu ciel et d'or, avec des paillettes ?
Est-ce que mettre des doigts dans la neige pendant qu'on dort provoque le même réflexe de la vessie que lorsqu'on plonge une main dans l'eau tiède ?
Autant de questions lancinantes qui m'ont poussé à me procurer le nouveau roman de Jacques Saussey et à le lire aussitôt.
Et croyez-le ou non, depuis que j'ai entamé ma lecture, la température a chuté de dix degrés.
Et je ne crois pas aux coïncidences.

Malgré ses quelques rebondissements, je qualifierais davantage Cinq doigts sous la neige de roman noir ou de roman à l'atmosphère pesante que de thriller.
Angoissant à souhait, il peut rappeler au début Shining de Stephen King ou Vertige de Franck Thilliez pour son côté tempête de neige et huis-clos.
Avec une touche d'Inexorable de Claire Favan, tant pour cet engrenage machiavélique qui se met en place que parce que le livre parle notamment de tout ce qu'un père serait capable de faire pour son fils. Jusqu'à quelles extrémités il serait prêt à aller pour le protéger.
Un sujet peut-être discutable en l'occurrence, mais comme vous le verrez protéger son fils n'est pas juste un instinct paternel mais aussi un acte contenant une part d'égoïsme, d'intérêt personnel.

L'histoire se déroule en septembre 1974, dans les Vosges.
Valérie Giscard d'Estaing avait fixé deux mois plus tôt la date de la majorité en France à dix-huit ans.
Jacques Saussey a volontairement choisi une date lointaine, quand la police ne disposait pas des mêmes moyens qu'aujourd'hui.

Marc Torres est un écrivain de science-fiction de renommée internationale, extrêmement riche.
Extrêmement veuf également, même si le fantôme de feu son épouse Véronique semble hanter sa villa, donnant une dimension parfois surnaturelle et même macabre au roman.
"Une terreur sourde, palpable, aussi tangible et étanche qu'un couvercle de cocotte-minute."
Son fils Alexandre souhaite inviter quelques camarades de classe chez eux afin de célébrer son anniversaire. le père finit par céder mais à une condition : Pas de drogue ni d'alcool.
Alexandre, qui avait envie de s'arracher la tête, insiste. Et son père finit par céder : plusieurs bouteilles de Mister Cocktail, parce que sans alcool la fête est plus folle.
Le jour J ses petits camarades sont conduits un à un par leurs parents. Michelle Morange déposera sa fille Mathilde, aussi jolie que manipulatrice. Jonathan Keller emmènera son fils Romain. Citons également l'inquiétant Pierre, mauvaise fréquentation ou Henri le fils du maire.
En tout dix garçons et cinq filles libres de leurs mouvements tandis que Marc écrit, inspiré, à l'intérieur.
Mais ces jeunes vont-ils pouvoir se contenter d'une fête sage sans qu'un joint ou une bonne bouteille ne circulent entre eux ? Sans que certaines libidos ne se réveillent ?
D'autant qu'une brusque tempête de neige vient perturber la soirée, que les flocons viennent inonder les routes menant chez les Torres, et qu'aucun chasse neige ne passera ce soir pour dégager ces routes devenues impraticables.
"Les milliards de queues de lapin qui tombent du ciel sans discontinuer commencent à recouvrir les traces qu'il a creusées dans le tapis immaculé."
"Les flocons, lourds comme des morceaux de coton congelé, s'abattaient avec une densité qu'il n'avait jamais vu depuis qu'ils étaient venus habiter dans le secteur."

Ce qui se passera exactement cette nuit-là, je vous laisse le soin de le découvrir.
Sachez simplement que Jacques Saussey va doucement placer ses pions tout au long de ses très courts chapitres.
Si le roman est raconté majoritairement par Marc Torres, les narrateurs sont très nombreux et nous permettent de voir progressivement comment des histoires sans lien apparent entre elles finiront par se rejoindre.
Et bien sûr d'avoir les points de vue des différents protagonistes.
Mais seul le lecteur sait ce qui s'est réellement passé.
Par contre il ne sait pas tout non plus, sinon ça ne serait pas rigolo.

Si la dernière partie permet un final en apothéose jusqu'à l'épilogue amoral à souhait, on ne peut pas dire des trois autres qu'elles disposent d'un suspense à couper au couteau.
Leur qualité réside davantage dans leur tension progressive.
Une angoisse sourde, insidieuse, parce que le lecteur est déjà dans l'anticipation de ce qui risque de se passer.
Parce que le décor ( l'isolement, la nuit, les immenses forêts, cette température polaire et son manteau de neige ) se prête tout particulièrement à cette oppression.
Et parce que la peur de certains personnages piégés, qu'ils soient attachants ou non, est communicative. Qu'on la ressent, qu'on se met à leur place si inconfortable soit-elle.

