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EAN : 9782925085133
110 pages
Annika Parance Éditeur (26/04/2021)

Note moyenne : /5 (sur 0 notes)
Résumé :
Paris. Période : 1987-1992. Sur fond d’épidémie de sida, le narrateur a une histoire avec un garçon de son âge, *******, qui n’assume pas sa sexualité et fait tout pour la rejeter. La relation est violente, intense et cruelle, mais se poursuit malgré la souffrance. Les amis du narrateur, Mathieu et Hervé, tentent de comprendre la nature de cette relation, peut-être de l’en sortir. Hervé est atteint du sida, il est souvent hospitalisé et il en meurt finalement. Le na... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique

Tout d'abord, un grand merci a Babelio et a Annika Parance Éditeur comme l'envoi de ce livre dans le cadre de la Masse Critique spécial Québec. La 4e de couverture était alléchante ; une histoire d'amour avec pour trame de fond les années noires du SIDA. Notre narrateur, jeune homme, Parisien, nous relate son histoire d'amour avec un homme dont le nom est noirci. En fait, c'est plutôt la déstructuration de cet amour qui nous est présenté. En effet, l'histoire débute avec les éléments les plus récents, pour arriver, en fin de récit, les prémisses de cette histoire. Déconcertant, mais le lecteur s'habitue rapidement. le sujet est lourd ; SIDA, amitiés qui meurent, histoire d'amour violente. Mais ce récit aborde également la prise de position, l'émancipation, la libération et l'affirmation de soi. Les phrases sont courtes, percutantes, troublantes. Les mots vont droit au coeur. Et c'est d'ailleurs l'impression que laisse ce récit ; un cri du coeur. Par contre, beaucoup de lignes mal maîtrisées, des personnages secondaires mal définis... Je sors de cette lecture mitigée, avec des émotions en demi-teintes... Je crois que c'est le premier ouvrage publié de l'auteur, et on sens un peu le manque de maturité d'écrivain... Mais c'est, je crois, un auteur a suivre... parce qu'il sait jouer des maux et des mots...

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Quel étrange livre ! Quel étrange récit ! Quelle étrange écriture… saisissante, envoûtante, grisante ! J'avoue, pour une fois, j'ai du mal à vous livrer un résumé construit, cohérent, linéaire. Par ailleurs, le livre commence par ce conseil : « du plus récent au plus ancien c'est logique. Commencez par la fin si la chronologie vous est importante. » Recommandation que, si vous me connaissez, vous savez d'emblée que je n'ai pas suivie… Mais je vais essayer de donner tout de même un abrégé de l'intrigue, si tant est que l'on puisse appeler cette histoire ainsi. Dans Pas dire, on suit un narrateur et sa relation toxique et violente avec un homme sans nom – ou plutôt, dont le nom est tu (tel celui de l'infâme Lord Voldemort) et transformé en suite d'astérisques. Les deux, on comprend au fil de l'eau, se connaissent depuis l'école, et le narrateur en est apparemment très épris. C'est une histoire toute en drames, en tension. Car ce deuxième garçon n'assume pas qui il est et accueille sa propre nature avec mépris et haine, qu'il exprime en l'externalisant, en la dirigeant vers le narrateur, entre autres. On suit des hauts (rares) et des bas, poignants, douloureux, qui pour ma part m'ont complètement happés.

C'est que ce livre tient avant tout, vit avant tout avec et par l'écriture. Au premier coup d'oeil, le récit se présente de façon décousue, chaotique même. Des bribes, des morceaux, des miettes. On avance de scènette en scènette, pas forcément alignées dans un ordre intelligible, décelable, plutôt au gré des besoins, des urgences, ai-je envie de dire, du narrateur. Lui, il s'attelle à livrer sa vie, petit bout par petit bout, on couchant ses instants vécus sur papier. « Écrire, voilà la seule chose qu'il me reste pour avoir l'avantage sur lui. Cette suffisance me déplaît, mais qu'importe. C'est tout ce qui m'est permis. Si j'oublie personne ne sera là pour se souvenir. » C'est un exercice obsessionnel, avec des avancées, des retours en arrière, des dialogues, des monologues intérieurs, des rencontres, des courses-poursuites dans les rues de Paris.

Et de ce flux de grumeaux d'écriture surgit une ambiance, une atmosphère, un vécu qui m'ont rivé sur mon lit, les mains agrippant mon Kindle, les yeux parcourant les lignes, les paragraphes, la tête emplie d'émotions, de choses ressenties plutôt que réfléchies. Oui, je répète, c'est un étrange ovni que ce livre, dont le style m'a fait penser aux courants de conscience (stream of consciousness) chers aux James Joyce et autres Virginia Woolf. Et pourtant, on est loin de cette technique, à vrai dire ; on est dans un autre registre que l'on pourrait peut-être appeler stream of memories ou stream of lived moments (courant de mémoire, courant de moments vécus). C'est de cette écriture que découle la force captivante de ce livre, qui a été primé, et ce à raison, par le Prix du roman gay 2021 dans la catégorie roman court.

C'est un livre qui ne laisse pas indifférent, et une lecture pas forcément facile et légère, mais enrichissante.

