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EAN : 9782234089976
220 pages
Stock (05/01/2022)
4.26/5   31 notes
Résumé :
« Le 17 mars 2020, alors que la France entrait en guerre contre le Covid, la déclaration de guerre, pour notre petit garçon, son père et moi s’est faite au sein du service des urgences d’un hôpital parisien pour enfants. En quelques heures, nous avons été éjectés de notre vie et projetés dans un nouveau monde. Nous y sommes restés cent cinquante-huit jours. »

Un autre confinement. Une bulle hors du temps, hors de la vie, où le quotidien devient ce qui... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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Ladybirdy
  25 janvier 2022
J'aime l'écriture de Laurence Tardieu. Cette femme irradie de mille feux. Même dans ce récit de l'épreuve devant son enfant gravement malade, elle parvient à capturer la beauté au coeur des ténèbres.
C'est le 17 mars 2020 qu'Emmanuel Macron a décrété l'état de crise pour des millions de français. C'est aussi et surtout ce même jour que le fils de Laurence Tardieu, quatre ans a été emmené aux urgences pour une leucémie foudroyante.
Je ne sais pas vous, mais moi j'ai l'impression que depuis deux ans on nous bassine les oreilles avec le covid, des chiffres, des mesures, encore des chiffres. Qu'en est-il pour tous ces gens qui souffrent loin du covid ? Ces gens oubliés de tous ?
Pour une fois n'est pas coutume, je pousse un coup de gueule car il n'y a pas que le covid qui tue, il y a ceux qui ont le covid, s'en sont sortis mais isolés, confinés, on les empêche de voir ceux qu'ils aiment, de loin l'amour, la tendresse, 1M50 de distance, bulle sociale, puis on se laisse mourir. Pas le covid monsieur non, la solitude, l'humain au placard.
Cent cinquante-huit jours, c'est le temps que ce petit Adam est resté dans l'unité de soins d'hématologie. Emmenant avec lui sa mère dans une bulle fermée de tout et de tous.
L'auteure a ressenti le besoin de poser des mots sur cette bulle dans ce pays sans nom. Elle est restée au chevet de son fils quasiment à plein temps, montant sur son vélo salvateur pour une douche à la maison, saisie alors par la beauté du soleil et les flagrances s'échappant du printemps.
Sans larme, sans atermoiement, Laurence Tardieu signe un témoignage vibrant par sa pudeur, son courage à toute épreuve. Personne n'est préparé à vivre une telle horreur, quel autre choix que celui de se battre, de prier l'espoir et d'aimer deux fois plus fort encore.
L'occasion est aussi pour elle ici de remercier l'équipe médicale trop souvent oubliée et qui pourtant ne compte pas ses heures, fait preuve de professionnalisme et de patience.
C'est un récit qui comptera plus que jamais pour Laurence Tardieu et véhicule un message d'amour fort en ces temps où il manque de la place pour tous ces êtres qui souffrent en silence dans cette situation de crise interminable.
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dannso
  12 avril 2022
Le 17 mars 2020, la France entrait en confinement pour faire obstacle à une maladie alors peu connue, la Covid. Ce même jour, Adam, quatre ans et demi, le fils de Laurence Tardieu entrait à l'hôpital.
La France était en guerre contre ce virus inconnu, Adam et sa famille entamait la leur contre une maladie au nom barbare : Leucémie aiguë myéloblastique, alias LAM. Un combat qui va se dérouler pendant 158 jours, un combat pendant lequel l'issue est par moments restée incertaine, un combat dont Adam gagnera la première bataille, même si tout n'est pas encore terminé.
Laurence Tardieu va dans ce livre nous livrer les étapes de cette guerre, ses sentiments, sa révolte, la force qu'elle va trouver en elle, et dans les autres parfois, Céline son amie, son père, certains de ses amis, ses filles aussi, combien certains autres vont se révéler éloignés, incapables d'apporter un vrai soutien.
