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EAN : 9782757802489
128 pages
Points (14/06/2007)
3.37/5   50 notes
Résumé :
Une jeune femme, Léa, a commis l'irréparable. Sous la surveillance d'un gardien, elle attend que les jurés de la cour d'assises rendent leur verdict.
Le huis-clos et la violence morale de la situation font remonter à sa mémoire le frère adoré et disparu, les parents qui ne savaient pas aimer, les hommes qui ont traversé sa vie. Au cours de ces trois heures, un lien se noue entre Léa et le gardien, deux êtres que tout devrait tenir éloignés, mais que la solit... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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Que sait-on des autres quand on les juge ? Que sait-on des autres quand on les absout ? Rien de plus, rien de moins que ce qu'ils ont accepté de confier d'eux-mêmes. Rien de plus, rien de moins que ce qu'ils ont consenti à donner. Et c'est si peu parfois, ou si faux, ou si confus…
Que sait-on de celui dont on prononce la sentence, que ce soit dans le cadre légal d'un tribunal ou dans le quotidien où tout un chacun est si prompt à juger celui qu'il croise.


Léa attend le verdict d'un tribunal. Elle est accusée d'infanticide.

Elle attend et sombre.

D'elle, elle n'a rien dit, rien confié à ceux qui l'interrogeaient, essayant de la connaître ou de la rencontrer. Elle n'a rien murmuré parce que toute sa vie, elle s'est tue. Tue du manque de regard de sa mère, du manque d'amour, de ce reproche permanent d'être. Tue de la maladresse d'un père qui ne sait dire son affection, qui ne sait oublier le marasme de sa propre vie pour juste dire à sa fille qu'elle existe pour lui. Tue du manque, de cette absence comme une béance du frère qui n'est plus, de cette seule main à serrer fort, cette épaule sur laquelle s'adosser qui n'est désormais plus là.
Elle n'a rien dit de ce mariage raté pour fuir un milieu familial qui l'étouffe, de ce mari tout aussi maladroit que le père, qui n'entend pas sa désespérance et ne peut donc pas l'aider.
Tue de ces hommes rencontrés, comme une quête d'un amour que personne ne lui a consenti sauf ceux qui ont désormais quitté la vie.

De l'acte dont on l'accuse, elle ne se souvient que de l'ultime instant, de l'irrémédiable. Et l'irrémédiable, l'a-t-elle réellement commis ? Malgré elle ?
Cet enfant qu'elle aimait plus que tout, mal peut-être mais comment savoir quand on n'a pas appris, quand on n'a pas été aimé soi-même. Elle est pourtant parvenue à donner cet amour vrai ce qu'elle n'a jamais reçu.

De ces larmes taries ou plutôt qui n'ont jamais coulé, de ce silence comme refuge, Léa s'extrait doucement devant le regard d'un "invisible", d'un homme qui attend avec elle, du gardien qui ne la questionne pas mais l'écoute, qui ne la juge pas mais compatit à sa détresse, à son égarement dans la vie.
Et c'est devant lui qu'elle va sortir de ce cocon étouffant qui l'empêche non pas de justifier ce qui s'est passé, elle ne le peut, ni ne le veut, mais d'en écrire la réalité et les causes, les circonstances.


Laurence Tardieu, encore une fois, m'a bouleversée. Une écriture comme une spirale mêlant présent et passé, mêlant intime et quotidien pour parler de Léa et de Théo. Théo l'enfant et aussi Théo, le frère, de cette femme si infiniment seule, si infiniment désaimée, qui balbutie dans la vie, qui se noie, qui s'affole et à qui personne ne tend la main.
Un plaidoyer pour dire qu'on écoute jamais assez l'autre, qu'on ne sait jamais assez pour décider du regard qu'on pose sur lui, qu'on peut toujours entendre davantage, pas excuser ni condamner seulement comprendre pourquoi...

Léa, on a envie de la serrer dans les bras, pour remplacer ceux qui l'ont repoussée.
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Accusé d'infanticide, Léa attend le verdict de son procès.

Infanticide, le pire des crimes ? Pourquoi ? Comment en est-elle arrivée là ? Comment peut-on en arriver là ? le sait-elle elle-même ? Prostrée, mutique, dans l'incapacité totale de parler, de pleurer. Indifférente ? le silence synonyme d'indifférence ? La douleur qui enserre le coeur ?

Dans l'exiguïté d'une salle, en attente d'une décision forcément terrible, la parole va se libérer.
Un gardien. Quelques regards suivis de quelques mots, deux solitudes, deux souffrances ou quand la suffocation laisse place à une forme de libération. Toute relative cette libération.

Le passé, les souvenirs, les erreurs, les errances, la famille, les hommes ; le frère, le fils, le frère mort, la colère du fils, la mort du fils. le père, le père qui tourne le dos, encore…
Aucun retour possible, tout bascule, inexorablement.

