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Viviane Forrester (Traducteur)
ISBN : 2264030879
Éditeur : 10-18 (26/09/2002)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 28 notes)
Résumé :
Trois Guinées devait être une étude sur la sexualité des femmes. Et si Virginia Woolf examine les circonstances, les protagonistes, les rapports de forces, si elle dénonce et analyse les conséquences des drames vécus par les femmes comme on l'a rarement fait, elle reste pourtant en retrait, ne va pas à la racine. Car elle avait de la sexualité cette intuition si violemment subversive qu'elle n'a pu trouver, ni dans la vie ni dans ses textes, le comportement, l'écrit... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Marti94
  11 avril 2017
Virginia Woolf a choisi une fiction épistolaire pour nous faire part d'idées essentielles. J'ai trouvé ce livre passionnant tant par sa construction que par le contenu.
« Trois guinées » a été publié juste avant la deuxième guerre mondiale et il prolonge la réflexion entamée quelques années avant dans « Une chambre à soi » sur la place accordée aux femmes dans la société et dans la sphère intellectuelle, l'équilibre entre les sexes, la domination masculine.
Elle fait une démonstration brillante qui, sous prétexte de répondre à une question liminaire, « que faire pour prévenir la guerre ? » nous éclaire sur notre propre condition.
L'argumentation de Virginia Woolf est limpide et son intérêt vient de l'engagement de l'auteure anglaise. Car je crois que c'est livre le plus engagé qu'elle a écrit.
Elle propose une réponse par courrier en trois points à la sollicitation d'un homme d'une cinquantaine d'années et qui fait partie, comme elle, de ce qu'il convient d'appeler la classe éduquée (je reprends ses propos). Elle va faire le parallèle entre les luttes contre le fascisme et celles des féministes mais de façon très intelligente car elle fait la démonstration qu'il s'agit de luttes pour les droits de tous, pour la justice, la liberté et l'égalité.
Ce qui compte aussi pour le lecteur c'est que Virginia Woolf donne des pistes pour aider à avoir une opinion et qu'elle revendique qu'il ne faut jamais s'arrêter de penser.
Lu en avril 2017
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EcureuilBibliophile
  10 novembre 2017
Qu'est-ce qu'une femme peut faire au début du XXe siècle ?
On suit dans trois chapitres ce que Woolf veut faire : de l'indépendance des femmes et de son importance pour lutter contre les guerres, de l'importance de leur instruction…
S'il s'agit d'une fiction épistolaire, je ne doute pas un instant qu'elle aurait pu envoyer ces traits si elle en avait eu la possibilité, du moins un demandeur (car son interlocuteur lui demande explicitement de l'argent) digne de celui qu'elle présente ici. Dans sa bêtise et son phallocentrisme crasse, avec son ancrage dans cette « bonne société » anglaise.
Étant une jeune étudiante disposant de mon espace vital (et de mon corps mais c'est encore un autre problème) comme je le souhaite, libre de me consacrer aux sujets que je choisis… je trouve presque choquant qu'au début du siècle dernier les femmes n'aient même pas accès aux universités ! Pas un collège britannique féminin ! Et encore moins de « chambres à elles », mais nous y reviendront.
L'édition que j'ai lue, parue chez Gwen Catalá (par ici !) est vraiment agréable car bilingue. Et si je ne me suis pas penchée sur la traduction (honte à moi haha) je ne doute pas un seul instant que Jean-Yves Cotté ait fait un travail excellent !
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nbocklandt
  13 mai 2018
Réponse très juste et un peu cynique à la question qu'on lui pose : "Comment, à votre avis, pouvons-nous empêcher la guerre?" Sa réponse réflète ironiquement la situation de la femme. Livre qui est toujours d'actualité pour certaines réponses ! Sa sagacité est surprenante !
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
sarasvatisarasvati   26 avril 2010
p.163/And though we look upon that picture from different angles our conclusion is the same as yours - it is evil. We are both determined to do what we can to destroy the evil which that picture represents, you by your methods, we by ours. And since we are different, our help must be different.[...] But as a result the answer to your question must be that we can best help you to prevent war not by repeating your words and following your methods but by finding new words and creating new methods. We can best help you to prevent war not by joining your society but by remaining outside your society but in cooperation with its aim. That aim is the same for us both. It is to assert 'the rights of all - all men and women - to the respect in their persons of the great principles of Justice and Equality and Liberty.'
