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EAN : 9782266046053
190 pages
Éditeur : Pocket (01/01/1976)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 75 notes)
Résumé :
Dans le flot de voyageurs qui coulait par saccades vers la sortie, elle était la seule à ne pas se presser. Son sac de voyage à la main, la tête dressée sous le voile de deuil, elle attendit son tour de tendre son billet à l'employé, puis elle fit quelques pas.
Quand elle avait pris le train, à Bruxelles, il était six heures du matin et l'obscurité était lourde de pluie glacée. Le compartiment de troisième classe était mouillé lui aussi, plancher mouillé sou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Woland
  25 mai 2015
Georges Simenon est un "poseur" d'ambiance incomparable. La chose a déjà été dite, redite et radotée sur tous les tons mais, avec "La Maison du Canal" - dont l'action se déroule là encore dans un milieu dominé par l'eau des polders flamands - elle s'impose de façon si tranquille, si assurée et en même temps si éclatante qu'il faut bien la mentionner une fois de plus. Tout se passe comme dans ces spectacles de music-hall où, sur une scène absolument déserte, on voit débarquer, à petits pas traînants, un petit homme qui n'a l'air de rien, armé d'une valise elle aussi de taille minimale. L'expression de l'homme est ou triste, ou neutre mais il est clair que cette scène vide ne lui convient pas. Méthodiquement, avec un soin réfléchi, il fait alors jaillir de son sac toutes sortes d'accessoires et, peu à peu, l'on se retrouve avec un véritable décor, désormais débordant de vie sous la large tache pâle du projecteur de service. Un décor où notre petit homme improvise un authentique spectacle, angoissé, tendre, inquiétant, comique - au choix. Attention ! Ne pas confondre avec l'éblouissant panache du prestidigitateur du numéro précédent ! Ici, pas de paillettes, pas de trompe-l'oeil, pas d'illusion - rien que la vérité.
La littérature enfantine nous offre un personnage similaire, et pas n'importe lequel : Mary Poppins, toujours armée de son parapluie à bec de canard qui parle et d'un sac en tapisserie il est vrai plus conséquent en apparence que celui de notre petit artiste de music-hall, sac dont elle tire elle aussi un à un, et avec le plus grand naturel, des articles tous plus solides et plus "présents" les uns que les autres.
Eh ! bien, Simenon et sa "Maison du Canal", c'est Mary Poppins et notre petit artiste de music-hall anonyme réunis. Vous imaginez un peu ? ... ;o)
On n'a pas le temps d'aspirer une ultime gorgée de "notre" réalité que, paf ! dès la première page, on se retrouve immergé dans les paysages uniformément plats et humides sur laquelle se détache "La Maison du Canal." Tout est noir dès le départ - bon, me direz-vous, chez l'auteur belge, ce n'est pas une nouveauté, ça. C'est vrai mais alors là, c'est le deuil complet : la cousine Edmée, jeune fille de la ville wallonne qui vient de perdre son père et qui voyage engoncée dans un noir intégral, débarque chez ses cousins flamands qui eux, vont perdre le leur la nuit même de son arrivée. Pour reprendre une expression très parlante, c'est "la totale." Deuil par-ci, deuil par-là, la pluie qui n'en finit pas, un paysage calamiteux et désolé, de la boue partout, une famille effondrée, surtout quand elle découvre que le défunt a laissé plus de dettes qu'autre chose, et une veuve - la soeur de la mère d'Edmée en fait - qui ne parle pratiquement pas français. Fort heureusement pour Edmée, les enfants, Mia, l'aînée des filles, et les deux grands fils, Jef, qui est venu accueillir sa cousine à la gare dans une charrette si j'ai bien compris assez digne de notre Ankou breton, et Fred, désormais l'héritier de tout, sont bilingues.
Ouf ! Nous voici soulagés pour un temps. Mais pas pour longtemps.
D'abord, Edmée la Mince, Edmée l'Anorexique pourrait-on même ajouter, Edmée la-fille-de-la-ville, n'est pas vraiment sympathique. Fille unique, elle a perdu sa mère assez jeune et s'est habituée à retenir tout le temps et partout l'attention de son père, lequel était médecin, un statut social dont elle tire grande fierté. D'ailleurs, elle a apporté dans sa malle tous les ouvrages médicaux du mort et souhaite un temps se mettre, elle aussi, à l'apprentissage de la science d'Hippocrate. Peu à peu, le lecteur devine que cette jeune fille si bien, si rangée, en dépit de tout ce qu'elle peut exprimer de méprisant et de révulsé sur le sexe et la chair, est fortement attirée par ceux-ci. Elle professe aussi détester ardemment Fred, l'aîné de ses cousins, un sensuel s'il en est, toujours à courir après les filles, dans les polders ou dans la petite ville provinciale qui constitue, pour cette région, ce qu'une métropole grouillante de vices représente pour un hameau de trois fermes avec son épicerie-bistrot. Elle le professe, elle le chuchote, elle le clame, elle le crache ... mais il n'en est rien. Bien au contraire. Fred l'attire comme l'aimant attire son jumeau. Cela dit, physiquement parlant, Edmée n'est pas trop le type de Fred.