Un récit poignant, une écriture juste et sobre. Laurence Tardieu nous bouleverse. Encore.


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C'est le deuxième roman de Laurence Tardieu.
Elle traite ici d'un thème extrêmement difficile; l'infanticide.
Léa est une jeune femme accusée d'infanticide.
Elle attend que les jurés de la cour d'assises rendent leur verdict.
En à peine cent pages, on voit défiler ce qui a amené Léa à commettre l'irréparable; son enfance dorée, ses parents indifférents, les hommes multiples qui ont traversé sa vie;
Trois heures de huis clos, où l'on voit un gardien s'attacher à la jeune accusée, rapprochés un court instant par la solitude.
Un récit court, émouvant, sobre et sensible.
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"Le jugement de Léa" est l'histoire d'une jeune femme qui attend le verdict de son jugement. Elle a tué son petit garçon. Depuis, elle n'a plus ouvert la bouche et n'a rien dit à personne, rien dit de son geste, rien expliqué.
En attendant, donc, la jeune femme émeut son gardien qui arrive à briser sa carapace et à 'délivrer' celle-ci. Lentement Léa va raconter son parcours, depuis son enfance dorée, entourée de parents qui ne s'aimaient plus et n'ont jamais su donner de l'amour. Puis, pour fuir ce cauchemar, elle se précipite dans un mariage luxueux mais qui n'arrive pas à la remplir non plus. Elle quitte son mari, rencontre des hommes, mais toujours rien...
Combler son vide, combler sa solitude. Lorsqu'elle apprend qu'elle est enceinte, Léa pense s'en sortir et croit former avec son fils deux solitudes. Jusqu'au jour où ce petit garçon va la regarder autrement. "Que dit-on à un enfant de trois ans qui n'a pas connu son père et soudain le réclame? Que dit-on à un enfant de trois ans dont le père a été un amant de quelques heures, un corps de passage, un corps pour combler le vide? Dit-on la vérité? Et quelle vérité? Que s'est-il passé? Rien, ou presque." Léa est touchante et froide. Silencieuse et meurtrie. "Je n'avais pas imaginé la difficulté d'élever seule un enfant." Non, et c'est tout son drame.
Laurence Tardieu signe un roman grave, solennel et implacable. L'ambiance est pesante, mais le fond de cette histoire nous bouleverse envers et contre tout.
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Léa attend.
Temps hors du temps, entre procès et verdict.
Espace hors la vie dans un "cagibi", près des jurès qui délibèrent.
Un espace-temps dont Léa s'échappe comme on tombe, comme on plonge en apnée au creux des souvenirs qui surviennent par bouffées asphyxiantes.
Emmurée dans son silence, Léa attend le jugement qui la condamnera pour avoir tué son petit garçon.
Près d'elle un gardien. Un ange-gardien ?
Un gardien qui, parce qu'il "pourrait être à sa place", l'aide à se redresser, à se tenir debout et à retrouver le chemin des larmes.
Qui va juger Léa ? La construction du titre, déjà, pose cette question autour de laquelle le roman s'enroule, comme s'enroule un enfant dans les bras de sa mère qui le berce.
Le jugement de Léa c'est aussi celui des mots : mots d'amour jamais prononcés, jamais entendus, mots enfouis dans tous les silences, mots qui expriment l'impossible aveu, mots qui anéantissent et qui libèrent.
Des mots comme des armes, des mots comme des larmes et comme des souffles. Des mots comme des chaînes dont on a perdu la clé.
Vous l'aurez compris : "Le jugement de Léa" de Laurence Tardieu est un condensé de battements de coeur.
Un roman dont on sort "autre".
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
J'ai été une petite fille riche. Robe à smocks, souliers vernis, rubans de satin dans les cheveux.
Plus tard, jupes écossaises, chemisiers à col rond.
Cours de violon, d'équitation, nurse anglaise.
Vacances entre Deauville, Saint-Raphaël, Chamonix.
Mon enfance ressemble à une longue errance dans un couloir silencieux dont les issues auraient été condamnées.
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J'entendais la porte d'entrée claquer, puis la voix de ma mère, aiguë, puis celle de papa, lasse - il y a vingt ans de cela elle l'était déjà, lasse -, puis leurs chuchotements, leurs colères étouffées. Leur aversion l'un pour l'autre. A trop vouloir se supporter ils avaient fini par se détester.
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Il y a quelque chose que j'aimerais savoir, avant la fin : ma vie aurait-elle pu être différente ? Y a-t-il un moment où je me suis trompée en chemin ? Quand ?
Je cherche. Je ne vois pas. Je ne vois pas à quel moment j'ai eu le choix.
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- L'amour est la cause de tout : du désespoir, de la joie, de la vie, de la mort. N'est-ce pas ? C'est l'origine, la source première.
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Tous ces trous dans ma vie, ces fossés, ces ruptures. J'ai honte.
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