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ISBN : 2714453163
Éditeur : Belfond (23/08/2012)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 60 notes)
Résumé :
Bois Sauvage, Mississippi, en 2005.
Depuis que sa mère est morte en couches, Esch, quatorze ans, s'occupe des hommes de sa famille : son père Claude, ses deux aînés, Randall et Skeetah, et Junior, le petit dernier. Esch a du mal à trouver sa place : elle couche avec les copains de ses frères pour leur faire plaisir mais c'est de Manny qu'elle est amoureuse. Et dont elle est enceinte.
À qui le dire ? Skeetah n'a d'yeux que pour China, son pitbull adoré ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Seraphita
  31 août 2013
Bois Sauvage, perdu quelque part, au fond du Mississipi. Des maisons jetées çà et là, oubliées au creux de la pauvreté. Une famille qui essaie de vivre, malgré tout, dans le vide que la mère a laissé en donnant sa dernière vie : le petit Junior. Et au milieu d'elle, Esch, une adolescente de 14 ans, qui pose son regard de femme-enfant sur un monde qui va basculer. Parce qu'une autre mère va venir, elle le sait, porteuse d'une rupture.
« Bois Sauvage » est un roman déroutant qui, dès le départ, oppresse le lecteur. La chaleur implacable qui règne sur le Mississipi à quelques jours de l'arrivée de Katrina « la mère qui a envahi le golfe pour tout massacrer » (p. 332) prend d'emblée à la gorge. le temps d'avant l'ouragan semble suspendu pour chacun des membres de la famille. C'est Esch, la seule femme, la seule fille, qui va prendre la parole pour conter ce moratoire, angoissant car figé dans une torpeur délétère. Et ses mots s'attardent sur Randall, le fils aîné, qui poursuit son entraînement de basket, dans l'espoir de quitter un monde qui l'asphyxie. Quant à Skeeter, il préfère la compagnie des chiens, celle de sa pitbull, China, à la fois mère et chienne de combat, alliance de douceur et de violence, à l'image de Katrina. Seul le père a pris conscience du danger et tente de sortir temporairement des vapeurs éthérées de l'alcool pour mettre sa famille à l'abri.
Esch décrit le monde qui l'entoure avec ses mots, ses métaphores concrètes, puisées dans un quotidien marqué par le désoeuvrement et la violence.
« Des fois, je me demande s'il a pas tout oublié, s'il a pas la tête comme une passoire, alors ceux qui lui ont donné le biberon, qui l'ont chouchouté et qui ont bu ses larmes, tout ça, ça passe dans l'égouttoir comme l'eau dans la gouttière, et ça lui laisse plus qu'aujourd'hui, ses trous dans le sable, son petit torse nu, et Randall qui lui crie dessus. le présent lavé des souvenirs comme les légumes lavés de la terre où ils poussent. » (p. 126-127.)
Et c'est cette violence qui, au début, dérange et oppresse. Mais au fur et à mesure, c'est une ode à l'espoir, à l'amour et la vie, qui se fait jour, en filigrane. Si les ouragans détruisent, ils peuvent aussi laisser la vie, laisser en vie, autrement.
« Il reste plus que du bois et du fer, tout bousillés, et soudain il y a un grand trou entre avant et maintenant, et je me demande où le monde qui existait ce jour-là est passé, parce qu'on est plus dedans. » (p. 328.)
Un roman déroutant, oppressant, qui saisit, mais qu'on ne peut quitter jusqu'au final, qui ne pourra s'oublier.
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JeanPierreV
  22 novembre 2016
Esch adolescente de 14 ans nous raconte les 10 jours qui précèdent l'arrivée de Katrina, l'ouragan qui dévasta le sud des Etats Unis, puis le 11ème jour terrible. Esch seule gamine au milieu d'une famille noire composées uniquement d'hommes, la maman étant décédée en donnant naissance au petit dernier Junior. Une famille qui survit, sans beaucoup de moyens, unie autour d'un père souvent saoul, un frère aîné qui souhaite faire une carrière de basketteur, Junior et un autre qui ne vit que pour sa chienne pitbull qui vient de mettre bas…le « personnage féminin » présent en permanence au cours de ces 11 jours…comme sur la couverture du livre, une chienne de combat, sa fierté.
Tous unis pour préparer la maison au pire, pour masquer les fenêtres de la maison, avec les pauvres planches pourries qu'on démonte du poulailler. Esch l'adolescente gentille avec les garçons, enceinte et le cachant à ses frères et à son père, enceinte de Manny qui ne l'aime pas, enceinte par qu'elle ne se refuse pas aux garçons parce qu'il est » plus facile de laisser faire que de lui demander d'arrêter, plus facile de me faire prendre que de le repousser, plus facile que de l'entendre répéter : « Mais pourquoi? »
« Me taire et accepter plutôt que répondre ? ». Une gamine qui lit l'histoire de Médée dans l'antiquité, histoire qu'elle fait sienne.
Une roman fort, sur le sud noir des Etats Unis, sur la pauvreté, la famille, le clan. Un petit air de Steinbeck ou de Faulkner.
