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Commissaire Maigret - Romans et ... tome 2 sur 103
EAN : 9782253142973
188 pages
Le Livre de Poche (19/02/2003)
3.7/5   199 notes
Résumé :
Des faits le plus minutieusement reconstitués, il ne dégageait rien, sinon que la découverte des deux charretiers de Dizy était pour ainsi dire impossible. Le dimanche - c'était le 4 avril -, la pluie s'était mise à tomber à verse dès trois heures de l'après-midi. A ce moment, il y avait dans le port, au-dessus de l'écluse 14, qui fait la jonction entre la Marne et le canal latéral. deux péniches à moteur avalantes, un bateau de déchargement et une vidange. Un peu a... >Voir plus
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Un livre poignant et d'une tristesse infinie.
Une femme retrouvée étranglée par deux charretiers, hâtivement dissimulée sous la paille dans une écurie près d'une écluse, à Dizy.
Comment est-elle arrivée là, cette femme si jolie, si gracieuse, du genre pétillant ?
Maigret est persuadé qu'il trouvera la réponse parmi le peuple du canal de la Marne. Eclusiers, conducteurs de péniches, charretiers : tout un monde lent, lourd et laborieux qui évolue dans une odeur permanente de crottin, de goudron, de café chaud ou de gros rouge bu à la galopade dans l'aube grise…
Quel lien peut-il y avoir entre le commandant du « Southern Comfort », ivrogne flamboyant et pathétique, et Jean, le charretier taciturne, taiseux de la « Providence », espèce de sauvage bâti comme un ours ?
Maigret, imprégné par la tristesse des lieux et le rythme de vie lent du canal, mènera une enquête immobile, faite de maigres intuitions et de suppositions évanescentes, serrant dans la poche de son manteau ses deux uniques indices : un bouton de manchette en or et un béret américain.
Et c'est presque en s'excusant, en détournant son regard apitoyé, qu'il finira par dévoiler deux pauvres vies avec ses lâchetés, ses rêves impossibles à jamais enfuis, ses compromissions. Deux âmes seules et désemparées.
Un récit terriblement humain et bouleversant.
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Ce Charretier de la Providence, je l'ai lu avec La chanson de Brel "L'éclusier" en tête et son inimitable accord d'accordéon.
Il y fait humide, il y fait froid, il y fait lent! À la vitesse de ces bateaux qui empruntent un canal aux innombrables écluses.
Ça se passe vers 1930, à l'époque ou la batellerie dépendait encore des solides chevaux menés par leurs charretiers sur ces chemins de halage loin de tout.
Simenon, artiste-peintre des atmosphères lourdes, amples et puissantes; amène le commissaire Maigret dans ce milieu de la navigation fluviale syncopée par le passage des biefs et des écluses. Dans ces cafés/épiceries/ écuries qui fleurent bon le vin et l'odeur du goudron et des chevaux.
Et Maigret ("Autant...") , opiniâtre, massif, bloc humain, suit une piste de boue, de nuit et de tout petits matins qui doit le mener à une seule vérité de qui a commis deux assassinats. Les deux victimes étaient sur le yacht Southern Cross, qui emprunte le canal pour se rendre à...Porquerolles. le Southern Cross, tel un insecte qui se faufile en trématant les grosses et placides péniches. le Southern cross et son parfum anglais de whisky dont abuse son capitaine , un lord et ex-colonel de l'armée britannique.
Une enquête du célèbre commissaire, qui vaut plus par son atmosphère et le milieu décrit que par l'énigme des meurtres en elle-même.
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Dans ce deuxième volet, Maigret mène l'enquête sur l'assassinat d'une femme découverte dans l'écurie du café de la Marine le long du canal à Dizy. Il se retrouve dans un environnement qui lui est fort peu familier (moi aussi!), celui des transports fluviaux, des écluses, des mariniers.
Comme à son habitude, il va s'imprégner des lieux, des habitudes de chacun, de leur quotidien, l'oeil aux aguets. Il va aussi beaucoup pédaler. Au sens propre comme au figuré !

J'ai beaucoup aimé être plongée dans l'univers de la batellerie et le quotidien de ces hommes et de ces femmes. C'est un petit monde en marge du monde, un monde d'habitués, où tous se connaissent plus ou moins, où l'unité de temps est cadencée par la traversée des écluses, un monde qui a aujourd'hui disparu. J'ai été surprise de découvrir qu'avant l'apparition du moteur, les péniches étaient communément tractées par des chevaux sur les chemins de halage, le long des berges. J'aurais plutôt pensé qu'elles utilisaient un système de roues à aube ou de vapeur, voire de rames. Ben non. Elles utilisaient des chevaux et si on remonte plus loin encore dans le temps, des hommes. Epoque oblige, on découvre aussi les rivalités naissantes entre bateaux à traction, bateaux à moteur et bateaux de plaisance.