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NievaNieva   11 août 2018
Mais d’abord, cette constatation très élémentaire : une société, c’est un groupe de gens vivant certains buts, tandis que vous, qui écrivez en votre propre nom, de votre propre main, vous êtes unique. En tant qu’individu, vous êtes un homme que nous avons toutes les raisons de respecter ; un homme qui fait partie de cette confrérie à laquelle (de nombreuses biographies l’attestent) beaucoup de nos frères ont appartenu. Ainsi, Anne Clough, décrivant son frère, écrit : « Arthur est mon meilleur ami, mon meilleur conseiller. […] Arthur est le réconfort, la joie de mon existence ; c’est pour lui, c’est de lui que me vient ce désir de rechercher ce qui est beau, enrichissant. » À quoi William Wordsworth répond, à propos de sa sœur, mais faisant écho à l’autre voix comme un rossignol en appellerait un autre dans les forêts du temps passé :
 
La bénédiction de mes dernières années
Accompagne mes souvenirs d’elle lorsque j’étais enfant.
Elle me donnait des yeux, elle m’offrait des oreilles ;
Et d’humbles soins, et des craintes délicates ;
Un cœur, fontaine de douces larmes ;
Et de l’amour, et des pensées, des joies.

Telle était, telle est peut-être encore, la relation entre bien des frères et des sœurs dans la vie privée. Ils se respectent mutuellement et s’aident mutuellement et poursuivent les mêmes buts. Alors, si, comme le prouvent les biographies et la poésie, une telle relation leur est possible dans la vie privée, pourquoi leurs relations publiques sont-elles si différentes, comme le prouvent les lois et l’Histoire ? Et sur ce point, il n’est guère nécessaire, puisque vous êtes un homme de loi avec une mémoire d’homme de loi, de vous rappeler certains décrets de la législature anglaise qui, dès les premiers documents jusqu’en 1919, démontrent que les relations publiques entre frères et sœurs ont toujours été très différentes de leurs relations privées. Ce terme même de « société » déclenche dans la mémoire cette sinistre musique de cloches discordantes : vous ne ferez pas, vous ne ferez pas, vous ne ferez pas. Vous n’apprendrez pas ; vous ne gagnerez pas d’argent ; vous ne posséderez pas ; vous ne – telle était la relation sociale de frère à sœur durant bien des siècles. Et s’il est possible (et probable pour les optimistes) qu’avec le temps une société nouvelle fasse entendre le carillon d’une harmonie suprême, et votre lettre semble en être un signe avant-coureur, ce jour est encore très lointain. Comment éviter alors de vous demander s’il n’existe pas chez les gens groupés en société quelque chose qui déclenche ce qu’il y a de plus égoïste et de plus violent, de moins rationnel et de moins humain chez les individus eux-mêmes ? Il est inévitable que nous considérions cette société si bonne à votre égard, si dure envers nous, comme une société mal conçue, qui déforme la vérité, déforme l’esprit, altère la volonté. Inévitablement nous considérons la société comme un lieu de conspiration qui engloutit le frère que beaucoup d’entre nous ont des raisons de respecter dans la vie privée, et qui impose à sa place un mâle monstrueux, à la voix tonitruante, au poing dur, qui, d’une façon puérile, inscrit sur le sol des signes à la craie, ces lignes de démarcation mystiques entre lesquelles sont fixés, rigides, séparés, artificiels, les êtres humains. Ces lieux où, paré d’or et de pourpre, décoré de plumes comme un sauvage, il poursuit ses rites mystiques et jouit des plaisirs suspects du pouvoir et de la domination, tandis que nous, « ses » femmes, nous sommes enfermées dans la maison de famille sans qu’il nous soit permis de participer à aucune des nombreuses sociétés dont est composée sa société.
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Marti94Marti94   11 avril 2017
En quoi, jusqu’ici, avons-nous influencé la profession la plus directement liée à la guerre : la politique ? Là encore, bien que ce ne soit pas les inestimables biographies qui manquent, un alchimiste s’échinerait à extraire de ce mâle amalgame politicien le moindre filon trahissant l’influence exercée par les femmes sur ces messieurs. Notre analyse ne peut être que restreinte et superficielle ; toutefois, si nous n’outrepassons pas les limites raisonnables de notre enquête, et parcourons les mémoires des cent cinquante dernières années, nous pouvons difficilement nier que certaines femmes ont exercé une influence politique.
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TipeeTipee   02 avril 2016
Derrière-nous, s'étend le système patriarcal avec sa nullité, son immoralité, son hypocrisie, sa servilité. Devant nous, s'étendent la vie publique, le système professionnel, avec leur passivité, leur jalousie, leur agressivité, leur cupidité. L'un se referme sur nous comme sur les esclaves d'un harem, l'autre nous oblige à tourner en rond, telles des chenilles dont la tête rejoint la queue, nous oblige à tourner tout autour de l'arbre sacré de la propriété. Nous n'avons de choix qu'entre deux maux. Ne ferions-nous pas mieux de plonger du haut du pont dans la rivière ? de renoncer au jeu, de déclarer que la vie humaine est une erreur et d'en finir avec elle ?
