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EAN : 9782021426960
704 pages
Éditeur : Seuil (14/08/2019)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Tel qu’il se présente, ce sont des souvenirs d’enfance, à Paris, en Bretagne, en Suisse, en Angleterre. De la toute petite enfance (scènes étonnantes à la maternelle) à l’adolescence (un voyage en Angleterre), dans un milieu populaire, dans le XIe arrondissement (rue Jean-Pierre Timbaud, rue Saint-Maur, rue de la Folie-Méricourt). Grand-père à l’usine. Mère institutrice. Père en voyage à l'autre bout du monde.

Des copains arabes (Haddad, Taïeb) ou non... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Colchik
  23 novembre 2019
Personne ne doutera de l'importance de ce qui peut être engagé dans et par l'écriture après la lecture de ce livre. Depuis bien longtemps, je n'avais pas senti chez un écrivain – et je pèse mes mots – tout ce qui peut se jouer en couchant ligne après ligne un précis de désintégration familiale. Remisez un instant vos chagrins et vos drames, Christine Angot, Lionel Duroy, Édouard Louis, suspendez un moment vos plumes pour vous couler dans cette ombre profonde qui englue le petit Matin, enfant aussi nu qu'un ver, enfoui dans le terreau de la déraison familiale.
D'abord, il y a le style. Un torrent de lave, épaisse, fumante, visqueuse, charriant l'argot et la préciosité, épousant la respiration saccadée d'un être qui étouffe, peine à revenir à la surface pour avaler une goulée d'air et perd pied aussitôt, faute de flotteurs pour surnager dans le marigot familial. Cette famille où certains parlent trop pour ne rien dire quand d'autres ne parlent quasiment pas pour ne pas trop dire. le grand Awouè, lui, mouline les mots, grandiloque à tout-va, et affuble son fils d'un nom aussi changeant que ses humeurs. Il les assomme tous de ses envolées verbales qui lui permettent de disparaître, de s'effacer de la vie de Matin chaque fois qu'une envie de voyage – ou de fuite – le saisit. La tante Barbara, à la trajectoire d'hirondelle, sillonne les cieux sans jamais en descendre, se posant un bref instant dans le rebord du Deupièce. La grand-mère remâche trivialités, sottises et rancoeur avec une délirante incohérence. Quant aux taiseux, ils traduisent leur tendresse en attentions furtives, le grand-père emmène l'enfant s'asseoir sur un bout de muret, l'oncle Bébert démonte toute sa voiture pour pouvoir lui acheter un bonbon, et la mère, lointaine, comme rétractée dans une douloureuse intermittence de sa maternité, réprime ses agacements pour lui prendre enfin la main.
Impossible de s'administrer les 700 pages de ce roman en continu, l'overdose vous emporterait. Marin Tince y a tout mis, à la russe, le pistolet sur la tempe et le doigt glissé dans la gâchette. Il a chargé la barque jusqu'au plat-bord, prenant le risque de la faire couler, et pas sûr de pouvoir accoster quelque part. Mais ceux qui apercevront son pavillon flottant dans les cieux gris de sa mélancolie, feront une sacrée découverte. Les couronnes des prix littéraires ne seront pas prêtes d'être tressées pour lui (affaire de tirage) mais, mâtin ! quel écrivain !
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appeaustrophes
  20 septembre 2019
Ce livre est un ovni. Une vraie expérience de lecteur. Tout en argot (un dictionnaire spécialisé peut être utile), l'auteur écrit les ruminations, en partie auto-biographiques, d'un petit garçon, qui pense comme un adulte désillusionné. C'est triste mais c'est tellement beau, avec de magnifiques métaphores et de très belles fulgurances. Parfois c'est une peu long, mais c'est assez vite compensé par un régal au chapitre suivant.
Ce livre a été longuement pensé, travaillé, ça se sent, et c'est ce qui en fait sa valeur. Une fois terminé, ses ondes se propagent longtemps. N'hésitez pas une seule seconde à tenter l'expérience.
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eric_olivier
  10 juillet 2020
Ce livre est un ovni. Une vraie expérience de lecteur. Tout en argot, l'auteur écrit les ruminations, en partie auto-biographiques, d'un petit garçon, qui pense comme un adulte désillusionné. C'est triste mais c'est tellement beau, avec de magnifiques métaphores et de très belles fulgurances
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barbaraW
  05 janvier 2020
C'est peut-être un roman autobiographique? Qui résonne comme tel, du moins en partie. Un roman singulier sur l'enfance, qui mêle le poétique et le trivial.
