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EAN : 9782702153963
352 pages
Éditeur : Calmann-Lévy (30/04/2014)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 105 notes)
Résumé :
Quand son mari se volatilise, Juliet Montague disparaît à son tour. Ni veuve ni divorcée, elle n’a pas le droit de refaire sa vie selon les règles de la communauté juive à laquelle elle appartient.
Juliet s'efforce pourtant de son mieux d'assumer le quotidien et d'élever ses deux enfants. Mais le jour de ses trente ans, un matin de l’hiver 1958, elle prend une décision tout sauf raisonnable : au lieu de consacrer ses économies à l'achat d'un réfrigérateur, e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
livrevie
  28 décembre 2015
Il est des livres qui sont une certitude. Pas le moindre doute quand on le sort d'une étagère, mais plutôt la conviction profonde que c'est le bon livre, à ce moment précis.
C'est exactement ce qui s'est passé pour ce roman de Natasha Solomon. Quelques jours d'intense fatigue, de lecture laborieuse autour d'un obscur roman que j'avais tiré de mon étagère, la crainte de la pénibilité du suivant alors que je regardais les titres de ma PAL, et puis le regard attiré vers la tranche de ce roman, alors qu'il était pourtant caché derrière les autres. J'ai pourtant essayé d'en feuilleter un autre, censé être plus léger, une romance moderne, grisante, j'en étais convaincue, mais non. C'était le moment de "La Galerie des maris disparus", alors j'ai écouté cette petite voix qui se faisait insistante...
Ce roman a comblé toutes mes espérances. Voire plus encore. Il faut toujours écouter nos petites voix.
Juliet a tout pour être heureuse : des parents aimants, un quartier soudé qui vit au rythme des préceptes du judaïsme, un mari qu'on lui envie, et qu'elle aime, même s'il a la fâcheuse tendance à s'adonner au jeu (mais comme elle se dit, au moins il ne boit pas), et deux enfants merveilleux. Elle a vraiment tout pour être heureuse, jusqu'à ce jour qui, pourtant, commençait comme tous les autres jours... Son mari disparaît, emportant avec lui le seul objet de valeur qu'elle possède: un tableau qu'un artiste avait peint d'elle alors qu'elle n'était qu'enfant.
Commence pour elle la disgrâce, elle est une "aguna", femme abandonnée mais qui ne peut divorcer, seul les hommes ont ce privilège. Et elle doit subvenir à ses besoins et à ceux de ses enfants, retourner travailler dans l'entreprise bien trop grise de son père. Elle qui voit les couleurs comme personne, qui a le don de déceler l'art, le vrai, doit se cantonner à un monde qui n'oscillerait qu'entre le blanc et le noir. Mais si finalement, l'abandon de son mari était une véritable libération ? Si elle pouvait commencer à vivre ? Elle se décide à franchir le pas et entame une vie de portraits et de rencontres, une vie d'amour et d'art, une vie de liberté...
J'ai adoré tourner les pages de ce romans au gré des portraits de Juliet qui vont jalonner sa vie. La construction de ce récit est très intéressante et originale. Chaque chapitre se construit autour d'un de ses portraits, et à travers ce puzzle qui n'est qu'une multitude de fragments de qui elle est, se reconstitue sa vie.
Femme forte, femme courage qui, au-delà de la traîtrise et de l'abandon, doit faire face au rejet de l'émancipation d'une culture qui vit ancrée dans un certain passéisme. Femme qui cherche à s'assumer mais en restant fidèle à ce qu'elle est, sans tomber dans une frénésie trop facile d'excès qui m'aurait sans doute empêchée de m'attacher à elle, Juliet avance, s'affirme, aime et nous fait l'aimer pour ce qu'elle est, parce que son monde est fait de couleurs, parce qu'elle ne veut qu'une chose, vivre...