Cinq doigts sous la neige ...
Une ancienne marque de gants qui a fait faillite ?
Des doigts humains, de primates ?
L'un d'eux avait-il un ongle incarné, une verrue, de l'arthrite ?
Sont-ils décomposés ou leur linceul de glace a-t-il permis de les préserver ?
Est ce que seul le majeur pointe tandis que tous les autres doigts sont repliés ?
Pour avoir les réponses à ces questions qui vous taraudent à votre tour, vous savez ce qu'il vous reste à faire.
En prime vous lirez un excellent roman sombre, où le malaise doucement distillé finira par vous envahir.
Seuls certains choix de personnages principaux ou secondaires m'ont parus extrêmes et peut-être discutables.
Ce qui n'a pas entaché mon plaisir pour autant.



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Prenez une grande maison isolée dans un coin (fictif) des Vosges, une quinzaine de jeunes filles et garçons réunis pour fêter les 18 ans d'un "copain" en septembre 1974, alors que la majorité vient tout juste d'être abaissée à 18 ans. Rajoutez un père veuf et écrivain reconnu, mais complètement inapte à la fonction paternelle face à son fils plus que tordu. Saupoudrez le tout d'une tempête de neige historique (je ne me souviens plus de la date exacte, mais il est véridique que cette année-là on a eu droit à des chutes de neige abondantes et exceptionnellement précoces). le décor est planté, le titre de la pièce est accrocheur, je me suis frottée les mains où tous mes doigts étaient bien au complet, j'ai vérifié, et je me suis préparée à passer un très bon moment.

Ca commence très fort, par une tentative de viol d'une fillette de 10 ans par un ado, en 1968, en guise de prologue, bim dans ta gueule ! Puis on saute directement 3 jours avant le fameux anniversaire d'Alexandre, celui-ci étant en pleines négociations avec son paternel, le grand auteur Marc Torres, pour l'organisation de la fête. Papa finit par accorder l'autorisation pour quinze potes, mais attention : ni drogue ni alcool, sinon ça va barder ! Il est naïf, le papounet, surtout étant donné les frasques passées du fiston... Mais bref, le samedi suivant, les invités arrivent, dont la superbe Mathilde qu'Alexandre compte bien "séduire" (comprenez baiser), de gré ou autrement. Mais il n'est pas le seul sur le coup, évidemment. Et c'est là qu'on commence à comprendre les guillemets au mot "copain" ci-dessus. Et oui, l'ado, c'est parfois cruel. Et voilà-t-y pas que la nature s'en mêle, faisant tomber une couche de neige suffisamment épaisse pour bloquer la route menant chez les Torres, avec en prime un camion couché en travers de la route désormais interdite jusqu'à nouvel ordre. Bien sûr, toute la joyeuse bande va devoir dormir sur place, heureusement il y a suffisamment de couchages pour séparer mâles en rut et femelles aguichantes (je ne caricature même pas !), après une soirée qui se termine au coin du feu avec la guitare et tout et tout. Il y aura même de quoi faire un petit déj' pour tout le monde le lendemain matin, le pied, quoi ! (avec tous ses orteils encore, j'ai compté aussi). faut juste aller chercher quelques baguettes au congélo, à côté du garage. Allez, papa Torres s'y colle, une fois toute la jeunesse aux plumes. Et c'est là que....