Elle raconte comment la Covid va interférer dans cette épreuve, la rendant encore plus pénible : plus d'enseignement à l'hôpital, plus de clowns pour distraire les enfants, la peur panique pour elle et son mari de l'attraper et de ne plus pouvoir être présents avec leur enfant, l'impossibilité de recevoir des visites, l'impossibilité de côtoyer physiquement et de trouver le réconfort dans les bras de leurs proches.
Il va y avoir différentes étapes, des moments où l'espoir est difficile à conserver, et peut-etre faut-il alors justement s'en débarrasser ainsi qu'elle le dit :
« Il a été capital qu'à ce moment-là j'accepte, totalement, qu'Adam puisse mourir, que nous puissions perdre le combat, pour l'accompagner au mieux, totalement, sans qu'une part de moi résiste, veuille prendre la tangente, se révolte.
Il n'y avait pas de place pour la révolte.
Il n'y avait de place que pour Adam, encore, à chaque instant, vivant.
Vivant encore à chaque instant.
Vivant, encore.
Encore vivant. »
il y aura des moments plus lumineux ou la beauté de la vie viendra la frapper, l'aider à lutter :
« Durant tout le mois d'avril, le cerisier de notre jardin a été en fleur. Les longues branches noueuses, constellées de blanc, se détachaient devant la fenêtre de notre chambre, s'élevant vers le ciel. C'était d'une beauté. Chaque matin, avant de partir à l'hôpital, je prenais quelques secondes pour le regarder. Regarder n'est pas le terme exact : je m'en absorbais, m'en nourrissais. Je me transportais en songe à l'intérieur de l'arbre et m'y répandais, m'y fondais, m'y étalais de tout mon long. Mes bras touchaient le ciel et les racines de la terre, mon ventre se frottait à l'humus. Je buvais la sève, les fleurs, le bois, les odeurs, je me barbouillais de joie.
Puis, à nouveau j'étais dans la chambre, derrière la fenêtre, à nouveau j'étais debout, dans le corps d'une femme de quarante-sept ans qui s'apprêtait à descendre un escalier, à ouvrir une porte de maison, à partir pour une chambre d'hôpital où l'attendait un petit garçon – son petit garçon. J'étais remplie de beauté vibrante. Quelques minutes plus tard, au moment d'entrer dans le bunker, je convoquais la vision du cerisier en fleur. »
Elle explique aussi pourquoi elle a voulu écrire ce témoignage, parce que laisser une trace c'est être vivant, comme ces traces de pas qu'on laisse dans la neige.
Et pourquoi moi ai-je voulu lire ce livre, que je devinais poignant et difficile ? Surement à cause de l'auteure que je lis depuis longtemps et dont j'admire l'écriture, qui a su à chacun de ses livres me charmer et m'émouvoir. Et puis, parce que lire des phrases sur la douleur peut parfois aider à vivre celle éprouvée il y a quelques mois.
Et aussi parce que ce livre se révèle étonnamment lumineux, que j'en ai aimé chaque phrase, et qu'il célèbre finalement la beauté de la vie.
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lolomito
  16 janvier 2022
Lors d'une promenade avec une amie il y a quelques jours et alors que nous parlions lecture, je lui disais que je n'avais pas la larme facile lorsque je lisais.
Et comme pour contredire mes dires, j'ai fini mon livre en cours et j'ai choisi en suivant celui-ci de Laurence Tardieu « D'une aube à l'autre » il ne m'en a pas pris longtemps pour verser une petite larme.
Alors, peut-être parce que l'auteure porte le même prénom que moi et que son petit Adam a exactement le même âge que mon petit-fils.
J'ai sans doute transposé et j'ai été très émue à la lecture du combat qu'elle décrit. Un combat contre la maladie, un combat contre la mort, un combat pour la vie.
