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André Markowicz (Traducteur)Françoise Morvan (Traducteur)
ISBN : 2742728171
Éditeur : Actes Sud (06/07/2000)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 33 notes)
Résumé :

Tchékhov écrivait au sujet d'Ivanov : "C'est la première fois que j'ai fait une pièce, ergo les erreurs sont obligatoires. Le sujet est compliqué, mais pas sot. Chaque acte se termine comme mes récits : je conduis l'action paisiblement, et à la fin, j'envoie au spectateur un coup sur la gueule [...]. Si mauvaise que soit la pièce, j'ai quand même créé un type qui possède une signification litt... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  18 septembre 2015
Ah ! Revoilà du bon Tchékhov pur jus, première pression à froid !
Bien que cette pièce en quatre actes soit précoce dans la production de l'auteur, tous les ingrédients qu'il affectionne y sont déjà : la vie de campagne ennuyeuse à mourir, les amours non partagées, la mesquinerie, l'envie, la bêtise, l'avarice, la médisance, sans oublier quelques belles âmes qui se consument pour rien parmi cette moisissure, cette flétrissure et le tout couronné d'une extrême sensation de " voie sans issue ".
Cette pièce, Ivanov, est brève, peut-être un peu trop vite expédiée quant à la forme, mais elle est forte et profonde sur le fond. Anton Tchékhov nous sert un trentenaire, naguère riche, brillant et très en vue mais qui s'est laissé cuire dans le jus de ses désillusions. Ajoutons à cela le filtre de la vision des gens ordinaires, qui interprètent tous ses agissements à leur sauce, lui prêtant des visées ou des sentiments qu'il n'a pas.
Il est vrai qu'il peut paraître tentant de conjecturer car Ivanov s'est marié à une juive de famille riche. Sa charmante et follement amoureuse Sarah n'a pas hésité à tout abandonner pour lui : famille, religion, identité, richesse. Les parents juifs ayant très mal vécu la spoliation culturelle et identitaire de leur fille ont refusé de lui léguer leur magot.
Et la pauvre Sarah, devenue entre temps Anna Pétrovna, a été bien mal payée en retour de tant d'amour : Ivanov la laisse dépérir dans son coin. Il est toujours fourré chez les Lébédev où, comme un fait exprès, l'unique fille de la famille, Sacha, seule héritière de la fortune de sa mère, lui fait les yeux doux. Étrange coïncidence, n'est-il pas ? On comprend que les cancans aillent bon train et que le comportement d'Ivanov soit jugé trouble par ses plus proches voisins...
Tchékhov sait nous brosser un portrait subtil, ambigu, complexe et dense de son héros, en proie au doute et au nihilisme. le contraste entre ce que l'on sait d'Ivanov, ce qui se déroule sous nos yeux et ce que les autres en disent est, de mon point de vue, le grand point fort de la pièce.
Ce serait mentir, probablement, que de prétendre que cette pièce n'a pas de défauts ou qu'elle est la meilleure de son auteur, mais peut-être serait-ce mentir tout autant que d'arguer qu'elle ne vaille pas le coup d'être lue ou vue.
Personnellement, j'hésite dans mon évaluation entre 4 et 5 étoiles ; cinq parce que je l'ai trouvée particulièrement réussie quant à la densité et aux multiples facettes du personnage central, quatre parce que certaines ritournelles comiques ou supposées telles, comme les joueurs de cartes, m'ont un peu parues lourdes, inutiles et loin de la grande finesse de propos de l'ensemble. Mais vous l'aurez compris, sans doute, une fois encore, tout ceci ne représente que mon avis, c'est-à-dire, bien peu de choses.
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PiertyM
  02 juin 2017
Tchekov nous sert dans cette pièce, comme d'habitude, de la lassitude. On le sait, ses personnages sont souvent emprisonnés dans une espèce de cercle vicieux. Mais ici, l'atmosphère n'est pas aussi sombre, ni désolante, ni lourde, les personnages ne sont pas non plus cloitrer dans la passivité, il n'y a certainement pas d'action comme tel mais il y a cette volonté du changement. Ivanov veut s'échapper de l'ennui conjugal, et Sara sa femme qui déjà s'est dressée contre sa famille, a renié sa religion, à renoncé à son héritage de sa famille pour se donner corps et âme à son mari, va déployer ses derniers efforts pour lutter contre sa maladie, la tuberculose, et pourquoi pas regagner le cœur de son mari. Autour d'Ivanov gravitent des personnages culottés, futés dans la médisance, impitoyables dans leurs jugements, cyniques dans leurs raisonnements...
J'ai vraiment savouré cette belle pièce!
