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ISBN : 1409952495
Éditeur : Dodo Press (14/11/2008)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 26 notes)
Résumé :
Ferdinand, Roi de Navarre, et trois de ses compagnons, Biron, Longueville et Du Maine, se rencontrent et discutent de leurs projets spirituels. Ils font le serment de se consacrer entièrement à la philosophie et de renoncer à toute aventure frivole, pour les années à venir. Cependant, ces projets sont mis à mal lorsqu'arrivent la Princesse de France et trois de ses dames de compagnie, Rosaline, Maria et Catherine. Les hommes en tombent éperdument amoureux et ont que... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
BazaR
  09 mai 2017
Troisième et dernière pièce de Shakespeare que son traducteur François-Victor Hugo — fils de Victor — a classée dans le groupe des « comédies de l'amour », Peines d'Amour Perdues s'est avérée un brin décevante.
La scène est en Navarre, alors que le roi et ses trois condisciples ont décidé de s'isoler du monde, de la chaire et surtout des femmes, afin de ne se consacrer qu'à l'étude. Voilà-ti pas que débarquent la princesse de France et trois dames de compagnie en mission diplomatique. A la vue des belles le sang des verts galants ne fait qu'un tour en forme de coeur. Tension déchirante entre les voeux et les émotions, mais on devine vite qui va gagner. La Cour va donc faire sa cour. Mais ces dames, qui se sont vues refuser le gîte dans un premier temps (les voeux) vont se régaler à faire tourner cette cour en bourrique de basse-cour.
Voilà pour le fil rouge. Ce qui m'a gêné, c'est que le fil est paumé dans une pelote emberlificotée comme si un chat avait joué avec. Shakespeare se régale d'introduire des sous intrigues et des personnages qui ne se raccrochent à l'intrigue principale que par l'ombre d'un lacet : le maître d'école et le curé qui déclament en latin, le seigneur espagnol amoureux de la paysanne et moqué par son page, une pièce de théâtre jouée par les humbles devant les nobles qui les humilient (assez proche du Songe d'une Nuit d'Été dans l'esprit). Faut s'accrocher à la pente savonneuse.
Bon, tout ça c'est fait pour faire rire et Shakespeare sacrifie la structure à l'humour. Cet humour d'ailleurs est parfois assez génial, comme quand on joue avec le sens des mots qu'on prend ou non au pied de la lettre, du genre :
[TROGNE] Pardon ! quelle est ici la dame à la tête.
[LA PRINCESSE] Pour la reconnaître, l'ami, tu n'as qu'à voir celles qui n'ont pas de tête.
Parfois cela me passe à deux miles au-dessus de la tête (car j'en ai une, moi). J'ai repéré un petit passage grivois ([BOYET] Si mon instrument est en dehors, en revanche le vôtre est en dedans – les instruments étant bien sûr leurs langues chargées de placer quelques saillies intellectuelles bien senties).
Mais si j'ai fait la fine bouche, j'ai apprécié d'apprendre l'origine de la pièce dans… la biographie sur Henri IV de Jean-Pierre Babelon. Apparemment Shakespeare s'est inspirée de la Cour de Nérac, une période située autour de 1580, alors qu'Henri de Navarre est revenu sur ses terres et qu'il accueille son épouse Marguerite de Valois chassée de Paris par son roi de frère Henri III. Époque frivole, climat de galanterie et tenues féminines attirantes ont laissé leur place dans l'Histoire au point d'inspirer le génial auteur anglais (et de dégoûter l'opinion protestante plutôt portée à la rigueur).
En résumé, si je ne trouve pas la lecture de cette pièce indispensable, elle n'est pas non plus franchement désagréable. Un bon rire vaut un bon steak, et tant pis pour les végétariens.
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Under_the_Moon
  09 juillet 2014
Le corps et l'esprit ne font pas bon ménage ? Divertissement et études sont incompatibles ? Point de science ne peut être acquise sans sacrifices ?
Et bien qu'à cela ne tienne !
Ferdinand le Roi de Navarre et 3 de ses compagnons décident de faire une retraite studieuse. Afin d'étudier dans les meilleures conditions qui soient, chacun fait le serment de respecter des règles très strictes. Ces règles visent à s'assurer que ces quatre jeunes hommes ne seront pas tentés par de vains divertissements. Or la visite de la Princesse de France, accompagnée par 3 jolies dames de compagnie pourrait bien bouleverser ces voeux un peu trop pieux …
Cette comédie veut se moquer des caractères pédants de la jeunesse, trop prompte à verser d'un excès à un autre en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. La morale est presque trop mielleuse - comme la célèbre chanson " All you need is love". Heureusement que l'ombre de la mort vient gâcher un peu cette fête pour rétablir les bonnes vieilles morales élisabéthaines !