Une belle réflexion sur le judaïsme, sur la place des femmes, de l'amour et de l'art. Un vrai moment de bonheur...
Lien : http://lelivrevie.blogspot.f..
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tynn
  14 juin 2014
Après son sympathique Jack Rosenblum golfeur, Nathasha Solomons nous offre une Juliet sortant de sa coquille après la perte d'un improbable Roméo.
1958: Épouse abandonnée par un mari évaporé, étouffant dans une vie de famille étriquée et dans une communauté juive oppressante, Juliet s'évade de son quotidien par son amour de la peinture et sa compréhension innée de la beauté d'un tableau.
Quand l'occasion de créer une galerie lui est offerte, c'est aussi un changement de vie, une opportunité vitale. D'autant qu'à découvrir des nouveaux talents, l'amour peut encore se croiser entre deux coups de pinceaux.
Un livre attachant, bien écrit, s'appuyant sur la thématique de l'émancipation des femmes et de l'intégration hors communauté. Construit sous forme de tableaux, toute une vie se décline entre bonheurs et difficultés, entreprise et création. Assumant sa liberté de femme seule, libre et indépendante, Juliet reste néanmoins enchaînée par un statut ambiguë d'épouse abandonnée et à demi divorcée, dans une société où toute contraception peut être encore refusée à une femme célibataire.
On parle aussi beaucoup de peinture à travers une époque avant-gardiste ou le pop art détrône le figuratif. La vie de la galeriste se décompose en autant de portraits peints par ses amis artistes jusqu'à l'ultime et difficile reconnaissance d'un fils peintre pour une mère excentrique.
Un petit parfum de tea time et de scones à déguster sans modération.
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afleurdemots
  28 juin 2014
Juliet Greene a grandi au sein d'une communauté juive très conservatrice. Son père, propriétaire d'un magasin d'optique, a toujours rêvé d'avoir un fils à qui léguer son commerce et très tôt, Juliet est donc persuadée d'être une source de déception pour lui. Un sentiment d'autant plus tenace que la jeune femme est par ailleurs la seule de sa famille à n'avoir jamais eu besoin de lunettes. Dans la famille Greene qui a bâti sa réussite professionnelle sur la vente de verres correcteurs et qui considère les troubles de la vue comme une bénédiction, la vision parfaite de Juliet est perçue comme une exception regrettable.
Adulte et mariée, Juliet s'est toujours conformée du mieux qu'elle le pouvait aux attentes de sa communauté. Mais après la disparition aussi soudaine qu'inexplicable de son mari, George, la jeune femme se retrouve affublée du statut peu enviable de aguna. Car selon la Loi juive, la procédure du divorce repose sur le consentement mutuel et obéit à des règles strictes selon lesquelles l'époux doit matériellement, en personne, ” donner le guet “ (le libellé de divorce) à sa femme qui doit accepter de le recevoir. Ainsi, dans le cas où l'époux ne peut pas donner l'acte de séparation (en cas de disparition par exemple), la femme ne peut être déclarée divorcée. Considérée comme encore mariée, il lui est alors impossible d'envisager de contracter une nouvelle union. Dès lors, toute relation avec un autre homme est considérée comme adultère et les enfants issus d'une telle union illégitimes.
Juliet se retrouve donc livrée à elle-même du jour au lendemain, seule avec ses deux enfants à charge. Et alors que toute sa famille tente de se convaincre que cette disparition ne peut être que temporaire, elle est la seule à appréhender les évènements avec lucidité. Alors qu'elle tente de mener l'existence que l'on attend d'une femme de sa condition, Juliet va donner à sa vie un tournant inattendu le jour de son trentième anniversaire. Après avoir longtemps économisé pour acheter un réfrigérateur, la jeune femme va, dans un accès d'audace, renoncer à cet achat afin de s'offrir un portrait d'elle réalisé par un jeune artiste croisé par hasard. Un choix qui, bien qu'anodin en apparence, va pourtant faire basculer la vie de cette mère de famille rangée. Car ce portrait à son effigie va être le premier d'une longue série que Juliet complètera toute sa vie, au fil de ses rencontres avec de nombreux artistes. Grâce à son oeil avisé, elle va progressivement intégrer le milieu artistique et s'imposer comme une dénicheuse de nouveaux talents, jusqu'à monter sa propre galerie.
