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Micha Venaille (Traducteur)
ISBN : 2253126276
Éditeur : Le Livre de Poche (07/01/2009)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 159 notes)
Résumé :
Ses enfants croient Lady Slane, qui a toujours été une femme soumise et aimable, "brisée" par la mort de son mari, un ancien vice-roi des Indes. Mais brusquement, repoussant sa famille dont elle déjoue les plans, la respectable vieille dame se retire avec sa gouvernante dans une petite maison d'Hampstead. Elle s'y replie dans un monde de délicatesse, de tendresse, de sensations, songeant à la carrière d'artiste qu'elle n'a pu entreprendre, refusant toutes visites ex... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
  13 mars 2015
" Jusqu'à son terme, la vie réserve des surprises. "
Surtout si, comme Lady Slane, quatre-vingt-huit ans, vous décidez de vivre enfin comme vous en avez envie. Charmante, soumise, dévouée à son mari et ses enfants, elle a toujours obéi sans broncher, sans affirmer ses propres désirs. Alors sans hésiter, veuve après soixante-dix ans de vie commune, elle décide, à la surprise générale de ses descendants, de se retirer dans une modeste maison de la campagne anglaise avec pour seule compagnie sa vieille et fidèle servante française, et pour seul but la sérénité et la douceur d'évocation de ses souvenirs.
Progressivement, trois vieux messieurs, M. Bucktrout, M. Gosheron et M. FitzGeorge, son propriétaire, un artisan, et un amateur d'art admirateur secret de la lady dans sa jeunesse, complètent le tableau de sa nouvelle vie sociale. Vieux certes, mais délicieusement excentriques chacun à leur manière, ils l'aident à composer et apprécier sa nouvelle existence, conforme à ses envies de fin de vie.
Drôle et étonnant quatuor dont j'ai suivi avec grand plaisir les tribulations !
Semblant n'être au début qu'une délicieuse histoire so british au ton irrévérencieux et non dénuée d'humour, le récit progresse peu à peu vers une réflexion beaucoup plus poussée sur les choix de vie et leurs conséquences. Certes le roman est paru en 1931, son charme décalé et suranné est bien réel, mais il dévoile néanmoins un très beau portrait de femme au soir de son existence, remarquablement écrit et construit qui plus est.
Elle étonne, lady Slane, par sa réelle capacité à se révéler à un âge avancé, à choisir de vivre intensément jusqu'au bout, passant de l'activité de la jeunesse à l'introspection mature et plus sensible. Il n'est résolument jamais trop tard pour se réveiller, se réinventer et vivre selon ses aspirations les plus profondes : tel est bien le message de Vita Sackville-West, d'une étonnante modernité intemporelle finalement.
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Jooh
  19 août 2013
Que dire ? Que dire, à part que Toute Passion Abolie m’a époustouflée… C’est une histoire tendre et touchante qui nous est racontée, et que c’est beau, que c’est gracieux ! Je ne pensais pas être autant éblouie par un si petit livre en le débutant, et pourtant, c'est arrivé.
