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Bernard Lortholary (Traducteur)
EAN : 9782070355396
416 pages
Éditeur : Gallimard (28/02/2008)

Note moyenne : 3.24/5 (sur 97 notes)
Résumé :
Les grands-parents du jeune Peter Debauer travaillent comme relecteurs pour une collection de littérature populaire. Souvent, Peter dessine ou fait ses devoirs au dos de jeux d'épreuves corrigées. Un jour, il se met à lire un de ces feuilletons malgré l'interdiction grand-parentales. Intrigué, il découvre dans le récit pourtant incomplet d'un prisonnier de guerre détenu en Sibérie des détails qui se rattachent étrangement à sa propre vie...
Une longue quête c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
missmolko1
  14 juin 2014
J'avais adoré (comme beaucoup) le liseur, puis le recueil de nouvelles Amours en fuite et enfin le week end, alors c'est avec beaucoup de plaisir que j'ai retrouvé la plume de Bernhard Schlink. Ce que j'aime avec cet auteur c'est qu'on ne sait jamais vraiment vers quoi il va nous mener, il nous donne une multitude de petits détails insignifiants au fil des pages qui finalement prenne tout leur sens.
On suit le personnages sur plusieurs années puisqu'on découvre d'abord son enfance, puis sa vie d'adulte. Ce narrateur, je l'ai trouvé intéressant et attachant. C'est un personnage très travaillé comme toujours avec l'auteur.Sa quête est passionnante et nous plonge dans l'histoire de l'Allemagne.
Alors bien sur ce roman n'est pas parfait et comme d'autres lecteurs, j'ai trouvé certains passages un peu long et j'ai eu un peu de mal d'un point de vue chronologique. J'avais parfois quelques difficultés a placer un évènement dans la vie du narrateur par rapport a un autre. Mais malgré ce dernier point je ne suis absolument pas déçue. Pour tous les lecteurs qui voudraient découvrir Bernhard Schlink, je vous conseille d'abord le liseur mais pour les autres je vous invite a découvrir ce grand auteur.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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Peteplume
  24 août 2015
Ce roman me fait l'effet d'un patchwork, fait de bouts et de morceaux qui parfois ne sont pas attachés l'un à l'autre bien solidement, fait de tissus disparates, donnant tantôt dans un intimisme frôlant le roman d'amour et tantôt dans le propos philosophique touchant presque à l'essai. On y trouve beaucoup de fils qui conduisent à des culs-de-sac et qui ont lassé un peu mon assiduité. J'ai senti l'érudition, l'intelligence et la sensibilité de l'auteur et j'aurais aimé me laisser séduire; cette séduction cependant n'opère jamais bien longtemps. Ainsi, le narrateur nous fait passer sans grande transition de la nostalgie des vacances de son enfance passées chez ses grands-parents bienveillants à des réflexions sur la relation avec sa mère, sur la responsabilité de l'éducation des enfants par les adultes, puis à l'analyse des mythes de l'Odyssée et au sens du retour d'Ulysse auprès de Pénélope, en passant par la dualité du Bien et du Mal et du caractère inéluctable de ce dernier voire de sa nécessité. (J'en passe.) Les personnages secondaires à peine esquissés — sans parler de ceux du roman dans le roman — contribuent un peu à créer cette impression de flou dans lequel j'ai nagé jusqu'à un dénouement qui ramène certes au concret mais qui laisse le sentiment que tout, y compris l'élaboration des théories complexes, n'est qu'un jeu et que l'on est condamné à passer sa vie à tirer l'épingle de ce jeu.
Finalement, en dépit d'une fin plutôt positive, ce roman me laisse une impression mitigée de malaise à l'idée que le manque de confiance en soi si ce n'est de culpabilité ressentis par toute une génération sont essentiellement créés par l'opportunisme, le cynisme et la cruauté de la génération précédente.
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Sachenka
  08 décembre 2013
Tout ça pour ça. J'avais adoré et adoré le Liseur, un autre des romans de Bernhard Schlink, et je me faisais une joie de renouer avec cet auteur. Je dois dire que le début du roman le Retour a su attiser ma curiosité. Pas beaucoup mais assez. Je me demandais où Schlink voulait m'amener avec cette histoire d'un garçon qui va passer ses vacances chez ses grands-parents. Où voulait-il m'amener point? J'allais me poser souvent cette question tout au long de ma lecture. Et chaque fois que je croyais en avoir la réponse, j'étais déçu quelques pages plus loin. Dommage, car le roman n'est pas sans mérite et j'aime bien l'écriture de l'auteur, sa façon de décrire et de présenter l'Allemagne de l'après-guerre, les aspirations des gens ordinaires.