Par contre, le titre m'a un peu gâché le plaisir. Il fait porter dès le départ l'attention sur ce charretier alors que Maigret hésite entre plusieurs pistes. Cela reste néanmoins un bon livre d'ambiance qui met en scène des gens simples à la vie dure et d'autres plus aisés avec cet énergumène de Sir Walter Lampson, colonel en retraite de l'Armée des Indes qui remonte le fleuve sur son Yacht.
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Canal de la Marne, à hauteur d'Epernay, 1930
Le corps d'une jolie femme étranglée est trouvé dans l'écurie qui accueille les chevaux tractant les péniches sur le chemin de halage le long du canal.
Maigret se rend sur les lieux et cherche à comprendre qui a tué Mary puis Willy, tout deux passagers sur le yacht d'un colonel anglais, retraité de l'armée des Indes.
A sa suite, nous allons emprunter des chemins détrempés, boueux, d'écluse en écluse, découvrir ce monde très fermé des bateliers fait de solidarité mais aussi de querelles notamment entre les péniches motorisées et les « tractées » afin de découvrir le meurtrier.
Cette fois, Simenon met l'accent non pas sur la carrure de Maigret mais sur sa placidité apparente, arpentant sous la pluie les portes des écluses pour interroger, observer et laisser parler son intuition qui le conduit à se détourner de l'évidence pour chercher ailleurs.
Lentement mais sûrement le commissaire nous donne la solution.
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A 28 ans, Simenon a déjà trouvé son Maigret. Il est même solidement posé avec sa technique d'enquête faite de promenades muettes sur le chemin de halage que l'on interprétera comme de l'imprégnation patiente.
Le commissaire a aussi de la présence, environ 1m80 pour 100kg, 45 ans, peu causant, voire bougon, surtout vis à vis de la hiérarchie.

Simenon le met à l'épreuve dans l'univers des éclusiers, mariniers et charretiers. Tout ce monde se retrouvant au bistrot avant, pendant ou après le boulot. D'où le verbe écluser... qui veut dire aussi trinquer.

Rien de spectaculaire dans l'une des première enquêtes, parue en 1931, pourtant une ambiance pittoresque le long d'un canal, où la grisaille quotidienne se lie aux vies parfois misérables des mariniers. Presqu'une confrérie, itinérante dans le rythme lent et lourd des péniches passant les écluses.

Mais une femme bien habillée est découverte étranglée dans l'écurie du Café de la marine. Récapituler les faits en les plaçant dans leur contexte est le travail tout indiqué pour le commissaire Maigret.

Rien de spectaculaire, pas de poursuite, ni de coups de feu, mais du rythme et des personnages forts bien décrits et identifiés.

Une enquête courte et rythmée comme je les aime.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
Du dehors, on ne voyait que la lumière de huit hublots ainsi que le fanal blanc accroché au mât. A moins de dix mètres se profilait l'arrière trapu d'une péniche et à gauche, sur la rive, un gros tas de charbon.
C'était peut-être une illusion. Mais Maigret avait l'impression que la pluie redoublait, que le ciel était plus noir et plus bas qu'il ne l'avait jamais vu.
Il marcha vers le "Café de la marine" où les voix se turent tout d'un coup à son arrivée. Tous les mariniers étaient là, en cercle autour du poêle de fonte. L'éclusier était accoudé au comptoir, près de la fille de la maison, une grande fille rousse en sabots.
Sur la toile cirée des tables trainaient des litres de vin, des verres sans pied, des flaques.
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De chaque côté de la porte il y avait une borne de pierre et le commissaire s'assit sur l'une d'elle, sans lâcher le béret, ni sa pipe éteinte.
Devant lui il n'y avait qu'un énorme tas de fumier, puis une haie trouée par endroits et, au delà, des champs où il ne poussait encore rien, la colline aux traînées noires et blanches sur laquelle semblait peser de tout son poids un nuage dont le centre était tout noir.
D'un bord jaillissait un rayon de soleil oblique, qui mettait des étincelles sur le fumier.
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Maigret resta un moment sur le seuil de la morgue, tandis que le jeune homme, après avoir conféré avec l'anglais, se penchait vers le chauffeur.
Il était question de savoir quel était le meilleur restaurant de la ville. Des gens passaient, ainsi que des tramways éclairés et sonnaillants.
A quelques kilomètres s'étirait le canal et tout le long, près des écluses, des péniches qui dormaient s'en iraient à quatre heures du matin, dans une odeur de café chaud et d'écurie.
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[...] ... Le yachtman bougea à peine la tête pour regarder le portrait. Puis il examina Maigret, soupira :

- "Police ?"

Il avait un fort accent anglais, une voix fatiguée.

- "Police Judiciaire ! Un crime a été commis ici la nuit dernière. La victime n'a pas encore pu être identifiée.

- Où elle est ?" questionna l'autre en se levant et en désignant le portrait.

- "A la Morgue d'Epernay. Vous la connaissez ?"

La face de l'Anglais était impénétrable. Maigret remarqua pourtant que son cou énorme, apoplectique, était devenu violacé.

Il prit sa casquette blanche qu'il posa sur son crâne dégarni, grommela d'abord en anglais en se tournant vers son compagnon :

- "Encore des complications !"