Beaucoup de thématiques intéressantes sont abordées, notamment celle de la vie heureuse. En effet, l’héroïne du roman, Lady Slane, est âgée de 88 ans, et on regarde à travers ses yeux son passé – principalement ses regrets, ses peines, ses frustrations ; mais pas que, on découvre aussi de jolies rencontres, de beaux souvenirs, des rêves qui se réalisent enfin, des espoirs jamais éteints… L’auteure aborde également le sujet des conditions - très regrettables - de la femme à l’époque, et comme le prouve notamment la citation sur le mariage qui suit : « Comme les femmes font du tapage autour du mariage ! pensait-elle, mais qui les blâmerait, puisqu'il est la seule et unique grande histoire de leur vie ? N'est-ce pas pour ce rôle qu'elles ont été façonnées, habillées, déguisées, éduquées - si tant est qu'on puisse appeler cet apprentissage une éducation -, protégées, gardées à l'abri, couvées, parquées, réprimées, et tout cela pour que, le moment venu, on puisse les livrer, ou qu'elles puissent livrer leurs filles, au service de l'Homme ? » ; cette dernière représente exactement tout ce qui m’aurait terrorisée si j’avais vécu à cette époque, cette réduction de la femme à celle d’épouse et de mère, la soumission, l’absence totale de liberté et d’accomplissement personnel…
Je me suis vraiment identifiée à Lady Slane, et pourtant j’ai encore quelques bonnes dizaines d’années devant moi avant d’atteindre son âge, mais la lecture de ce livre m’a donné une leçon de sagesse incroyable, et que cela fait du bien ! Je trouve l’idée de Vita Sackville-West de mettre en scène une héroïne âgée très originale, et le fait de mêler à la fois introspection (qui se révèle complexe et profondément bouleversante) et vie quotidienne (dans toute sa banalité et sa futilité) offre un beau contraste qui révèle toute la grandeur du récit, ce qui aboutit à un portait très réussi. J’ai aimé aussi le cynisme dont fait preuve Lady Slane vis-à-vis de ses prétentieux et vénaux enfants au début du roman, et la soif de liberté qui l’anime la rend vraiment admirable et fascinante.
Et puis, il est tellement agréable de suivre la charmante et poétique écriture de l’auteure ! Je la trouve à la fois raffinée et puissante et je ne peux m’empêcher de remarquer qu’elle me trouble autant que celle de Virginia Woolf, ce qui n’est peut-être pas si étonnant que ça après tout.
Bref, pour résumer un peu le tout, je dirais que Toute Passion Abolie est une belle histoire qui arrive à mêler force et douceur, et à laquelle il serait dommage de passer à côté, en attendant de parvenir effectivement à l’âge où toute passion est abolie, mais où la vie prend enfin toute son importance.
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juliette2a
  27 août 2012
"Toute passion abolie" a été une excellente lecture ! J'ai vraiment aimé cette histoire -très originale mais pourtant charmante- dont le personnage principal est purement merveilleux ! Nous suivons le quotidien de Lady Slane, âgée de quatre-vingt huit ans, qui, à la mort (à l'âge de quatre vingt quatorze ans !) de son mari, le très célèbre Henry Holland mieux connu sous le nom de Lord Slane, ancien vice-roi des Indes, chevalier de la légion d'honneur et de toutes autres sortes de titres, décide de se retirer, à la surprise générale de ses six enfants, Herbert, Carrie, Charles, William, Kay et Edith, dans une petite maison située à Hampstead, dans le calme et la sérénité. Lady Slane peut ainsi s'installer, accompagnée de sa gouvernante et vieille amie Genoux, et va commencer une nouvelle vie palpitante : la vieille dame va alors se lier à son nouveau propriétaire, M. Bucktrout, ainsi qu'à l'électricien qui s'occupe de sa belle maison, M.Gosheron. Lady Slane se replonge alors dans ses souvenirs, en tant que jeune fille, Déborah Lee, puis lors de son mariage qu'elle n'a jamais souhaité où elle deviendra Déborah Holland ; Madame Slane nous apprend également ce qu'elle a ressenti tout au long de sa vie, ses espérances, ses doutes, ses joies et ses peines et se pose la question suivante : ai-je passé une vie heureuse ?
Enfin, dans la troisième partie, nous croisons M. FitzGeorge, un personnage vraiment essentiel puisqu'il sera le compagnon de Lady Slane pendant ses derniers jours et lui révelera un passé qui les a marqués...
Avec sa plume délicieuse, ses phrases poétiques et son talent incontestable, Vita Sackville-West signe là un magnifique roman, sans doute son plus connu et bien sûr l'un des plus jolis de son époque.
A lire !!
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sabine59
  03 avril 2018

Un petit chef d'oeuvre! Ce délicieux roman m'a enchantée!
Le livre s'ouvre sur les pensées incisives et détachées de Lady Slane, face au cadavre de son mari, le comte de Slane, qui " s'était affaissé à la fin du repas, entraînant soudainement dans l'histoire tout le poids de ses quatre-vingt quatorze années ."