En revanche, et dès le premier soir, Edmée a produit son petit effet sur Jef, le cadet, un personnage un peu à la Quasimodo (un peu, seulement ), un taiseux qui aime à clouer des écureuils morts sur des planches, connaît à peu près tout ce qu'il faut savoir sur le domaine - et notamment sur les canaux et leur remplissage, le point est très important - et auprès de qui, au début en tous cas, Edmée passe beaucoup de temps. Oh ! en tout bien tout honneur. Mais platoniquement ne signifie pas que l'amour et le désir soient incapables de s'infiltrer dans un coeur. Jef n'a peut-être pas le physique de Don Juan mais, que voulez-vous, ça n'empêche pas les sentiments.
Là-dessus, Simenon nous brode une histoire de domaine familial qui s'en va à la dérive en raison des erreurs du père défunt et que l'oncle et subrogé tuteur des enfants voudrait bien récupérer pour lui. Soyons honnêtes : dans cette histoire, Fred n'est pas des plus clairs et se livre, pour s'amuser lui aussi, à quelques ponctions financières qui plongent sa malheureuse mère dans l'embarras car seul l'oncle peut renflouer la caisse. Et puis, voilà que la tuberculose se déclare chez Edmée, qui n'a jamais été bien vigoureuse. Rien que des points humides qui se résorbent vite mais Edmée s'entête : être malade, c'est river l'attention sur sa petite personne.
Un jour, l'inévitable est prêt de se produire entre un Fred passablement éméché, et une Edmée qui le défie, mais retentit alors le rire d'un indiscret ...
Et c'est là que tout se corse. C'est là que prend naissance un drame dont la phase ultime ne se concrétisera qu'à la fin du livre.
Ténèbres, envoûtement sans sorcières, un univers rural méfiant qui rappelle parfois le fantastique à la Seignolle, oppression tantôt parfaitement légitime, tantôt irraisonnée, des personnages denses, rudes, charnels, impulsifs, dont Simenon nous décrit, avec un art supérieur, les états d'âme les plus profonds quand, avec le machiavélisme de l'écrivain roué et sûr de sa force, il ne se contente pas de nous en faire entr'apercevoir, çà et là, un reflet, puis un autre, encore plus inquiétants que s'ils se révélaient à nous dans le bloc, têtu et ardent, de leur intégralité, un climat général d'étrangeté, aussi plat que le paysage et néanmoins complètement décalé : "La Maison du Canal", l'un des meilleurs "romans durs" de son auteur, vous accueille et vous emprisonne dans ses rets pour votre plus grand plaisir. C'est pesant, c'est angoissant, c'est prévisible - et c'est sans espoir. La fin ne pouvait être différente. Notre instinct nous le souffle dès les premiers chapitres mais, tels les enfants séduits par le Joueur de Flûte de Hamelin, nous emboîtons le pas à un Simenon qui nous guide loin, là-bas, très loin, là où les polders flamands se perdent dans un horizon universellement plat et sans surprises.
Enfin, quand j'écris "sans surprises", c'est pour la forme ... ;o)
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cmpf
  15 juillet 2019
Un roman de Simenon qui m'a beaucoup plu.
Edmée a perdu sa mère à la naissance et son père, médecin, vient aussi de décéder. A dix-sept ans elle doit donc quitter Bruxelles pour rejoindre la famille de sa tante paternelle à Neeroeteren dans le Limbourg. le changement est assez brutal et elle ne fait pas beaucoup d'efforts pour s'adapter. Là aussi, la mort vient de frapper, le père est mort de la gangrène après une blessure. le fils aîné Fred prend donc la tête de la propriété qui produit du foin. C'est un sensuel qui va chaque semaine à la ville pour y retrouver des femmes. Jef, dix neuf ans, travaille beaucoup et se plie à toutes les exigences de sa cousine. Il y a encore Mia qui s'occupe de la maison avec sa mère, laquelle ne parle que flamand et obéit au fils comme elle a obéit au père, et deux petites soeurs qui vont à l'école communale. Edmée juge ces gens, fait des réflexions désagréables et elle ne travaille pas. On reçoit de temps en temps la visite de l'oncle Louis qui s'enferme avec Fred dans le bureau. Il s'avère que les affaires ne sont pas si florissantes qu'on le croyait et que la gestion de Fred n'arrange pas les choses. Les jours s'enchaînent, monotones.
Il faut arriver aux dernières pages pour que le drame arrive mais ce n'est pas important. Ce qui compte c'est la peinture toute en grisaille de ce domaine, du temps qu'il fait, pluie et brouillard, de la vie de cette famille peu favorisée physiquement, l'attitude ambigüe d'Edmée.
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dourvach
  06 avril 2014
