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EAN : 9782358721745
208 pages
Éditeur : La Fabrique éditions (15/02/2019)
4.46/5   60 notes
Résumé :
Pourquoi le terme « féministe » est-il librement approprié à la fois par l’extrême droite, la gauche, et le capitalisme ? Dans un contexte, où les notions de féminisme et d’égalité sont vidées de leur sens hier radical, que peut signifier être féministe aujourd’hui ? Quels sont les combats à mener ? Comment mettre au cœur des luttes des femmes l’antiracisme, l’anticapitalisme et l’anti-impérialisme ?

Françoise Vergès s’attache d’abord à interroger les... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Bruno_Cm
  18 avril 2021
C'est incroyable à quel point les structures dans lesquelles nous sommes pris, nous, moi, des individus, hommes, et même femmes, nous influencent et nous façonnent. Nous déculpabilise. Nous font répéter sans nous en rendre compte les mêmes erreurs.
Non, écoutons réellement les plus maltraités, écoutons-les, c'est la seul façon de vraiment évoluer, changer. Parce qu'un féminisme seul n'a pas de sens, parce que l'antiracisme seul n'a pas de sens ou de poids... L'atomisation des différents combats les déforce et renforce la structure capitalistique dominante qui arrange toujours les mêmes. Ou, qui s'il ouvre la porte à certains groupes ce n'est que pour mieux en profiter et c'est systématiquement au détriment d'un autre groupe... Les femmes banches ont effectivement vu leur situation un peu s'améliorer au fil du temps, mais pas les racisées, qui sont à nouveau exploitées pour permettre à quelques-unes, devenues petit à petit privilégiées, d'être "bien". D'être au propre. Mais la saleté est structurelle, le capitalisme est une organisation de production de déchets et de saletés. Et qui parvient à se rendre illusoirement propre en surexploitant toujours les mêmes, et en tentant de se donner bonne conscience.
Le même discours peut-être tenu envers les affreuses tentatives de greenwashing concernant l'environnement, etc.
Le problème est multimodal, multidimensionnel et il faut, il faut, il faut écouter ceux qui en souffrent le plus. C'est d'eux qui peut venir une autre vision et forme possible d'existence au monde.
Ce livre fait partie de ces livres qui sont bien trop confidentiels, dont on ne parle quasi pas. Même si on croit donner la parole aux "minorités", c'est toujours dans nos cadres, avec nos codes de privilégiés destructeurs pourrissant, et maintenant il nous faut juste nous taire et écouter.
Merci, Madame Vergès, pardon pour toutes les offenses et les souffrances passées et présentes, et aidez-nous, oui c'est encore à vous que nous demandons de l'aide (c'est fou), aidez-nous à devenir meilleurs.
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LesMauxDits
  09 mars 2021
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt cet essai passionnant, manifeste à agir pour un féminisme plus inclusif et intersectionnel. Il invite à la réflexion, et met à nu certains mécanismes qui sous couvert de « féminisme », sont de nouvelles formes d'exploitation et de dénigrement de certaines populations sur d'autres.
Françoise Vergès, politologue et enseignante-chercheuse à l'Université de Sussex, a grandi à La Réunion, entourée de parents militants qui ont marqué et façonné sa vie et ses combats. Femme engagée, elle se bat pour la reconnaissance des droits des femmes, et se présente comme militante féministe décoloniale. Ses travaux portent sur les questions d'esclavage colonial, de créolisation, et de capitalisme racial.
Nous voici invité.e.s à réfléchir sur l'universalité supposée du féminisme. Dans cet essai percutant, Françoise Vergès invite à décoloniser le féminisme, à l'observer sous un angle plus large que l'inégalité de genre. Car si de nombreuses luttes féministes ont existé et coexisté depuis de nombreuses décennies, certaines semblent éclipsées, invisibilisées, notamment les luttes des femmes du « Sud », des Noires américaines, et des femmes résistantes et marronnes.
Le féminisme décolonial est un féminisme qui questionne aussi bien les inégalités de genre, mais aussi de milieu social, d'appartenance ethnique et religieuse, et dénonce une structuration sociale et politique, en Europe notamment, néocolonialiste. Pour elle le féminisme devrait « renouer avec une analyse du capitalisme néolibéral qui dévaste le monde », et qui « ne peut pas rester indifférent à l'impérialisme, à la situation des femmes précaires ».
Françoise Vergès fait la « critique d'un féminisme [qu'elle] appelle civilisationnel parce qu'il a entrepris la mission d'imposer au nom d'une idéologie des droits des femmes une pensée unique qui contribue à la perpétuation d'une domination de classe, de genre et de race » . Elle s'inquiète enfin d'une récupération du féminisme par des mouvances xénophobes et réactionnaires.