Pour résumer, le garçon, Peter, grandit, commence des études qu'il ne termine pas. Accepte des emplois, les abandonne, les reprend, etc. À travers tout ça, la lecture d'un roman lu chez ses grands-parents quand il était jeune le pousse à mener un enquête sur le retour en Allemagne des soldats échappés des prisons russes à la fin de la deuxième Guerre mondiale. Cette enquête le pousse à vouloir découvrir des secrets de famille, surtout sur son propre père qu'il n'a jamais connu. Chaque réponse qu'il obtient lève le voile sur d'autres mystères.
Ces quelques phrases ne résument qu'une partie de ce roman. Il est difficile de faire beaucoup mieux en si peu de mots car il traite de tellement de thèmes et de sujets. J'ai bien aimé le mystère du jeune soldat de retour chez lui puis les liens avec l'oeuvre d'Homère, L'Odyssée. Visiblement, l'auteur a travaillé fort. Mais chaque fois qu'on pense avoir cerné l'intrigue principale, Schlink nous amène dans une autre direction. Je crois que ce dernier avait plusieurs bonnes idées de départ pour plusieurs romans mais qu'il a essayé de toutes les inclure, les croiser entre elles. Erreur, selon moi. Pensait-il rédiger une grande oeuvre? Sais pas. Dans tous les cas, le résultat n'est pas probant: le roman va dans toutes les directions et rien n'avance. À part les heures qu'en prend la lecture…
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christinebeausson
  24 juin 2020
Quelle douce et paisible lecture.
Des chapitres courts, concis, délicats avec un parfum de nostalgie nous font entrer tranquillement dans cette histoire.
Nous ressentons le simple plaisir de vivre, d'entendre, de voir les simples choses qui nous entourent.
Suivent quelques découvertes touristiques comme une promesse de ce qu'il ne faudra pas oublier de faire,
Le funiculaire du Neroberg qui circule entre la Nerotal (station basse) et le Neroberg (station haute), à Wiesbaden. (Funiculaire à contrepoids, l'énergie nécessaire aux mouvements des cabines est fournie par les eaux usées les de la ville. Les cabines disposent d'un réservoir qu'elles remplissent en se connectant au réseau des eaux usées. le supplément de poids dû à cette quantité d'eau fait descendre une cabine et remonter l'autre.)
Une ville Breslau ou maintenant Wrocław, située sur le fleuve Oder dans l'ouest de la Pologne.
Une province la Silésie, ancienne province du royaume de Prusse dont Breslau était la capitale.
Une lecture, l'odyssée, un texte désossé, découpé, charcuté jusqu'à l'os, à la limite de l'over dose.
Les pages s'enchaînent en essayant de nous inviter à la découverte d'un roman oublié dont il ne reste que quelques pages arrachées.
Nous remontons l'histoire de l'Allemagne avec les jours maudits où les villes, les existences s'écroulent, le malheur, la violence, les bombardements, les morts et les blessés ....
Entendre parler et expliquer la réunification de l'Allemagne comme un parallèle avec l'Amérique, pour se reconstruire "après s'être scindée en deux, est rentrée en elle-même et chez elle pour y rester." Il n'y a plus que cela à faire.
Une histoire qui remonte dans le passé pour nous raconter un morceau d'une vie, pour essayer de se reconstruire, de se construire en comprenant le passé en cherchant à comprendre où est le bien et le mal, quelle responsabilité nous avons, nous portons dans ce que le monde est maintenant.
C'est une introspection dans ce qui nous fait ce que nous sommes devenus aujourd'hui.
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Bellonzo
  18 janvier 2014
Livre déroutant que "Le retour" du berlinois Bernhard Schlink, tenant du roman d'apprentissage et de la quête du père, et surtout du thème de L'Odyssée, du retour à la maison. Nous savons tous maintenant que si Ulysse a mis dix ans pour retrouver Ithaque c'est qu'il a musardé, peu pressé semble-t-il de retrouver cette chère Pénélope et ses soucis quotidiens.

le jeune Peter a retrouvé les traces de celui qu'il pense être son père. Mais il y a eu la Guerre et dans cette Allemagne bientôt divisée en deux il lui est bien ardu de savoir la vérité sur ce père absent, lointain, irréel et ce n'est pas sa mère, étrangement aphasique à ce sujet qui peut le renseigner. La tendresse il l'aura trouvée chez ses grands-parents maternels, relecteurs de romans populaires qui vont orienter les recherches du jeune Peter. Sous influence littéraire certes Peter va remonter un fil d'Ariane qui s'avèrera une via dolorosa dont sa rencontre avec Barbara souffrira, entre remises en question et abandons.

