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ISBN : 224679658X
Éditeur : Grasset (09/09/2015)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 6 notes)
Résumé :
« Józefina Szeliska, dite Juna, fut entre 1933 et 1937 la fiancée de Bruno Schulz, peintre et écrivain de génie, âme tourmentée, assassiné en 1942 dans sa ville natale de Drohobycz, en Pologne. Elle fut sa compagne et sa muse. Mais Bruno Schulz était incapable d’aimer, sinon de vivre. Accaparé par sa seule véritable passion – son œuvre –, il devait inexorablement s’éloigner de Juna, et du monde. Elle ne l’oublia jamais, et continua de vivre avec son fantôme jusqu’à ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Orzech
  14 septembre 2017
Ce n'est pas le premier roman d'Agata Tuszyńska traduit en français mais c'est le premier à être nommé au Prix Femina et Prix Médicis 2015 ce qui m'a motivée à le découvrir. Je savais très peu de choses sur Bruno Schulz, auteur des fameux recueils de nouvelles "Les Boutiques de cannelle" et "Le sanatorium au croque-mort". J'ignorais l'existence de Józefina Szelińska qui pendant quatre ans a fréquenté l'artiste.
C'est par le prisme de cette liaison que l'auteure aborde la vie et l'oeuvre de cet écrivain et dessinateur polonais d'origine juive. J'ai appris pas mal de choses sur Bruno Schulz, la vie littéraire de la Pologne d'avant guerre, ses contacts avec Witold Gombrowicz, Stanisław Witkiewicz, Zofia Nałkowska, les grandes figures de la vie artistique polonaise de l'époque. L'auteure aborde également le sort tragique des Juifs polonais pendant l'occupation et l'antisémitisme dans la Pologne communiste.
Ce qui est tout de même le plus intéressant dans cette biographie romancée c'est l'aisance avec laquelle Agata Tuszyńska s'immisce dans la vie intime de Juna (Józefina) dont on sait très peu de choses. J'aime bien quand la fiction s'entremêle avec les faits connus, quand l'imagination littéraire comble les lacunes de l'histoire. Agata Tuszyńska le fait à merveille ce qui rend ce roman vraiment passionnant.
Un roman enrichissant et chargé d'émotions que je suis contente d'avoir découvert. Dommage que la version française soit dépourvue de photos et de dessins de Bruno Schulz présents dans l'édition originale.
Lien : https://edytalectures.blogsp..
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Zora-la-Rousse
  08 février 2017
Une belle amie libraire, connaissant mon attrait à la lecture et relecture de Kafka et de Gombrowicz, m'a dit un jour "Tu devrais lire Bruno Schulz, il va te charmer à son tour". Mais, sans raison fondée, l'homme m'a fait peur, pauvre petite chose impressionnée ;) . Faute à ses croquis peut-être, l'auteur polonais était aussi un dessinateur de talent...
J'ai bien entendu investi dans un livre mais ai attendu le moment propice, le petit signe du destin qui avertit que le temps de la rencontre est venu.
Et c'est arrivé.
Au détour d'une promenade au Livre sur la place de Nancy, je découvre ce roman : "la fiancée de Bruno Schulz" et son auteur, Agata Tuszynska. Quel meilleur moyen de découvrir cet homme qu'au travers des yeux de celle qui fut sa muse pendant 5 ans ?
Dans une Pologne entre les deux guerres, deux êtres que tout oppose ou presque tissent une relation complexe et puissante. Elle est catholique, grande, jeune et belle. Il est juif, petit et complexé, de 14 ans son aîné. Et pourtant, ils vont se trouver, se retrouver autour des lectures de Thomas Mann et de des poèmes de Rainer Maria Rilke. Ils vont s'aimer, singulièrement. Elle plus que lui ? Je vous le rappelle : complexe.
C'est tout le talent de ce livre, la mise en valeur de cette complexité relationnelle, mise en relief par le parti pris de l'alternance d'une écriture à la 3ème personne (relater les faits avec de la hauteur) et de celle de Juna, à la 1ère personne, tout en subjectivité. Toute sa vie, cette femme sera obsédée par Bruno Schulz, ressassant son amour pour lui, ce qu'elle lui a pu lui apporter mais aussi par sa rancoeur et ses incompréhensions. A un point tel que l'on vient à douter de l'interprétation des faits qu'elle relate, ébranlée par par tous les drames qui jalonnent sa vie, la poussant à la limite de la folie.
Le portrait dressé de Bruno Schulz n'est pas tendre, mais riche en détails pour saisir au mieux son oeuvre, aussi complexe que l'homme. Lumière est faite sur sa ville natale de Drohobycz, terreau de son imagination et theâtre de ses récits, mais aussi sur l'histoire de la Pologne au 20ème siècle, et plus particulièrement sur le sort des juifs polonais, avant pendant et après la 2ème guerre mondiale. Glaçant.
C'est décidé, j'attaque "Le Sanatorium au croque-mort", je suis prête.
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TRIEB
  23 octobre 2015
Dans quelle mesure le souvenir, la mémoire, et l'imagination peuvent-elles concourir à la restitution d'une vie ? Ou la travestir par le mensonge ? C'est ce processus passionnant que décrit Agata Tuszynska dans son roman « La fiancée de Bruno Schulz » .Mais qui est Bruno Schulz ? Nous le découvrons au cours des différentes phases du récit, composé de trois parties distinctes : L'avant-guerre, se déroulant dans la ville de Drohobycz, dans les Carpates polonaises, et à Varsovie, dans les cercles littéraires et artistiques de la ville, la période de l'occupation et l'après-guerre qui clôt le récit .Jozefina Szelinska, dite Juna, muse, compagne de Bruno Schulz, le fréquenta de 1933à 1937. Cette dernière est professeure, elle aime, comme lui, Kafka et Rilke qu'ils lisent tous deux dans le texte.
