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Christophe Mercier (Traducteur)
ISBN : 2743622261
Éditeur : Payot et Rivages (11/05/2011)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 102 notes)
Résumé :
A l’été 2005, un terrifiant ouragan dévaste le sud de la Louisiane. Son impact sur La Nouvelle-Orléans évoque la bombe atomique qui a anéanti Hiroshima. Envoyé en renfort
dans la métropole sinistrée, Dave Robicheaux, adjoint au shérif de New Iberia, découvre un univers de cauchemar : les pillards y font la loi, la désorganisation a permis l’explosion de
toutes les formes de violence, la société moderne civilisée et policée a régressé au stade d’une jun... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
CorinneCo
  09 juin 2016
Il y a des fulgurances poétiques et oniriques dans ce roman. Tout le long d'une écriture classique, elles s'échappent ; elle crèvent à la surface comme des bulles d'air. Les ouragans Katrina et Rita ravagent la Louisiane à quelques jours d'intervalle ; le doigt de Dieu écrase la Nouvelle-Orléans. La religion a son importance chez Jame Lee Burke. Dave Robicheaux est autant guidé par sa foi que par son instinct de flic. Cette "nuit la plus longue"  relate donc les ravages de Katrina  et de Rita, avec en toile de fond une enquête policière complexe. Toutes les digues sont rompues dans cette histoire, au sens propre et figuré ; Robicheaux tente de colmater les brèches. Ce que décrit J.L. Burke à propos de l'ouragan Katrina, du chaos et du désespoir à la Nouvelle-Orléans, est probablement bien en dessous de la réalité. La littérature même si elle peut s'approcher au plus près du réel ne peut le surpasser, ni assimiler l'essence de sa vérité. Bien sûr, il y a une enquête policière. Elle sert de fil rouge à une critique du gouvernement américain, des institutions, des préjugés, des problèmes raciaux, de la brutalité des humains et de leur inconscience. L'écriture de J.L. Burke est rude, atténuée par une réelle empathie pour les déclassés et les classes moyennes américaines. Nous avons l'impression que tous font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont ou ce que la vie (qui souvent n'a pas été franchement favorable) leur donne. Certains caractères, certaines situations pourraient paraître tout à fait manichéens et notre esprit européen des Lumières pourrait facilement se gausser sauf que J.L. Burke nous offre une peinture sociale américaine cohérente, complexe, sans langue de bois, sans apologie, sans outrance. Sa seule glorification est pour la description de la Louisiane, cet état qui, selon lui, n'en fut jamais un, mais qui fut une chanson, une pensée. La végétation, la lumière, l'eau omniprésentes sont des îlots miraculeux de beauté dans l'opacité.
Clete Purcell, l'ami de Robicheaux et lui-même regardent cette ville – la Nouvelle-Orleans – qu'ils aiment, s'effacer, s'engloutir, devenir le fantôme de leurs regrets. Je parlerai de Clete Purcell dans Swan Peak où il est un pivot central de l'histoire.
Et puis la Nouvelle-Orléans fut la ville de Jame Lee Burke ; c'est donc un cri du coeur, un cri d'amour pour « sa ville » disparue ; une oraison funèbre rageuse, impuissante et désolée.
La fin du livre est un tableau biblique, comme une ultime prière. Peut-être le seul rachat pouvant absoudre la destruction, la honte et la violence dans le coeur des hommes.
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caro64
  12 mars 2012
A la fin du mois d'août 2005, l'ouragan Katrina atteint les côtes de la Nouvelle Orléans, avant de bifurquer. le cyclone ne passera pas sur la ville mais provoquera un raz-de-marée qui dévastera la ville, notamment les quartiers les plus pauvres, faisant des centaines de morts. Cela provoquera une annihilation quasiment complète des "services publics", hôpitaux et police en tête, ouvrant la voie à de nombreux pillages. 