Point par point, pierre par pierre, il reconstituera le puzzle de ses origines et tout au long du roman nous assistons aux recherches entreprises par Peter, devenu spécialiste des questions de loi et de justice (comme Schlink lui-même professeur de droit et magistrat), pour connaître la vérité. Mais au bout d'une enquête en chausse-trapes la rencontre s'avèrera rude et très surprenante. On ne sera pas étonné de voir dans "Le retour" une réflexion très serrée sur la notion de culpabilité, inhérente à tout romancier allemand depuis soixante ans. Et si à force de déconstruire L Histoire se pointait quelque chose qui ressemblerait au révisionnisme. Je m'empresse de préciser que ceci concerne le roman, absolument pas le grand écrivain qu'est Bernhard Schlink dont on n'a pas oublié "Le liseur" ni les nouvelles d'"Amours en fuite".
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   08 décembre 2013
Ce qui nous mettait à l'abri de l'arbitraire, ce n'étaient pas les faits, c'était la responsabilité de notre pensée :
«Les grands mensonges que propageaient les régimes totalitaires, est-ce contre les faits qu'ils ont échoué? Ces régimes auraient-ils dû aller encore plus loin dans la destruction des preuves, l'assassinat des témoins, la falsification des documents? Non, ils ont échoué contre la pensée. Nous refusons de penser tout ce qu'on prétend nous faire penser, et aussi ce que les faits veulent nous faire penser.»
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kathelkathel   13 septembre 2010
Je m'étais pris d'affection pour lui. Parce qu'il aimait l'Odyssée et qu'il jouait avec son texte. Parce que la lecture de son roman avait été ma première rencontre, et non la pire, avec la littérature populaire. Parce que sa fin ouverte, qui à vrai dire n'en était pas une, avait fait faire des cabrioles à mon imagination. Parce qu'on ne saurait s'occuper aussi longtemps de quelqu'un sans se prendre d'affection pour lui.
Ou le haïr. Même si je n'en étais pas là, sa façon de jouer, qui m'avait plu dans son roman, ne me plaisait plus dans ses lettres et dans ses articles. Avec la même légèreté que pour transformer les enfers en un rêve, la mer en un désert et Calypso aux belles boucles en plantureuse Kalinka, il faisait de la brutalité un principe éthique, de la famine imposée à Leningrad un acte chevaleresque, et de Beate séduite un tribut à la justice.
Allais-je continuer à m'occuper de lui ? Je continuais à vouloir savoir la fin du roman. Si nombreuses que fussent les histoires de soldats rentrant de la guerre que j'avais lues, si nombreuses aussi les suites que je pouvais imaginer aux rencontres du 38 Kleinmeyerstrasse, je n'en voulais pas moins savoir comment l'auteur avait raconté jusqu'au bout la rencontre. Peut-être était-ce un retour qui n'avait encore jamais été raconté, jamais été écrit, jamais encore été pensé. Peut-être était-ce le retour par excellence.
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christinebeaussonchristinebeausson   21 juin 2020
Souvent les vérités étaient des mensonges et les mensonges des vérités, souvent les lumières de la raison, en ruinant une conception idéologique du monde, ne faisaient que créer la place ensuite occupée par une autre. Cela ne voulait pas dire que vérité et mensonge n'existe pas. Cela voulait dire que c'est nous qui faisons la vérité et le mensonge et qui devons prendre personnellement la responsabilité de décider de ce qui est vrai ou faux. De même qu'il nous fallait prendre personnellement la responsabilité de décider de ce qui est bien et de ce qui est mal, et de savoir si le mal a le droit de vagabonder en liberté ou s'il doit être mis au service du bien.
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PeteplumePeteplume   24 août 2015
C'est bien plus tard que je compris que j'avais sacrifié ma dignité à la paix avec ma mère, que tous les rituels d'autocritique,avec fausses accusations et fausses excuses, n'ont d'autre but que ce sacrifice de la dignité, et que ce sacrifice ruine l'estime de soi.
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sergio82sergio82   16 septembre 2016
Et il expliquait que la mondialisation, si elle défaisait les Etats-nations, ne ferait pas pour autant de tous les hommes des frères, mais les renverrait à leurs familles, à leurs communautés ethniques ou religieuses, à leurs gangs. La solidarité avec les humiliés et les victimes de sévices et de meurtres, passée la frontière de la proximité et de la chaleur directement ressenties, n'était qu'un rituel.
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