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EAN : 9782226193407
176 pages
Éditeur : Albin Michel Jeunesse (07/11/2012)

Note moyenne : 4.28/5 (sur 18 notes)
Résumé :
Pour l'édition illustrée par Atak :
Ouvrage récompensé pour ses illustrations de la Mention prix BolognaRagazzi 2013, à la Foire du livre de jeunesse de Bologne. (catégorie Fiction)

Eseldorf, Autriche, en 1590. Trois amis, Nikolaus, Seppi et Theodor, rencontrent un étranger. Lorsqu’ils apprennent qu’il est un ange nommé Satan, comme son oncle déchu, leur premier sentiment est la crainte. Ils se rassurent peu à peu à son contact et bientôt sa c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Bobby_The_Rasta_Lama
  02 décembre 2018
"Through the sorrow, all through our splendour
don't take offence at my innuendo..."
(F. Mercury)
Dans une petite ville autrichienne, l'an de Notre Seigneur 1590, apparut un jour un mystérieux étranger. Il savait faire des choses étonnantes et prodigieuses, et son nom était... Satan.
Difficile à croire que cette histoire sort de la plume de Mark Twain, d'habitude si pleine d'humour - même si c'est un humour qui n'épargne rien ni personne. Cette nouvelle déborde d'amertume, que ce soit envers la race humaine ou envers ses institutions.
Twain a travaillé dessus presque vingt ans, sans jamais aboutir à une version définitive; il en existe donc plusieurs. Et cela reflète ses pensées durant la période la plus sombre de sa vie. Trois de ses quatre enfants et sa femme sont morts les uns après les autres, son entreprise fait faillite...
Comment notre "bon Père qui est aux Cieux" a pu permettre ça ?
Nous donc voici à Eseldorf - ce "village des ânes", comme on pourrait le traduire. Les enfants y sont élevés pour devenir les citoyens parfaits; c'est à dire - juste ce qu'il faut d'éducation pour ne pas trop penser par soi-même, et de se fondre parfaitement dans le troupeau.
Trois garçons - Seppi, Niclaus et Théodore - font la rencontre d'un étrange personnage. Pas vraiment Satan en personne, mais son neveu du même nom, comme il se présente lui-même avant de leur montrer quelques tours incroyables.
Les jeunes gens sont tout de suite charmés.
C'est qu'il est très sympa, ce Satan, un véritable héros positif !
Beau comme le Diable et très amusant; on est loin de s'ennuyer en sa présence. Il peut construire des cités miniatures et les détruire aussitôt, avec tous leurs habitants. De montrer le passé, changer le destin, et se montrer très généreux en ce qui concerne l'argent. Sauf que...
Sauf que Satan a une piètre opinion de la race humaine. Il ne déteste pas les hommes, car "peut-on détester une brique ou un tas de fumier ?"
Non, il les observe avec un amusement détaché et cynique, qui horrifie parfois les trois amis. Et selon Satan, "l'humanité" n'est pas vraiment quelque chose qui nous fera nous gonfler de fierté.
Ridicules et pitoyables, voilà ce que nous sommes.
Fausse morale, hypocrisie, avidité, jalousie, mensonges et tendances à trouver les boucs émissaires - tout y passe !
Et les quelques excursions de Satan parmi les habitants d'Eseldorf ne font que confirmer ses dires.
"A quoi vous sert votre sens moral, puisque vous choisissez le mal neuf fois sur dix ?"
Et notre si glorifié "libre arbitre" ? On se perd dans l'étrange raisonnement de Satan, au point de penser nous tromper en croyant que l'on l'a. Nous ne percevons peut-être que la surface des choses, qui nous fait penser que nous sommes maîtres de notre destin... ne sommes nous pas plutôt les esclaves de notre vision distordue et de la suffisance de la logique humaine ?
Tout dépend de l'angle de vue - ce que nous pensons d'être le "bien" n'est pas forcément vu comme tel par un être éternel.
Satan s'amuse des faiblesses humaines, et se moque des hommes dans ses discussions avec Théodore. C'est un beau parleur, capable de transformer le mal en bien et le noir en blanc. Mais même si on lui donne raison à chaque fois, on ne peut pas s'empêcher de soutenir le raisonnement de Théo. Parce qu'il est comme nous.