Peines D'amour Perdues m'a beaucoup fait penser à Beaucoup de Bruit pour Rien. Ces deux comédies ont en commun d'être basées sur le langage - avec un petit comique de situation pour divertir un peu le public de manière autre qu'intellectuelle quand même. Cet aspect rend la lecture difficile. On est loin des profondeurs que peuvent atteindre les tragédies.
Toutes proportions gardées, avouons quand même que c'est une affaire de goûts.
Je signale quand même l'adaptation cinématographique de Kenneth Brannagh. La mise en scène façon comédie musicale donne un peu de fraîcheur à cette pièce shakespearienne avec des acteurs très convaincants.
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Fauvine
  23 octobre 2019
Quatre hommes, le roi et trois de sa suite décident de jurer un serment selon lequel tous devront se détourner de tout plaisir pouvant les détourner de l'étude et de l'acquisition de la sagesse pendant trois ans, ce qui signifie ne pas dormir plus de trois heures par nuit, ne pas parler aux femmes pouvant causer des émois, jeûner le plus possible, ne se distraire qu'aux dépends d'un homme vantard et ridicule, Armando, provoquant l'hilarité générale. Mais Biron, qui a accepté de prêter serment malgré tout, a vu juste dès le départ : un tel pacte est-il vraiment réalisable et n'est-il pas contraire au sens commun, à la vie même, à la nature humaine ? C'est ce dont on va se rendre compte très vite quand arrivent la princesse de France et trois de ses dames car l'amour va se jouer de tous et les rendre parjures et hypocrites. Plusieurs scènes sont très drôles car fondées sur un comique de caractère (le vantard Armando, réplique du « capitan » de la commedia dell'arte, le pédant Holloferne, le flatteur Nathaniel) et les joutes verbales que les hommes croient exquises et qui sont trop ridiculement hyperboliques et dont les femmes se jouent, mais une partie de l'humour anglais se perd car plusieurs passages censés être amusants proviennent de jeux de mots et homophones en anglais expliqués par des notes de bas de page car intraduisibles en français (à part pour les bilingues qui peuvent comprendre l'anglais du XVIème siècle bien entendu mais ce n'est pas mon cas). J'ai aussi eu du mal à la lecture à m'attacher totalement aux personnages car je trouve par exemple les femmes excessivement moqueuses dans leurs réactions, ce qui est assez cruel (et pour moi les défis lancés aux hommes à la fin et mettant les femmes sur un piédestal impossible à atteindre, à l'instar de l'amour courtois ne sont pas forcément en faveur de rapports sains et égalitaires par la suite entre les amants) et je n'ai pas trouvé l'intrigue très fouillée, à la différence de la nuit des rois.
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mercutio
  02 février 2014
Pièce étrange dont l'inspiration à la fois intrigue et réjouit.
Comment comprendre, autrement que comme un cas d"école, une situation dans laquelle quatre hommes, réputés sains d'esprit- sinon de corps!- décident de renoncer pour une longue durée et dans un but philosophique au moindre commerce avec les femmes. Pardon pour le terme "commerce" à comprendre au sens le plus généraliste et le moins mercantile qui soit, disons donc relation mais l'occasion de clin d'oeil était trop belle.
La déroute est prévisible, la question n'est que "jusqu'où ira-t-elle?"
Messieurs, assez loin, hélas, William s'occupe de nous!
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Doryenis
  20 juin 2018
Quatre hommes, quatre femmes. Un serment à tenir, celui de ne céder à aucune aventure frivole pendant la durée d'un an afin de s'adonner pleinement à la Philosophie. Pacte qui est brisé par l'arrivée de quatre femmes où un jeu amoureux très comique prend place.
Si vous voulez rire, lisez.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
BazaRBazaR   07 mai 2017
[La Princesse] - Eh bien, garde-chasse, mon ami, où est le buisson où nous devons nous embusquer pour jouer notre rôle de meurtriers?
[Le Garde-chasse] - Ici près, sur la lisière de ce taillis. Postée là, vous êtes sûre de vous montrer belle chasseuse.