C'est dans ce cadre que s'ouvre le dernier roman de James Lee Burke, romancier américain originaire de Louisiane, dont toute l'oeuvre est consacrée à cette région. Dans la nuit fatidique, deux jeunes noirs qui pillaient une maison des quartiers riches sont abattus. Un autre parvient à s'enfuir. L'affaire aurait dû s'arrêter là tant la pagaille régnaient dans la ville. Seulement, la maison que les jeunes pillaient était celle d'un malfrat et le butin qu'ils y trouvèrent dépassaient leur espérances. de plus, Dave Robicheaux, l'inspecteur fétiche de Burke se met à enquêter...
Autour d'une intrigue bien ficelée, Burke parvient à décrire au delà de la destruction d'une ville l'effondrement de la société qui en découle. Ce tableau d'une société en proie à la violence, livrée à elle-même, capable d'engendrer le pire et le meilleur est un peu à part dans la série des Robicheaux. Si sa maîtrise du rythme, des dialogues et de la narration est bien là, la plume est moins lyrique que d'habitude, plus dure, âpre et nostalgique. On devine par le biais des personnages la colère froide et les désillusions de l'auteur qui dénonce la tragédie d'une Louisiane qui restera toujours le rebut d'un pays qui a décidé de lui tourner le dos.. Ce roman magnifiquement écrit sonne comme un requiem.
Un livre fort, toujours aussi humain, qu'on peut conseiller au-delà du cercle des amateurs du genre policier. Un des meilleurs livre sur Katrina.
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Crossroads
  13 mai 2011
James Lee Burke a pris l'excellente habitude de nous livrer des bouquins dont la qualité est l'exacte opposée de son nom !
Durant l'été 2005 , Katrina frappe la Louisiane de plein fouet . La nouvelle-Orléans ressemble à un champ de ruines . C'est dans ce contexte apocalyptique que Burke a choisi d'y décrire son dernier thriller , et de quelle maniere !
Les maisons , desormais abandonnées , attirent les voleurs de tout poil et ça n'est certes pas pour y faire du rangement . Parmi les heureux veinards ayant pu conserver intacte la leur , il y a la famille Baylor . Veinards sur ce coup-ci car il y a quelques années , leur fille Thelma ( fille d'Otis pour etre plus précis puisque ce dernier s'est remarié ) fut violée par trois noirs jamais retrouvés....Occasionnant un traumatisme profond toujours present comme on peut l'imaginer . C'est donc durant l'une de ces nuits post-apocalyptiques qu'ils furent témoins du saccage de la maison d'en face , maison appartenant aux Kovick . Mr Kovick est un fleuriste respecté mais également un personnage beaucoup plus sombre aux dires de certains puisque possiblement à l'origine de la disparition du responsable de la mort de sa petite fille lors d'un accident de voiture . Disparition à ce jour non élucidée . Personnage à qui il vaut mieux éviter de se frotter donc ! Mauvais point pour les voleurs...
Ces derniers , cette nuit là , sont au nombre de quatre à dériver silencieusement en bateau ( moyen de locomotion desormais à la mode...) , dans cette rue désolée , à l'affut du larcin facile . Parmi eux se trouvent Eddy et Bertrand . Deux freres avec un casier long comme le bras et toujours dans les bons coups . Thelma , témoin priviligié de ce vol en regle croit alors reconnaitre deux de ses violeurs .Une fois la maison des Kovick rapidement délestée d'un lourd secret par ces vautours , plusieurs coups de feu retentissent laissant sur le carreau l'un des pilleurs , en expediant un autre à l'hopital.. Bertrand , et son ulcere persistant , y réchappera miraculeusement en cultivant sa peur des représailles avec son envie de vendetta . Qui est donc à l'origine de ces meurtres ? Assassinat délibéré ? Racisme légitimé par cette situation de chaos ? Vengeance personnelle ? Simple volonté de se proteger contre ces profiteurs sans aucun état d'ame ? Qu'a t il donc été volé de si précieux dans la maison de ce fleuriste si particulier ? C'est des lors le début d'une enquete rondement menée par l'ami Robicheaux qui s'étend sur pres de 500 pages sans jamais lasser !
Livre interessant de par son contexte historique . Meme si l'auteur ne s'y attarde pas plus que de raison et ne sombre jamais dans le miserabilisme , il dépeint avec brio ce catyclisme naturel et nous y immerge du début à la fin .