Un merveilleux souvenir de lecture. L'obscurité, la pluie, les odeurs des berges du canal, la pauvre Edmée sous l'emprise des rivalités entre ses "vagues cousins" de Flandres chez qui elle a dû venir habiter... 1932 : dans l'art littéraire, un (discret) chef d'oeuvre était né. Rarement ce "génie du Lieu" qu'est au fond Georges Simenon ne s'est autant révélé que dans cette peinture âpre, où la Poétique sauvage de cette "Maison du canal" possède pour nous odeurs et couleurs inoubliables... jusqu'au drame final (*).
(*) ... me permettant cependant de vous déconseiller ici l'adaptation cinématographique qu'en fit Alain Berliner, hélas si plate et décevante : un très gentil ratage illustratif - se voulant héritier d'un "naturalisme à la française" - qui m'a semblé aggravé par la piètre performance de l'actrice principale, "surjouant" la frêle et trop belle Edmée (Isild le Besco).
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Baluzo
  14 avril 2020
Il y a dans ce livre un malaise continu qui vous tient et force à avancer....il y a ce froid et cette humidité permanente qui s'insinuent et vous font frissonner alors qu'il fait beau en ce moment! et il y a cette intrigue qui se déploie, montée à l'envers par rapport à un roman policier puisque le mort n'apparait qu'au dernier chapitre...un beau livre donc, très "simenon" , vraiment un auteur qui ne se démode pas!
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MarcelP
  16 février 2020
Jeune orpheline de seize ans, Edmée quitte Bruxelles pour être recueillie par son oncle maternel, dans la campagne limbourgeoise. Quand elle arrive dans le domaine agricole des "Irrigations", c'est pour apprendre la mort du tonton des suites d'une gangrène.
Rongée par une syphilis congénitale, la famille flamande à qui est confiée la garde de la jeune fille mène une vie fruste au milieu d'un plat pays incolore traversé de canaux lugubres.
D'abord... d'abord, il y a l'aîné... "qui fait rien de ses dix doigts (...) et qui s'prend pour le roi (...) qu'aimerait bien avoir l'air mais qui a pas l'air du tout". L'aîné c'est Fred, trousseur de jupons, client assidu des bordels du chef-lieu et inapte à reprendre les affaires de son père.
Puis il y a Jef, le cadet, abâtardi par la dégénérescence paternelle, épouvantail bovin et force de la nature qu'est "tout juste bon à égorger les chats" ; Mia, la plus grande soeur, dévorée par l'eczéma et dont les rêves étroits, on le devine, resteront morts-nés ; la mère " qui ne dit rien ou bien n'importe quoi (...), qu'on n'écoute même pas c'que ses pauvres mains racontent", triste fantôme résigné et l'oncle Louis, "qui fait ses p'tites affaires avec son p'tit chapeau avec son p'tit manteau avec sa p'tite auto", l'homme providentiel de la famille.
"Et puis et puis et puis il y a (Edmée) qui est belle comme un soleil", Edmée, fluet tréponème pâlichon, qui contamine ce microcosme déjà ulcéré "avec ses yeux mouillants" : bondée d'ardeurs malsaines, elle inocule insidieusement, comme en passant, des désirs frelatés et exacerbe les violences enfouies. Simenon hystérise son héroïne -qu'on imagine masturbatrice compulsive-, la soumet aux brûlures de la glace et aux morsures du feu sans jamais traduire ses motivations : elle nous reste étrangère comme elle l'est au sein de sa famille, presque seule francophone dans ce bourbier flamand.
Le Limbourg en noir et blanc de l'écrivain est rincé au brou de noix d'une écriture stupéfiante de rigueur et d'économie. Quelques éclaboussures carminées (une griffure de fille, un béret rouge d'enfant, la planche anatomique d'un estomac cancéreux, une poignée d'émeraudes factices, un écureuil dépiauté et qui s'offre comme une vulve brûlante) infectent un récit qui s'estompe dans une brumaille cafardeuse.
Dans ce drame d'une noirceur constante, Simenon n'explique rien, il expose cliniquement les faits et cette distanciation froide intensifie le malaise du lecteur jusqu'au finale laconique et brutal.
Un très grand petit chef d'oeuvre.
Lien : http://lavieerrante.over-blo..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
dourvachdourvach   06 avril 2014
Dans le flot de voyageurs qui coulait par saccades vers la sortie, elle était la seule à ne pas se presser. Son sac de voyage à la main, la tête dressée sous le voile de deuil, elle attendit son tour de tendre son billet à l'employé, puis elle fit quelques pas.
Quand elle avait pris le train, à Bruxelles, il était six heures du matin et l'obscurité était lourde de pluie glacée. Le compartiment de troisième classe était mouillé lui aussi, plancher mouillé sous les pieds boueux, cloisons mouillées par une buée visqueuse, vitres mouillées, dedans et dehors. Des gens aux vêtements mouillés sommeillaient.
À huit heures, juste à l'arrivée à Hasselt, on éteignit les lampes du convoi et celles de la gare. Dans les salles d'attente, les parapluies perdaient des rigoles d'eau fluide qui sentait la soie détrempée. Autour des poêles, des gens se séchaient et ils étaient presque en noir, comme Edmée. Était-ce un hasard ? Le remarquait-elle parce qu'elle était en grand deuil ? Et le noir n'est-il pas l'uniforme des gens de la campagne ?