Petite histoire, pour une raison qui me paraît incompréhensible après coup, j'étais persuadé que l'auteur avait mon âge, voire plus d'années encore au compteur. Peut-être à cause de l'époque dans laquelle se situe l'histoire (la fin des années 80 / le début des années 90), peut-être parce que c'est un ouvrage où l'on sent une grande maturité, un travail en profondeur à chaque ligne, chaque paragraphe. J'ai eu la chance de rencontrer Baptiste Thery-Guilbert lors de la remise du prix, vendredi 12 décembre, et j'ai découvert un jeune homme (à peine la vingtaine ?), fort sympathique, un peu gêné (on était deux), un peu timide (on était deux), un peu gauche (on était deux). Ce fun fact n'a aucune importance, aucune influence sur le livre que je présente ici, mais allez savoir pourquoi, j'ai cru nécessaire de vous le livrer quand même.

En tout cas, ceci est un livre que je recommande chaudement. En attendant de découvrir les nombreux livres que cet auteur, je l'espère, nous délivrera à l'avenir.


Lien : http://livresgay.fr/pas-dire..
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Je remercie Babelio et Annika Parance Éditeur de m'avoir fait parvenir un exemplaire de "Pas Dire".

Ce livre est un bijou à qui saura l'apprécier.

Baptiste Thery-Guilbert nous replonge le temps de 108 pages, dans l'univers de la fin des années 80 jusqu'au au milieu des années 90, du temps où la jeunesse gay entamait timidement un début de liberté sexuelle via des relations complexes, obscures, tumultueuses et débridées parfois inavouées, alors que le sida s'obstinait à faire des ravages.

D'ailleurs on retiendra la relation que le narrateur entretient avec Hervé et Mathieu (Hervé Guibert et Mathieu Lindon) mettant en lieu et en scène le déroulement de l'histoire.

Ecrit comme un journal d'un homme qui souffre d'avoir perdu une part de lui-même après la mort de **** et qui ne peut rien faire d'autre que d'écrire ses souvenirs, est d'ailleurs un bel hommage au style d'Hervé Guibert et de "Fou de Vincent" (1989). Il va même plus loin, inversant la première de couverture avec la dernière, et invitant le lecteur à commencer tout autant par la fin que par le début.

J'ai adoré ce livre car il m'a fait revivre les sentiments éprouvés lors de la lecture d'autres ouvrages qui m'ont tout aussi boulversés sur la perte brutale de celui qu'on aime: Fou de Vincent (Hervé Guibert), de Sel et de Fumée (Agathe Saint-Maur), Poussière d'Homme (David Lelait), Arrête tes Mensonges (Philippe Besson).

Je félicite l'auteur d'avoir réussi à nous faire revivre l'ambiance de ces années 90 alors que lui-même n'est né qu'en 1999.

Je suis fan.

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Le commentaire de Martine : ♥ Coup de coeur ♥

Tout petit roman qui est venu me toucher droit au coeur, voilà pourquoi, c'est un coup de coeur.

Un roman court qui touche la maladie, la sexualité, l'amour, la famille et l'écriture. C'est une histoire d'amour entre deux hommes avec son quotidien, ses rebondissements, ses moments de doute, son intimité. L'histoire se déroule à Paris dans les années 80 jusqu'au début de 90, dans l'émergence de l'épidémie du sida, ou le narrateur nous déverses ses réflexions, ses impressions, ses anecdotes qui se déroulent dans sa vie personnelle, amoureuse et familiale.

L'auteur Baptiste Thery-Guilbert a une plume d'une force incroyable qui permet de nous révéler des moments intenses, soutenus et puissants. Cette histoire transmet une période assez charnière d'événements tragiques qui se sont déroulés au sein de la communauté homosexuelle et du sida. C'est un récit qui se lit bien, mais démontre une authenticité remarquable, que je vous recommande.


Lien : https://lesmilleetunlivreslm..
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C'est en cela une petite merveille, qui réussit même, dans sa dernière partie, à basculer sereinement dans un registre quasiment psychologique, où le fait se dénoue et se dissimule pour laisser place à une forme de décomposition interne qui, articulée à une prose plus intime, conserve sa sensibilité. Derrière le spectre de l'autostigmatisation, ce qui se trame bien sûr c'est l'homophobie, l'inconstance des chairs, la fermeture des horizons, le blocage psychologique, l'acrimonie envers ce que l'on est, le manque d'estime de soi et la répétition où nous enfoncent nos territoires trépassés quand s'enchevêtrent, désagréable, la résistance soutenue et l'appétence persistante. Heureusement... À la fin ou au début du récit, il y a déjà un début d'affirmation de soi et d'acceptation de soi.


Lien : https://lesanctuairedepenelo..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Je suis le seul qui l'aime. Je remplace tous les autres. Je l'aime d'un amour de mère. D'un amour de père. De fils aussi. Et de frère. Et d'ami. D'un amour d'amant. Intégral. C'est une somme. Et c'est difficile à assumer d'aimer autant quelqu'un.
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Il y a des phrases qui sont des pics a glace
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