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François Caradec (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
EAN : 9782707303134
297 pages
Éditeur : Editions de Minuit (01/07/1992)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.85/5 (sur 477 notes)
Résumé :
À dire vrai il n’est pas question de Pékin , et d’automne guère plus – mais seulement d’un homme qui, ayant raté son autobus, se retrouve à construire des voies de chemin de fer en plein désert. Ils seront d’ailleurs plusieurs, bientôt, à s’en mêler : archéologue, médecin, abbé…, chacun venu là pour des raisons qui restent à élucider mais avec une vision des choses bien précise, des rêves et des désirs bien singuliers. Flirtant avec l’absurde de façon aussi drôle qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
Malabar_
  05 juillet 2013
Il est temps de réparer une injustice. Non le grand Boris n'est pas seulement l'auteur de l'Écume des Jours. Non, Vian ne se résume pas uniquement au sulfureux J'irai cracher sur vos tombes, roman de commande, rédigé suite à un pari.
Que penserait-il de ce catalogage en règle, lui, l'homme multiple ? Ingénieur, journaliste, musicien, chanteur, fêtard, inventeur, poète, écrivain, parolier, dramaturge, trublion, empêcheur de tourner en rond, traducteur, zazou, rêveur, pataphysicien, la liste est longue.
Il serait cruel de résumer ce boulimique d'expériences à quelques scandales et succès (posthumes) de librairie.
Car Boris Vian est avant tout l'auteur d'une oeuvre riche et protéiforme. Au premier rang de laquelle figure l'Automne à Pékin.
Point de feuilles mortes, point de chinoiseries dans cet ovni là. Dès les premières pages le ton est donné : burlesque, absurde, féroce. le roman relate la construction d'une ligne de chemin de fer au beau milieu du désert d'Exopotamie. Inutile me direz-vous ? Il en faut plus pour arrêter nos protagonistes pour qui la voie ferrée devra absolument traverser l'unique bâtiment existant.
Car ces personnages ne sont pas comme les autres, jugez plutôt : un médecin obnubilé par l'aéromodélisme, un archéologue qui brise les vases qu'il met à jour afin de les faire entrer dans des boîtes, un ermite à la religion étrange et dont l'acte saint consiste à forniquer ad vitam aeternam, une femme à la peau cuivrée, un héros avec « un nom de chien », une chaise malade, un avion qui mord, un contremaître fumiste, des homos revendiqués ( en 1946!), un interne sadique…
Mais au milieu de tout ce rien, de ces personnages creux au verbiage incessant et de cette entreprise assez (complètement) vaine, Vian parvient à nous parler des relations, d'amour, d'incompréhension surtout. Sous couvert de l'humour et de l'absurde, il règle aussi ses comptes avec l'administration, la religion, le monde du travail, les discriminations…
On y retrouve la patte de l'auteur, les jeux de mots en pagaille, les énumérations, les prises au pied de la lettre, l'inventivité, l'humour et la fantaisie permanente. le drame aussi, et le dénouement cataclysmique, comme souvent. Car si l'on rit beaucoup, le constat n'en reste pas moins très sombre. Derrière l'amuseur, l'image d'éternel adolescent, on sent poindre le regard acéré et les désillusions.
Mais on parle toujours mal de ce que l'on aime. J'aurais souhaité écrire une critique plus en adéquation avec ce roman. Plus drôle, plus originale, plus décalé. Plus, plus…Mais je n'ai pas un dixième du talent de ce type là.
Lisez Boris Vian, tout Boris Vian. Mais spécialement, celui-ci.
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araucaria
  06 juillet 2013
Un livre plutôt sombre à l'humour grinçant, rempli de situations absurdes. le style caractéristique de Boris Vian qui une fois de plus laisse parler son imagination, tant pour le vocabulaire que pour l'action du livre qui se déroule dans un pays fictif. Il n'y a aucune référence dans le texte ni à la Chine, ni à l'automne. Un roman honnête, pas mon préféré de l'auteur, mais cependant un texte bien rédigé et intéressant.
Lien : http://araucaria20six.fr/
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Herve-Lionel
  11 mars 2014

N°351– Juillet 2009.
L'AUTOMNE A PÉKIN – Boris VIAN.
 
