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Nestor Burma (BD - Casterman) tome 2 sur 13
EAN : 9782203399051
190 pages
Casterman (22/01/1997)
4.28/5   249 notes
Résumé :
Présentation de l'éditeur

1943. A peine libéré d'un camp de prisonniers en Allemagne, Nestor Burma rentre en France et s'attelle à l'énigme de cette adresse qui fait tant parler les mourants.

Une enquête du détective de choc pendant l'Occupation, entre Lyon et Paris.
Que lire après Nestor Burma, tome 2 : 120, rue de la gare (BD)Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
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120, rue de la gare est une adaptation magistrale par Tardi, du roman de Léo Malet, créant le personnage de Nestor Burma.
Un géant de la BD francophone qui met en image le premier roman noir français en prenant le parti de reproduire les dialogues à l'identique ou presque. Une superbe réussite tant dans le fond que dans la forme.
L'histoire commence en septembre 1940 dans un stalag. Nestor Burma est prisonnier de guerre comme des millions d'autres. Il rencontre La Globule, prisonnier lui aussi, mais dont l'esprit est parti. Traumatisme de guerre ? Cela semble plus compliqué. Il meurt dans les bras du héros en prononçant «dites à Hélène, 120, rue de la gare».
1941. Burma fait parti des prisonniers rapatriés en France. En gare de Lyon, il aperçoit son ancien coéquipier détective privé qui lui cria avoir découvert… On ne saura pas quoi, car il meurt lui aussi, assassiné par des coup de revolver. Il n'a que le temps de crier « Patron, 120 rue de la gare».
Coïncidence ?
Et cette femme sosie d'une actrice célèbre qui tient un pistolet à la main. Qui est-elle ? Que fait-elle dans l'histoire ? Nestor Burma saute du tain et reste à Lyon. Il veut comprendre.
Commence alors une enquête tortueuse à souhait. D'abord dans le Lyon brumeux de la France non occupée, mais pétainiste. Il obtient l'aide d'une ancienne connaissance, Marc Covet, journaliste au Crépuscule qui s'est délocalisé de Paris dans la capitale des Gaules. Il a affaire au commissaire Bernier qui semble jouer un jeu trouble. Il rencontre maître Montbrison, avocat qui semble vouloir l'aider, mais qui semble aussi profiter du marché noir.
L'enquête de Burma semble gêner, on veut le faire disparaître. Mais qui ? Pourquoi ? Et où est cette rue de la gare ? Et qui est Hélène qui porte le même nom que son ancienne secrétaire ?
Les indices le poussent à revenir à Paris ou un ancien camarade est devenu commissaire, Faroux. le puzzle, au fur et à mesure se reforme, pièce par pièce, avec ses fausses pistes, ses coups fourrés et ses révélations finales.
L'intrigue policière tient vraiment la route et si parfois, il ne faut pas perdre le fil, on suit la résolution de l'énigme initiale sans peine. Ce qui est une gageure, parfois dans les romans noirs.
Le truc en plus, c'est l'époque. Cette enquête dans la France de Vichy et le Paris occupé, avec des personnages qui vivent l'Occupation sans s'en rendre compte, obnubilés par leur pérégrinations policières, au milieu de la propagande, des couvre-feux, des restrictions, des bombardements, de l'armée allemande, du marché noir. On s'y croirait. C'est l'avantage d'un roman écrit sur le moment. le but n'est pas de décrire l'Occupation. Mais on nage dedans, on y pense, on l'oublie, on la retrouve. Une immersion rendue magique par le dessin de Tardi.
Tardi ce sont des gueules de personnages que l'on oublie pas. Chacune la sienne, des expressions de visages traduisant les émotions ou l'intense réflexion. Des décors toujours d'une justesse incroyable. Tardi adore recréé des villes, ici Lyon puis Paris et sa proche banlieue. le tout nappé d'un noir et blanc idéal pour ce genre d'histoire.
Bien sûr, certaines planches sont très verbeuses (pages 52, 53 par exemple !). Vouloir reprendre l'intégralité des dialogues oblige, mais certaines sont aussi quasi muettes, quand il s'agit de décrire une atmosphère ou des décors (pages 110, 111 lors du retour à Paris).
En lisant cette adaptation comme un roman, on a plaisir à la retrouver, plusieurs soirs de suite. Et je dois avouer que pour avoir lu aussi le livre de Léo Malet, je trouve la bande dessinée supérieure.
Un petit chef d'oeuvre du genre qui devrait plaire aux amateurs de romans noirs des années 1940. mais aussi à tous ceux qui apprécient les intrigues policières bien ficelées.
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En Septembre 1940, Nestor Burma est prisonnier dans un stalag. La bas il y a un pauvre hère qui titille sa curiosité : tout le monde l'appelle la Globule et il est amnésique. Quand il va rendre l'âme dans la sordide infirmerie du camp où Nestor Burma s'est trouvé un emploi planqué, il lâche quelques mots : "prévenir Hélène, 120 rue de la gare".
Des mots qu'il va réentendre lorsque son train de rapatriés de guerre arrive à Lyon. Son collègue se fait tuer devant ses yeux, il n'aura le temps que de lâcher cette adresse : 120, rue de la gare. Coïncidence? Avec Nestor Burma jamais!

