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Laure Mistral (Traducteur)
EAN : 9782330136772
336 pages
Éditeur : Actes Sud (02/09/2020)
3.71/5   24 notes
Résumé :
La Nouvelle-Orléans, 1944. Evelyn, une fille créole de bonne famille, ambitionne de devenir infirmière. Quand elle rencontre Renard, un étudiant noir issu des quartiers défavorisés, elle est convaincue que son père, premier médecin de couleur de Louisiane, va l’adorer. Mais celui-ci ne voit pas cette relation d’un bon œil. Evelyn doit alors choisir entre les siens, ses privilèges et l’homme qu’elle aime.

1986, dans l’Amérique de Reagan fra... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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iris29
  12 mars 2021
Grandeur et décadence d'une famille d'afro-américains à La Nouvelle Orléans, sur trois générations...
1944 : elles sont deux soeurs Evelyn et Ruby élevés par des parents de la petite bourgeoisie. Leur père est médecin et dans cette ville avec cette couleur de peau, on peut dire qu'elle ont une belle vie. En échange de cette qualité de vie au niveau matériel, leurs parents "exigent" deux choses, qu'elles fassent des études ( Evelyn est bien parti pour être infirmière ) et qu'elle fasse un beau mariage, avec quelqu'un du même niveau social.
" Je crois que ça va pas être possible !" : et pour cause , Evelyn va tomber amoureuse d'un étudiant en médecine, sans le sou...
1986 : nouvelle génération. Pour Jackie tout avait bien commencé , beau mariage. Mais hélas son mari fréquenta de mauvaises fréquentations, et devint accro au crack... le crack , hélas, ça pardonne pas .
2010: nouvelle génération, l'ouragan Katrina est passé par là.
Le fiston sort de zonzon sans toucher les 20000 ! Va falloir qu'il trouve du cash rapido, et comme le cash ne pousse pas dans le sol, va falloir avoir une bonne idée, et comme le fiston a les doigts verts, l'idée va germer toute seule , grâce à un pote compréhensif et intéressé au projet ...
On peut parler de déterminisme social : le mauvais quartier, la couleur de peau, les mauvais potes.
On peut parler aussi des rapports hommes/femmes dans cette Nouvelle Orléans : les femmes étant généreuses, promptes à croire en "leurs hommes", à pardonner, à aider, à protéger . Les hommes manquant du sens de la communication, prenant les mauvaises décisions.
On peut aussi parler du langage de la rue, pour la version 2010 avec ces "Fils de putes" qui jaillissent comme des coups de feu, des "négros" en veux-tu en voilà , distribués à son meilleur pote.
On peut surtout parler de racisme, d'enlisement dans des relations toxiques, de femmes faibles avec les hommes, mais si fortes pour leurs hommes.
C'est bien observé, la plume est photographique, on se croirait dans un reportage télé, un reportage pas à charge, un reportage qui ferait aimer ses personnages.
On voit tellement le malheur arriver, qu'on a l'impression qu'il arrive au ralenti, que du coup , il pourrait être évité.
Oui mais c'est si facile de voir la poutre dans l'oeil de ses personnages, et moins facile quand le malheur débarque chez nous. Là , il est aux USA, là où "Black lives matter"... Oui, mais pas tant que ça , en fait !
Efficace, finement observé, un livre militant...



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Bazart
  20 octobre 2020
Dans les années 40 à la Nouvelle Orléans, Evelyn, jeune femme de 22 ans souhaite devenir infimière. Il faut dire qu'elle fait partie de la classe aisée de la société noire locale. Lorsqu'elle tombe amoureux d'un jeune homme déclassé socialement Renard, , les relations familiales vont commencer à se disloquer
Dans les années 80, on suit la destinée de la fille d'Evelyn et de Renard, Jackie dont le couple va mal, ravagé par les effets du crack
Enfin, trente ans plus tard, le fils de Jackie, TC vient de sortir de prison après avoir été condamné pour trafic d'herbe
Trois temporalités différentes pour raconter 70 ans de la société noire américaine à travers trois générations d'une même famille vivant dans la Nouvelle Orélans, ville symbole de la communauté afro américaine
Dans une société si archaique, conservatrice et raciste, chacun essaie de faire les choix les moins handicapants possibles
Fractures sociétales, raciales familailes et politiques sont ici montrées du doigt :Margaret Wilkerson Sexton relate la chute d'une famille noire et déroule l'histoire de la Nouvelle-Orléans, ville symbole de la fracture sociale et raciale américaine, dans un premier roman puissant et lumineux.