Au fil de ce catalogue de portraits dans lequel chaque tableau nous dévoile une facette de l'héroïne, Natasha Solomons retrace des fragments de la vie de Juliet. de son enfance aux dernières années de sa vie, en passant par sa rencontre avec George, l'auteure retrace, à travers les multiples rencontres artistiques de Juliet et les portraits qui en naîtront, la vie incroyable et la trajectoire hors du commun d'une femme enchaînée à son statut marital et en perpétuelle quête d'identité.
De la construction même du récit, aussi astucieusement pensée que habilement menée, aux éléments en apparence secondaires de l'intrigue, rien ne semble avoir été pensé au hasard par l'auteure. Dans ce récit aux allures de conte initiatique, Natasha Solomons s'attache à donner un sens au moindre détail. Ainsi, lorsque George disparaît, il emporte avec lui l'objet le plus cher aux yeux de Juliet, un portrait d'elle peint par un client de son père lorsqu'elle était encore enfant. Au-delà de l'aspect matériel, le vol de ce tableau illustre bien comment, à travers son acte, George va priver Juliet d'une part de son identité. Car en disparaissant de la sorte sans accorder le divorce à son épouse, il la condamne à vivre enchaînée à son statut marital, sans possibilité de se reconstruire. Son obsession à se faire portraitiser par tous les artistes qu'elle rencontre devient dès lors révélatrice de sa quête d'identité désespérée.
De la même manière, le fait que Juliet soit l'unique membre de sa famille à ne pas avoir besoin de lunettes, outre le fait de témoigner de sa singularité, démontre également qu'elle est la seule, au sein de cette communauté très conservatrice, à ne pas voir le monde avec des oeillères. Les lunettes sont d'ailleurs un accessoire récurrent tout au long du récit dont l'auteure use afin de symboliser le regard critique porté par la société et le jugement permanent auquel chacun est soumis. Ainsi, lors de l'exposition que Juliet organise, « les critiques se distinguaient par leurs lunettes à monture noire» et le médecin qu'elle consulte quelques temps plus tard pour obtenir la pilule (alors réservée aux femmes mariées) portait quant à lui des « lunettes demi-lune ». Natasha Solomons pare ainsi, avec beaucoup d'intelligence et de subtilité, son récit d'autant de détails symboliques et pertinents afin d'appuyer son propos et de donner davantage de profondeur et de sens à son intrigue.
Pourtant, le soin permanent apporté aux symboles ainsi que la richesse du texte en connotations n'ont malheureusement pas suffit à me faire oublier un style minimaliste, avec des tournures de phrases peu recherchées et une écriture manquant de fluidité. Il m'aura ainsi fallu près de soixante-dix pages pour pleinement m'immerger dans l'histoire et m'accoutumer à ce style que j'ai personnellement trouvé peu engageant. Car si j'ai été totalement séduite par la teneur du message véhiculé et l'architecture du récit, j'ai en revanche eu beaucoup de difficultés à éprouver de l'empathie pour les personnages, peu séduite par l'écriture de Natasha Solomons, que j'ai trouvée dépourvue de charme et de raffinement.
Malgré cet écueil, « La galerie des maris disparus » n'en reste pas moins un roman de grande qualité, à la fois original et d'une grande intelligence, qui nous entraîne dans l'effervescence du milieu artistique londonien du début des années 60, à la rencontre d'une femme qui, tiraillée entre sa communauté trop conservatrice et un milieu artistique décomplexé, peine à trouver sa place.
Natasha Solomons nous livre ainsi le portrait d'une femme à la fois en quête d'identité, de liberté, d'amour et de réponses à ses questions. Condamnée à vivre enchaînée à un mari qui l'a abandonnée et réduite au statut de aguna par sa communauté, Juliet devra faire preuve de courage et d'audace pour briser ses chaînes, s'affranchir de l'opinion publique afin de conquérir sa liberté, et exister autrement qu'à travers son statut de femme mariée.
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paulinedumont86
  10 février 2016
Ce roman, c'est une histoire de femmes et d'art. C'est une femme qui décide de prendre sa vie en main malgré les autres, malgré ses parents, ses enfants et sa communauté. C'est l'histoire d'une femme qui décide d'exister, de vivre enfin, sans plus se soucier des convenances. C'est un livre fort sur la libération de cette femme, qui nous montre tout le chemin parcouru au fil des décennies. A découvrir !