Autre point fort de ce récit , sa multiplicité ! Il n'est pas question que de meurtre , de vol , de disparition , de quete de soi mais bien de tout cela à la fois ! Ces differentes histoires s'entremelent , se percutent avec un réalisme tout à fait surprenant . Burke ne fait pas dans la surenchere gratuite mais officie sur plusieurs fronts de façon plutot brillante et toujours au service d'un récit ultra coherent . Il fait penser à ces films à la mode , ces films chorale ou l'on y croise plusieurs destins n'ayant en apparence aucun point commun les uns avec les autres mais qui tendent au final vers un épilogue les réunissant tous !
Les personnages sont tour à tour effrayants , énigmatiques , tenaces , violents...Ils sont simplement humains avec tout ce que cela induit de faillible ! Point tres appreciable chez Burke , l'absence de manichéisme dégoulinant . Chaque personnage , qu'il soit dans le camp des "bons" ou des "mechants" doit vivre avec ses fantomes , ses parts d'ombre et de lumiere..
Robicheaux doit toujours faire face a ses vieux démons ( vietnam , alcoolisme ) alors que son pote , Clete , lui , s'y noie jusqu'à se perdre..Sa fille , Alafair , se revelera comme quelqu'un de perspicace et ne s'en laissant pas compter , y apportant meme son écot final a la résolution des problemes paternels .
Baylor , assureur de son état amoureusement épris de sa femme semble tout désigné dans cette affaire de meurtre ! Toutes les apparences sont contre lui mais ne dit-on pas qu'elles sont parfois trompeuses ?
Kovick est l'un des personnages les plus interessants car meme s'il apparait peu , il fait penser au parrain ! Façade respectable , arriere-cour jonchée de cadavres..
Autre personnage incontournable car énigmatique au possible : Ronald Bledsoe . Personne ne sait d'ou il vient ni quelle est sa mission . Travaille t il pour Kovick et dans ce cas , pourquoi harcele t il les Robicheaux ? Il n'a pas d'existence propre car son passé semble flou , il n'a aucun casier judiciaire permettant de le confondre . Tout ce qui transpire de lui , c'est un profond sentiment de malaise à son contact ! Ce mec qui jamais ne s'énerve , vous parle toujours de façon tres polie avec un petit sourire en coin sans jamais se dévoiler pue le danger à plein nez !
Ce bouquin traite également de la repentence et du pardon . Peut-on vivre avec ses fantomes , s'en liberer par une action rédemptrice ? de meme , avons nous la force de pardonner suite à l'indicible ? Les personnages ont une vraie épaisseur et sont tres loin des clichés éculés ( excepté le flic alcoolo bien sur !) régulierement usités dans ce type de roman...Ce qui fait qu'un roman passe de la catégorie "pas maaal " à "oh putaing cong que c'est bong!" , c'est bien évidemment son final . Ici, l'on se trouve dans le deuxieme cas avec un dénouement qui tient la route en plus d'etre des plus surprenants !
Burke , grace à une écriture enlevée au service d'une intrigue à tiroirs nous délivre une fois de plus un thriller digne de ce nom ! Un thriller situé comme de juste en Louisiane ; état si cher au coeur de l'auteur ! Mankell sait décrire amoureusement sa Scanie , Burke , et sa Louisiane , en est son pendant Americain .
Un grand merci à Babélio et à la collection Rivages/Thriller pour ce moment de bonheur occasionné dans le cadre de Masse Critique !
Il vous faudra , tout comme moi , plusieurs nuits pour venir à bout de cette nouvelle enquete mais en aucun cas , vous ne direz que ce fut La nuit la plus longue...de votre vie de lecteur !
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Sharon
  04 juin 2011
Je commencerai pas un aveu : je n'avais aucune envie de terminer ce livre, ce qui explique sans doute la lenteur avec laquelle je l'ai lu; Je n'avais aucune envie de quitter la Louisiane de Dave, Molly et Alafair Robicheaux, même dévastée par l'ouragan Katrina.
