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Éric Chédaille (Traducteur)
ISBN : 2859408185
Éditeur : Phébus (29/04/2002)

Note moyenne : 4.3/5 (sur 64 notes)
Résumé :
Pour certains, La Vie obstinée est bien le chef-d'oeuvre de Wallace Stegner : dans un climat proche de celui que connaissent déjà les lecteurs de Vue cavalière...
Où l'on retrouve Joe Allston et sa femme, mais quelques années plus tôt, presque jeunes encore... installés dans leur maison en pleine nature, non loin de San Francisco. Ils sont venus là finir calmement leur vie (enfin, pas si calmement que ça), et constatent bientôt que le vieil Ouest n'est plus q... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
BonoChamrousse
  21 février 2018
"LA VIE OBSTINÉE" de Wallace Stegner
Traduit par Eric Chédaille - Éditions Libretto
Comment parler de ce chef-d'oeuvre sans le trahir ? C'est un livre auquel il me faudra (en tout cas pour moi) plusieurs lectures pour en saisir toute la portée et là, je n'en suis qu'à la première... alors j'ai la désagréable sensation de n'avoir qu'effleuré le génie de Wallace Stegner.
Joe Allston, le narrateur, est un éditeur retraité de 65 ans, avec un caractère ronchon, qui porte un regard cynique sur lui-même et ce qui l'entoure :
"Recalé en sympathie, j'ai eu à peine mention passable en stoïcisme. En revanche, j'ai décroché le premier prix d'ironie - cette calamité, cette escampette, cette cuirasse, ce moyen de rester planqué tout en jouant les esprits forts."
 Avec son épouse Ruth, il s'est installé dans les collines, encore sauvages, proches de San Francisco :
"Je m'étais retiré... d'une société par trop robotisée pour me cacher au fond d'un cul-de-sac derrière un panneau ."
Joe passe son temps à faire la chasse aux thomomys, des rongeurs qui s'en prennent aux racines des végétaux nouvellement plantés dans le jardin :
"On s'échine à bêcher, à fumer, à planter, à traiter, à tailler, à bichonner, pour qu'une vermine aveugle vienne se promener par là-dessous, détruisant tout sur son passage !"
Mais voilà qu'un jeune hippie, Jim Peck, qui campe illégalement sur son terrain et l'installation d'un jeune couple, les Catlin, dans une propriété voisine va bouleverser la petite vie pépère de Joe...
Le thème principal du livre, c'est la fracture entre l'homme moderne et la nature. L'homme qui plante des végétaux exotiques et fragiles dans des environnements non adaptés, l'homme qui détruit par inadvertance les prédateurs naturels des nuisibles, l'homme qui détruit tout court par avidité...
C'est un livre exigeant mais le cynisme de Joe Allston apporte l'humour nécessaire pour alléger la lecture. Et l'écriture est magnifique.
Un dernier mot sur la traduction d'Éric Chédaille : EXCEPTIONNELLE !!!
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mariecesttout
  11 mars 2014
Je crois toujours que Wallace Stegner est un auteur à lire.. en tout cas, il me fait toujours autant de bien! J'y retrouve les descriptions de la nature ( ah, les jardins californiens...), la finesse d'analyse de sujets oh combien complexes que sont les conflits de générations, les rapports familiaux avec toutes leurs erreurs- et surtout tous leurs non-dits qui se perpétuent, tout cela sans aucun pathos, avec même de l'humour...
Donc, les deux volumes La vie obstinée et Vue cavalière sont à lire ensemble. A mon avis.
La Vie obstinée a été publié aux Etats-Unis en 1967 et Vue cavalière (qui a obtenu le National Book Award) en 1976. On y retrouve le même narrateur, Joseph Allston, un homme d'une soixantaine d'années, et sa femme Ruth, un vieux couple lié par une complicité et une tendresse remarquables.
Agent littéraire en retraite, Joe Allston et sa femme se sont retirés dans la campagne californienne, au sud de San Francisco. Comme Wallace Stegner.