Une fois ouvert, je n'ai pas pu le lâcher
Pas étonnant que l'auteure, Jesmyn Ward, auteur noire du Mississipi ait reçu pour le National Book Award, récompense littéraire américaine majeure et méritée pour cet ouvrage.
Lien : https://mesbelleslectures.co..
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Bazart
  19 janvier 2013
Pour rester dans l'ambiance Nouvelle Orléans que j'ai commencé avec Les Betes du Sud Sauvage, je me suis décidé à lire Bois Sauvage qui trainait dans ma bilbiothèque depuis la rentrée (merci aux éditions Belfond) et que j'ai lu dans la foulée du film évenement de cette fin 2012.
Jesmyn Ward a reçu pour ce deuxième roman ( son premier sorti en France), le prestigieux Book Award 2011.
Bois Sauvage, ville imaginaire du Golfe du Mexique. La Fosse, une mare dans une clairière. Mississipi, le Sud. L'Amérique noire et pauvre. 2005. le décor fait beaucoup penser au Sud des Betes Sauvage, l'ambiance également.
On suit cette famille noire et pauvre 10 jours avant la tempête Katrina. le point de vue narratif est celui d'Esch, seule fille de cette tribu perdue au milieu de nulle part. Evoluant au milieu d'un monde violent et brutal (alcoolisme du père qui boit pour oublier la mort de sa mère, combat de chiens pibulls « passion » d'un de ses frères), Esch se rattache à ses souvenirs d'enfance et à la lecture de la mythologie grecque. Alors qu'elle a tout juste 14 ans, elle tombe enceinte.
Pour moi, le roman bascule véritablement à partir du moment où la tempête Katrina arrive à Bois sauvage dans la dernière partie du roman. Face à la catastrophe, apparaissent une tendresse et une humanité qu'on devinait à peine jusqu'à présent et j'ai vécu alors fébril la tempête qui s'abat sur la maison en me demandant si cette famille que j'ai appris à connaitre au fil de pages allait survivre ou pas. le style, un peu froid au début, s'enflamme alors véritablement, et l'on commence alors vraiment à s'attacher à ces personnages peuplant cette chronique familiale émouvante.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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zazy
  18 septembre 2012
A « Bois Sauvage » une famille noire vit sans autre éducation que celle donnée, un peu par l'école, beaucoup par la vie ; Et la vie n'est pas tendre avec eux. Une mère morte trop jeune en accouchant du petit dernier, un père toujours ivre, des frères, des copains, des animaux…. tel est le quotidien d'Esch, jeune adolescente de 14 ans. Les copains à qui elle ne se refuse pas car il est « plus facile de laisser faire que de lui demander d'arrêter, plus facile de me faire prendre que de le repousser, plus facile que de l'entendre répéter : « Mais pourquoi » Me taire et accepter plutôt que répondre. » Et puis, il y a Manny qu'elle aime mais qui abuse de son corps sans lui rendre son amour…. Elle tombe enceinte !
N'allez pas penser qu'elle est malheureuse, perverse ; elle n'en a pas le temps, toujours à essayer de vivre. Ils forment un vrai clan, les frères et la soeur, un clan soudé avec quelques accrocs, mais toujours présents. La lecture d'un livre sur la mythologie est le seul refuge d'Esch.
Comme si cela ne suffisait pas, Katrina va arriver, le père le sent…… tout le monde doit travailler à consolider la misère jusqu'au dernier instant.
Le style de ce livre est heurté, la violence sourd de partout. Les phrases pètent, le vocabulaire est direct voire cru. Ce livre n'est pas misérabiliste pour autant ; Au détour des pages, il y a des moments de tendresse, de poésie, d'humanité. Esch est si attachante dans son animalité naïve et sa grande intelligence de la vie.
La quatrième de couverture compare Jesmyn Ward, entre autres grands littérateurs du sud, à Harper Lee. Je préfère nettement ce livre qui est plus animal, plus viscéral à « Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur ».
Pour toutes ces raisons, j'ai vraiment aimé ce livre. Jesmyn Ward a beaucoup de talent et je comprends qu'elle ait obtenu National Book Award en 2011. Un bon coup de coeur.

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
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frueka
  30 mars 2018
Bois sauvage raconte le quotidien d'une famille noire, pauvre et monoparentale dans le Sud des États-Unis quelques jours avant que l'ouragan Katrina ne frappe en 2005.
12 jours, 12 chapitres. 12 jours pendant lesquels Esch, une ado de 14 ans, nous raconte sa famille et son quotidien difficile à Bois sauvage, Mississipi. Depuis que sa mère est morte en accouchant de Junior, son 4ème enfant, Esch vit avec son père et ses trois frères. Les difficultés étant nombreuses dans cette famille bancale et pauvre, chacun s'est trouvé un refuge: l'alcool pour le père, le basket pour Randall, China la pitbull pour Skeetah, la mythologie grecque pour Esch. Quant à Junior, le petit dernier, il est tjrs un peu de trop.