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malecturotheque
  07 août 2019
Je trouve que parler d'un essai est toujours une chose ardue car, même en étant court (une centaine de pages, ici), j'apprends des choses, je me forge une réflexion, et en faire un retour n'est pas évident, déjà parce que je ne sais pas par quoi commencer, ensuite parce que je reste à assimiler les informations pendant un certain temps.
Bon, c'est quoi, le féminisme décolonial ? Vous l'avez peut-être compris, je ne vais pas pouvoir vous faire une définition précise. En revanche, je peux vous dire qu'il va à l'encontre d'un féminisme blanc bourgeois, d'un féminisme dit civilisationnel. Je vois que j'en ai déjà perdu ! En gros, le féminisme blanc bourgeois ou civilisationnel, c'est un féminisme dans lequel on trouve des femmes qui prétendent mieux savoir ce qui est bon pour les autres, par exemple avec le port du voile, et leur imposent donc leur vision occidentale de leur féminisme. Par ailleurs, elles n'hésitent pas à faire le parallèle entre la situation des esclaves et celle des femmes (cf. L'hymne des femmes – j'y pense car on en a récemment parlé dans l'actu avec la Coupe du Monde de foot) alors que c'est différent (et quid des femmes esclaves? Elles ne sont pas esclaves parce que femmes, tout comme elles ne sont pas femmes parce qu'esclaves ; ce sont deux choses différentes bien qu'elles puissent être associées l'une à l'autre).
Je suis toujours en train de m'imprégner de cet essai de Françoise Vergès mais, quoiqu'il en soit, je l'ai trouvé super intéressant et il m'a vraiment permis de me questionner, de me remettre en question, de remettre en question la société, certains féminismes (ah, oui, pour celles et ceux qui suivent pas, il n'y a pas qu'un seul féminisme, il y en a plein!), etc. le propos est cohérent, bien écrit, il y a des notes très intéressantes (et fournies) et c'est donc facile à comprendre. Eh oui, si j'ai du mal à vous en parler, ce n'ai pas parce que je n'ai rien compris au texte, c'est parce que ça remet des choses en questions et aussi parce que, si j'ai l'habitude de parler de romans, je n'ai pas pour autant l'habitude de formuler des idées, de les synthétiser.
Je vous conseille vivement Un féminisme décolonial : il se lit bien, il est intéressant, rapide à lire (long à digérer mais ça fait du bien) et il permet d'évoluer dans nos réflexions. En bref, il est top.
Lien : https://malecturotheque.word..
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nathaliemartinez1
  21 mars 2021

A lire absolument !
« Pourquoi le terme « féministe » est-il librement approprié à la fois par l'extrême droite, la gauche, et le capitalisme ? Dans un contexte, où les notions de féminisme et d'égalité sont vidées de leur sens
Un essai super documenté qui dénonce très bien ce qu'il peut y avoir d'insupportable dans le discours et les prises de position d'un certain féminisme « civilisationnel » (Caroline fourest, Elisabeth Badinter…) , autrement dit un féminisme de bourgeoises blanches qui prétend savoir mieux que les concernées, ces femme « sous-développées » qui ne se sont pas encore élevées au niveau de la pensée occidentale, ce qui est bon pour elles et n'a de cesse que de les libérer et qui leur dit en substance : «Vous n'avez pas la liberté, vous ne connaissez pas vos droits, nous allons vous aider à atteindre le niveau de développement adéquat »
Un féminisme d'une condescendance insupportable qui a entre autres complètement oublié, dans son discours universaliste de prendre en compte la réalité du système économique de domination qui régit les rapports Nord sud depuis des décennies, qui fait que l'oppression subie par les femmes issues des territoires coloniaux et post coloniaux ne peut se réduire à une seule question de genre ;

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Guilherme
  18 septembre 2020
Vous ne comprenez pas comment des gens comme Ciotti ou Wauquiez se réclament du féminisme ? le féminisme de Caroline Fourest ou sauce Printemps Républicain se retrouve à mener les mêmes luttes que Marine le Pen et vous vous demandez ce qui a bien pu se passer ?
Ce livre est pour vous, vous comprendrez les ressorts de ce qui est ici nommé "fémo-nationalisme" (entre autres).
L'essai formule aussi un idéal pour un féminisme ambitieux, amené à questionner toutes les structures de pouvoir, y compris capitalistes, racistes, impérialistes, et fait donc pâlir la définition mainstream du féminisme ("lutte pour l'égalité des droits entre les hommes et les femmes"), un brin naïve et creuse.