A partir d'ici, faut lire si vous voulez savoir. Plein de monde va se croiser dans la nuit neigeuse et glaciale, et certains vont y laisser des morceaux. Qui, pourquoi ? Je ne vous dirai rien de plus.
Pour Alexandre, c'était sa première surprise-partie, et c'est sa fêêête, il fait ce qui lui plaiait, ce qui lui plaiait, comme le chantaient Sheila et Richard Anthony au temps des yéyés, pour moi c'était mon premier Saussey. Sans doute pas le dernier, parce que l'histoire et l'ambiance m'ont scotchée, mais je pense que je choisirai soigneusement le prochain, parce certaines choses m'ont quand même dérangées ici. On est en 1974, d'accord, je veux bien croire que les choses se déroulaient différement de maintenant, mais quand même... Je ne veux pas trop en dire pour ne pas déflorer, mais Alexandre aurait dû bénéficier d'un suivi sur des années, surtout après la perte de sa mère. Et que dire des manoeuvres nocturnes d'appelés en pleine tempête dans ce coin-là, c'est juste impossible, d'ailleurs une caserne au milieu de nulle part en montagne, à ma connaissance il n'y en a pas, mais admettons, c'est une fiction après tout. Pour être juste, l'auteur explique en fin de volume certaines des libertés qu'il a prises avec la réalité, d'un point de vue géographique essentiellement, mais j'ai quand même trouvé à certains moments qu'il en faisait trop, trop de découvertes juste au bon moment, trop de coïncidences, trop de trajectoires qui se croisent presque...
Et certains personnages sont plus que déplaisants, ils n'ont aucun bon côtés. En général ça ne me dérange pas trop, mais là, il n'y en a pas un pour rattraper l'autre, à force cela m'a gênée, parce que même les victimes sont antipathiques. D'où ma note un peu mitigée, alors que je pensais vraiment tomber sur une lecture mini 4 étoiles. Je suis sans doute devenue plus exigeante, à force de dévorer des thrillers, beaucoup de babélamis ont vraiment apprécié, donc si vous aimez le genre, ne vous arrêtez pas trop sur mon appréciation. ce roman a quand même beaucoup de qualités, et je ne me suis pas ennuyée un instant.

A tous les babélamis : je vous souhaite un bon réveillon pour tourner le dos à 2022 et comme on dit chez moi "Guete rutsch" en 2023 ! Tous mes voeux vous accompagnent, Champagne !
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Faisant un petit séjour dans les Vosges, ce Jacques Saussey me semblait tout à fait adapté pour accompagner mon voyage. Heureusement pour moi mon séjour ne fut pas aussi tragique.
Je n'ai cessé tout au long de cette lecture de penser au cauchemar dans lesquels je me trouve parfois imbriquée, impliquée.
Ici Marc Torres accueille une bande de jeunes adolescents chez lui pour faire plaisir à son fils Alexandre qui fête son 18ème anniversaire. Cettejournée ne se passe pas comme prévue. Mathilde, une des jeunes filles, se retrouve bien mal en point en pleine nuit. Pour protéger son fils, Marc Torres, va s'embourber dans les mensonges et des actes qui deviennent délirants et irréversibles. Il ne peut plus s'en sortir, l'engrenage de l'enfer est engagé et il n'arrivera plus à s'en sortir. Il ne peut plus contrôler, il semble sous l'emprise de cet engrenage cauchemardesque.
Connaissant bien les Vosges, j'étais curieuse de voir exactement où se trouvaient la ville et le col cités, mais j'ai appris, dans la note de l'auteur, que c'étaient des lieux inventés pour coller à son intrigue.
Il ne faut d'ailleurs pas chercher les failles, les invraissemblances, car il y en a mais il faut se laisser imprégner par l'environnement, l'atmosphère. C'est ce que j'ai fait et j'ai passé un moment, non pas serein ou sympa, mais un moment glaçant.
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La Boum, 3 - avec Safi(lle) Morceaux.
♪♫ Nightmares are my reality...
There was something merdic in the air... ♪♫
En vrac, pour ne rien dévoiler de l'intrigue : viol (premières pages), groupes d'ados et caïds, hormones en ébullition, première surprise-party ♪♫, légionnaire connard, maris volages, mensonges & quiproquos, morts à gogo (autant que de doigts dans la neige ? je ne sais plus, j'ai arrêté de compter).
.
Depuis son terrible 'Enfermé.e' (2018), j'étais restée sur l'équation :
Saussey = valeur sûre
J'aurais dû relire mon billet sur 'Du poison dans la tête' avant de me jeter sur ce dernier thriller de l'auteur. Et me souvenir qu'il était de la même famille d'écriture que Claire Favan.
Pour la nuance et la crédibilité, on repassera.
Pour une adaptation en téléfilm sur TF1 (en 2 parties), c'est jouable ; ça semble même écrit pour.
.
Je n'aime pas les machos crétins, ni les ambiances anxiogènes avec marche interminable dans la neige & la nuit jusqu'à en crever.
Je me suis maudite de ce choix (dernière Masse critique Mauvais genre), j'ai perdu un WE de lecture, ça en dit long sur mon humeur, en ce dimanche soir.
Point positif : je me méfierai désormais de cet auteur et de ses intrigues too much.
Je n'ose même pas le faire tourner dans mon circuit habituel, ce polar formaté & relou.
.
Merci à Babelio et à Cosmopolis.
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Une vallée, source d'inspiration qui dernièrement aura inspiré Franck Thilliez avec « Il était deux fois », Franck Bouysse avec « Buveurs de vent », Bernard Minier et « La vallée », sert cette fois de décor au nouveau roman de Jacques Saussey « Cinq doigts sous la neige » un one-shot. Jacques place donc son angoissante intrigue au coeur des Vosges. Des lacs, des routes non praticables, des maisons isolées, le passé d'un des personnages, raconté en prologue, des adolescents subissant les effets de leurs hormones, et une galerie de personnage sont les ingrédients que le Jacques Saussey tel un chef étoilé incorpore pile au bon moment et juste dans la quantité qu'il faut pour nous régaler.
Ouvrir ce roman, à l'image ses protagonistes, vous coupera du monde. Acheté le vendredi aux alentours de 15 heures, je l'ai terminé dans la nuit. Une nuit blanche (en partie) de nouveau causée par un thriller de l'excellente maison d'édition Cosmopolis, chez qui je l'espère de tout coeur, Jacques aura toute la reconnaissance qu'il mérite pour son talent et sa gentillesse, surtout après le triste épisode FP.
L'auteur nous prouve également ici une nouvelle fois qu'il s'éclate en sortant de la très bonne série Magne-Heslin et que sa plume ne le limite pas à être l'un des meilleurs romanciers polars en France. le thriller à suspense lui va à ravir.
Nous y retrouvons d'ailleurs sa patte dans les relations entre ses personnages, ici, l'amour d'un père pour son fils, qui le pousse à faire des choses irrationnelles, est le moteur principal de cette histoire.
Cette histoire, justement, revenons y. Marc Torres, écrivain à succès vit avec son fils avec lequel la relation est difficile depuis le décès des suites d'une longue maladie de Véronique, leur épouse et mère. Voulant tout faire pour faire plaisir à Alexandre, Marc accepte pour son dix-huitième anniversaire qu'il invite une quinzaine de copains et copines dans leur maison engoncée dans la vallée. Seulement la nuit, la neige et un accident de camion les coupes de tout contact avec l'extérieur. Nous sommes dans les années 70, où il n'y a pas les moyens de communications actuels. Alexandre est fragile, Marc est inquiet. Il devra le protéger des autres, mais surtout de lui-même.
Non pas un, mais plusieurs des personnages seront aspirés dans une tornade dévastatrice.

