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Nicole Vallée (Traducteur)Martin Page (Éditeur scientifique)
ISBN : 2869597177
Éditeur : Arléa (12/01/2006)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 41 notes)
Résumé :
Publié en 1891, ce texte demeure d’une force polémique étonnante, et l’on y trouve les habituels bons mots, les formules lapidaires et les paradoxes dont Oscar Wilde est coutumier. On peut aussi y puiser des épigraphes et des exergues à l’infini tant ses observations sont concises et pertinentes.
S’attaquant avec bonheur aux tyrannies qui depuis longtemps entravent l’homme - l’État, l’argent et la technologie -, Wilde fonde son espérance sur un christianisme ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Belem
  14 octobre 2013
J'ai reçu ce petit livre, que j'ai choisi parce que le titre m'intriguait. Je ne savais pas qu'Oscar Wilde avait réfléchi (et écrit) sur le socialisme. Bon évidemment, être socialiste en 1891, c'est autre chose que (se dire) socialiste en 2013...
[Petit rappel pour le contexte, alors : les ouvriers luttent quasiment dans le monde entier pour la journée de travail de huit heures maximum. A Chicago, au cours d'une manifestation, le 1er mai 1886, deux ouvriers sont tués. Une émeute éclate quelques jours après, une bombe est lancée sur les policiers, qui en tue huit. Sept anarchistes sont arrêtés, condamnés à mort. La mobilisation pour leur libération devient vite internationale, et sera à l'origine de la journée internationale de lutte des travailleurs, chaque 1er mai.
George Bernard Shaw, le poète irlandais, mobilise les artistes britanniques, et Oscar Wilde y participe.]
Je pensais que ce pamphlet était lié au moins en partie à cet épisode, car sinon, pourquoi Wilde écrirait-il sur le socialisme ? Et bien non, je me trompais complètement, le combat de l'auteur est plus « subtil », et finalement bien plus profond, que cela.
En fait, les préoccupations sociales De Wilde sont liées à son combat pour la liberté des artistes, qu'il revendique à raison. En l'occurrence, il s'agit aussi de la liberté de faire ce qu'il veut, c'est-à-dire « de développer librement ce qui, en lui, est merveilleux ». C'est cela qu'il appelle le grand ou le nouvel individualisme. (qui, comme le mot socialisme, n'avait sans doute pas la même signification qu'aujourd'hui).

Dans la première moitié de son essai, Oscar Wilde dit pourquoi il est pour le socialisme. Une de ses préoccupations est d'éradiquer la pauvreté, ce qui, pour lui, en gros, ne consiste pas à donner de la « propriété privée » à ceux qui en sont dépourvus. Au contraire, seul le socialisme, c'est-à-dire une autre organisation sociale, basée sur la propriété collective, fera que plus un homme ne sera pauvre. C'est aussi pourquoi il déteste la charité, qui ne fait que perpétuer l'état de pauvreté, en occultant, et donc en retardant la solution socialiste.
Oscar Wilde pense que la propriété privée est la source d'un individualisme étroit, qui ne permet pas l'épanouissement des individus. Pour lui, l'avènement du socialisme (ou du communisme, son étape ultérieure), ouvrira la voie à un individualisme grand format, car la disparition de toute autorité permettra réellement à chacun de se réaliser pleinement, affranchi qu'il sera de l'État ou de la Religion.
En cela, Oscar Wilde est proche des conceptions de l'individualisme libertaire.