A lire!
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
jeanlucbabeliojeanlucbabelio   10 septembre 2020
On le sait, les femmes blanches n’aiment pas qu’on leur dise qu’elles sont blanches. Être blanc a été construit comme étant si ordinaire, si dénué de caractéristiques, si normal, si dépourvu de sens que, comme le signale Gloria Wekker dans White Innocence. Paradoxes of Colonialism and Race, il est pratiquement impossible de faire reconnaître à une Blanche qu’elle est blanche. Vous le lui dites, et elle est bouleversée, agressive, horrifiée, pratiquement en larmes. Elle trouve votre remarque « raciste ». Pour Fatima El Tayeb, dire que la pensée européenne moderne a donné naissance à la race représente une violation insupportable de ce qui est cher aux Européen•ne•s, l’idée d’un continent « color-blind », dépourvu de l’idéologie dévastatrice qu’il a exporté à travers le monde entier.
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lolo28lolo28   07 avril 2020
Pourquoi se dire féministe, pourquoi défendre le féminisme, quand ces termes sont tellement galvaudés que même l’extrême droite peut se les approprier ? Que faire quand, alors qu’il y a dix ans les mots « féministe » et « féminisme » portaient encore un potentiel radical et étaient jetés comme des insultes, ils font désormais partie de l’arsenal de la droite néolibérale modernisatrice ?
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Bruno_CmBruno_Cm   18 avril 2021
L'écriture du passé et de l'histoire des femmes racisées n'a pas eu la même trajectoire que l'écriture féministe européenne parce qu'il ne s'agissait pas de la même démarche. Pour les racisées, il ne fallait pas combler une absence mais trouver les mots qui redonneraient vie à ce qui avait été condamné à l'inexistence, des mondes qui avaient été jetés hors humanité.
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SerinneserySerinnesery   19 mai 2021
J’ai aussi appris très tôt que si l’État veut écraser un mouvement, il a recours à tous les moyens, à toutes les ressources qui sont à sa disposition d’une part pour réprimer, d’autre part pour diviser les opprimé•e•s. D’une main il frappe, de l’autre il cherche à assimiler. La peur est une de ses armes favorites pour produire confor- misme et consentement. J’ai rapidement compris le prix à payer pour se permettre d’échapper à l’in- jonction : « Ne te fais pas remarquer, ne proteste pas trop, et tu n’auras pas d’ennui. »
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Ellana1978Ellana1978   12 juillet 2020
Une féministe [..] se pose la question de ce qu'elle ne voit pas, elle cherche à déconstruire l'étau de l'éducation scolaire qui lui a appris à ne plus voir, ne plus sentir, à étouffer ses sens, à ne plus lire, à être divisée à l'intérieur d'elle-même et à être séparée du monde. Elle doit réapprendre à entendre, voir, sentir pour pouvoir penser. Elle sait que la lutte est collective, elle sait que la détermination des ennemi.e.s à abattre les luttes de libération ne doit pas être sous-estimée, qu'ils utiliseront toutes les armes à leur disposition, la censure, la diffamation, la menace, l'emprisonnement, le meurtre. Elle sait aussi que la lutte est porteuse de difficultés, de tensions, de frustrations mais également de joie et de gaîté, de découvertes et d'élargissement du monde.
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Videos de Françoise Vergès (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Françoise Vergès
Francoise Verges presente "Une theorie feministe de la violence" Parution le 6 novembre 2020
Le langage officiel à propos de l'égalité hommes-femmes est un répertoire de violences : harcèlement, viol, maltraitance, féminicide. Ces mots désignent une cruelle réalité. Mais n'en dissimulent-ils pas une autre, celle des violences commises avec la complicité de l'État ? Dans cet ouvrage, Françoise Vergès dénonce le tournant sécuritaire de la lutte contre le sexisme. En se focalisant sur des « hommes violents », on omet d'interroger les sources de cette violence. Pour l'autrice, cela ne fait aucun doute : le capitalisme racial, les populismes ultra-conservateurs, l'écrasement du Sud par les guerres et les pillages impérialistes, les millions d'exilé•es, l'escalade carcérale, mettent les masculinités au service d'une politique de mort. Contre l'air du temps, Françoise Vergès nous enjoint de refuser l'obsession punitive de l'État, au profit d'une justice réparatrice. Françoise Vergès Féministe antiraciste, présidente de l'association « Décoloniser les arts », Françoise Vergès est l'autrice de plusieurs ouvrages et articles en français et en anglais sur l'esclavage colonial, le féminisme, la réparation, le musée.
https://lafabrique.fr/une-theorie-feministe-de-la-violence/
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