C'est peut-être ça, l'humanité ? Avec chaque nouvelle génération, on dit qu'elle est en train de partir en vrille. Mais ce n'est pas plutôt que nous étions, sommes et serons toujours pareil ?
La fin de l'histoire est d'un pessimisme absolu. Philip Traum (comme se fait appeler Satan à Eseldorf) dévoile le sens de la vie, et ce qui vient après...
Des choses réelles et des choses éternelles... et il me semble aussi que "traum", en allemand, cela veut dire "rêve"...
Alors, combien d'étoiles pour ce cher ami Satan ? C'est une belle histoire qui fait réfléchir, mais je me demande si Twain ne se laissait pas un tantinet emporter... tout n'est pas encore foutu !
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lanard
  03 juin 2015
« Rien n'existe ; tout n'est que rêve. Dieu… l'homme… le monde… le soleil, la lune, les champs infinis d'étoiles… un rêve, un vaste rêve ; tout cela n'a aucune existence. Rien n'existe, hormis l'espace vide et toi ! »
Cette profession de foi solipsiste s'insère dans l'épilogue d'une merveilleuse diablerie imaginée par Mark Twain. En 1896, la fille de Mark Twain meurt d'une méningite, sa femme décède en 1904. Il se fait vieux, ses amis meurent et les rudesses de la vie ne l'épargnent pas. Entre ces deux dates fatidiques, Mark Twain écrivit plusieurs versions de ce texte étrange et un brin faustien qui n'use des artifices du merveilleux que pour déployer sous les yeux des jeunes lecteurs un tableau du monde peint sous ses couleurs les plus crues - par-delà le bien le mal. Il y dépeint une humanité fourbe et lâche qui se targue d'un « sens moral » que Mark Twain éreinte par la voix suave de son héros - un ange absolument charmant qui répond au nom de Satan. Si la morale n'est pas sauve, pour Satan (qui n'est que le neveu de l'Autre) la conscience de notre responsabilité indivuduelle et de notre solitude au monde devraient nous permettre d'éviter l'abjection. L'étranger mystérieux met à rude épreuve notre notion du bien et du mal mais n'excuse en rien la bêtise et la méchanceté.
Si la version choisie par l'éditeur n'est pas considérée comme la plus authentique (mais l'éditeur justifie son choix dans un avertissement) elle est par contre illustrée avec flamboyance par ATAK (alias Georg Barber) dont le pinceau halluciné enlumine le récit de tableaux chatoyants comme des planches de William Blake. Ces vignettes truffées d'allusions à l'histoire de l'art (de Bosch à Star Wars) ajoutent une touche sublime à ce livre porté par un récit merveilleusement inspiré.
NB: Précisions pour rendre du compte du travail des éditeurs: le présent compte rendu porte sur l'édition Albin Michel (2012) de L'Étranger mystérieux (traduction de Valérie le Plouhinec, illustrations par Atak) qui n'est que l'une des différentes versions de ce récit. Babelio permet pas de distinguer celle-ci de l'édition Tristam (2011, traduction d'une autre version - alors inédite - du texte :N°44 : le mystérieux étranger) et d'une autre traduction de la version dont nous avons rendu compte (publication posthume en 1916) aux éditions de l'Oeil d'or (2008).
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Moccha
  03 février 2020
"Pour les jeunes garçons que nous étions, Eseldorf était un paradis. Jamais on ne nous embêtait outre mesure avec l'école et ses savoirs. Pour l'essentiel, notre formation se limitait à faire de nous de bons chrétiens ; à révérer la Vierge, l'Eglise, et par-dessus tout les saints".
Trois garçons inséparables, nous sommes au mois de mai, par une belle journée nos trois compères partent se promener, ils s'allongent à l'ombre pour discuter, s'approche alors un jeune homme, qui leur dit être un ange, son nom Satan....
Satan, nous interroge, sur notre sens moral, sur notre libre arbitre. Notre incapacité à trouver le bonheur, préférant la jalousie, la haine. Satan , nous met face à toute la perfidie de l'humanité.
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TristanPichard
  23 février 2016
D'abord, ce n'est pas ce livre que je veux commenter. Ça commence bien. Enfin si, le même, mais pas cette édition. Car il existe plusieurs versions de ce texte, et la dernière parue chez Tristram est celle que je viens de lire, et de tant aimer. Il semble que les précédentes, bidouillées et édulcorées par les ayants droit de Twain, ne soient pas à la hauteur.