Lien : https://imaginoire.fr/2020/0..
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
Un amour d’adolescent est-il mort à jamais ? N’y a-t-il pas des flammèches qui courent encore, sous la surface de la peau et des sentiments refroidis, jusqu’à ce qu’un souffle les réveille de leur engourdissement ?
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Les mathématiques n'avaient jamais été son fort, depuis le collège et jusqu'au lycée. Cependant, s'il y avait bien une chose qu'on lui avait rabâchée, lorsqu'il était à l'école de police, et plus tard quand il avait intégré l'équipe du commissaire Marceau, c'était qu'en matière d'affaires criminelles, le hasard n'existe pas. Parce que si vous commencez à croire à ce genre de connerie, c'est que vous n'êtes tout simplement pas fait pour être flic.
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- Maintenant dégage, que je me rhabille. Il faut que j'aille bosser du côté de la gare. Je suis pas mal demandée, en ce moment. L'automne, c'est un truc qui fout le moral des mecs dans leurs chaussettes. Moi, je suis juste là pour le remonter jusqu'au slip. Pour le reste, vous vous démerdez. Allez, file.
(p. 89)
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Coincé entre sa violence intrinsèque et la conscience dont il doit éviter de se servir pour ne pas se nuire à lui-même, Bruno Paoletti représente pour lui un fragile équilibre entre la brute et l'homme de lettres. Et l'adjudant-chef ne l'avouera jamais à personne -même sous la torture- mais ce Paoletti est l'unique soldat de son affectation qu'il craint comme la peste. Il n'y a rien de plus inquiétant qu'un combattant qui détient le pouvoir des mots. Il y en a notamment eu un en Allemagne, il n'y a pas si longtemps, et cela s'est soldé par des millions de morts partout sur la planète.
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La magie de l’écriture, la façon dont une histoire prend naissance dans les méninges d’un romancier, fascine les foules depuis toujours. Malgré le succès qui ne démentait pas, année après année, il considérait que cette relation avec son travail était ambiguë.Lorsqu’il était totalement honnête avec lui-même - c’est à dire hors caméra, la plupart du temps -, il n’y entrevoyait qu’un moyen d’extraire la noirceur de ses propres ténèbres et certainement pas plus de génie que les harmonies fragiles et lumineuses d’un musicien ou d’un peintre . L’écriture était son piano à lui . Son pinceau et sa toile .
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