Liens rompus avec le passé.. à voir. C'est leur entourage, en particulier deux personnages, un campeur un peu sans gêne et une jeune femme , Marian, qui aime la vie mais est en train de mourir, qui vont donner l'occasion à Joe Allston de voir plus clair en lui-même. Et cela rouvre sans cesse la même blessure que le temps n'a jamais vraiment guérie, la mort du fils et l'incapacité qu'a eue le père à lui manifester son amour, à trouver avec lui le moindre lien.
Cela n'a rien d'un roman ( ou un roman selon la définition de Philippe Forest..), c'est tout à fait autobiographique . Et déchirant de lucidité.
Vue cavalière se situe donc quatre ans plus tard. C'est la lecture par Joe à sa femme d'un journal entrepris, vingt ans avant, lors d'un voyage au Danemark sur les traces de ses origines , sa mère étant une émigrée danoise ( la rencontre avec la baronne Blixen est un régal, on est loin du sourire de Meryl Streep..);
C'est le temps de l'acceptation de ce qui aurait pu être et n'a pas été.
Comment se construit une vie.. le hasard bien sûr et d'abord. Et puis, un luxe, les choix. Et la dernière étape, pouvoir accepter de ne pas les regretter..
Bon, mon commentaire ressemble à de la philosophie pour les nuls, mais je vous promets que ce n'est pas du tout le cas de ces deux livres...
"Même de son vivant, jamais son apologie d'un perfectionnisme biologique n'a pu me convaincre. Elle n'a jamais réussi à me persuader d'ignorer ou de simplement regarder comme des plaisirs âpres le mal que je ressens dans chaque rouille, charbon, nuisible qui infeste mon jardin- et que pour ma part je ressens comme un crapaud posé sur mon coeur. Songez à la force de vie, oui, mais songez aussi à la part de ténèbres qui s'y tient tapie . Il y a dans le lait de la baleine un élément qui annonce la souffrance et la mort.
Et alors? La flagrante évidence est admise, et puis quoi? Effacerais-je, si je le pouvais, Marian Catlin de ma conscience imparfaite? Renoncerais-je au plaisir de sa compagnie pour m'épargner la tristesse de sa disparition? En reviendrais-je à ma propre solution ,qui était le sommeil crépusculaire, afin d'esquiver la souffrance qu'elle apporta avec elle?
Jamais de la vie. Ainsi donc, malgré quelques grincements de dents, je reconnais la réalité de ma conversion. Il se passe pour moi ce qu'un jour je lui ai dit qu'il se passerait pour sa fille. Je serai, toute ma vie durant, plus riche de ce chagrin."
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pyrouette
  02 septembre 2017
Ruth et Joe ont quitté la vie sociale pour vivre dans la campagne californienne. Enfin c'est ce qu'ils croyaient. Pour tromper l'ennui ils ont créé des habitudes dont des promenades régulières dans la nature. Mais voilà, les habitants des campagnes sont bruyants, très bruyants et entre le bruit des tronçonneuses, des chasseurs et des voisins qui tentent de bétonner, pas facile de trouver la sérénité et la paix.
Surtout qu'un jeune vient leur demander de camper sur leurs terres. Ruth l'apprécie, Joe, pas du tout, mais ils acceptent pour de mauvaises raisons. Leur fils, n'ayant jamais trouvé sa place dans ce monde est décédé et ce jeune Peck ravive bien des sentiments.
C'est déjà bien compliqué comme ça et Joe nous conte avec perspicacité et humour les jours qui passent, les saisons, le jardin et surtout, surtout pas de confessions larmoyantes sur le deuil et sa culpabilité qu'il traîne depuis longtemps.
Et voilà qu'une jeune femme, nouvelle voisine, va lui apprendre la résilience et comment profiter du moment présent, alors que jeune maman et enceinte elle est malade.
Je ne sais pas si c'est un roman ou une autobiographie, mais c'est brillant, passionnant enlevé. Tout y est : le vocabulaire (plus de dix mots que je ne connaissais pas), le style, la forme, la désespérance, l'humour, l'ironie, la vie malgré tout. L'éditeur décrit l'auteur comme un maître de la clairvoyance désenchantée, il n'y a pas meilleure description.
Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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Nadouch
  03 octobre 2015
Un roman très étrange sur le voisinage d'un couple de retraités, partis chercher la paix dans la nature américaine, et un jeune couple, principalement l'épouse, à la personnalité et à la situation un peu particulières...Ajoutons à cela quelques querelles de voisinage avec des hippies venus squatter, quelques remarques sur les adolescents du coin, et l'on obtient le ton de ce roman assez décalé, car le narrateur est toujours ironique et est un retraité somme toute assez acerbe, avec beaucoup de second degré...
Mais aussi beaucoup de sensibilité, et c'est ce qui fait le charme de ce roman. Ce sexagénaire un peu ours découvre la sensibilité de sa jeune voisine, l'obstination de la vie, comment toujours voir le verre à moitié plein (lui qui le voit toujours à moitié vide).
J'ai aimé aussi cette ambiance campagnarde, de gens qui aimeraient vivre différemment mais qui sont en permanence menacés, par le bruit, par l'arrivée d'une route, par l'urbanisation...
Au final un drôle de roman, très bien écrit et assez drôle par moments, avec une fin réussie et émouvante.
Une belle découverte.
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Loutre_des_Rivieres
  13 février 2013
Un roman bouleversant, au plus proche de la nature, sous la chaleur accablante de la Floride.
Depuis quelques années, le couple Allston a quitté New York et s'est retiré dans une maison en Floride, assez loin de la civilisation. Tandis que Joe s'occupe en bricolant, Ruth cuisine et jardine. Tous les deux font de longues promenades et s'imprègnent allègrement de la tranquillité des lieux. A part quelques voisins amateurs de chasse, rien à signaler. C'est sans compter sur l'arrivée de Peck, un jeune étudiant contestataire et désinvolte demandant à camper sur leur terrain, qui leur rappellera par quelque égards leur fils disparu. Tandis que Ruth est charmée par Peck, Joe fulmine contre le jeune homme.
Un nouveau couple de voisins, les Catlin , va, par leur présence, apaiser les tensions. Marian, une jeune femme déterminée, amoureuse de la vie, mais encore affaiblie par la rémission d'un cancer, va rendre le sourire au taciturne Joe.
le personnage de Marian est magnifique. Malgré des thèmes difficiles, l'auteur insère beaucoup d'humour.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
pyrouettepyrouette   28 août 2017
J'ai toujours tenu que l'attitude à adopter face à la souffrance d'autrui était la sympathie, qui signifie souffrir avec, et que, face à la sienne propre, il fallait continuer d'avancer un pied devant l'autre.
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MaliseMalise   12 décembre 2012
Inutile de chercher à lui mettre dans le crâne que les petites gens qui mènent une existence toute simple et chantent des ritournelles toutes simples sont aussi ceux qui pratiquent discrimination et ségrégation, qui lynchent, se battent au couteau, avilissent tout ce qu'ils touchent, gardent une poire pour la soif, achètent à tempérament, adorent les slogans, raffolent des gadgets, brandissent le drapeau, placent maman au pinacle, ne connaissent aucune chanson traditionnelle, détestent les barbes et exigent la démission des directeurs d'école qui permettent que 'L'Attrape-cœurs" figure sur les listes de lecture. Je n'ignore rien des petites gens : je suis issu d'entre leurs rangs.
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pyrouettepyrouette   04 septembre 2017
Recalé en sympathie, j'ai eu à peine mention passable en stoïcisme. En revanche, j'ai décroché le premier prix d'ironie. Cette calamnité, cette escampette, cette cuirasse, ce moyen de rester planqué tout en jouant les esprits forts.
Commenter  J’apprécie          120
pyrouettepyrouette   30 août 2017
Je suis un sachet de thé oublié au fond de la tasse : le produit de ma macération ne cesse de devenir opaque et plus amer.
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pyrouettepyrouette   02 septembre 2017
Je crois que la conscience fait de nous des individus, et que, parce que nous sommes des individus, nous avons perdu cette faculté d’accepter notre sort.
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