A l'heure où chacun rend hommage à Michael Jackson, je ne voudrais pas laisser passer le cinquantenaire de la mort de Boris Vian [1920-1959] sans évoquer cet écrivain qui a illuminé mon adolescence. Je ne veux pas me livrer à une étude exhaustive de l'homme et de l'œuvre, d'autres l'on fait brillamment avant moi et ces quelques lignes n'ont évidemment pas cette prétention.
Oublié pendant longtemps des manuels scolaires, délibérément écarté des anthologies de la littérature française , Vian n'en a pas moins déroulé son voyage dans l'absurde et la dérision, dans un décor qu'il tissait page après page et qui emporte encore aujourd'hui l'attention de son lecteur devenu au fil des chapitres un véritable complice.
Je ne vais pas reprendre à mon compte tout ce qui a été dit et écrit sur le divin Boris, mais dans toute cette œuvre protéiforme et souvent imprévue, faite de mots mais aussi de notes de musique, de projets fous et parfois suicidaires, il a marqué d'une trace indélébile son passage sur terre et dans la littérature. Il y a un roman pour lequel j'ai une tendresse particulière, c'est « l'automne à Pékin ». Étonnant, ce récit qui ne se passe ni en automne ni à Pékin où l'on trouve, comme ailleurs dans son œuvre, des précisions sémantiques inattendues et parfois bizarrement techniques, des créations improbables de mots qui voisinent avec des délires créatifs que ni l'ingénieur ni le pataphysicien n'eussent évidemment renié.
Dans cette fiction, je retiens la jubilation de son auteur au simple niveau des mots et cela est d'autant plus important à mes yeux qu'il entraîne souvent son lecteur dans cet univers qu'il a lui-même construit et où il invite chacun à le suivre en lui laissant le soin et la liberté d'apporter à ce qu'il lit sa propre explication. C'est que notre auteur, sous des dehors incongrus, malicieux et décalés jette sur notre société et sur les gens qui la composent un œil réellement critique. Pourquoi, par exemple, la ligne de chemin de fer qui doit traverser l'immense désert d'Exopotamie doit-elle impérativement passer au beau milieu de l'unique hôtel qui s'y trouve ? Allez comprendre la différence, s'il y en a une, qu'il y a entre la « ligne de foi » et la ligne de chemin de fer, mais admettez quand même qu'elles sont sans doute complémentaires et que leur rencontre [travail humain et matériel contre pensées profondes] sont parfois à l'origine de catastrophes qu'on pourrait éviter !
Absurde ou dérisoire, la réponse appartient à chacun mais n'est pas sans rappeler [déjà] les décisions prises par d'autres et qui gèrent notre quotidien. Ce qui fait que Vian est proche de son lecteur, ce n'est pas qu'il parle comme lui, au contraire, mais c'est qu'il l'étonne, qu'il l’entraîne dans un microcosme qu'il doit connaître déjà puisqu'il y entre de plain pied , qu'il y a déjà ses marques et où il se reconnaît. Et puis, cultiver le dérisoire dans un monde sérieux est plutôt salutaire !
Il ne faudrait pas oublier que le monde de Vian est romanesque et même s'il ne peut s'empêcher de régler quelques comptes personnels, il y parle d'amour et de mort, comme dans tous les romans. La femme qui inspire le sentiment amoureux présente plusieurs visages évocateurs[Rochelle, Lavande, Cuivre...], et comme dans la vraie vie, les amours sont souvent malheureuses. Certaines sont liées à la mort, comme celle de Choé dans « l'écume des Jours » que le professeur Mangemanche ne peut oublier parce que, sans doute, les héros de Vian s'usaient à vivre, comme si la vie était une maladie qu'on soigne difficilement, qui mange inexorablement nos jours et nous fait souffrir...
Il ne faut pas rester au seul niveau des mots, au jeu sur les phrases, aux calembours humoristiques qui peuvent résulter d'une lecture en surface, « l'automne à Pékin », comme « l'écume des jours » sont des œuvres qui empruntent beaucoup à l'angoisse, au mal de vivre qui nous visitent tous un jour ou l'autre.
Je ne sais pas si je dois m'en réjouir ou m'en féliciter, mais je souscris pleinement à la remarque de Raymond Queneau «  L'automne à Pékin est une œuvre difficile et méconnue ».

© Hervé GAUTIER – Juillet 2009.http://hervegautier.e-monsite.com

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N°351– Juillet 2009.
L'AUTOMNE A PÉKIN – Boris VIAN.
 