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Cer45Rt
  17 juin 2019
Quelle superbe pièce !... Quelle magnifique pièce !... Quel talent dès la troisième oeuvre !...
On trouve dans "Ivanov" tout ce que j'aime chez Tchekhov : la psychologie des personnages, l'art du dialogue, l'atmosphère bien spécifique des oeuvres de l'auteur de "La Mouette" et la peinture des moeurs.
D'une grande profondeur psychologique, "Ivanov" explore en creux les tourments de la condition humaine.
Mais c'est surtout une pièce superbe, parfaite, un Tchekhov comme je les aime…
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michfred
  15 février 2015
Ivanov traîne son ennui dans une société russe en pleine déréliction, ruinée, désoeuvrée, en proie aux profiteurs et agioteurs de tout poil.
Sa paresse désenchantée couvre un désespoir profond: à 35 ans, il se sent un vieillard.
La femme qu'il a aimée se meurt de tuberculose et il assiste impuissant à ce naufrage sans même sentir une souffrance : elle a tout quitté pour lui, ses parents et sa religion - elle est juive dans cette société russe viscéralement antisémite que le deyfusard Tchékhov connaît bien- l'aime-t-il seulement encore ?
Autour de lui s'agite un monde de pique-assiettes cyniques, de lâches ivrognes, de cupides ambitieux et de nouveaux riches vulgaires.
Ivanov jette sur ces turpitudes un regard lucide et amer, mais il ne juge pas: il se sent tellement coupable lui-même.Une sorte d'Hamlet russe qui se gausserait de lui-même.
Egoïste, nombrilique, geignard et sans empathie il se fait horreur et nous fait horreur, et pourtant, lentement, son épuisement et son spleen nous deviennent étrangement familiers. Compréhensibles, proches. Si modernes....
Deux êtres- deux femmes- échappent à ce jeu de massacre: Sarah, sa jeune femme, mourante mais aimante et qui presque jusqu' au bout, le défend et le soutient et Sachenka, une toute jeune fille fervente, amoureuse, qui croit à l'amour qui sauve, à l'amour qui engage. L'une ne vivra bientôt plus, l'autre n'a pas vraiment commencé. Elles ne sont pas encore ou déjà plus entachées du péché d'exister.
Il y a aussi un jeune médecin, un humaniste, un sincère, qui entend dire à Ivanov toutes ses vérités. Mais, on le sait, l'enfer est pavé de bonnes intentions, et cet humaniste est sans doute le pire de tous,c'est en tous les cas celui qui est le moins à même de comprendre Ivanov et de le sauver.
Cette première pièce grave de Tchékhov, alors jeune médecin de 27ans, est dense, longue mais jamais ennuyeuse grâce à l'acuité et à la férocité drôle des répliques, des situations et des caractères. On rit beaucoup...même et surtout quand on a le coeur en charpie...
Une vraie découverte...Mise en valeur par la mise en scène subtile et si juste de Luc Bondy à l'Odéon, c'est une "lecture" fabuleuse de ce beau texte!
A aller voir et à relire après, pour savourer...
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ClarenceM
  28 août 2018
Cette édition de 2015 regroupe deux versions de la première pièce de théâtre de Tchekhov, l'originale et la version retravaillée. Pourvu d'une culture trop limité en la matière, je n'ai pas remarqué les variations ce qui m'a donné la sensation inhabituelle et un peu désagréable de lire la même oeuvre deux fois d'affilé (sensation assez justifiée malgré tout puisque renseignements pris, les variations sont à la marge, ce qui me pousse à croire que la légitimité de la démarche est quelque peu infondée).
Bref passé cette incongruité éditoriale, les personnages et l'action se livrent assez rapidement, prenant le spectateur au collet pour ne plus le lâcher. Ivanov est un propriétaire terrien désabusé. Il est instruit, riche et respecté. Toutefois il vieillit (il a 35 ans quand même) et ne ressent plus rien pour sa femme. Son entourage proche, à commencer par le fieffé Borkine et le trublion Chabelski, peu sensibles aux confusions mentales du jeune héros, vont le pousser à commettre l'irréparable.
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   24 avril 2016
Vous êtes encore jeune, vigoureux et j'ai trente-cinq ans ; j'ai le droit de vous donner des conseils. N'épousez ni juives, ni névropathes, ni bas-bleus ; choisissez un être ordinaire, gris, sans couleurs voyantes, sans babillages superflus : bref, organisez votre vie de la façon la plus convenue. Plus le fond sera gris et terne, mieux cela vaudra. Mon cher, ne faites pas tout seul la guerre à la multitude ; ne vous battez pas contre les moulins ; n'essayez pas d'enfoncer les murailles avec votre front [...]. Enfermez-vous dans votre coquille, et faites le petit devoir que Dieu vous a donné... C'est plus confortable, plus honnête et plus sain. Voyez la vie que j'ai menée... comme elle est exténuante ! À un point !... Que d'erreurs, que d'injustices, que d'inepties !