Juliet Montague est une aguna. Dans sa communauté juive, elle n'est plus grand chose depuis que son mari les a quitté, elle et ses enfants. Comme seul le mari peut décider de divorcer, elle est coincée : elle ne peut pas se remarier, elle n'est pas divorcée, elle n'est pas veuve. Si tous ses voisins admirent son courage, elle est déshonorée et suscite messes basses et commérages. A la fin des années 50, le jour de ses 30 ans, sa vie prend un tournant différent. Alors qu'elle se promène dans Londres avant de faire l'acquisition d'un frigidaire – cadeau d'anniversaire éminemment utile – elle rencontre un artiste, Charlie, à qui elle va commander un portrait. Parce qu'elle a un don : elle sait, à la vue d'un tableau, si il aura du succès, s'il dégage quelque chose. Sa passion se réveille, et sa carrière s'envole : grâce à Charlie et ses amis peintres, elle ouvra une galerie d'art, et s'émancipe peu à peu de ses parents et de sa communauté, sans pour autant les renier.
Un roman tout à fait fascinant qui nous offre plusieurs histoires. D'abord celle de Juliet qui petit à petit, sans renversement de situation soudain, va prendre sa vie en main, et décider que le départ de son mari peut être un tremplin vers une vie qu'elle n'avait imaginé, loin de l'entreprise de lunettes familiale. C'est aussi l'histoire de ses enfants, Frieda et Léonard, qui cherchent leur place dans ce nouveau monde en construction d'après guerre, entre des grands-parents conservateurs qui appliquent les lois juives avec respect et leur mère, qui choisit une autre voie, plus fantasque, et ce loin d'un père qu'ils ont à peine connu. C'est également une immersion dans les traditions juives, les fêtes, les lieux de culte, les spécialités culinaires. L'histoire, aussi, de ce mari d'origine hongroise, Georges Montague, pris dans la guerre et qui a l'outrecuidance de voler le portrait de Juliet, peint quand elle était enfant. C'est l'histoire d'un monde qui change, c'est une partie de l'histoire du féminisme, de cette femme qui décide de se construire seule, de vivre de sa passion, malgré les obstacles dus à son sexe. Et pour finir, c'est une histoire de l'art des années 60, de cette figuration qui n'est plus à la mode, d'artistes qui se cherchent dans de nouveaux courants, de cet air de liberté qui les touche.
Juliet est un personnage complexe, qui adore voir comment les autres la voient. C'est pourquoi elle se constitue au fil des ans et des décennies une vraie collection de portraits d'elle-même. Est-ce pour compenser celui voler par son mari ? Est-ce parce qu'elle essaie de se reconstruire et porte plus d'importance qu'elle ne le pense au regard des autres ? Ou est-ce pour compenser la « galerie des maris disparus » qui paraît dans les journaux yiddish pour retrouver ces maris qui ont fui leur foyer, et dans lesquels la photo de George a figuré ? En tout cas, l'auteur utilise les portraits pour construire son roman : chaque chapitre correspond à un tableau, chacun de ces derniers est classé par ordre chronologique. Les mentions appartiennent à un catalogue d'exposition, et la clé du mystère nous est donnée en fin de roman, mais je ne vous en dévoilerai pas plus !
C'est un roman dense, aux personnages puissants, difficiles à oublier. Chacun d'entre eux marque l'histoire de Juliet, et leurs différences font de ce livre un roman où on ne s'ennuie jamais. de la banlieue londonienne à la Californie, de la galerie londonienne à la campagne anglaise, des diners du vendredi familiaux aux happenings et vernissages, on vit les aventures de Juliet avec entrain, on suit ses nouvelles idylles romantiques avec enthousiasme.
Un beau roman bien écrit, extrêmement riche, à découvrir de toute urgence !
Lien : https://breveslitteraires.wo..
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LaBiblidOnee
  10 juin 2014
« L'art remplit une autre fonction : Il nous aide à voir le monde de façon plus nette. Comme les lunettes chères à mon père, l'art aiguise notre perception. Si après avoir vu les oiseaux de Max ou les baigneurs de Jim, nous regardons vers la mer, il y a des chances pour que nous la comprenions mieux. »

L'histoire :

A Londres, Juliet avait un mari (Georges), un fils et une fille. Mais un jour, son mari part sans prévenir en emportant le portrait qu'un peintre avait fait de Juliet lorsqu'elle était petite. Depuis ce jour, en plus de subir l'absence de son mari, de ne pas comprendre cet abandon qui l'a détruite et de devoir gérer ses enfants ainsi qu'un travail alimentaire qu'elle n'aime pas, Juliet se sent amputée d'une partie d'elle-même : la part que représentait ce tableau.

Un jour, en traversant une exposition en plein air de jeunes peintres, elle remarque un inconnu dont le talent lui fait ressentir le tableau dans ses tripes. Elle lui demande alors de faire son portrait, pensant qu'il sera un nouveau départ pour elle. Mais si le résultat lui plaît, il ne remplace pas le premier tableau volé par son mari : S'il voulait l'abandonner, pourquoi Georges a-t-il emporté avec lui son tableau ? Pour le revendre ? D'ailleurs, pourquoi a-t-il quitté sa famille ? Les parents de Juliet engagent un détective privé qui retrouve sa trace en Californie et sous un autre nom, dans un journal publiant une « galerie des maris disparus » : Que fait-il là et qui est-il vraiment ?

En attendant, Juliet poursuit sa quête d'elle-même à travers la peinture : Son don est de savoir reconnaître le tableau qui fera la différence ; Tous les jeunes peintres qu'elle repère pour faire son portrait lui demandent donc d'ouvrir une galerie où elle exposerait leurs meilleures oeuvres. Juliet, qui n'aime pas son métier actuel et qui se sent vivante entourée de peintures, accepte cette proposition. C'est le début de sa véritable guérison, ses retrouvailles avec elle-même et même le début d'un nouvel amour, avec un artiste déchu qui, finalement, sera le seul à lui montrer qui elle est vraiment.

« Je choisis une oeuvre par rapport au frisson qu'elle me donne. Les tableaux réunis ici ont eu cet effet sur moi. J'espère qu'ils provoqueront aussi en vous l'impression que quelque chose remue votre âme. »

Mon avis :

Je ne suis pas particulièrement amatrice de peinture, mais j'ai trouvé l'idée du livre formidable ! Ayant adoré « le Manoir de Tyneford », j'étais vraiment très curieuse de découvrir ce que Natasha SOLOMONS nous avait offert cette fois-ci. J'ai été vraiment surprise de la différence de style et de ton de cette auteure caméléon, mais je n'ai pas été déçue du tout car ce roman est frais, enlevé, divertissant et en même temps profond.

Couvrant une large période de 1958 à 2006, qui nous donne l'occasion de voir réellement évoluer les personnages, il parle de l'art mais surtout de l'identité : l'identité dans le couple, la famille, la religion, le travail. Chaque compartiment de notre vie nous morcelle mais, mis bout à bout, forme un tout qui est nous-même. Juliet doit se reconstruire et cherche son identité. L'art l'y aide. Tous les portraits d'elle, que les jeunes artistes qu'elle expose lui ont offert, représentent des bouts d'elle-même qui l'aident à se trouver, se reconstruire et qui, ensemble, la représentent. Jusqu'à l'ultime tableau, celui l'homme dont elle tombe amoureuse et qui, lui seul, parvient à capter son être tout en entier dans son portrait. Finalement, blessée par le regard de sa communauté religieuse sur son statut de femme abandonnée, elle se soigne grâce au regard que les peintres lui permettent de poser sur elle-même.

C'est encore un sans faute pour Nathasha SOLOMONS, un très beau roman tant sur la forme (chaque chapitre porte le titre d'un portrait de Juliet mis en avant) que sur le fond. Il se lit tout seul et énormément de passages pourraient faire l'objet de jolies citations. Je ne vous en mets que quelques-unes mais vous incite vivement à découvrir le reste par vous-même, car c'est un coup de coeur en ce qui me concerne !

« Qu'il soit ressemblant ou non m'importe tout aussi peu. Ce n'est pas ce qu'on attend d'un portrait. Si vous voulez une parfaite ressemblance, vous n'avez qu'à prendre une foutue photo. »

Lien : http://onee-chan-a-lu.public..
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Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
CerisemarmotteCerisemarmotte   31 juillet 2015
Le rabbin s'éclaircit la voix. Les grands-pères tapèrent dans le dos du garçon. Paul se leva. La nervosité lui donnait un vilain teint crayeux et faisait briller son acné. Il se dressa devant l'assemblée, déglutissant avec difficulté.Le silence s'étira tel un élastique. Dans la galerie, les femmes se trémoussèrent sur leurs bancs. Tous attendaient. Paul ferma les yeux, se balança légèrement. Le rabbin le regarda, l'air inquiet. Soudain, le garçon se lança. Au lieu de réciter les mots, il les chanta d'une façon nette et claire de sa nouvelle voix de ténor. Son arrière-grand-mère sortit un mouchoir de sa poche. Soulagée, Juliet marmonna des paroles qui n'avaient rien d'une prière. Frieda se détendit et sourit. Seul Leonard s'attrista encore davantage. Il regarda Paul, si petit à côté de son père, sa kippa en équilibre précaire sur sa tignasse noire. La voix du garçon, douce et musicale, s'enflait dans chaque coin de la synagogue. Il sait tout, se dit Leonard. Les enfants devinent toujours. Il est là qui chante sans vouloir s'arrêter, parce qu'il sait qu'un peu plus tard, après le déjeuner et les discours, quand il aura déballé les presses à pantalons, ouvert les enveloppes contenant des chèques et dûment embrassé les tantes, sa mère le prendrait à part pour lui dire qu'elle quittait son mari. Après ça, la vie ne serait plus jamais la même. Et bientôt, un jour, une semaine ou un mois plus tard, Edith, son arrière-grand-mère adorée, s'aliterait de nouveau pour ne plus se relever. Alors, ce serait la fin de son enfance. Leonard pensa au walkman Sony et aux cassettes emballés dans du papier Ferrari qui attendaient dans le coffre de sa voiture, et une tristesse aussi pénible qu'une fièvre envahit sa poitrine.
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LaBiblidOneeLaBiblidOnee   06 juin 2014
Ce ne sont pas des peintres, mais des miroirs obtus aussi mal foutus que du papier aluminium. Un artiste doit penser, sentir, réagir. Ces gars croient à tort peindre le temps présent, mais ils ne produisent qu'une oeuvre superficielle. Parfois leur travail pourrait faire une jolie affiche, parfois il est volontairement laid. Ils confondent monstruosité et profondeur. Un peintre qui ne réfléchit pas n'est qu'un fabricant de babioles. C'est tout ce qu'ils sont, eux. Une bande de babioleurs.
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LaBiblidOneeLaBiblidOnee   01 juin 2014
L'art remplit une autre fonction : Il nous aide à voir le monde de façon plus nette. Comme les lunettes chères à mon père, l'art aiguise notre perception. Si après avoir vu les oiseaux de Max ou les baigneurs de Jim, nous regardons vers la mer, il y a des chances pour que nous la comprenions mieux.
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rkhettaouirkhettaoui   31 mai 2014
Si tu n’aimes pas un tableau, tu devrais en peindre un qui soit meilleur. On ne détruit pas les œuvres d’art, Leonard. En particulier les portraits. Les mystiques croyaient que les portraits, peints ou photographiques, contiennent une partie de l’âme du modèle. Mal exécutés ou non, ils sont dangereux. Il faut les traiter avec respect.
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LaBiblidOneeLaBiblidOnee   01 juin 2014
- C'est sans doute pour ça que vous peignez surtout des paysages. Eux, au moins, sont immobiles et silencieux.

- Tu te trompes. Les paysages ne sont pas immobiles. La lumière ne cesse de changer, et les ombres se déplacent. Le vent fait bruisser les arbres et frémir les herbes. Et maintenant chut !
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