(Georges SIMENON, "La maison du canal", Chapitre I - Librairie Arthème Fayard & Cie, 1932)
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WolandWoland   25 mai 2015
[...] ... Dans le flot de voyageurs qui coulait par saccades vers la sortie, elle était la seule à ne pas se presser. Son sac de voyage à la main, la tête dressée sous le voile de deuil, elle attendit son tour de tendre son billet à l'employé, puis elle fit quelques pas.

Quand elle avait pris le train, à Bruxelles, il était six heures du matin et l'obscurité était lourde de pluie glacée. Le compartiment de troisième classe était mouillé, lui aussi, plancher mouillé sous les pieds boueux, cloisons mouillées par une buée visqueuse, vitres mouillées, dedans et dehors. Des gens aux vêtements mouillés sommeillaient.

A huit heures, juste à l'arrivée à Hasselt, on éteignit les lampes du convoi et celles de la gare. Dans les salles d'attente, les parapluies perdaient des rigoles d'eau fluide qui sentait la soie détrempée. Autour des poêles, les gens se séchaient, et ils étaient presque tous en noir, comme Edmée. Etait-ce un hasard ? Le remarquait-elle parce qu'elle était en grand deuil ? Et le noir n'est-il pas l'uniforme des gens des campagnes ?

12 décembre. Le chiffre, en gros caractères, noirs aussi, à côté d'un guichet, la frappa.

Dehors, la pluie crépitait, des gens couraient, des silhouettes étaient collées à toutes les portes et les nuages rendaient le ciel si sombre que les boutiques gardaient leurs lampes allumées.