Puis ce sont les réflexions d'Edith, la cadette des enfants du comte, qui nous sont rapportées. Elle se sent différente et observe avec acuité les réactions de ses frères et soeurs, leur hypocrisie, leur mesquinerie.
Vient le moment jubilatoire de la réunion familiale, où doit se régler le sort de Lady Slane, que ses enfants ( sauf Edith, bien sûr ...) , engoncés dans leur sens du devoir, se voient prêts à prendre chez eux, chacun leur tour, sans même lui en avoir parlé.
La vieille mère de quatre-vingt huit ans, si docile, effacée, qui a toujours tenu à la perfection son rôle d'épouse d'un haut fonctionnaire, va cependant les stupéfier! Elle refuse avec douceur leur proposition, qui sonnait plutôt comme un ordre... Et elle leur annonce qu'elle a décidé de vivre seule, dans une maison, en location, à Hampsead.
Commence alors une nouvelle vie pour elle, libre et apaisée, entourée d'amis dévoués. Fermement, elle fait comprendre à ses enfants qu'il en sera ainsi. Elle peut enfin se consacrer à elle-même et évoquer sans nostalgie pesante son passé. Elle goûte alors avec bonheur, même si elle se sait proche de la mort,les petits plaisirs de la vie.
J'ai beaucoup apprécié sa volonté de terminer sa vie comme elle l'entend, de se détacher des conventions, de rêver à son aise, ce que le style tour à tour acéré et poétique de l'auteure rend très bien.
Toute passion abolie, " assise au soleil dans l'été finissant", elle peut désormais humer tranquillement l'odeur délicieuse des pêches mûres...

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Bruidelo
  23 avril 2019
C'est une évidence pour ses enfants, Lady Slane n'est pas une femme de tête. Toute sa vie, elle a été « aimable et charmante » - entendez soumise, « un prolongement de son mari », se tenant prête à tout moment sur n'importe quel quai pour y être enregistrée comme un bagage. Mais à 88 ans, Lady Slane devient veuve et, toute passion abolie, décide de faire ce qu'elle veut au plus profond d'elle-même: se laisser aller, se laisser bercer par la brise, contempler sa vie, rêvasser. Questionner le fonctionnement de nos sociétés, rêver à une humanité plus belle, «libre désormais de croire en un monde de bonté et de lumière»:
«Elle avait parfois éprouvé la sensation de vivre dans une humanité plongée dans un monde d'illusions, embarquée dans des rêves à la fois dérisoires et dangereux. Ce système lui semblait être basé sur des conceptions fausses. le hasard seul avait fait que les hommes avaient pris l'or et non la pierre comme symbole de la réussite, qu'ils bâtissaient leur vie sur l'esprit de compétition et non sur la tendresse. Mais pourquoi n'était-il pas venu à l'esprit des habitants de la planète qu'elle tournerait beaucoup mieux tout simplement avec des pierres et de la tendresse?»
Il ne se passe pas grand chose dans ce roman puisque Lady Slane n'aspire à rien d'autre qu'une douce quiétude, et malgré cela c'est plutôt intéressant. Ça ne manque pas d'élégance et de jolies considérations sur les plaisirs de la vie contemplative, même si c'est peut-être un chouïa bavard quand même par moments.
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Citations et extraits (55) Voir plus Ajouter une citation
Valotte11Valotte11   08 septembre 2019
- Mon cher M. FitzGeorge! s’écria Lady Slane, ne me parlez pas comme si ma vie avait été une tragédie ! J’ai eu tout ce dont les femmes rêvent : la situation, le confort, les enfants, un mari que j'aimais. Je n’ai à me plaindre de... rien.
- Sauf que vous avez été volée de la seule chose qui importait pour vous. Rien d’autre ne compte pour un artiste que l’accomplissement de ses dons. Et cela vous le savez parfaitement. S’il est étouffé ou frustré, il se déforme en grandissant, comme un arbre planté pousse de travers.