A l'heure où chacun rend hommage à Michael Jackson, je ne voudrais pas laisser passer le cinquantenaire de la mort de Boris Vian [1920-1959] sans évoquer cet écrivain qui a illuminé mon adolescence. Je ne veux pas me livrer à une étude exhaustive de l'homme et de l'oeuvre, d'autres l'on fait brillamment avant moi et ces quelques lignes n'ont évidemment pas cette prétention.
Oublié pendant longtemps des manuels scolaires, délibérément écarté des anthologies de la littérature française , Vian n'en a pas moins déroulé son voyage dans l'absurde et la dérision, dans un décor qu'il tissait page après page et qui emporte encore aujourd'hui l'attention de son lecteur devenu au fil des chapitres un véritable complice.
Je ne vais pas reprendre à mon compte tout ce qui a été dit et écrit sur le divin Boris, mais dans toute cette oeuvre protéiforme et souvent imprévue, faite de mots mais aussi de notes de musique, de projets fous et parfois suicidaires, il a marqué d'une trace indélébile son passage sur terre et dans la littérature. Il y a un roman pour lequel j'ai une tendresse particulière, c'est « l'automne à Pékin ». Étonnant, ce récit qui ne se passe ni en automne ni à Pékin où l'on trouve, comme ailleurs dans son oeuvre, des précisions sémantiques inattendues et parfois bizarrement techniques, des créations improbables de mots qui voisinent avec des délires créatifs que ni l'ingénieur ni le pataphysicien n'eussent évidemment renié.
Dans cette fiction, je retiens la jubilation de son auteur au simple niveau des mots et cela est d'autant plus important à mes yeux qu'il entraîne souvent son lecteur dans cet univers qu'il a lui-même construit et où il invite chacun à le suivre en lui laissant le soin et la liberté d'apporter à ce qu'il lit sa propre explication. C'est que notre auteur, sous des dehors incongrus, malicieux et décalés jette sur notre société et sur les gens qui la composent un oeil réellement critique. Pourquoi, par exemple, la ligne de chemin de fer qui doit traverser l'immense désert d'Exopotamie doit-elle impérativement passer au beau milieu de l'unique hôtel qui s'y trouve ? Allez comprendre la différence, s'il y en a une, qu'il y a entre la « ligne de foi » et la ligne de chemin de fer, mais admettez quand même qu'elles sont sans doute complémentaires et que leur rencontre [travail humain et matériel contre pensées profondes] sont parfois à l'origine de catastrophes qu'on pourrait éviter !
Absurde ou dérisoire, la réponse appartient à chacun mais n'est pas sans rappeler [déjà] les décisions prises par d'autres et qui gèrent notre quotidien. Ce qui fait que Vian est proche de son lecteur, ce n'est pas qu'il parle comme lui, au contraire, mais c'est qu'il l'étonne, qu'il l'entraîne dans un microcosme qu'il doit connaître déjà puisqu'il y entre de plain pied , qu'il y a déjà ses marques et où se reconnaît. Et puis, cultiver le dérisoire dans un monde sérieux est plutôt salutaire !
Il ne faudrait pas oublier que le monde de Vian est romanesque et même s'il ne peut s'empêcher de régler quelques comptes personnels, il y parle d'amour et de mort, comme dans tous les romans. La femme qui inspire le sentiment amoureux présente plusieurs visages évocateurs[Rochelle, Lavande, Cuivre...], et comme dans la vraie vie, les amours sont souvent malheureuses. Certaines sont liées à la mort, comme celle de Choé dans « l'écume des Jours » que le professeur Mangemanche ne peut oublier parce que, sans doute, les héros de Vian s'usaient à vivre, comme si la vie était une maladie qu'on soigne difficilement, qui mange inexorablement nos jours et nous fait souffrir...
Il ne faut pas rester au seul niveau des mots, au jeu sur les phrases, aux calembours humoristiques qui peuvent résulter d'une lecture en surface, « l'automne à Pékin », comme « l'écume des jours » sont des oeuvres qui empruntent beaucoup à l'angoisse, au mal de vivre qui nous visitent tous un jour ou l'autre.
Je ne sais pas si je dois m'en réjouir ou m'en féliciter, mais je souscris pleinement à la remarque de Raymond Queneau «  L'automne à Pékin est une oeuvre difficile et méconnue ».