Ce qui fascine d'emblée le lecteur dans ce roman, c'est de constater que rapidement, d'une manière presque évidente, Bruno Schulz, auteur de nouvelles et de romans, dessinateur, est habité par la peur, des crises d'angoisse, de profonds doutes : « Je ne me rendais pas compte que les rues inconnues le fatiguaient, qu'il était effrayé par le trafic urbain et la foule (…) Il se recroquevillait comme un escargot dans sa coquille de peur que quelqu'un l'écrase .J'ai compris cela trop tard . »
Juna tente aussi de détourner Bruno du judaïsme, pour lui faire rencontrer Dieu par le catholicisme, pour le mettre à l'épreuve, lui et l'amour qu'il éprouve pour elle : « Ce grand et éternel garçon avait besoin de moi, d'une femme mûre, attirante, capable de le guider .Comme Junon. Voire plus encore. »
Bruno Schulz comptait également sur Juna pour dompter ses fantasmes sexuels, et éprouve parallèlement une crainte de l'insistance de Juna à le faire déménager vers Varsovie, lieu plus propice à l'éclosion des talents littéraires que sa ville natale de Drohobycz, marquée par le provincialisme des mentalités .Trop absorbé par son oeuvre, trop timoré, trop indécis, Bruno Schulz ne sera jamais en situation d'aimer vraiment Juna .Il meurt, assassiné, pendant l'occupation , qui est traitée dans la seconde partie du livre .On remarquera les passages consacrés à la mise en place de la répression antisémite en Pologne occupée, la description de l'insurrection de Varsovie en 1944 qui a abouti à la destruction totale de cette cité .
Ce qui est à noter dans ce récit, marqué par l'amertume, l'impossibilité des sentiments d'être vécus pleinement en raison d'obstacles personnels, historiques, ou culturels, est l'évocation du monde culturel polonais de l'avant-guerre : il y est évoqué l'activité de Gombrowicz, de Zofia Nalkowska, Wittlin, Wankowicz, Maria Kuncewiczowa, organisatrice de réceptions littéraires .Autre particularité : le récit est fait alternativement à la première et la troisième personne du singulier, lorsqu'il s'agit de Juna, comme pour marquer encore davantage cette distanciation d'avec cet homme, décidément insaisissable…
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Sharon
  28 janvier 2016
J'ai découvert Bruno Schulz lors d'un challenge sur la littérature d'Europe de l'est. Un auteur à part, à la fois romancier et poète. Je ne connaissais rien ou presque de sa vie. Ce livre lève (un peu) le voile sur cet homme, sur sa vie de famille, sur ses amours et ses obsessions.
Il parle aussi d'une figure méconnue : Juna, qui fut sa fiancée. Titulaire d'un doctorat, enseignante, elle survécut longtemps à celui qui n'était plus, au moment de son assassinat, son fiancé. Pourquoi cette rupture, mais surtout, avant, pourquoi ces fiançailles entre ce jeune homme chargé de famille, peintre et écrivain, et cette jeune femme juive convertie au catholicisme.
Ce livre est paradoxal, puisqu'il se lit aisément, tout en montrant à quel point il est difficile de reconstituer la vie de quelqu'un, comme il est même difficile aussi de simplement connaître la vie d'une personne, même si on l'a profondément aimé. Recherche, tâtonnement, transformation par le temps qui passe… Il n'est jamais simple de survivre et surtout, de tenter de vivre dans le souvenir. Il n'est pas facile non plus d'accepter de parler, tant il peut être tentant de garder l'être aimé pour soi seul, quand toute son oeuvre est devenue publique.
Ce livre nous parle vraiment des deux êtres qui donnent leurs noms au titre. La fiancée, qui restera à jamais célibataire, et Bruno Schulz, sa vie, sa mort, son oeuvre. Et la guerre, les persécutions – tout y est.
La fiancée de Bruno Schulz est un livre à lire, et pas seulement pour les passionnés de littérature.
Lien : https://deslivresetsharon.wo..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
SharonSharon   31 décembre 2015
Un drame débute en général de manière accidentelle. Comme ça... ou même "n'importe comment". Sans fanfare. Par exemple dans la rue. [...] Il lui demanda si elle accepterait de poser pour un portrait.
Aucune madame Bovary n'aurait refusé cela à un artiste, pensa-t-elle, agréablement surprise par l'audace de cette proposition. Elle accepta.
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armand7000armand7000   12 août 2019
«Grâce à elle, ma fiancée, je prends part à la vie, je suis un homme, pas seulement un lémurien ou un kobold. Elle m’aime davantage que je ne l’aime, mais j’ai davantage besoin d’elle pour vivre. Elle m’a acheté avec son amour, moi qui m’étais presque effacé et qui m’étais perdu dans des contrées inhumaines. Elle m’a fait revenir à la vie et au temps présent.»
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Video de Agata Tuszynska (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Agata Tuszynska
Agata Tuszynska, le 3 novembre 2009, parle de son livre «Exercices de la perte» (Grasset), à propos du combat mené contre la tumeur au cerveau — glioblastome multiforme — découverte en mars 2005 chez son mari, Henryk Dasko; combat qui devait se solder par la mort de l'être aimé, le 16 septembre 2006, à la suite de souffrances insondables et de rémissions miraculeuses.
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