Une scène notamment m'a bouleversée. Une scène qui se déroule avec la soeur aînée d'Adam et que je ne peux vous relater ici pour ne rien dévoiler en avance du parcours qui est celui d'Adam et de sa famille.
Car lorsqu'un enfant est atteint d'une maladie grave, c'est toute la famille qui est impactée.
Les parents se retrouvent catapultés dans un autre monde.
Un monde hors du monde. « Une bulle » comme le qualifie Laurence Tardieu.
Une bulle pour à la fois se recentrer sur soi-même en faisant abstraction du monde extérieur et des autres. Ces autres dont le soutien est pourtant primordial.
Laurence Tardieu nous explique également comment ces autres peuvent être maladroits en pensant envoyer des messages bienveillants.
Lire ce livre c'est rentrer dans l'intimité d'une famille touchée en plein coeur par la maladie.
Un livre où règne la tendresse, l'amour sans limite d'une mère pour son enfant, mais aussi l'amour d'un père, de la fratrie et le dévouement du personnel soignant.
Un livre sur la force inouïe et le courage dont peuvent faire preuve les enfants dans l'épreuve.
Un condensé d'émotion. le calme avant la tempête. Et après la tempête ?
Pour le savoir, lisez ce livre lumineux.
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JillValentine
  25 mars 2022
Alors que la France se voit annoncer un premier confinement suite à la montée en puissance de l'épidémie de Covid, Laurence Tardieu est aussi à l'hôpital mais pour une tout autre raison : on vient de diagnostiquer une leucémie à son fils.
Et son monde s'effondre.
C'est d'ailleurs cette survie pendant 158 jours qu'elle va essayer d'exorciser au travers de ses lignes. Alors c'est bouleversant. Un enfant entre la vie et la mort, son enfant, un diagnostic qui tombe comme un couperet et la nuit qui tombe sur leur famille. Car comment se relever quand on vous annonce un tel verdict ? Je ne suis pas sûre qu'une personne ne l'ayant pas vécu puisse même imaginer ce vide.
C'est aussi révoltant car le Covid, toujours le Covid. On nous bassine depuis 2 ans avec ça. Alors oui, pandémie mondiale, pandémie orchestrée ? (c'est un autre débat), des millions de morts. Mais d'autres combats se jouent dans l'ombre et on ne les a pas vu. Chacun se sentant pris au piège dans son appartement ou sa maison avec ses enfants sans promesse de libération. Oui mais eux, ils étaient en famille. Il n'y avait pas les allers-retours pour aller à l'hôpital avec l'incertitude de la guérison...
Auteure discrète mais dont chaque écrit prend aux tripes. Ce témoignage bouleversant qui conduit irréfutablement vers une nouvelle aurore.

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Unemultitudedelivres
  18 mai 2022
Tout débute le 17 mars 2020. Si c'est le début du premier confinement, c'est aussi le jour où Laurence Tardieu apprend que son très jeune fils est atteint de leucémie.
Ce livre m'a profondément touché et certains passages m'ont ému aux larmes. L'autrice décrit très justement toutes les émotions par lesquelles elle est passée et comment cette épreuve a fait évoluer son rapport aux autres. C'est très dur mais aussi très beau.
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critiques presse (4)
LaLibreBelgique   11 mai 2022
Laurence Tardieu retrace un combat hors norme dans un texte bouleversant.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
RadioFranceInternationale   04 mai 2022
De ces 158 jours de guerre contre la mort et la maladie, l’écrivain Laurence Tardieu a fait un récit littéraire d’une force vitale impressionnante, poignant et lumineux en même temps, traversé par ces instants de beauté, de poésie et d’humanité simple auquel on ne prête vraiment garde que dans les pires moments de l’existence.