Je n'ai pas non plus classer ce livre dans les romans policiers. Pourtant, tous les ingrédients sont là : au lendemain de Katrina, deux pillards sont assassinés, un homme dont la fille a été violée deux ans plus tôt, est soupçonné. Si j'ajoute que ces pillards, aidés de deux complices, ont dévasté la maison de la mauvaise personne (un charmant fleuriste, qui cachait dans ses murs de la fausse monnaie et des diamants de conflits) et que Dave Robicheaux, Clete, un ami détective privé, mais aussi le FBI sont sur le coup, vous me direz que rien ne manque. Vous aurez raison. Ce livre dépasse pourtant les codes du roman policier.
James Lee Burke donne à voir, à entendre, à sentir un univers bien particulier. Grâce à lui, nous sommes là-bas. Il restitue les rayons du soleil à travers les feuilles d'un arbre, la saveur d'un petit déjeuner en famille, la grâce du travail d'une jeune apprenti écrivain. Il restitue aussi l'horreur de cette nuit la plus longue, et surtout tout ce qu'elle a laissé derrière elle, dans une écriture toujours aussi belle, riche, noble. James Lee Burke raconte les pires atrocités dont est capable l'être humain avec sobriété et pudeur - Dieu seul sait pourtant que le viol et la torture font mauvais ménage avec ses deux termes. Il prouve à tous les auteurs qui se repaissent de détails sanglants avec complaisance qu'il est possible de raconter des scènes insoutenables, du point de vue des victimes, et de garder une écriture d'une rare sensibilité - sans sensiblerie. Il multiplie les points de vue : Dave Robicheaux, ancien du Vietnam, ex-alcoolique, est le narrateur principal. Pourtant, nous entendons parfois d'autres voix, celle de Bertrand Melancon, jeune homme noir qui cherche sa rédemption au milieu de son enfer personnel ou Otis Baylor, dont la vocation est d'assurer les autres.
Je me suis plains, parfois, de la religiosité excessive de certains auteurs américains (voir les derniers romans d'Harlan Coben). ici, il est surtout question du bien, du mal, de la frontière entre les deux, si facile à franchir (Dave se sent lui-même près à chavirer quand sa famille est directement prise pour cible). Il s'agit aussi de la résilience, ou comment se reconstruire quand, comme Thelma Baylor ou Mélanie, sa belle-mère, on a été détruite en profondeur ? le livre nous montre la douleur, physique et morale de Thelma, et comment elle et son père quittent leur statut de victime (qui n'a strictement rien d'enviable) pour poursuivre leur vie.
La lecture de ce roman est un véritable coup de coeur.
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nescio667
  03 juin 2012
S'il n'a pas vécu en direct le passage de l'ouragan, Dave Robicheaux en découvre les dégâts quelques heures à peine après son passage. Policier dans la paroisse toute proche de New Iberia, il est envoyé en renfort à La Nouvelle Orléans après le passage de Katrina. Nous sommes à l'été 2005 et le paysage décrit par Robicheaux vaut tous les reportages journalistiques de l'époque. Plus lyrique et empathique peut-être, il conte la désolation, la désorganisation totale, les scènes de pillage et les quelques moments de courage qui n'arriveront pas à compenser ceux, plus fréquents, de lâcheté évidente. Une phrase revient sans cesse au long de l'enquête que devra mener Robicheaux au milieu de ce paysage dévasté, phrase que Dave entend dans la bouche de plusieurs personnes, parmi les plus pauvres et les plus touchées par l'ouragan : 'pourquoi personne n'est venu nous chercher?', phrase dans laquelle l'on sent que le verbe 'chercher' pouvait à maintes reprises être remplacé par 'aider'. Profondément touché par la manière dont cette ville, à laquelle il est très attaché, perd en quelques heures une grande partie de ce qui faisait son identité, Robicheaux n'en reste pas moins professionnel jusqu'au bout des ongles : « Tu ne refermes jamais un dossier...tes fichiers te restent dans la tête. Si tu n'étais pas flic, tu pourrais avoir un col romain » dira d'ailleurs de lui sa supérieure directe. Voilà pourquoi elle savait qu'en lui confiant cette histoire de deux jeunes blacks abattus alors qu'ils tentaient visiblement de piller