Puis, enfin, indifférent à l'attention des mariniers, il déclara en tirant une bouffée de sa cigarette :

- "C'est mon femme !"

On entendit plus nettement le crépitement de la pluie sur les vitres et même le grincement des manivelles de l'écluse. Le silence dura quelques secondes, absolu, comme si toute vie eût été suspendue.

- "Vous paierez, Willy ..."

L'Anglais jeta son ciré sur ses épaules, sans passer les manches, grogna à l'adresse de Maigret :

- "Venez dans le bateau ..."

Le matelot qu'il avait appelé Vladimir acheva d'abord la bouteille de champagne, puis s'en fut comme il était venu, en compagnie de Willy.

La première chose que vit le commissaire en arrivant à bord fut une femme en peignoir, pieds nus, cheveux défaits, qui sommeillait sur une couchette de velours grenat.

L'Anglais lui toucha l'épaule et, avec le même flegme que précédemment, sur un ton exempt de galanterie, commanda :

- "Va dehors ..."

Puis il attendit, le regard errant sur la table pliante où il y avait un flacon de whisky et une demi-douzaine de verres sales, ainsi qu'un cendrier débordant de bouts de cigarettes.

Il finit, machinalement, par se verser à boire, poussa la bouteille vers Maigret d'un geste qui signifiait :

- "Si vous en voulez ..."

Une péniche passait à ras des hublots et le charretier, à cinquante mètres de là, arrêtait ses chevaux dont on entendait tinter les grelots. ... [...]
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[...] ... Comment la femme était-elle venue là ? Pourquoi ? C'était la question que la police d'Epernay, le Parquet, les médecins, les techniciens de l'Identité Judiciaire s'étaient posée avec ahurissement et que Maigret tournait et retournait dans sa lourde tête.

Elle avait été étranglée, c'était une première certitude. La mort remontait au dimanche soir, vraisemblablement vers les dix heurs et demie.

Et le cadavre avait été découvert, dans l'écurie, un peu après quatre heures du matin.

Aucune route ne passe près de l'écluse. Rien ne peut y attirer quelqu'un qui ne s'occupe pas de navigation. Le chemin de halage est trop étroit pour permettre le passage à une auto. Et, cette nuit-là, il eût fallu patauger jusqu'à mi-jambe dans les flaques d'eau et dans la boue.

Or, la femme appartenait de toute évidence à un monde qui se déplace plus souvent en voiture de luxe et en sleeping qu'à pied.

Elle ne portait qu'une robe de soie crème et des chaussures en daim blanc qui étaient plutôt des chaussures de plage que des souliers de ville.

La robe était fripée, mais on n'y relevait pas une tache de boue. Seul le bout du soulier gauche était encore mouillé au moment de la découverte.

- "Trente-huit à quarante ans !" avait dit le médecin après l'avoir examinée.

Ses boucles d'oreilles étaient deux perles véritables, valant environ quinze mille francs. Son bracelet, en or et platine, travaillé dans le goût ultramoderne, était plus esthétique que coûteux mais portait la signature d'un joaillier de la place Vendôme.

Les cheveux étaient bruns, ondulés, coupés très court sur la nuque et aux tempes.

Quant au visage, défiguré par la strangulation, il avait dû être d'une joliesse assez remarquable.

Une femme, sans doute, du genre pétillant.

Ses ongles, manucurés, vernis, étaient sales.

On n'avait pas retrouvé de sac-à-main près d'elle. Les polices d'Epernay, de Reims et de Paris, munies d'une photographie du cadavre, essayaient en vain, depuis le matin, d'établir son identité. ... [...]
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Vidéo de Georges Simenon
Dans le 169e épisode du podcast Le bulleur, on vous présente La neige était sale, adaptation en bande dessinée d’un roman de Georges Simenon par Jean-Luc Fromental au scénario, Bernard Yslaire au dessin et qui est édité chez Dargaud. Cette semaine aussi, on revient sur l’actualité de la bande dessinée et des sorties avec : - La sortie de l’album Le lierre et l’araignée que l’on doit à Grégoire Carle et que publient les éditions Dupuis dans la collection Aire libre - La sortie de l’album Le dictateur et le dragon de mousse que l’on doit au scénario de Fabien Tillon, au dessin de Fréwé et c’est édité chez La boite à bulles - La sortie de L’étudiante anglaise, premier tome sur deux de Zoé Carrington, le nouveau diptyque de Jim sorti aux éditions Grand angle - La sortie de l’album Vivian Maier, claire-obscure que l’on doit au scénario de Marzena Sowa, au dessin d’Émilie Plateau et que publient les éditions Dargaud - La sortie de l’album Audrey Hepburn, un ange aux yeux de faon qui prend place dans la collection 9 1/2 des éditions Glénat et que l’on doit au duo Jean-Luc Cornette au scénario et Agnese Innocente au dessin - La réédition en intégrale de Fleur de nuit, album que l’on doit à Giovanna Furio pour le scénario, Marco Nizzoli pour le dessin et c’est édité chez Glénat
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