© Hervé GAUTIER – Juillet 2009.http://hervegautier.e-monsite.com
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PiertyM
  26 août 2018
Un Vian de la même veine que la plupart des Vian! de l'absurde, que de l'absurde! Il m'a fallu assez de temps pour rentrer dans ce livre, pour ne pas dire dans ce ras-le-bol sur les sentiments humains, l'hypocrisie se dévoile sans artifices. Tout commence sur un Amadis Dudu qui attend le métro mais qu'il rate toujours, puis quand il en attrape un, il est le seul passager, puis on ne sait pas comment il se retrouve au désert en train de diriger une équipe pour la construction d'un chemin de fer, une équipe qui se compose de manière assez particulière. Il se forme des duos d'un coté, et de trio de l'autre coté, des dialogues sont étranges, surprenants, surréalistes, et de temps en temps on se détend de l'humour sarcastique qui s'en dégage....Peut-être que ce n'était pas une lecture assez agréable, mais ce n'était aussi désagréable que ça! J'ai juste retenu que j'ai lu du Vian!
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Floyd2408
  09 mai 2015
L 'automne à Pékin roman méconnu de Boris Vian au titre trompeur d'une ironie burlesque à la tragédie latente mais présente et cette poésie lyrique perlée d'une écriture belle aux diamants des mots enchanteurs inconnus dans une histoire surréaliste de la construction d'une ligne de chemin de fer dans un désert de coquillages d'escargots jaunes à la folie consciente de personnages farfelus ....
Ce préambule comme Vian erre dans ce monde imaginaire réel de sa plume acerbe de dérisions, de folie, de dramatique, d'amour, de sexe interdit, de pédéraste, de pervers, de pédophile, de femme nympho, d'amour libre, de romanesque fou, d'idéale, de poésie merveilleuse, de philosophie éphémère, de paysage imaginaire, d'objet vivant, de néologismes, de mot valise....Ce roman vous explose le cerveau avec une délicate allégresse tel un rêve éveillé somnolant dans le creux de nos désirs pour surgir soudainement dans votre vie monotone . Nous sommes comme des pantins articulés par les mots imaginaires de Boris Vian projeté dans ce monde dramatiquement absurde au romanesque léger vers la chute de ces personnages usées par le désert , par la folie administrative, par le hasard incertain, par la jalousie, par l'acte de chair, par la culpabilité, par la bêtise humaine, par l'écriture folle de Boris Vian. Ces personnages nous intrigue avec cet Abbé extravagant signant des dérogations pour assouvir ses envies comme boire de l'alcool ,tripoter les belles femmes puis ce directeur affable pédéraste plongé dans la folie administrative ,ces deux ingénieurs perdus au parcours similaire mais aux idées différentes l'un romanesque l'autre macho épris de l'acte charnel et du changement , ce capitaine pervers au tendance pédophile avec cette jeune fille Odile âgée de 13 ans en lui caressant les fesses puis pinçant les tétons, ces deux ouvriers aspirés dans leur travail avec fougue, ce contrôleur fou au crise de rire soudaine, ce chauffeur d'autobus s'énucléant soudainement devant un passager en lui empruntant son canif, ce professeur fou de modéliste, voulant soigner une chaise... tous comblent avec humour la folie absurde de ce roman ou la religion prie les comptines.les autobus mangent des poissons chats, les curés ont des lance hosties,les passagers mangent de la soupe au biscuit de mer intérieur, une tonte annuel des pigeons dans les grandes villes...ces actes étranges bercent cette histoire d' une mélodie si gracieusement imaginaire
Ce roman est une perle rare
Une relecture s'impose
Venez pénétrer l'univers unique de Boris Vian pour se délecter avec jouissance de cette écriture riche et belle
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critiques presse (3)
Sceneario   06 novembre 2017
C'est frais, enlevé et parfaitement mis en scène ! On a toutefois du mal à accrocher, tant le récit se disperse deçi delà...
Lire la critique sur le site : Sceneario
Bedeo   18 octobre 2017
Les frères Paul et Gaëtan Brizzi s’emparent de l’adaptation d’une œuvre de Boris Vian avec leur immense talent. Toute la folie de Vian prend ici vie avec un naturel déconcertant. Une BD très réussie.
Lire la critique sur le site : Bedeo
BDZoom   09 octobre 2017
On voyage beaucoup dans les pas et les errances de drôles de péquins, tous plus à l’ouest les uns que les autres. Alors, suivons-les sans tarder dans l’adaptation virtuose des frères Brizzi…
Lire la critique sur le site : BDZoom
Citations et extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   05 juillet 2013
L'interne tendit la main. L'ongle de son index était tout noir.
- C'est rien dit Mangemanche. Vous avez encore votre doigt. Ce sera pour la prochaine fois.
- Non.
- Si, dit Mangemanche. Ou alors faites attention.
- Mais je fais attention, dit l'interne. Je n'arrête pas de faire attention, et ce nom de dieu de merde de moteur me part tout le temps dans les pattes. J'en ai marre à la fin.
Commenter  J’apprécie          310
VALENTYNEVALENTYNE   05 janvier 2013
- Mais ça ne mord pas, un oiseau, dit Olive.