Un soupçon de liberté montre les efforts de ces femmes pour faire famille malgré les obstacles qui se dressent sur leur chemin au fil des décennies: la ségrégation, la drogue dans les années 80 et l'ouragan Katrina dans les années 2000. Un roman fort et passionnant. !!
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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florence0805
  23 novembre 2020
A travers trois personnages et sur trois époques, le roman décrit une histoire familiale afro-américaine à La Nouvelle-Orléans.
La première génération est incarnée par Evelyn, jeune fille de bonne famille, son père étant le premier médecin noir de la Nouvelle-Orléans en cette année 1944. Evelyn tombe amoureuse de Renard, jeune homme issu des quartiers pauvres, qui rêve de devenir médecin ; persuadée que cette ambition saura séduire son père, elle présente Renard à sa famille. Mais la réaction de son père n'est pas celle qu'elle attendait…
Dans les années 80, Jackie, fille d'Evelyn, élève seule son jeune fils T.C., lorsque son compagnon refait surface, sortant d'une cure de désintoxication. Jackie décide de lui faire confiance et de tenter une vie commune.
En 2010, T.C. sort de prison où l'ont envoyé production et trafic de cannabis. T.C. a bien l'intention de se ranger cette fois, mais la tentation de l'argent facile est forte…
Même si les thèmes de ce roman ne sont pas nouveaux, l'autrice traite avec beaucoup de délicatesse les difficultés pour les afro-américains de sortir de leur condition, les rêves d'avenir déçus et anéantis par les difficultés économiques. On se rend compte que la situation ne fait que se dégrader d'une génération à l'autre, dans une sorte de fatalité. Mais l'autrice cherche surtout à raconter des histoires de vie, son propos n'est en rien inutilement appuyé ou démonstratif.
Un intérêt certain du roman est sa situation géographique : c'est très intéressant de découvrir l'histoire des Noirs, de comprendre comment fonctionne cette ville et ses différents quartiers, de voir que Katrina n'a rien arrangé.
J'ai aimé la construction du roman, les allers retours entre passé et présent. Les personnages ont tous beaucoup de profondeur et nous touchent ; la force des liens familiaux est très bien décrite.
Un très bon premier roman, très prometteur !
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ClajaB
  13 janvier 2021
« Je cours encore pieds nus et je n'ai que mon âme. La liberté, c'est le but ultime. Finalement et à tous points de vue, la vie et la mort sont peu de chose. Ces jours-ci, je me sens terriblement amère, parce que les seuls parents que Dieu m'a donnés, c'étaient des esclaves, et ça m'a brisée. » (Talb Kweli, Four Women)
Voici un des deux épigraphes qui éclaire particulièrement bien ce premier roman captivant.
Margaret Wilkerson Sexton y explore l'impact de la discrimination raciale et du racisme systémique dans le Sud des Etats-Unis en suivant l'évolution d'une famille afro-américaine de la Nouvelle-Orléans sur plusieurs générations à 3 époques différentes, de la fin de la seconde guerre mondiale aux conséquences de l'ouragan Katrina, à travers l'histoire de 3 membres de cette famille.
Nous sommes en 1944. Evelyn et sa soeur Ruby sont les filles du premier médecin afro-américain de la Nouvelle-Orléans et mènent une vie privilégiée. Evelyn poursuit des études d'infirmière. Elle est celle qui ressemble le plus à son père; elle est studieuse, indépendante d'esprit et déterminée. Mais c'est la Nouvelle-Orléans et nous sommes en 1944… Evelyn et sa famille cèdent la place aux Blancs sur les trottoirs, regardent les films au cinéma depuis le balcon qui leur est réservé, etc.
Son père redoute qu'elle n'ait pas suffisamment conscience de ses privilèges acquis à la sueur de son front et de la facilité avec laquelle son avenir pourrait lui échapper lorsqu'elle rencontre Renard, fils d'un concierge, et en tombe amoureuse. Renard souhaite lui aussi devenir médecin mais le financement de ses études s'avère précaire. le roman suit comment les attentes réduites de Renard et Evelyn les affectent et vont affecter leur descendance.