des maisons abandonnées, Dave 'Belle Mèche' ainsi que de nombreuses personnes le surnomment encore, agirait au mieux de l'intérêt général. L'intérêt général, voilà pourtant bien un concept qui ne le touche pas immédiatement, comme il nous le fera comprendre à quelques reprises au long de cette brique de pas loin de 500 pages. A 100 lieues de ce qui fait le politiquement correct, Burke, l'auteur, n'hésite pas à mettre quelques paroles très dures dans la bouche de son personnage-fétiche : « Je crois qu'un violeur devrait aller direct sur la table d'injection »côtoie par exemple « Je ne crois pas à la peine capitale. Mais je n'ai pas d'argument contre ceux qui la défendent ». le texte de Burke se révèle pourtant beaucoup plus subtil que ce que ces deux phrases, tirées de leur contexte, pourraient le laisser supposer. Perpétuellement tiraillé entre son devoir de flic -servir et protéger impartialement- et ses penchants pour une justice plus radicale qui le culpabilisent tant et plus, Robicheaux peut pourtant compter sur ses proches pour maintenir un semblant d'équilibre dans son existence. Parmi eux, sa femme, Molly : « De ta vie, tu n'as jamais délibérément fait de mal à un innocent. Tu prends en charge la souffrance des autres sans qu'ils te l'aient demandé. Ta plus grande qualité est ta plus grande faiblesse ». de manière assez logique, la vie de Robicheaux, ce à quoi il accorde le plus d'importance, reste évidemment sa famille, sa maison et ses quelques amis. Aussi, lorsque les développements de son enquête feront qu'un des suspects s'attaquera à sa fille, pourra-t-on s'attendre à ce que sa motivation à résoudre l'affaire s'en voie décuplée...
Roman de la perte, de la tristesse et du regret de ce que fut une ville -bien plus qu'un assemblage de maisons- roman de l'indignation face à l'incurie d'une certaine administration, 'La nuit la plus longue' est sans doute l'un des meilleurs textes de James Lee Burke. L'art avec lequel il aborde des thèmes classiques de la littérature américaine -la violence, la justice, la religion- tend à nous faire croire que c'est la première fois que nous y touchons. Lorsqu'il aborde les relations père-fille, c'est avec une passion retenue, une sagesse que l'on sent acquise de longue haleine et un sens du devoir qui ne peuvent que toucher. Mais au-delà, le roman s'impose surtout comme un formidable polar noir, qui développe une intrigue parfaitement ancrée dans son époque, mettant en scène des acteurs crédibles au point que l'on ne peut s'empêcher d'adhérer instantanément avec -presque toutes- les pensées les plus intimes de certains d'entre eux. Une enquête passionnante, un roman qui, sans en avoir l'air, pousse salutairement son lecteur à lever la tête du guidon.
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critiques presse (5)
Telerama   06 juillet 2011
James Lee Burke dresse le portrait d'un pays en pleine apocalypse. Il réussit un grand roman tragique et enragé.
Lire la critique sur le site : Telerama
LePoint   29 juin 2011
Burke est un extraordinaire poète du pays des bayous, ces "petites rivières tranquilles et immobiles", en langage des Indiens Choktaw. Ses histoires imprégnées de descriptions magiques ont la même lenteur suspecte, cachant de brutales et terrifiantes accélérations.
Lire la critique sur le site : LePoint
Lexpress   21 juin 2011
Un texte puissant et terrible sur cette région [La Louisiane] laissée à l'abandon et où s'est noyée la civilisation. Magnifique.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaPresse   20 juin 2011
Ce polar raconte une histoire envoûtante, peuplée de personnages inoubliables profondément humains et qui vous hantent longtemps!
Lire la critique sur le site : LaPresse
Lhumanite   18 juin 2011
Brillamment écrit, impeccablement documenté, on y retrouve le talent, la générosité et l’indéniable sincérité de celui qui est sans doute le plus grand romancier « noir » actuel.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
bouquinebouquine   07 juillet 2013
La Nouvelle-Orléans, c'était une chanson, pas une ville. Comme San-Francisco, elle n'appartenait pas à un Etat, elle appartenait à un peuple.
