AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Jean-Pierre Bertrand (Éditeur scientifique)Gérald Purnelle (Éditeur scientifique)
EAN : 9782080711434
205 pages
Éditeur : Flammarion (08/10/2004)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 55 notes)
Résumé :
« Le biographe n'a pas à se préoccuper d'être vrai ; il doit créer dans un chaos de traits humains. Leibniz dit que pour faire le monde, Dieu a choisi le meilleur parmi les possibles. Le biographe, comme une divinité inférieure, sait choisir parmi les possibles humains, celui qui est unique. Il ne doit pas plus se tromper sur l'art que Dieu ne s'est trompé sur la bonté. Il est nécessaire que leur instinct à tous deux soit infaillible.
De patients démiurges o... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Fabinou7
  27 janvier 2020
Dans sa préface, Marcel Schwob déclare que ce n'est pas la vérité qui compte dans la biographie. La messe est dite. La suite est une ribambelle de personnages factices, à l'ombre de ceux dont l'historicité est attestée, croqués sur quelques pages, par ce mémorialiste de l'affabulation.

Ce qui frappe avant tout, c'est l'érudition. Schwob n'est pas une lecture aisée. le style résolument soutenu, les précisions historiques fouillées, le vocabulaire suranné exigent une lecture plus qu'attentive.

Le piège de ces vies imaginaires sur fond d'histoire avérée, c'est le doute. le doute s'immisce, tel un mirage, dans l'esprit embrumé du lecteur. L'auteur brouille les pistes avec son « mentir-vrai » - pour reprendre le mot d'Aragon - faisant interagir un personnage fictif avec Diogène, Jeanne d'Arc, Pocahontas ou Alexandre le Grand. Commence alors la traque de chacun des détails semés par le narrateur afin d'en séparer le blanc du jaune. Est-ce « seulement » un vaste délire mythomane génial ou bien des détails extrêmement précis et réels, fruits d'une méticuleuse besogne de chercheur, s'entrelacent-ils dans les creux des reliefs de ces vies inventées ?

L'auteur déroule le fil de ces existences, naviguant au gré des civilisations antiques ou de la renaissance italienne, de leurs parfums, leurs oracles, leurs horreurs et leur philosophie, le tout dans une prose poétique.

Ces contes, défis ludiques et accomplissements créatifs pour leur auteur, nous emmènent en balade, flâneuse et alerte, à travers les recoins les plus inattendus de l'Histoire et feront passer un moment agréable aux amoureux des auteurs oubliés.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          493
patrick75
  25 octobre 2014
Avec le temps la mémoire se meurt mais les écrits reste bien vivants. Des vies disparaissent à jamais d'autres sont immortalisées par les écrivains.
Dans cet ouvrage, des auteurs connus ou anonymes nous racontent des vies réelles ou imaginaires.
A toutes les époques, des écrivains, parmi les plus « grands » se sont essayés à la biographie, certains s'en sont fait une spécialité. Précédés à chaque fois d'une intéressante notice expliquant l'histoire des textes, ces différents écrits montrent, s'il était besoin, le pouvoir de l'écriture. Certains auteurs prenant des « libertés » avec les faits.
C'est un peu la « biographie » dans tous ses « états », sous toutes ses formes, ou les auteurs s'en donnent à coeur joie. Les méthodes varient de la recherche à partir de documents, où l'improbable est éliminé au profit du plausible à l'invention pure et simple. L'on va de l'anecdote à la biographie complète, parfois sur le ton de la « raillerie »ou sur un ton comique. Les amateurs de biographie et de jeux littéraires seront comblés, ils trouveront un intérêt dans la vie d'un personnage ou dans la manière qu'a un écrivain de la raconter.
L'idée de regrouper diverses« biographie » est originale, on peut espérer un deuxième tome, même si celui-ci n'est pas présenté comme le premier d'une éventuelle série.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
NMTB
  23 septembre 2015
Ah, voilà un excellent livre! Qui s'inscrit dans la longue tradition des recueils biographiques.
Dans la préface Marcel Schwob fait une sorte de profession de foi littéraire, il insiste sur l'importance de rendre avec justesse les traits d'un caractère unique, d'une personnalité. Mais plus on avance dans le recueil, plus on se doute qu'il y a bien d'autres choses dans ces petites biographies de quelques pages.
On peut tout de même faire des parallèles, donner deux ou trois grandes lignes directrices. La figure d'Empédocle, par exemple, qui ouvre le recueil, avec sa théorie des éléments, est évoquée plusieurs fois, comme une sorte de génie tutélaire.
Dans l'ensemble, ce sont surtout des personnages historiques qui sont mis en scène, pas les plus illustres ou les plus éminents, mais dont on trouve quand même des notices biographiques sur Wikipédia (en beaucoup plus ennuyeuses et moins colorées que celles de Schwob). L'auteur a choisi des Vies un peu obscures, secondaires : Cratès plutôt que Diogène, Publius Clodius Pulcher plutôt que Cicéron, Cecco Angiolieri plutôt que Dante, Gabriel Spenser plutôt que Ben Johnson. On trouve aussi deux ou trois illustres inconnues, les vies minuscules de prostituées. Et une ou deux histoires extraordinaires ou légendaires. Toutes sont édifiantes puisqu'elles se finissent invariablement par la mort des acteurs principaux, qu'ils soient pauvres, cupides, orgueilleux ou niais.
Plus on avance dans le temps, plus on se rapproche de la fin, plus on se rend compte que toutes ces vies sont de plus en plus imprégnées par l'infamie. de la décadence romaine aux tueurs en série modernes, en passant par les pirates, c'est sanglant, cruel et immoral. Et je pense surtout à la fantastique histoire de Cyril Tourneur, fils de dieu, athée et tueur de roi, un petit bijou de noirceur, magnifique du premier au dernier mot. Mais ça peut-être aussi très drôle, comme l'inénarrable et truculent pirate analphabète Walter Kennedy.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
brigetoun
  11 septembre 2011
Un bonheur de lecture presque constant. Vies contées comme des légendes, vies contées par des détails triviaux, poésie, ironie.... une promenade où picorer l'intelligence.
Commenter  J’apprécie          91
Henri-l-oiseleur
  28 novembre 2015
Folio propose une anthologie irremplaçable, où l'on trouvera des biographies variées, mais surtout introuvables, ou perdues dans de gros ouvrages que personne n'a envie d'ouvrir : Plutarque, les vies de saints, les vies médiévales des troubadours, etc ... La variété, aussi bien des individus que des auteurs et des époques, est très grande, ce qui est presque toujours un gage de plaisir.
Commenter  J’apprécie          60
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
patrick75patrick75   15 octobre 2014
« - Ne t'ai-je pas commandé, dit Xantus, d'acheter ce qu'il y aurait de meilleur ?
-Et qu'y a-t-il de meilleur que la langue ? Reprit Esope. C'est le lien de la vie civile, la clef des sciences, l'organe de la vérité et de la raison : par elle on bâtit les villes et on les police ; on instruit, on persuade, on règne dans les assemblées ; on s'acquitte du premier de tous les devoirs, qui est de louer les Dieux.
-Eh bien ! Dit Xantus qui prétendait l'attraper, achète-moi demain ce qui est de pire : ces mêmes personnes viendront chez moi ; et je veux diversifier . »
Le lendemain Esope ne fit encore servir que le même mets, disant que la langue est la pire chose qui soit au monde.
- » C'est la mère de tous débats, la nourrice des procès, la source des divisions et des guerres. Si on dit qu'elle est l'organe de la vérité, c'est aussi celui de l'erreur, et qui pis est, de la calomnie. Par elle on détruit les villes, on persuade de méchantes choses. Si d'un côté elle loue les Dieux, de l'autre elle profère des blasphèmes contre leur puissance. »