Lire la critique sur le site : RadioFranceInternationale
LaCroix   18 avril 2022
À quatre ans, Adam est frappé par une leucémie. La romancière Laurence Tardieu raconte, dans un récit poignant, les 158 jours de confinement hospitalier.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeMonde   24 janvier 2022
L’écrivaine raconte les cinq mois de calvaire auprès de son fils leucémique. Un texte impressionnant de force.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
bichonbichettebichonbichette   15 mai 2022
Il n'y a pas eu d'heure. Personne ne t'a prévenue de rien. Tu es tombée ailleurs. Désormais, tu habites un autre espace-temps. Un monde clos, souterrain, un bunker penses-tu parfois. Un monde silencieux et rugissant. Le monde des enfers penses-tu chaque matin. (p.19)
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dannsodannso   08 avril 2022
La force que tu trouves, qui déferle d’un coup sur toi, dans cette chambre du quatrième étage du service d’hématologie de l’hôpital Robert-Debré, elle vient de plus loin que toi. Elle vient d’un temps très ancien, c’est ta part archaïque, primitive, qui d’un coup a pris les commandes. Tu l’ignorais, mais le 18 mars 2020, dans la chambre avec ton fils, tu n’étais pas seule : il y avait derrière toi une puissance rugissante, l’histoire de toutes les mères depuis les premiers temps du monde. Tu étais traversée par leur courage, leur énergie inébranlable, elles avaient déposé en toi, sans que tu le saches, un limon fait d’instinct de survie et de protection, et tu ne le savais pas, toi qui jusque-là n’avais pas eu besoin de te confronter à l’innommable, tu ne le savais pas mais tu étais une louve, tu avais des crocs, un corps très massif. En cet instant tu découvres que tu es aussi vaste que le monde, aussi vieille et puissante que la première des mères. Tu protèges ton fils. Tu le portes. Tu le secours.
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dannsodannso   12 avril 2022
À Noël dernier, il m’a écrit : « Tu sais, dans les tempêtes, chacun essaie de résister et d’aider les autres à le faire. Je suis heureux si j’ai pu t’aider dans ces temps difficiles. Au fond, en vieillissant, on s’interroge sur son utilité pour les autres. Tu m’as offert cette chance. »
D’une certaine manière, c’est Adam qui nous a offert cette chance, nous permettant de rebattre les cartes de la vie.
À l’âge de quarante-sept ans pour moi et de soixante-dix-huit pour lui, nous avons été, au royaume des ténèbres, le père et la fille les plus heureux l’un pour l’autre.
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dannsodannso   11 avril 2022
Et lorsque je mettais le pied dans la maison
abrutie de fatigue
et que j’entendais cette musique

comment dire cela

il me semblait passer d’un coup du monde des enfers à un monde céleste
un monde extraordinairement beau
un monde qui me rendait ma verticalité
et chaque fois j’éprouvais un vacillement intérieur
ces quelques secondes durant lesquelles je ne comprenais pas
comment ce monde-là
si beau
habité par la joie et le mouvement
pouvait encore exister
et je restais debout dans l’entrée
frappée au cœur
écoutant de toute mon âme le chant de Josepha s’élevant dans la maison
le chant de Josepha labourant mon corps
créant cet espace impossible
où beauté et guerre entraient en fusion.
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dannsodannso   10 avril 2022
Chaque soir, j’attendais ses messages.
Je les attendais comme un naufragé attend un morceau de bois, un tronc d’arbre, une bouée, n’importe quoi pour y déposer sa tête, ses bras, son corps.
Je me jetais sur les poèmes, les fleurs, le vent. Je les dévorais.
Les absorbais jusqu’à l’os.
Ils regorgeaient de tant de vie et de beauté. Au cœur de l’enfer, ils m’ont aidée à rester un être humain.
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Videos de Laurence Tardieu (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Laurence Tardieu
Laurence Tardieu vous présente son ouvrage "D'une aube à l'autre" aux éditions Stock. Rentrée littéraire janvier 2022.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2595210/laurence-tardieu-d-une-aube-a-l-autre
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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