Quand Clete et moi faisions quelques pas sur Canal Street, il y avait de la musique partout. Sam Butera et Louis Prima jouaient dans le Carré. Au Preservation Hall, de vieux noirs exécutaient The Tin Roof Blues. Sur Magazine, des fanfares de funérailles faisaient trembler les vitrines. Quand le soleil se levait sur Jackson Square, la brume restait suspendue comme une barbe à papa dans les chênes derrière St. Louis Cathedral. L'aube sentait l'eau de mare, la pierre couverte de lichen, les fleurs qui ne fleurissent que la nuit, le café et les beignets du Café du Monde. Chaque jour était une fête, tout le monde était invité, et l'entrée était gratuite.
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bouquinebouquine   10 juillet 2013
Tout écrivain, tout artiste qui a visité La Nouvelle-Orléans en est tombé amoureux. Si la ville était la Grande Putain de Babylone, peu de gens oubliaient son étreinte, ou la regrettaient.
Quel était son avenir?
Je scrutais à travers mon pare-brise, et, partout, je voyais des arbres abattus, des lignes électriques et téléphoniques pendant aux poteaux, des feux de circulation éteints, des bâtiments éventrés et si endommagés que leurs propriétaires n'avaient pas pris la peine de clouer du contreplaqué sur les fenêtres arrachées. Le travail à effectuer était herculéen, et il était compliqué par un degré de malhonnêteté de la part des entreprises, et d'incompétence et de cynisme de la part du gouvernement, probablement sans équivalents en dehors du tiers-monde. Je n'étais pas certain que La Nouvelle-Orléans ait un avenir.
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Philippe-rodolphePhilippe-rodolphe   04 septembre 2012
Le plus impressionnant, ce n'était pas les kilomètres de bâtiments privés de leurs toitures, les fenêtres arrachées ni les rues inondées de déchets flottants, ni les chênes verts qui avaient été projetés à travers le toit des maisons. Ce qui était impressionnant, c'était l'impuissance absolue de la ville. Le réseau d'électricité avait été détruit et il n'y avait plus de pression dans aucun robinet des paroisses de St. Bernard et de la Nouvelle-Orléans. Les pompes qui auraient dû tirer l'eau des égouts étaient inondées, et complètement inutilisables. Des conduites de gaz brûlaient sous l'eau ou, parfois, explosaient depuis le sol, remplissant en quelques secondes le ciel de centaines de feuilles roussies arrachées à un vieil arbre. En une nuit, la totalité de la ville était, techniquement, revenue au Moyen-Âge. Mais, tandis que nous passions sous la chaussée surélevée et nous dirigions vers le Convention Center, j'ai vu une image qui ne me quittera jamais, et qui restera toujours emblématique de ce que j'ai vécu à La Nouvelle-Orléans, Louisiane, le 29 août de l'an de grâce 2005. Le corps d'un gros homme noir, à plat ventre, dansait sur l'eau contre un pilier. Ses vêtements étaient gonflés d'air, ses bras flottant à angle droit avec ses flancs. Dans notre sillage, une auréole sale d'écume jaune passait sur sa tête. Son corps est resté là au moins trois jours.
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totototo   16 novembre 2015
Vous avez déjà vu des feuilletons policiers? Regardez bien les types qui surgissent toujours à travers des fils de linge, dans des jardins obscurs, leurs tennis clapotant à leurs pieds, leur seul crime consistant en la possession d'un sachet de drogue. A quelle conclusion le spectateur arrive-t-il? Que les crimes sont commis par des voyous débraillés. On ne montre jamais les barons de la pègre ni les politiciens pourris.
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JeanPierreVJeanPierreV   06 août 2017
Un jour George Patton a dit à ses hommes que ce n'est pas en donnant sa vie pour son pays qu'on gagne des guerres. On gagne les guerres en forçant le connard d'en face à donner sa vie pour le sien. (P. 255)
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