Bien que la famille évolue avec la perspective de l'approche imminente d'un ouragan de catégorie 5 et que la tension narrative va crescendo jusqu'à son passage le 11ème jour, Salvage the Bones est davantage qu'un roman sur Katrina et ses conséquences dramatiques pour les populations pauvres des régions dévastées. Jesmyn Ward dresse en effet un portrait intense et magnifique d'une famille fragilisée et en souffrance que rien n'épargne mais qui se montre forte malgré tout et surtout unie et solidaire, toujours.
Violent et tendre à la fois, cru et sensible, terriblement et tristement réaliste, Salvage the bones est un roman impitoyable dont on ne ressort pas indemne. C'est un livre marquant et très fort dans lequel la vie et la mort se cotoient au quotidien, un livre dans lequel les rêves et l'espoir d'une vie meilleure alternent avec les désillusions et le découragement. Mais malgré l'absence, la perte et la destruction, une note d'espoir subsiste. C'est enfin un livre fort sur la maternité, passée, présente et future: celle d'une mère partie bien trop tôt mais dont la  présence perdure et encourage, celle d'une pitbull mère et chienne de combat, enfin celle de Esch, jeune mère en devenir.
C'est avec un pincement au coeur et la gorge nouée que j'ai refermé ce livre et quitté cette famille tellement attachante... Jesmyn Ward est une auteure que je vais suivre de près et que je compte d'ailleurs retrouver assez vite à travers son essai "Men we reaped" ("Les moissons funèbres" en français) qui attend deja sagement dans ma pal.
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critiques presse (3)
LaPresse   22 février 2013
La traduction française est plutôt pénible, mais l'histoire est si captivante qu'on finit par oublier les anglicismes et les phrases boiteuses.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Lexpress   18 octobre 2012
Narré par cette jeune fille forcée de devenir femme avant l'âge, ce roman est porté par un style simple et direct, sans effet de manche. Il privilégie un peu trop les dialogues, au détriment du reste du corpus, qui manque d'impact. Néanmoins, voici une chronique familiale et sociale réaliste et marquante.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Culturebox   17 août 2012
Il faut lire ce livre bouleversant. Ecrit avec chair. Où la Nature -humaine, animale, céleste- crache sa puissance.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
zazyzazy   18 septembre 2012
Après que maman est morte, papa disait : « Mais qu’est-ce t’as à pleurer ? Arrête. C’est pas parce que tu pleures que ça va changer quelque chose ». On n’a jamais arrêté. On a fait plus doucement. On s’est cachés, c’est tout. J’ai appris à pleurer sans faire couler les larmes, ou juste une, des fois, j’ai appris à avaler, ça a un goût d’eau tiède, salées, elles me tombent au fon de la gorge. C’est tout ce qu’on pouvait faire. Alors j’avale, je regarde au travers et je cours
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zazyzazy   18 septembre 2012
J’ai essayé de lire ce matin, mais je me suis arrêtée au milieu de la quête pour la Toison d’or, à cause de Médée, qui pense plus qu’à Jason, le cœur embrasé, et les joues aussi, son malheur qui est un peu comme du bonheur. La déesse lui a donné le coup de foudre et elle avait plus le choix
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SeraphitaSeraphita   31 août 2013
Il remettra du bois dans le feu qui brillera comme un phare. Il guettera ses pas dans la boue, sa queue qui claque dans la gadoue. Il regardera au-delà des lendemains et la verra se dresser dans son cercle de feu, fouettée, salie par l’ouragan, sa robe brillante un souvenir, elle n’aura plus que la couleur de ses dents, du blanc de ses yeux, de l’os et du sang, mais la couleur de la vie, et quand il verra, il pleurera des larmes qui, comme l’eau, finissent par user la pierre, la douleur de l’absence.
China. Elle reviendra, grande et droite, sans petits et sans lait. Elle verra tout en bas notre cercle de feu, et elle saura que j’ai veillé, que je me suis battue. Elle aboiera et ça voudra dire : « Ma sœur. » Les étoiles étouffent le ciel mais pas le silence.
Elle le sait, elle, que j’attends un bébé.
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zazyzazy   18 septembre 2012
C’est rien comparé à ce qu’à souffert maman en accouchant de Junior. Comme nous, il a vu le jour dans la chambre des parents, au milieu de la clairière que son père a créée de ses mains avant de nous construire notre maison. On l’appelle maintenant la Fosse. J’avais huit ans, je suis la seule fille de la famille et j’avais rien pu faire. Papa dit que maman voulait pas qu’on l’aide, que Randall et moi étions sortis vite, sous l’ampoule nue au-dessus du lit, alors elle pensait que ça serait pareil avec Junior, mais elle se trompait
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LizouzouLizouzou   29 août 2012
Une mère assassine qui nous prit tout sauf la vie, qui nous laissa nus et groggy comme des nouveaux-nés, ridés comme des chiots aveugles, ruisselants comme des serpents dans leur oeuf brisé.
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Videos de Jesmyn Ward (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jesmyn Ward

Jesmyn Ward - Dans les coulisses de l'écriture
Interview vidéo de Jesmyn Ward à l'occasion de la parution de son roman "Bois sauvage". Dans cette vidéo l'auteur nous parle de son métier d'écrivain.
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