Dans la deuxième moitié du livre, il règle ses comptes avec les journalistes. (Il se trouve que son « portrait de Dorian Gray » s'est fait démolir dans de nombreux journaux). Alors, pendant 25 pages, Wilde explique comment et pourquoi les journalistes tyrannisent les artistes, (fouillant jusque dans leur vie privée, pour satisfaire la curiosité d'un public aliéné). Cette partie semble au premier abord ne plus avoir grand rapport avec le titre de l'essai... au premier abord seulement ! Car il existe, entre le communisme et l'art, une proposition philosophique semblable, dont Wilde effleure subrepticement, à travers ses réflexions personnelles, les subtilités. [explication : le règne du communisme, c'est la liberté. Marx y apporte une démarche scientifique : être communiste, pour lui, c'est d'abord tenter de saisir 'tels qu'ils sont' les processus sociaux qui entravent le développement harmonieux de la société et l'épanouissement des individus qui la composent. Conception matérialiste du monde, le socialisme se hisse, au stade communiste, à l'émancipation du monde matériel. Forgé dans la lutte des classes, il abolit les classes. Hissé au-dessus de l'économie, de la marchandise, de l'argent, il les annihile. Il supprime leur utilité. Il supprime aussi l'utilité de l'État. On passe du règne de l'utilité à celui de l'inutilité, comme on passe du règne de la nécessité à celui de la liberté. Or, l'émancipation des entraves (matérielles, morales, étatiques, religieuses, etc...), l'épanouissement, le partage de cette liberté avec les autres, la possibilité de l'inutile, sa transcendance créative, c'est précisément ce que l'art propose.]
Les idées De Wilde sur l'art ne sont donc pas seulement celles d'un esthète (toujours tiré à quatre épingles, avec foulard en soie, chapeau melon et bottes de cuir). Elles l'ont amené sur la voie de l'idée communiste, aussi bien que s'il avait été débardeur dans les mines de charbon du Pays de Galles. Il a compris – et nous aide à comprendre – beaucoup de ce qu'il en serait de l'âme humaine sous le socialisme.
Finalement, sa thèse est simple : l'avènement du socialisme est proche, cette nouvelle organisation sociale n'imposera aucune contrainte aux artistes, et, en éradiquant la pauvreté, elle permettra à un public plus cultivé, mieux éduqué, d'apprécier le travail artistique à sa juste valeur, sans conservatisme ni conformisme rassurant. [J'ajouterais même que : chacun aura le loisir d'être artiste !]
Alors, oui, Oscar Wilde est sans doute ce dandy qui « s'intéresse au communisme entre deux mondanités » (dixit Terry Eagleton). Cependant, son rêve utopique, vu sous le prisme de la liberté de l'artiste (même en complet chic, un verre de Brandy à la main), j'y adhère, car c'est, à mon humble avis, une manière lucide – paradoxalement – d'envisager une voie vers le Socialisme.
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Iboo
  05 août 2015
Bon... et bien que voilà un magnifique condensé d'utopie !
Pour la première fois, il m'est arrivé de m'ennuyer en lisant Wilde. Et cela en dépit de quelques passages assez plaisants mais, malheureusement, trop brefs pour me garder attentive.
Il m'a convaincue dans son développement en faveur de l'individualisme et perdue chaque fois qu'il faisait appel au Christ pour étayer sa théorie. Et je ne parle pas de sa perception du socialisme qui, elle, m'a totalement échappée.
L'ensemble m'a laissé une impression de délayage autour d'un sujet passablement flou et, le livre fermé, je suis restée un rien perplexe sur la pertinence de sa démonstration.
Néanmoins, j'accorde trois étoiles à cet ouvrage car, même s'il ne m'a pas conquise, ça reste du Wilde et... Wilde is Wilde ! (Le premier qui ajoute "Viva Donovan" ira en colle Samedi)
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Hardiviller
  13 septembre 2015
Bien des lecteur de ce site connaissent une facette d ' Oscar Wilde , celle "du portrait de Dorian Gray " , mais qui donc a entendu parler de " l'âme humaine " ?
Pourtant ce livre , bien mieux que les autres , nous dit qui vraiment était l'auteur , loin de son apparence de dandy et de son homosexualité . Il s'agit ici de sa conception utopique d'une société plus favorable à l'être humain .Utopique ,certes , mais pour l'époque une petite révolution de ce qui était reconnu admissible .
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Alcapone
  19 novembre 2011
Publié pour la première fois en 1891, cet essai si court soit-il (heureusement !), fourmille de réflexions jetées tout azimut. Oscar Wilde y déplore l'asservissement de l'homme à l'Etat, l'argent ou encore le regard d'autrui. Et il propose une analyse naïve où le socialisme et l'art permettraient à l'homme de s'affranchir de ces tyrannies. Malheureusement, le monde dont rêve Wilde est une utopie... Et le socialisme, le christianisme et l'individualisme, n'y pourront rien faire : l'homme n'est pas bon et Wilde est bien placé pour le savoir. Alors pourquoi s'entête t-il à affirmer qu'Il y a autant de formes de perfection que d'hommes imparfaits. p.34 ? Peut-être sa nature contradictoire ?