Texte fantastique dans tous les sens du terme. Bien sûr, il y a le merveilleux, l'ambiance du château abandonné en Autriche où l'imprimeur et sa troupe trouvent refuge, le caractère faustien et mystérieux de l'étrange n°44 et ainsi de suite. Mais surtout, il y a le ton, l'ironie désabusée et le jeu avec la narration. La modernité, la liberté formelle et l'expression pathétique d'un écrivain à la fin de sa vie, tout ça charme, emballe et vous triture le cerveau à loisir. Comment a-t-il pu écrire un texte pareil dans les années 1900 ? Cela reste tout bonnement incroyable, même aujourd'hui après les surréalistes, le Maître et Marguerite de Boulgakov, les jeux formels que nous offre le cinéma depuis les années 1990, on reste déboussolé lors de certains passages. L'idée géniale est d'avoir englobé tout cela sous la forme accueillante et balisée du conte, sauf que tout dérape à mi-chemin vers un genre autre et déconcertant avant de sombrer dans la noirceur la plus totale. Nous partions guillerets sur les pentes neigeuses d'un conte pour enfants pour finir ensevelis par l'avalanche nihiliste de l'auteur.
Lien : http://tristanpichard.wix.co..
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nathalie_MarketMarcel
  12 août 2014
Le motif de l'étranger venu d'un drôle d'endroit apparaît déjà dans l'une des nouvelles de Twain, mais ici la portée et la violence du texte sont plus grandes et l'hypocrisie de chacun est visée. La religion prend cher, alors que les thèses de Darwin pointent le bout du nez. le ton souvent naïf du narrateur fait ressortir l'ironie de la voix de l'auteur qui transparaît et accentue la dimension critique de certains portraits.
Le roman est nourri de l'expérience de Twain comme apprenti imprimeur. Mais l'atelier d'imprimerie est évoqué comme l'antre d'un magicien ou la caverne du diable. August semble entretenir lui aussi un rapport ambigu au savoir, le désirant et le craignant tout à la fois - les êtres humaines aiment s'aveugler au moyen de chimères.
C'est un livre assez déstabilisant entre son allure de conte allemande et son ton de fable satyrique.
Lien : http://chezmarketmarcel.blog..
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critiques presse (1)
Ricochet   12 mars 2013
Le propos est loin des poncifs manichéens habituellement dévolus aux fictions pour adolescents. Certes, les jeunes lecteurs ne seront pas « épargnés », mais cette authenticité, en résonance avec les peintures vivifiantes et lumineuses d’Atak, n’en est que plus réjouissante !
Lire la critique sur le site : Ricochet
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
TristanPichardTristanPichard   23 février 2016
"Tout ce que je t'ai révélé est vrai : il n'y a pas de Dieu, pas d'univers, pas de race humaine, pas de vie terrestre, pas de paradis, pas d'enfer. Tout cela n'est qu'un Rêve, un rêve grotesque et imbécile. Rien n'existe à part Toi. Et tu n'es qu'une Pensée – une Pensée vagabonde, une Pensée inutile, une Pensée sans attache, errant tristement dans les éternités vides !"
Il disparut et me laissa consterné ; car je savais et j'avais compris que tout ce qu'il avait dit était vrai.
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   12 août 2014
Peu de chance de dormir du fait du froid et des rats et des fantômes. Pas que j’eusse vu le moindre fantôme, mais je m’attendais à tout moment à en voir, ce qui, en outre, était tout à fait naturel car cet endroit historique en était infesté, pour ainsi dire, étant donné la vie dure qu’il avait menée pendant sa jeunesse et son âge adulte – une vie pleine d’aventures et envahie par les crimes.
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   12 août 2014
Il était impénétrable que Dieu puisse supporter un singe de ce genre, alors que la foudre est si bon marché.
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Videos de Mark Twain (95) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mark Twain
Extrait d'une lecture de «Cette maudite race humaine», par Jörn Cambreleng., accompagnée par Carjez Gerretsen à la clarinette, donnée le 6 février 2018 à la Maison de la Poésie - Scène littéraire.
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