( la vie d'Esope le Phrygien )
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
patrick75patrick75   18 octobre 2014
"Mais elle pleurera, elle, à ton silence; passée aux bras d'un autre, elle te regrettera toute sa vie, et tu auras corrompu sa destinée. Oui, elle pleurera, durant huit jours, d'un regret mêlé de dépit; elle rougira et pâlira tour à tour à mon nom; elle soupirera même, sans le vouloir, à la première nouvelle de ma mort. Mais, dès la seconde pensée, elle se félicitera d'en avoir épousé un qui vit; chaque enfant de plus l'attachera à sa condition nouvelle; elle y sera heureuse, si elle doit l'être; et, arrivé un jour au terme de l'âge, à propos d'une scène d'enfance racontée un soir à la veillée, elle se souviendra de moi par hasard, comme de quelqu'un qui s'y trouvait présent et qu'elle aura autrefois connu."

( Vie de Joseph Delorme )
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
NMTBNMTB   23 septembre 2015
Il savait que les pleurs viennent d’un mouvement particulier des petites glandes qui sont sous les paupières, et qui sont agitées par une procession d’atomes sortie du cœur, lorsque le cœur lui-même a été frappé par la succession d’images colorées qui se détachent de la surface du corps d’une femme aimée. Il savait que l’amour n’est causé que par le gonflement des atomes qui désirent se joindre à d’autres atomes. Il savait que la tristesse causée par la mort n’est que la pire des illusions terrestres, puisque la morte avait cessé d’être malheureuse et de souffrir, tandis que celui qui la pleurait s’affligeait de ses propres maux et songeait ténébreusement à sa propre mort. Il savait qu’il ne reste de nous aucun double simulacre pour verser des larmes sur son propre cadavre étendu à ses pieds. Mais, connaissant exactement la tristesse et l’amour et la mort, et que ce sont de vaines images lorsqu’on les contemple de l’espace calme où il faut s’enfermer, il continua de pleurer, et de désirer l’amour, et de craindre la mort.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
patrick75patrick75   25 octobre 2014
-"Je me doute qu'Elise écouta, les mains posées dans son giron au creux du tablier, qu'elle regarda beaucoup et avec un étonnement jamais apaisé l'homme fait sous les traits duquel elle cherchait un petit garçon qu'une expression brève parfois lui restituait, une façon de couper son pain, d'attaquer une phrase, de suivre des yeux par la fenêtre l'éclair d'un vol, d'un rayon"

( Vie d'André Dufourneau).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
patrick75patrick75   13 octobre 2014
Avant de te voir, j'en avais un grand désir. Avant que tu naisses, j'étais dans une grande inquiétude. Quand je t'ai vu naître, je fus remplie de bonheur et de joie. A présent que je te vois mort, je suis remplie de chagrin. Il me pèse que ma fin tarde tant à venir.

( la vie de saint Alexis )
Commenter  J’apprécie          120
Videos de Marcel Schwob (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marcel Schwob
Vidéo de Marcel Schwob
autres livres classés : fin-de-siècleVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
949 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre