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ISBN : 226600851X
Éditeur : Pocket (18/03/1998)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 43 notes)
Résumé :

Vous connaissez le passé, imaginez le futur, redoutez le présent : il vous reste à découvrir le présent vieilli, ce temps inédit inventé par Jacques Spitz dans un roman phénoménal considéré comme un des classiques du roman d'anticipation français. Son héros, un peintre raté résolu au suicide, va vivre une expérience hors du commun qui te conduira où nul n'est allé : ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Dionysos89
  04 avril 2013
C'est sur les très bons conseils de Verdorie (que je remercie évidemment pour son agréable envoi) que je me suis attaqué à L'oeil du purgatoire de Jacques Spitz. C'est en complet novice de cet auteur comme de son oeuvre que j'attaquais ce court roman au titre énigmatique et mystérieux.
Le préfacier indique rapidement que cet auteur méconnu, qui apparaît malgré tout comme un des pères de la science-fiction surréaliste française (le dernier de cette lignée pourrait ainsi être Alain Damasio), a le talent de faire tenir en peu de mots une foule de sentiments, de situations et de sensations. Comment dire à quel point c'est vrai ?... L'oeil du purgatoire est une lente agonie solitaire fondée sur un principe de science-fiction très simple, que je me garderais bien de dévoiler ici car sa découverte est bien plus agréable au fil du roman.
Même s'il ne met pas en scène des personnages hauts en couleurs ou subissant des péripéties épiques, le désespoir monte, inexorablement, la solitude aussi, et on se demande jusqu'où Jacques Spitz va bien pouvoir pousser notre imagination, jusqu'où il va bien pouvoir nous emmener encore, surtout qu'il le fait avec une concision experte. Fortement inspiré par le surréalisme, l'auteur imprègne son roman d'une forte dose de pessimisme, ce qui correspond parfaitement à mon état d'esprit la plupart du temps. La montée d'adrénaline m'a tellement transporté, jusqu'aux frontières de la mort et de la non-éternité, que les derniers paragraphes ont été lus la boule au ventre (l'idée de mort, j'ai toujours trouvé ça intolérable, personnellement ; mon futur beau-papa sera d'accord, je crois…). Mais en tout cas, qu'est-ce que ce roman est bouleversant ! Tellement que, pour une fois, je me passerai de faire une vraie conclusion, mais plutôt un bilan en une phrase. le caractère irrémédiable de chaque chose en ce bas monde : un sujet bateau, semble-t-il, mais parfaitement traité par un Jacques Spitz surréaliste à souhait qu'il conviendrait de bien mieux mettre en valeur.
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gill
  04 avril 2013
Poldonski, un peintre sans génie, écrivain médiocre à ses heures, suicidaire, qui n'aime rien ni personne, pas même lui, fait une drôle de rencontre.
Errant rue de Rivoli, à la recherche de modèles hideux pour son projet de toile intitulé "La kermesse burlesque", il fait la connaissance de Christian Dagerlöff, petit homme sec au poil blanc et aux yeux clairs..
Ce dernier se présente comme un homme de génie, il est, en fait, garçon de laboratoire à l'Institut Pasteur et professe un étrange voyage dans la "causalité".
Quelques jours plus tard, ayant oublié sa rencontre et las de la vie, d'Armande sa maîtresse, de babar son meilleur ami, Poldonski décide dans un sombre accès neurasthénique d'en finir avec la vie.
Sujet à un violent mal de tête, il quémande à l'homme de laboratoire, surgi devant lui, une drogue qui lui permettrait d'en finir sans douleur. Ce dernier lui propose une compresse humide à appliquer très bas sur les yeux.
Le lendemain matin, Poldonski s'éveille comme d'un sale cauchemar, guéri de sa migraine, aimant soudain la vie et impatient de pouvoir s'y frotter.
Mais Dagerlöff s'est livré à une expérience sur les yeux du jeune peintre, qui, en affectant sa perception du monde, va le transporter dans un futur macabre et glauque....
C'est un récit très dur que nous propose Jacques Spitz avec le premier roman de ce recueil. La noirceur du propos, sa cruauté parfois accuse la condition humaine et sa dérisoire raison. Ce texte, s'il en est loin dans sa forme, se rapproche par son propos de "La guerre des mouches". La fragilité de la condition de l'orgueilleux humain y étant observée sans concession et sans optimisme.
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Domi_V
  02 mars 2013
...euh, oui, .... Je reviens au monde réel et je me lance...
Pour le résumé, je vous invite à lire la critique d'Athouni...je ne saurai faire mieux.
En ce qui concerne mon avis personnel ; le style littéraire à forte évocation imaginative de Jacques Spitz ne peut en aucun cas laisser indifférent. Malgré cette écriture inventive je n'ai pas su "m'attacher" au personnage principal du peintre démissionnaire , Jean Poldonski, au moins, dans le premier tiers du livre....ses pensées sombres et suicidaires m'en empêchaient. Je me suis raisonnée...est-ce qu'on s'aime soi-même dans ces moments-là...instants de profonde lassitude et doutes sur la vie à poursuivre ? Dès lors, je dois admettre que Spitz sait parfaitement nous tenir le miroir de ces journées les plus ombreuses...
Mais, quand à son insu, Podolski se fait inoculer "le bacille de la causalité", la donne changé...de misérable individu qui méprise, il devient cobaye et le lecteur compatissant observe sa déchéance visuelle : un comble pour un peintre qui ne saura bientôt même plus peindre une "nature morte" puisque à travers ses yeux la mort va prendre une avance considérable sur la nature...
Difficile à définir le(s) sujet(s) de ce court roman : parabole de la mort, apagogie de la vie, voyage non dans le temps, mais vers le temps qui s'écoule..
J. Spitz est un auteur cynique, désabusé et classé dans les Surréalistes. Pour ma part, je dirai plutôt auteur de l'Absurde, qui ne cède pourtant jamais au grotesque, mais nous ouvre, comme à Podolski, une vision vertigineuse de l'autre versant de notre vie...
Et pour finir, un dernier mot caustique de Spitz : "la mort, c'est trop long, même à l'accéléré. Si dans cinq minutes je ne suis pas mort, je vais allumer une cigarette à l'aveuglette pour tuer le temps..."
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Ancolie
  14 mai 2013
Quel petit livre étrange… Je l'ai lu suite à la critique de Verdorie (oui, moi aussi) et il ne m'a pas laissé indifférente.
C'est l'histoire d'un peintre raté, déprimé, désagréable avec les siens, un brin narcissique qui, à la veille de vouloir se suicider, reçoit malgré lui un produit dans les yeux. Il acquiert alors la capacité de voir la mort des êtres et la décrépitude des choses avant qu'elles ne se produisent et cela de façon croissante. En se baladant dans la rue, il croise des cadavres, des ruines. Un «présent vieilli» s'ouvre à lui.
Cauchemar ? Folie ? Expérience réussie d'un savant génial ? Aucune explication claire ne nous est véritablement donnée, nous devons juste accompagner le héros dans son périple morbide.
Cette épreuve l'amène à s'interroger sur la mort, sur la vie, sur sa vie. Et là, pour moi, se trouve la plus belle richesse de ce roman : le narrateur réalise ce qu'aurait pu être son existence s'il s'était octroyé le droit au bonheur, le droit d'aller vers les autres. Outre celui du temps qui passe, le thème de la solitude est au coeur du roman.
Roman écrit dans les années 40, on y ressent l'influence du surréalisme. le ton est absurde, l'ambiance est au rêve. Ici, aucune joie de vivre, ni de lumière. le pessimisme et la noirceur englobent tout.
Il est à découvrir pour son concept original et pour ses réflexions justes et intenses. L'âme humaine et son devenir sont encore des énigmes à résoudre, Jacques Spitz nous en offre une clé…
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Athouni
  18 février 2013
Publié en 1945, ce roman de Jacques Spitz est une pure merveille. Ce récit, qui se présente sous la forme d'un journal, est celui de Poldonski, peintre sans grande envergure dont le cynisme et le mépris (plusieurs lignes sont d'une misogynie sans nom) cachent mal sa frustration devant son manque d'inspiration, de reconnaissance et peut-être même de talent. Aigri, Poldonski décide donc de se suicider. Une rencontre avec un laborantin, passablement allumé, change la donne. Ce dernier lui inocule sans le lui dire un bacille lui permettant de voir un présent vieilli : le peintre voit désormais le présent mais tel qu'il sera dans plusieurs jours. Ainsi les fleurs lui apparaissent toujours fanées.
La chose devient très vite insupportable à mesure que ce présent vieilli le projette de plus en plus loin. Bientôt ce sont avec des mois et des années (et pour finir des millénaires) d'avance que Poldonski voit le monde : les femmes autrefois désirables ne ressemblent plus qu'à des amas de chairs pourrissantes, les amis à des squelettes sans personnalité, les ruines remplacent les plus beaux monuments, etc. L'Humanité apparait alors dans sa plus totale vanité : condamnée à disparaitre et à ne rien laisser derrière elle. Né poussière, tu redeviendras poussière.
Plusieurs passages sont des tours de force bluffants, servis par une langue magnifique. Car Poldonski n'échappe pas à son propre regard. Un des sommets du roman consiste ainsi en la description du narrateur de sa propre mort, vue au travers d'un miroir (et on pourrait également parler de celle de son amie). Plus généralement, « L'oeil du purgatoire » est une réflexion, qui n'évacue aucune difficulté, sur la finitude humaine, la mort et la solitude.
Comme le dit Fantasio, c'est un livre « que tout le monde devrait avoir lu ».
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
Dionysos89Dionysos89   18 mai 2013
Et qu’est-ce donc qu’être artiste, poète, sinon échapper à l’aspect journalier du monde pour s’efforcer de prendre d’autres incidences sur la réalité ? À leur manière, les gens de votre espèce tentent un voyage dans la causalité. Ils veulent s’évader de la prison du monde familier, mais leurs forces les trahissent, ils y retombent. Ils ont rejoint la gare de départ, ils montent dans le chemin de fer du rêve, mais le train ne part pas, la fusée ne décolle pas, l’aventure rate… Ratée l’expérience artistique ! Ratée l’expérience poétique ! Ils n’ont pas trouvé la ligne de fuite, ils n’ont pas atteint la limite au-delà de laquelle ils échapperaient à la glu du monde. Ils chantent l’amour, les joies de la chair, la vie triomphante. Erreur radicale. Au lieu de se laisser aller à l’attrait du monde, il faudrait commencer par éprouver pour lui une solide répulsion.