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Nastasia-BNastasia-B   05 mai 2016
IVANOV : Zinaïda Savichna, j'ai une prière à vous faire...
ZINAÏDA SAVICHNA : Que voulez-vous, Nikolaï Alekséïevitch ?
IVANOV : L'échéance de mes billets tombe après-demain ; vous m'obligeriez beaucoup si vous m'accordiez un délai ou me permettiez d'ajouter les intérêts au capital. Je n'ai pour l'instant aucun argent...
ZINAÏDA SAVICHNA : Nikolaï Alekséïevitch, est-ce possible ! Quelle manière est-ce là ? Non, au nom de Dieu, n'y songez pas ! Ne me tourmentez pas, malheureuse que je suis.
IVANOV : Pardon, pardon...
ZINAÏDA SAVICHNA : Oh ! saints du paradis, comme il m'a bouleversée ! Je tremble toute... j'en tremble...
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Nastasia-BNastasia-B   22 avril 2016
IVANOV : Voici ce que je voulais te dire. J'avais un ouvrier, un nommé Sémione que tu te rappelles. Une fois, pendant le battage, il voulut se vanter de sa force devant les filles ; il se fit mettre deux sacs de blé sur le dos et s'éreinta ; il mourut bientôt. Il me semble que moi aussi, je me suis brisé les reins. Le gymnase, l'Université, puis la vie agricole, les écoles primaires, les beaux projets... Je ne croyais pas à la façon des autres ; je me suis marié différemment ; je m'emballais ; je risquais mon argent, le jetais, tu le sais bien, à droite et à gauche. Je fus heureux et j'ai souffert comme personne dans le district. Tout cela, Pacha, ce fut mes sacs, à moi...
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Nastasia-BNastasia-B   04 mai 2016
CHABELSKI : À la longue, Nicolas, c'est barbare. Tu t'en vas chaque soir et nous restons seuls. Par ennui, nous nous couchons à huit heures. C'est une ignominie et pas une vie ! Et pourquoi peux-tu sortir, et pas nous ?... Pourquoi ? [...] Je suis prêt à aller jusque dans le feu de l'enfer, entre les dents d'un crocodile, pour ne pas rester ici. Je m'ennuie ! Je suis hébété d'ennui, et j'embête tout le monde.
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Nastasia-BNastasia-B   25 avril 2016
IVANOV : Il a beaucoup de sincérité.
CHABELSKI : Elle est belle sa sincérité ! Hier, il s'approche et me dit à brûle-pourpoint : " Vous m'êtes, comte, profondément antipathique. " Grand merci !... Tout cela avec affectation et prétention au libéralisme... Sa voix frémit, ses yeux étincellent, et ses jarrets tremblent... Que le diable emporte cette sincérité abrupte ! Bon, je le dégoûte ! Je suis mauvais, c'est naturel... je le conçois moi-même ; mais pourquoi me le dire en face ? Je suis un homme de rien, mais tout de même j'ai les cheveux blancs... Honnêteté sans merci, stupide !
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Célia Houdart Villa Crimée éditions P.O.L : où Célia Houdart tente de dire comment et de quoi est composé son nouveau livre Villa Crimée, et où il est question notamment d'un ensemble construit par Sarah Bitter au 168 rue Crimée, à Paris 19e, de logements sociaux et d'ateliers d'artiste, d'architecture et d'écriture, de 212 fenêtres et de 212 fragments, de cuivre et de pavés, de couverture et d'ouvertures, de "La Vie mode d?emploi" et d'"Espèces d'espace", de Geroges Perec, d'admiration et des merveilles du monde, à l?occasion de la parution aux éditions P.O.L de "Villa Crimée", à Paris le 23 octobre 2018 "Un îlot en chantier, un labyrinthe de traits sur un plan d?architecte, un toit-manteau de cuivre gold. Un couple qui dort à la belle étoile sur une loggia, le piano d?Anton Tchekhov dans sa Datcha Blanche. Série de visions, de fictions. Fenêtres sur cour et vies rêvées, en même temps que coups de sonde dans le passé d?un quartier parisien"
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Je m'appelle .............?..........." je suis un jeune homme de dix-sept ans, laid, maladif et timide", je passe mes étés dans la "maison de campagne des Choumikhine", et je m'y ennuie.

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