Juste en face de la gare, au milieu de la rue, il y avait un gros tramway vicinal peint en vert et noir. Il était vide. On ne voyait ni mécanicien, ni receveur. Un écriteau portait la mention Maeseyck et Edmée devait passer par cette ville pour se rendre à Neroeteren. ... [...]
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WolandWoland   25 mai 2015
[...] ... Pendant une heure, Edmée fut d'une activité fébrile. Quand elle revint à la porte du bureau, elle avait peine à contenir un sourire de triomphe. Elle frappa, parce que c'était une habitude pour tout le monde, même pour la tante, de frapper avant d'entrer dans cette pièce. Fred poussa un grognement et la regarda avec des yeux brouillés qui essayaient de revenir aux réalités.

- "Qu'est-ce qu'il y a ?

- Viens manger, Fred.

- Tout à l'heure.

- Non. Tout à l'heure, ce sera froid."

Il la suivit sans conviction, s'arrêta un instant au seuil de la cuisine, car il y avait une nappe, des serviettes, deux couverts bien dressés. Il s'assit gauchement.

- "Mia m'a dit qu'il y avait du lard et des oeufs dans le placard," murmura-t-il.

Or, elle lui servit du veau froid à la mayonnaise, une omelette au jambon et une crème renversée comme jamais personne n'en avait fait à Neroeteren.

Devant lui, Edmée était froide, sévère. Elle le servait en exagérant la politesse de ses manières et il s'étonna.

- "C'est toi qui as fait ça ?

- Qui serait-ce ?"

Elle se leva pour prendre un plat dans le four, le passa à Fred, non comme la tante ou comme Mia, mais comme une maîtresse de maison qui reçoit.

- "Maintenant, si tu veux," dit-elle, "nous irons nous promener une heure."

Cinq minutes plus tard, ils s'habillaient, chacun dans sa chambre, et Edmée cria :

- "Mets ton bonnet de fourrure !" ... [...]
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dourvachdourvach   06 avril 2014
Les oies sauvages passèrent un mois plus tôt que d'habitude et à la Toussaint, dans la maison refermée, tout le monde se serrait dans la chaleur des feux.
Les filles avaient reçu un nouveau manteau, y compris Edmée, mais elle ne voulut pas le mettre parce que la vieille couturière de Neroeteren lui avait taillé des épaules trop larges et mis les poches trop bas.
Au cimetière, on s'arrêta dix fois, car on rencontrait des gens à qui il fallait parler. Il y avait des cousins, des oncles, des tantes qu'Edmée ne connaissait pas. Ils étaient tous en noir et on errait dans l'odeur âcre des chrysanthèmes et d'affreuses fleurs d'un jaune gluant.

(Georges Simenon, "La maison du canal", chapitre IX - Librairie Arthème Fayard & Cie, 1932)
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lehibooklehibook   30 décembre 2020
C'était bon et c'était inquiétant aussi.Tout était inquiétant ,même la paix épaisse de la maison quand il n'y avait pas d'étranger pour casser le rythme trop régulier de la vie;
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Vidéo de Georges Simenon
Intrigues à Concarneau, la ville bleue, fief du commissaire Dupin pour sa huitième enquête. Une résolution tout en finesse, sous forme d'hommage à Simenon et à son célèbre commissaire, Maigret. Une nouvelle intrigue signée Jean-Luc Bannalec après Les Secrets de Brocéliande. Le docteur Chaboseau, notable respecté de Concarneau, est retrouvé défenestré. Ni sa femme ni ses proches amis, un pharmacien et un négociant en vins, n'ont idée du mobile du crime. Alors que ses collaborateurs sont en vacances, et que ses beaux-parents arrivent pour le week-end de la Pentecôte, le commissaire Dupin découvre que le médecin était investi dans de multiples domaines : une collection de tableaux, des brasseries et conserveries locales, des projets immobiliers, sans oublier la construction navale. Autant de sources de conflit, et de pistes à suivre. Pour démêler l'écheveau, il lui faudra attendre le retour de sa fidèle assistante Nolwenn, puis trouver un appui inattendu auprès de Simenon et de son roman le Chien jaune, qui voit Maigret enquêter à Concarneau.
https://bit.ly/3suScYy
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