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NievaNieva   11 août 2018
Non loin de nous se trouve un pont sur la Tamise, un terrain parfaitement situé pour notre observation. La rivière coule par-dessous ; des péniches passent, chargées de bois, débordant de blé ; d’un côté, s’élancent les dômes et les clochers de la ville, de l’autre Westminster et le Parlement. C’est un endroit où passer des heures à rêver. Mais pas maintenant. Le temps nous presse. Et nous sommes ici pour regarder les faits en face. Nous devons à présent nous concentrer sur la procession sans la quitter des yeux : la procession des fils d’hommes cultivés.
Les voilà qui marchent, ces frères qui ont reçu l’éducation des grandes écoles et des universités, qui ont monté ces marches, qui ont pu entrer et sortir par ces portes, s’installer à ces chaires, enseigner, administrer la justice, pratiquer la médecine, faire des transactions, du négoce, gagner de l’argent. C’est toujours une vision solennelle – une procession. On dirait un caravansérail traversant le désert. Des arrière-grands-pères, des grands-pères, des pères, des oncles. Tous ils ont ainsi défilé, revêtus de leur robe, coiffés de leur perruque, quelques-uns la poitrine barrée d’un grand ruban, d’autres pas. L’un est un évêque. L’autre un juge. L’un est un amiral. L’autre un général. L’un est professeur, l’autre docteur, et quelques-uns ont quitté la procession et l’on a entendu dire d’eux, en dernier lieu, qu’ils ne faisaient rien, en Tasmanie. On en a retrouvé, habillés plutôt misérablement, vendant des journaux à Charing Cross. Mais la plupart d’entre eux marchent en cadence, défilent selon les règles et se débrouillent par tous les moyens pour faire vivre leur famille, entretenir leur maison située plus ou moins du côté de West End, assurer du bœuf et du mouton pour tout le monde et une éducation pour Arthur. Une vision des plus solennelles et qui nous a souvent conduites, peut-être vous en souvenez-vous, à la regarder de loin, du haut d’une fenêtre, en nous posant quelques questions. Mais, à présent, depuis une vingtaine d’années, ce n’est plus une simple vision, une photographie ou une fresque barbouillée sur les murs du temps et que nous pouvons regarder avec, pour tout souci, quelque appréciation esthétique. Car piétinant à la queue de la procession, nous voici qui défilons nous-mêmes.
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Videos de Virginia Woolf (35) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Virginia Woolf
[EMISSION] LES COUPS DE COEUR DES LIBRAIRES 21-06-19
Chaque vendredi matin, Valérie Expert vous donne rendez-vous avec Gérard Collard pour leurs coups de c?ur... Voici les références des livres présentés dans l'émission du 21 juin 2019 :
Journal d'un écrivain de Virginia Woolf aux éditions 10-18 9782264030504
Le cahier de recettes de Jacky Durand aux éditions Stock https://www.lagriffenoire.com/146941-divers-litterature-le-cahier-de-recettes.html
Ne fais confiance à personne de Paul Cleave aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/116455-polar-livres-de-poche-ne-fais-confiance-a-personne.html
Un employé modèle de Paul Cleave aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/15128-romans-un-employe-modele.html
Chez les heureux du monde de Edith Wharton, Frédéric Vitoux aux éditions Gallimard https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=1007314&id_rubrique=1
Je suis le carnet de Dora Maar de Brigitte Benkemoun aux éditions Stock https://www.lagriffenoire.com/1001840-divers-litterature-je-suis-le-carnet-de-dora-maar.html
Mildred Pierce James M. Cain (Auteur) Livre avec un DVD aux éditions Gallimard https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=1007315&id_rubrique=1
Un bref désir d'éternité de Didier le Pêcheur aux éditions JC Lattès https://www.lagriffenoire.com/136546-divers-litterature-un-bref-desir-d-eternite.html
Bad Man de Dathan Auerbach et Nathalie Peronny aux éditions Belfond https://www.lagriffenoire.com/142091-nouveautes-polar-bad-man.html
Les fantômes du vieux pays de Nathan Hill et Mathilde Bach aux éditions Folio https://www.lagriffenoire.com/122638-essai-les-fantomes-du-vieux-pays.html
La culture décontractée !!!!! ABONNEZ-VOUS A NOTRE CHAINE YOUTUBE ! http://www.youtube.com/user/griffenoiretv/featured (merci) La boutique officielle : http://www.lagriffenoire.com
#soutenezpartagezcommentezlgn Merci pour votre soutien et votre amitié qui nous sont inestimables. @Gérard Collard @Jean-Edgar Casel
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