Nous voici donc parti pour une enquête (de quand même 190 pages) avec notre détective privé préféré. D'abord à Lyon, puis à Paris alors que la ville est encore sous l'occupation allemande.
J'ai bien aimé cette enquête avec ses nombreuses pistes, indices et faux coupables. Ca s'embranche pas mal, en finit de douter de tous les protagonistes. Mais toujours on arrive à garder le fil sans trop s'embrouiller ni se perdre. Un bon policier bien ficelé donc.

Les dessins de Tardi, en noir et blanc, font leur office avec efficacité et simplicité.
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En transposant le premier roman de Léo Malet, Tardi plonge dans ses thèmes favoris... la vie au stalag, le STO, la collaboration... Tardi et Malet, c'est une longue histoire d'amour, clairement. On démarre avec Burma au Stalag 1B. Il croise une faune pas possible, des gueules, des tronches dont le noir et blanc de Tardi, les ombres et les gros traits à l'encre renforcent la dureté et le désespoir. L'univers du Stalag, Tardi connaît et il nous rend cela pesant, réel et inhumain. de la fort belle ouvrage.

Burma croise La Globule, un amnésique ramassé par les Allemands avec des soldatts faits prisonniers. Mais il n'est clairement pas un soldat. Qui est-il? L'incertitude quant à identité va planer sur l'ensemble du tome, ou presque. L'amnésique est peu disert, et quand il hurle "dites à Hélène, 120, rue de la gare avant de mourir", Burma ne peut s'empêcher de penser à "son" Hélène... quelque part à Paris.

Voilà Burma rendu à la vie "civile", et en gare de Lyon il croise un de ses partenaires... qui hurle "120 rue de la gare" avant de se faire plomber de Calibre 32... Burma entrevoit une beauté qui ressemble à une actrice célèbre... L'enquête démarre, Burma va faire appel à Faroux, commissaire à Paris, et à une connaissance, journaliste au Crépuscule, quotidien qui a migré de Paris à Lyon. de fausses pistes en tentatives d'assassinat, il apparaît assez vite que Burma commence à inquiéter quelques malfrats. Burma doit remonter la piste de l'amnésique qui va petit à petit livrer ses sercets, à mesure que Burma découvre son parcours... et relie toutes les pièces du puzzle. Au passage il retrouve Hélène, son Hélène, et remonte l'agence Fiat Lux...

Tardi respecte le schéma de Malet et progresse pas à pas dans l'enquête. C'est parfois un peu verbeux, car Burma aime pérorer et faire étalage de ses déductions. Mais c'est de la belle ouvrage. Et le trait de Tardi fait merveille dans cet univers sombre et glauque.

Notons au passage que Léo Malet est un sacré pendard. Si cette histoire est la première de Burma (écrite en 1942), il mentionne à plusieurs reprises le passé de détective déjà bien rempli de son héros. Dans son enquête, il va croiser des tas de gens qui ont déjà eu maille à partir avec lui. Et tous s'exclameront... "Burma, vous avez tout d'un flic"... C'est vrai qu'il est très flic dans sa manière de faire. Mais c'est jouissif.
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Ou quand le dessinateur de BD Jacques Tardi s'attaque aux Nouveaux Mystères de Paris.