38 ans plus tard, Jackie, la fille de Evelyn et Renard, a du mal à subvenir aux besoins de son fils en bas âge, T.C., l'élevant seul, son mari absent luttant contre une addiction à la drogue.
Puis nous passons à T.C., après l'ouragan Katrina, âgé de 28 ans et incarcéré pour détention de stupéfiants, le jour de sa sortie de prison.
L'auteure zigzague habilement dans le temps, nous racontant l'histoire de l'un puis de l'autre, et ainsi de suite.
Trois histoires en parallèle mais qui ensemble, dressent le portrait de cette famille sur plusieurs générations et les choix que chacun d'entre eux doivent faire, attendant tous une vie meilleure pour leurs enfants. Bien que les lois Jim Crow aient été abolies, l'injustice, les inégalités et le racisme persistent, ajoutant aux difficultés qu'ils rencontrent nous racontant l'histoire de l'un puis de l'autre, et ainsi de suite.
Trois histoires en parallèle mais qui ensemble, dressent le portrait de cette famille sur plusieurs générations et les choix que chacun d'entre eux doivent faire, attendant tous une vie meilleure pour leurs enfants. Bien que les lois Jim Crow aient été abolies, l'injustice, les inégalités et le racisme persistent, ajoutant aux difficultés qu'ils rencontrent.
Un premier roman émouvant, très agréable à lire et très bien construit.
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Sofiert
  06 février 2021
En commençant la lecture de ce roman, j'ai cru que, si rare cela soit-il, j'allais lire l'histoire d'une jeune fille noire, intelligente, appartenant à la classe moyenne et soucieuse de poursuivre des études d'infirmière. Et que le poids de la ségrégation raciale, l'immense défaitisme d'une destinée vouée à l'échec, lui serait épargné.
Mais le contexte socio-économique, la discrimination et le racisme ne peuvent qu'engluer les vies des Noirs américains. Et l'intrusion de la délinquance, de l'alcool, de la drogue, de la prison les condamnent bien souvent à des existences malheureuses.
Quoique !
Sur les trois générations qui composent ce roman, il est un point qu'il me semble important de souligner. Ce sont les hommes de la famille, Terry et TC, qui sont responsables du déclassement de la famille et qui la mettent en péril. Ce sont eux qui sont faibles, incapables d'assumer leur rôle de père et de mari. Les femmes, quant à elles, ne se droguent pas et luttent pour sauver leurs familles.
Dommage que l'autrice n'ait pas développé cet aspect des choses et montré la force des personnages féminins
Dommage aussi de retrouver toujours les mêmes clichés misérabilistes autour des Noirs américains et de ne pas avoir miser sur des personnalités plus fortes.
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critiques presse (1)
LeJournaldeQuebec   07 décembre 2020
Un premier roman lumineux qui nous permet de suivre sur trois générations l'histoire d'une famille afro-américaine vivant à La Nouvelle-Orléans.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
iris29iris29   10 mars 2021
Mère trouvait papa trop indulgent avec leur fille aînée ; elle disait souvent qu'Evelyn était dans la lune et qu'au lieu de la ramener sur terre Papa lui calait confortablement la tête tout là-haut comme si les nuages étaient une rangée de coussins.
Commenter  J’apprécie          191
BazartBazart   15 octobre 2020
Langston était son dernier petit ami en date, et il était mignon, si mignon que Ruby avait appris par une troisième année du centre de formation qu’il
distribuait son numéro de téléphone à toutes les filles de la VIIth Ward dont les cheveux dépassaient l’agrafe du soutien-gorge. Ruby l’avait mal pris ; leur
mère lui avait donc mitonné ses plats favoris toute la semaine, et la moindre parole que lui adressait Evelyn était rejetée comme stupide.
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iris29iris29   13 mars 2021
Elle le chevaucha à nouveau. Il la laissa faire. Putain. Avec maman Boubou dans la pièce à côté qui regardait Amour, Gloire et Beauté.
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SofiertSofiert   06 février 2021
On ne peut pas faire confiance aux hommes. Ni toi, ni moi. Parfois, je me dis que c'est vraiment eux le sexe faible. Ils ont de ces revirements brusques qui déforment leur manière de voir, et, tout d'un coup, ils te laissent tomber.
Commenter  J’apprécie          30
iris29iris29   13 mars 2021
On regrette toujours ses parents, même quand on est vieux.
Commenter  J’apprécie          120

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