- Ah ! Ah ! Ah ! dit le capitaine. C’est que ce n’est pas un oiseau ordinaire !

- Qu’est ce que c’est ? demanda Didiche.

- Je ne sais pas, dit le capitaine ; et ça prouve bien que ce n’est pas un oiseau ordinaire parce que les oiseaux ordinaires, je les connais : il y a la pie, le fanfreluche et l’écubier, et le caillebotis, et puis la mouture, l’épeiche et l’amillequin, la bêtarde et la cantrope, et le verduron des plages, le marche à l’œil et le coquillet ; en dehors de ça on peut citer la mouette et la poule vulgaire qu’ils appellent en latin cocota deconans .

- Mince ! murmura Didiche. Vous en savez des choses, capitaine.

- C’est ce que j’ai appris, dit le capitaine.

Olive avait tout de même pris le cormoran dans ses bras et le berçait en lui racontant des bêtises pour le consoler. Il se rembobinait dans ses plumes, tout content, et ronronnait comme un tapir.

- Vous voyez, capitaine. Il est très gentil.

- Alors c’est une épervuche, dit le capitaine. Les épervuches sont des oiseaux charmants, c’est dans le bottin.

Flatté, le cormoran, prit avec sa tête, une pose gracieuse et distinguée, et Olive le caressa.
+ Lire la suite
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araucariaaraucaria   04 juillet 2013
Il fit un bond considérable, et retomba en tournant sur lui-même, accroupi sur les talons. Sa soutane, déployée autour de lui, faisait une grande fleur noire que l'on distinguait vaguement sur le sable.
- Cela fait partie du rituel? demanda l'archéologue.
- Non! dit l'abbé. C'est un truc de ma grand-mère quand elle voulait pisser sur la plage sans qu'on la remarque. Je dois vous dire que je n'ai pas ma culotte apostolique. Il fait trop chaud. J'ai une dispense.
+ Lire la suite
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TipeeTipee   04 avril 2016
Il y a lieu de s'arrêter une minute, maintenant, car cela va devenir noué et en chapitres ordinaires. On peut savoir pourquoi : il y a déjà une fille, une jolie fille. Il en viendra d'autres, et rien ne peut durer dans ces conditions. Sinon, ce serait sans doute plus souvent gai ; mais avec les filles, il faut du triste ; ce n'est pas qu'elles aiment le triste - elles le disent, du moins, - mais il vient avec elles. Avec les jolies. Les laides, on ne saurait en parler : c'est assez qu'il y en ait. D'ailleurs, elles sont toutes jolies.
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KatelineDgnKatelineDgn   09 juillet 2019
Il avait mal au couturier droit, et tenta de se planter une épingle dans la joue pour faire passer la douleur; l'étude de l'acupuncture dans les ouvrages du docteur Bottine de Mourant était un de ses passe-temps; par malheur, il ne visa pas bien et se guérit d'une néphrite du mollet qu'il n'avait pas encore attrapée, ce qui le retarda.
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Découvrez le deuxième épisode du tout nouveau podcast des éditions du Masque : Conversation dans le noir. Chaque jeudi, nous vous proposons une conversation téléphonique entre éditrice et auteure, à écouter sur l'ensemble de nos réseaux sociaux. Dans cet épisode, Nathalie Sauvagnac se livre dans une conversation très touchante autour de la norme, des marges, mais aussi de son roman Les Yeux fumés et de la littérature en temps de confinement. Nous vous souhaitons une bonne écoute !
Extrait lu : https://www.editions-jclattes.fr/sites/default/files/webmaster/lyf.pdf Oeuvres citées : Colette Philippe Djian Virginie Despentes Claire Castillon Charles Bukowski Salinger Boris Vian Kate Tempest
CRÉDITS : Conversation dans le noir est un podcast des éditions du Masque. Réalisation : Paul Sanfourche. Générique : Longing - Joachim Karud.
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