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Valotte11Valotte11   08 septembre 2019
« Hélas, on peut s’attendre à tout avec Mère. Regardez comme elle a agi avec les bijoux. Elle n’avait aucune idée de leur valeur, aucune notion de ses responsabilités. Je la crois donc parfaitement capable de tout léguer à la nation. »
Une véritable terreur s’empara de la famille de Lady Slane.
« William ! Vous ne croyez pas qu’elle puisse aller si loin ! Elle a bien un peu d’affection pour ses enfants?

NB : dans le texte, « un peu » est en italique.
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NeigelineNeigeline   04 septembre 2009
... une maison, surtout vide, n'est pas une simple addition de briques, de plomberie, de placards et de fenêtres, mais bien un monde à part, une entité, presque un être humain, riche de sa propre vie, comme si une âme avait été insufflée au creux de chacune des briques, pour y demeurer jusqu'au jour où les murs finiraient par s'écrouler, dévoilant à tous leur trésor caché ? ... Puisque l'homme revendique le droit à la sensibilité, puisqu'il a le pouvoir de se souvenir et de percevoir, il sait bien que tous ces sentiments ne proviennent pas du seul mouvement mécanique de ses cellules ! De la même manière, la vie intime de la maison échappe à l'entassement de briques fixés à jamais...
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PiatkaPiatka   11 mars 2015
Comme il est terrible d'avoir vingt ans, Lady Slane ! C'est aussi affreux que d'affronter le Grand National de Liverpool. On sait que l'on va presque certainement tomber dans le Ruisseau de la compétition, se casser une jambe à la Haie de la déception, trébucher sur le Fil de L'intrigue, souffrir au grand Obstacle de l'amour.
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PiatkaPiatka   10 mars 2015
Elle avait toujours obéi sans broncher. Habillée comme il convenait, elle s'était à tout moment tenue prête sur n'importe quel quai pour y être enregistrée comme un bagage. Herbert ne doutait pas que sa mère accepterait de passer ce qui lui restait à vivre dans les chambres d'amis de ses enfants.
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Videos de Vita Sackville-West (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Vita Sackville-West
Je te dois tout le bonheur de ma vie: Virginia & Leonard de Carole D'Yvoire aux éditions Livre de Poche
« Bloomsbury m?enchante, il est la vie même. » Dans un récit inédit, vivant et abondamment illustré, Carole d?Yvoire raconte les premières années et la rencontre de deux êtres fascinants : Virginia Stephen et Leonard Woolf, dont l?union sera symbolisée en 1917 par la naissance de la maison d?édition Hogarth Press. Sont ainsi célébrés dans ce texte émouvant une période activité artistique foisonnante et ceux qui, face au tragique, choisissent l?affirmation de la vie, d?une « vie intense et triomphante ». Inclus : des extraits de lettres, une nouvelle de Virginia Woolf et une nouvelle inédite de Leonard Woolf.
https://www.lagriffenoire.com/98459-divers-litterature-je-te-dois-tout-le-bonheur-de-ma-vie.html

Virginia et Vita de Christine Orban aux éditions Livre de Poche
1927. Virginia Woolf vient de publier La Promenade au phare. Elle vit une passion tourmentée avec Vita Sackville-West dont le célèbre château paternel de Knole se situe tout près de Monk's House, la modeste demeure de Virginia et de son époux, l'éditeur Léonard Woolf. La fascination qu?elle ressent pour Vita, l'abîme entre sa vie bohème et le faste de l'excentrique aristocrate vont donner naissance à l?une de ses ?uvres maîtresses, Orlando. Dans Virginia et Vita, où tout est dit de la passion et de la jalousie, Virginia Woolf est à son tour transformée en personnage de roman. Christine Orban évoque avec subtilité la complicité de deux femmes exceptionnelles, puissantes et fragiles qui conjuguent à leur manière amour et création littéraire.
https://www.lagriffenoire.com/6842-divers-litterature-virginia-et-vita.html
Vous pouvez commander Je te dois tout le bonheur de ma vie: Virginia & Leonard et Virginia et Vita sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com
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