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critiques presse (1)
LaCroix   12 septembre 2019
Il a envoyé son premier roman par la poste : un livre inclassable, torrent stylistique de gouaille argotique, autobiographie dans le Paris populaire des années 1960-1970.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
sidonysidony   17 août 2019
Et puis à quoi ça sert l’enfance au bout du compte, c’est rien qu’une loupe, le pays des sensations, alors à quoi ça sert, pourquoi qu’on déboule pas tous dans un œuf déjà adulte ? C’est vrai, on s’en épargnerait des soucis, bien des tracas, bien de la morfle.
L’enfance ça sert à se fabriquer du dépôt, charger du fret qu’on va se trimballer tout du long des jours, jusqu’au bout, et de plus en plus qu’on avance, pis qu’on décline, comme une fosse derrière soi se creuse et nous suit partout.
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BabelcoyoBabelcoyo   26 février 2020
Comment ça fait pour rester debout tout, tenir encore le coup depuis le temps ? Comment ils s’y prennent tous pour nous faire marner comme des bêtes de somme pour trois centimes, la paye symbolique ? Je demande, comment ils font ?
Comment tout s’emboîte idéal ?
Tout se tient car la mort existe. Tout n’est plus rien la mort en moins. Retirez-la, enlevez-nous notre fin certifiée alors on verra tout se barrer de traviole, la planète et les belles idées des bonshommes grimaçant dessus, les règles, les lois, les sentiments même, tout cul par-dessus tête. Toutes leurs bardées de convictions sublimes, leurs certitudes rivées ancrées, les conventions, les belles retenues, tout ça d’entraîné loin au large par de funestes baïnes. Tout de fini, foutu, barré.
Je me suis relevé à cause de la mort.
Et puis aussi un peu à cause de la vie, elle qui me défilait dans le rosbif encore plus lentement à l’horizontale. Fadé gentiment d’un petit corps en vibrations, d’une cervelle en tourbillons, je m’épuisais de repos.
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ColchikColchik   23 novembre 2019
Sa froide et implacable main au monde je me l’avais moi, certifiée impitoyable, bien appliquée hermétique sur la nuque. Dans les étrons de l’agonie il me l’enfonçait ma binette le monde, je peux dire, je connais. Ça a pas ressemblé à rien mais tout comme ma naissance si on réfléchit. Mes parents ils sont comme deux cerceaux perdus, dérivant dans le cosmos avec des arabesques lentes. Deux cerceaux flottant dans l’espace qui, une centième de seconde, se sont superposés exactement. Il me fait l’impression de ça leur coït, la synchronisation extrêmement fine et momentanée de deux cerceaux le temps juste pour moi de jaillir du centre de cette étrange porte éphémère, la traverser juste avant qu’ils ne retournent dériver lentement chacun de leur côté. Moi, l’unique cartouche.
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BabelcoyoBabelcoyo   03 mars 2020
Faut se l’avouer, comme moutons en plaine on se laisse vivre, même l’habitude du tourment nous la chante peinarde l’existence, jusqu’au jour où une parole nous uppercute la pastèque et les flancs. A des phrases entendues un jour des vies entières on s’accroche parfois. Les mots j’affirme ça aide mieux que le copain de Belleville, la tante des Batignoles, ça éclaire les mots tout du long de la vie. Mais ceux qui nous la pourrissent on peut les compter aussi. Etonnant comme les paroles douces ne restent pas en nous, même l’effet du baume de l’époque a disparu dans leur souvenir. Les mots assassins ont par contre eux des ondulations si vives et si longues qu’ils peuvent encore tuer des années après, ruiner des existences. Leur effet parfois jamais ne s’efface. Pour un mot, un jour, on déteste une trombine pas revue depuis moult décennies, possible cannée déjà. Mais ça fait du bien drôlement de haïr, ça occupe. Ça revient, être amoureux, à ça aussi, ça l’occupe parfaitement la théière. Sauf que c’est le contraire.
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ColchikColchik   14 novembre 2019
Et il est à dire en effet oui c'est un beau pays, splendides falaises pavées d'or, mélancolie des genêts, solitude des ajoncs, pendants gracieux de cette mer en ciel. De regarder ça m'exténuait, tout ça vraiment trop immense pour de petits yeux. Mais quand même il faut bien se démener au milieu de toutes ses déchirures de crêtes et cieux farouches pour entrevoir son côté majestueux planqués sous ses chialements d'âme à cette lande. Une contrée rude et féroce que l'on doit seul apprendre à aimer durant l'enfance, puis qui vous tatoue pour l'existence d'une manière sauvage.
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Et l'ombre emporte ses voyageurs, Marin Tince - rentrée littéraire 2019 éditions du Seuil
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