"120 rue de la Gare", la première enquête de Nestor Burma - l'homme qui met le mystère KO - écrit par Léo Malet en 1942 avait déjà été adapté pour le cinéma quatre ans après sa parution. Nestor Burma est un personnage dont la genèse se situe en France sous l'occupation et dans l'immédiate après-guerre.

Drôle de chose, au fond, que l'adaptation d'un roman en BD. Ce qui est passionnant dans l'approche de Tardi ce sont les manières différentes de s'y prendre pour enfin s'emparer de cet univers. Il l'a fait en trois étapes, il me semble. D'abord avec l'album "Brouillard au pont de Tolbiac", pour une adaptation assez classique. Ensuite vient notre "120 rue de la Gare" dans lequel il colle au roman original au point de restituer pratiquement l'intégralité des dialogues. Enfin un récit court un peu moins connu du public "Une gueule de bois en plomb" dans laquelle Tardi dessine une aventure inédite et de son cru, comme une sorte d'appropriation stylistique.

"120 rue de la Gare" sera mon préféré. Vouloir à ce point coller au texte avec une bande dessinée aurait paru l'approche la plus casse-pipe, et il en ressort un album de BD d'une densité extraordinaire.

Cela tient aussi au climat de ce récit dans la France occupée… Cette toile de fond traitée de manière crue et très documentée, tandis que les personnages s'agitent dans une intrigue bien glauque, comme indifférents aux alertes, aux rationnement tant ils sont absorbés par le crime et leurs affaires sordides… Une grande réussite de tension dramatique.

Fiat Lux, Hélène !





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J'aime particulièrement dans les enquêtes de Nestor Burma traitées par Tardi la patte du dessin et des ombres. Il y a dans ce noir et blanc quelque chose de Bogart et du faucon maltais, une sorte d'épaisseur indissociable du récit, le pendant illustré du film noir. Et c'est là la plus grande réussite de Tardi, avoir donné corps à ces histoires. A lire pour se plonger dans une atmosphère où les coups de feu résonnent sur le pavé humide.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Le lendemain, j'allai à la Bibliothèque nationale compulser divers périodiques et notamment CRIME ET POLICE une revue qui fournissait sur les criminels, célèbres ou non, les plus nombreux details. Assez satisfait, je flânai sur les grands boulevards avant de rentrer chez moi. A cette époque, les criminels n'étaient pas que dans les revues de la B.N. Ils organisaient d'infâmes manifestations, annonciatrices des pires atrocités.
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- Que dit son portefeuille ?
- Héléne PARMENTIER. Née le 18 juin 1921. Etudiante...
- Etudiante, ça m'étonne pas !
- Je sais que pour un flic, un bon étudiant est un étudiant mort, mais même le meilleur flic du monde n'a jamais réussi à faire causer un cadavre... et elle a des choses à nous dire Mlle PARMENTIER ... de plus, j'aimerais lui éviter la morgue. Dépêchons !
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- Ah quelle tristesse, quelle horreur, quel ennui ! ... et toute cette boue, je déteste la campagne, Bébert.
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Depuis quelques jours, on fait une rude consommation de policiers privés. A votre place je ferais gaffe Burma.
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- Il y a une heure, un gosse a découvert le noyé là, coincé dans ces troncs d'arbre. On a déposé le corps dans une cabane de cantonnier, un peu plus loin.
- Vous reconnaissez votre assaillant ?
- Il a un peu changé depuis hier, mais c'est lui.
- Vous l'aviez déjà vu ?
- Jamais vu.
- Ah ah ah ! C'est fini pour moi. Je vous laisse le guignol tant qu'il est encore chaud, toubib.
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"Un suspens incroyable dans le Paris de la fin du 19em siècle. Un tas de morts suspectes, un complot, des disparitions et un mystérieux professeur !" - Gérard Collard.
La première enquête de Simon Bloomberg, aliéniste à la réputation sulfureuse.Un roman qui mêle spiritisme et science lors de la préparation de l'expo universelle à Paris dans une ambiance proche d'Adèle Blanc-Sec de Tardi.
Vous avez aimé cette chronique ? À retrouver à La Griffe Noire ou sur notre librairie en ligne : https://www.lagriffenoire.com/les-enquetes-de-l-alieniste-tome-1-la-chambre-mortuaire.html
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