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Carosand
  08 décembre 2011
L'âme humaine sondée par Oscar Wilde : la vérité pour tout dialogue résume son analyse impitoyable. Sous son vernis de Dandy, il était très perspicace quant à l'hypocrisie cupide qui régit le monde et ceux qui le peuple. A mettre entre toutes les mains mais toutes n'apprécieront pas.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
IbooIboo   14 septembre 2015
Ayant utilisé le mot travail, j'en profite pour dire que nombre de bêtises sont écrites et proférées de nos jours concernant la dignité du travail manuel. Celui-ci n'a rien d'intrinsèquement digne et, la plupart du temps, est même tout à fait dégradant. Mentalement et moralement, un homme souffre de faire ce qui ne lui procure aucun plaisir, et beaucoup d'activités sont absolument fastidieuses. Balayer un carrefour boueux huit heures par jour sous le vent d'Est est une tâche répugnante. Quant à le balayer avec dignité mentale, morale ou physique, ça me semble impossible, et proprement stupéfiant de le balayer avec joie.
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BelemBelem   14 octobre 2013
« Ce que l'on possède réellement, on l'a en soi. Il faudrait que ce qui est en dehors d'un homme soit entièrement dépourvu d'importance.
Abolissons la propriété privée, et nous aurons alors le vrai, le beau, le salutaire individualisme.
Personne ne gâchera sa vie à accumuler des choses, et des symboles de choses.
On vivra.
Vivre, c'est ce qu'il y a de plus rare au monde. La plupart des hommes existent, voilà tout.
On peut se demander si nous avons jamais vu la complète expression d'une personnalité, si ce n'est sur le plan où évolue l'imagination de l'artiste.
Dans l'action, nous ne l'avons jamais vu. »
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alzaiaalzaia   23 décembre 2012
L'homme n'a pas à exposer aux yeux de tous qu'il peut aller jusqu'à mener l'existence d'une bête mal nourrie. Il doit refuser de vivre de la sorte, voler ou requérir l'aide publique (chose que d'autres considère comme du vol).(...)Non ! Un pauvre ingrat, dépensier, mécontent, rebelle est selon toute vraisemblance un homme de valeur. En tout cas un homme qui fait preuve d'un sain esprit protestataire.
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Aethel_LataniereauxlivresAethel_Lataniereauxlivres   01 septembre 2014
L'égoïsme n'est pas de vivre comme on le souhaite, c'est d'exiger des autres qu'ils vivent comme on le souhaite.
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56e56e   25 août 2009
Il y a dans une nation, une seule classe qui pense plus à l’argent que les riches, et ce sont les pauvres.
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Vidéo de Oscar Wilde
Rome Re?invente?e . L'Antiquité dans l'imaginaire occidental, de Titien à Fellini.
Rome : un fantasme, une énigme, un grand livre d?images qui a traversé les siècles, jusqu?aux séries d?aujourd?hui, aux jeux vidéo ou aux bandes dessinées. Dès la Renaissance, artistes et écrivains n?ont cessé en effet de puiser à la source intarissable de l?Antiquité. Gustave Flaubert dédia plusieurs années de son existence à la rédaction de "salammbô", Federico Fellini retrouva son énergie créatrice lors du tournage du "Satyricon", Cléopâtre, Spartacus ou Jules César donnèrent au cinéma ses plus grands succès publics, l?empereur Hadrien fournit à Marguerite Yourcenar la matière d?un best-seller et Oscar Wilde érigea l?éphèbe Antinou?s au rang de porte-étendard homosexuel? C?est l?objet de cet ouvrage que de montrer, à travers une dizaine d??uvres d?art, comment la référence à l?histoire romaine a nourri l?imaginaire collectif occidental, dessiné les contours de notre univers culturel, structuré nos représentations politiques, notre conception de la religion, du destin, ou encore des rapports entre l?homme et la femme. Et comment l?effondrement de l?Empire n?a cessé d?être un miroir dans lequel les sociétés projetaient les angoisses de leur temps.
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