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Dionysos89Dionysos89   30 mai 2013
Scène hilarante : un convoi funèbre sur le chemin du cimetière Montparnasse. Le cheval du corbillard, le cocher, les veuves, les orphelins, tous étaient plus ou moins à l’état de squelettes. Seul le mort, enfermé dans sa boite en chêne massif restait impénétrable aux regards et faisait neuf, j’allais dire vivant. Comique, comique, ces os qui en remorquaient d’autres. Ils ne sentent donc pas, s’ils ne le voient pas, que tout revient au même ? … Je vais en faire une petite toile : l’Enterrement sur le boulevard, qui damera le pion au père Courbet et à son macchabée d’Ornans.

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Dionysos89Dionysos89   01 mai 2013
Je reviens des cabinets. Quel est donc ce sort qu’est le nôtre, et qui veut que, pour tout, exactement pour tout, jusque pour accomplir les actes les plus élémentaires, il nous faille péniblement lutter ?… Ainsi, dire que tout le monde nous fait ch… est une vulgarité qui n’a même pas l’excuse d’être exacte. Je sais bien qu’il y a la colique, mais si c’est là la solution !…

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Dionysos89Dionysos89   11 avril 2013
Tout, ici-bas, m’aura déçu : hommes, femmes, sans compter moi-même. Les hommes sont de tristes pantins, les femmes de funèbres putains, et moi, sans talent, sans grandeur, je suis un lâche pour avoir condescendu à vivre pendant près de trente ans en pareille compagnie.

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Dionysos89Dionysos89   13 avril 2013
Peut-être m’avez-vous classé dans la catégorie des originaux, disait-il. Dans la vie, j’ai choisi de penser. Les hommes, ces animaux qui pensent, pensent si peu, que celui qui s’y refuse à observer pareille parcimonie fait sans doute figure d’original…

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