[La Princesse] - Oui, grâce à mes charmes, je suis belle, et, comme je chasse, je suis sûre, comme tu dis, de me montrer belle chasseuse.
[Le Garde-chasse] - Pardon, madame; ce n'est pas ainsi que je l'entendais.
[La Princesse] - Comment! comment! tu commences par me louer et puis tu te dédis! Ô vanité éphémère! Hélas! je ne suis donc pas belle.
[Le Garde-chasse] - Belle! Si fait, madame.
[La Princesse] - Va, ne te charge pas de mon portrait. L'éloge ne corrige pas le visage où la beauté manque. Tiens, mon bon miroir, prends ceci pour m'avoir dit la vérité
(elle lui donne de l'argent)
Donner de bel argent pour de vilaines paroles, c'est payer plus qu'il n'est dû.
[Le Garde-chasse] - Tous vos dons sont dons de beauté.
[La Princesse] - Voyez! voyez! ma beauté n'est sauvée que par le mérite de mes oeuvres. Ô hérésie du goût, bien digne de ces temps! La main qui donne, si laide qu'elle soit, est sûre d'être louée bel et bien.
(Acte IV, Sc. 1)
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BazaRBazaR   06 mai 2017
BIRON:
Ah! toutes les jouissances sont vaines; mais la plus vaine de toutes est celle qui, acquise avec peine, ne rapporte que peine; c'est celle qui consiste à se morfondre péniblement sur un livre, pour chercher la lumière de la vérité, tandis que la vérité ne fait qu'aveugler le regard de son éclat perfide. La lumière ici-bas se perd à chercher la lumière. Avant que vous découvriez la lumière au milieu des ténèbres, la lumière devient ténèbres pour vous par la perte de vos yeux.
(Acte I, Sc. 1)
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palamedepalamede   04 janvier 2018
[...] l'âme fera bonne chère pendant que le corps fera pénitence : les grosses bedaines accompagnent les maigres cerveaux ; et si des mets succulents enrichissent le corps, ils ruinent l'intelligence.
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FauvineFauvine   23 octobre 2019
Nous avons fait vœu d'étudier, chers seigneurs ; et, par ce voeu, nous avons manqué de foi à nos livres. Car, quand est-ce que vous, mon souverain, ou vous, ou vous, avez, dans une pesante contemplation, découvert jamais autant de feu poétique, que vous en ont communiqué les yeux brillants d'une belle maîtresse ?
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PiertyMPiertyM   04 septembre 2014
A large panse, maigre cervelle! Les morceaux succulents, s'ils enrichissent la chair, mettent l'esprit en banqueroute.
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Videos de William Shakespeare (344) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de William Shakespeare
Gallica vous propose un rendez-vous régulier pour découvrir en vidéo live les trésors numérisés de la BnF. Dans ce nouvel épisode, Emilie Fissier et Frédéric Manfrin, commissaire associée et commissaire principal (avec Vincent Ferré) de l'exposition Tolkien présentée à la BnF, vous guident dans Gallica et en Terre du Milieu ! Retrouvez sur notre site les documents évoqués successivement par les intervenants :
1 le songe d'une nuit d'été, William Shakespeare, illustré par Arthur Rackham, 1909 : https://c.bnf.fr/FAk 2 L'Or du Rhin, et la Valkyrie, Richard Wagner, illustré par Arthur Rackham, 1910 : https://c.bnf.fr/FAn 3 le Petit Poucet, illustré par Gustave Doré, 1862 : https://c.bnf.fr/FAq 4 Beatus, Commentaire sur l'Apocalypse, fin du 12e siècle : https://c.bnf.fr/FAh 5 Échiquier de Charlemagne, 1075-1100 : https://c.bnf.fr/FAt 6 Cor de Roland, 1000-1100 : https://c.bnf.fr/FAw 7 Éléphant de Martin Schongauer, 15e siècle : https://c.bnf.fr/FAz 8 Dante Alighieri : la Divine Comédie glosée, 1301-1400 : https://c.bnf.fr/FAC 9 Armorial, 15e siècle : https://c.bnf.fr/FAF 10 Évangiles dits de Saint-Gatien de Tours : https://c.bnf.fr/FAI
Et pour prolonger ce live, jouez avec Gallica en Terre du Milieu ! https://gallica.bnf.fr/blog/04122019/gallica-en-terre-du-milieu-le-jeu
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