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EAN : 9782020655200
432 pages
Seuil (16/04/2004)
3.77/5   22 notes
Résumé :
Nouvelle édition du Points Histoire n 131.
Il s’agit d’un recueil de textes, dont la plupart ont été publiés par "L’Histoire".Présentation en quatre parties : 1. Du nationalisme français. 2. L’imaginaire nationaliste et l’antisémitisme. 3. Bonapartisme et fascisme. 4. Figures et moments.
Deux textes ont été retranchés : Les affaires Dreyfus et Huysmans et la décadence ; deux textes ont été ajoutés, l’un sur Henri Rochefort, l’autre sur Paul Déroulède.<... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
La culture de la haine

Depuis la révolution industrielle, depuis plus de deux cents ans, le monde est en crise.
A part pendant les trente glorieuses, qui ne le furent pas pour tout le monde d'ailleurs, la France va de crises en crises, qu'elles soient économiques ou politiques. Les plus graves finissent généralement par une guerre, les autres faisant, au fil des années, régulièrement le lit du nationalisme et du fascisme. C'est du moins ce que nous explique Michel Winock.

Il nous décrypte ce nationalisme en remontant le temps. Il oppose ainsi le nationalisme ouvert, plutôt de gauche, qui prend racine au moment de la Révolution française et qui consiste à proposer aux différents peuples européens d'adopter les principes sociaux et égalitaires nés de la Révolution. Son contraire est un nationalisme fermé, dit de droite, qui consiste à se replier sur la nation au détriment des autres peuples et en excluant tout ce qui n'est pas français ou digne de l'être.

Qui dit nationalisme dit souvent antisémitisme. En effet, pour le nationaliste, il faut toujours un coupable, un responsable de la situation. Pendant des siècles, il fut tout trouver, ce fut le juif. Si la France allait mal, seuls les juifs étaient responsables car ils sabotaient l'économie à leur profit et cherchaient à prendre politiquement le pouvoir. Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, après la Shoah, les juifs ont cédé la place aux musulmans à leur tour responsables de tous les malheurs du pays.

A noter un passage très intéressant sur l'antisémitisme de gauche (voir les écrits de Jaurès) parfois aussi virulent que celui de droite et qui était basé sur le fait que les Juifs possédaient toutes les industries et étaient donc ennemis du peuple. Cet antisémitisme de gauche, en quelque sorte un antisémitisme de classe, disparut après l'affaire Dreyfus.

A travers les chapitres passionnants consacrés au fascisme français, nous croisons de nombreuses figures connues telles que Drumont, Maurras, Sorel, Boulanger, Drieu La Rochelle ainsi que la plupart de ceux qui ont participé au gouvernement de Vichy.
L'ouvrage se conclut sur une série de portraits de personnages tels que Jules Guérin, Huyasmans, Péguy, Céline, Bernanos.


Un livre très complet qui permet, sous l'angle du nationalisme, de revisiter notre histoire et de mieux appréhender ce que sont le chaos et l'instabilité qui caractérisent ces derniers deux cents ans.
Un livre qui apprendrait à beaucoup dans les parallèles qu'il établit avec notre société et qui, dans la période actuelle (encore une fois en crise ou en crise perpétuelle), permettrait peut-être de ne pas refaire toujours les mêmes erreurs.
Un livre, écrit en 1990, qui devrait nous ouvrir les yeux sur un modèle économique qui est en bout de course et qui, depuis qu'il est mis en place, en attisant toutes les tensions entre état et entre les peuples, est la cause de toutes les grandes crises majeures que le monde a connues.

Mais, malheureusement, je ne crois pas que le monde soit prêt à changer de modèle de société...
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Je croyais avoir acheté un livre traitant sérieusement du nationalisme. Erreur ! le livre de Michel Winock, professeur émérite à Sciences-Po (les pôvres) rédigé qui plus est dans un style plutôt générateur de bâillements répétitifs, n'est qu'un livre militant. Je n'ai rien contre le genre : encore faut-il que la couleur soit annoncée à l'avance.
Pour faire simple, selon l'auteur il existe deux types de nationalismes : le nationalisme républicain, le bon, le vrai, celui de Gambetta et des p'tits gars de Valmy… Et le nationalisme conservateur, l'affreux sale et méchant engendrant le fascisme.
Ah, le fascisme ! Même de Gaulle était un fasciste sans le savoir, aux dires de l'auteur, puisque nourri aux lectures barrésiennes et admirateur de la saga napoléonienne. Selon Winock, si De Gaulle ne sombra pas, en finale, dans le fascisme, c'est qu'il préserva, il se demande par quel miracle vu la genèse de l'homme, les libertés fondamentales.
Quand on a fini, et avec quelle difficulté, un bouquin pareil, on se demande vraiment quelle mouche vous a piqué d'acheter un ouvrage semblable. On se réfèrera avec plus de profit à l'inégalé « Les droites en France » de René Rémond quand on s'intéresse au sujet.
Une étoile tout de même, pour nous avoir remis en mémoire l'incendie du Bazar de la Charité, raconté par Paul Morand.
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Le moi national et ses maladies. Malheureusement ce livre devrait être étudié dans toutes les écoles et lu par tous, en ces temps très difficile.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Ce qui nous guette, nous menace et bientôt nous exclura si nous refusons d'y entrer au pas cadencé, c'est "l'Usine universelle, l'Usine intégrale" que l'ingénieur flanqué du banquier ou du commissaire du peuple est en train de construire.
Cette société sans but -- sinon de durer le plus longtemps possible -- aura pour terme " le total asservissement de l'individu, son écrasement".

Bernanos
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Différentes causes de la montée du nationalisme en 1905 :

La France est menacée de mort, selon Maurras, minée de l'intérieur, à la fois par ses institutions parlementaires, par les boulversements économiques et sociaux, la dégradation de l'ancienne société, la ruine de la famille , la déchristianisation...

De plus on ne doit pas oublier les colères d'une France déçue, celle d'un peuple qui n'a rien reçu de cette République, trop bourgeoise, dans laquelle il avait placé tant d'espérance...
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Les élections ont prouvé que la poussée nationaliste est beaucoup plus compacte, beaucoup plus dense, beaucoup plus serrée, beaucoup plus carrée qu'on ne s'y attendait. Les querelles individuelles des principaux antisémites et des principaux nationalistes ne peuvent nous masquer le danger antisémite et nationaliste.

Charles Péguy ///// 1902
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Le régime bonapartiste reprend le mouvement de la monarchie absolue : guerre aux corps intermédiaires ! plus d'égalité promise et moins de liberté offerte ! centralisation accentuée ! et des fonctionnaires partout, plutôt que des élus !
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L'espèce la plus redoutable d'hommes d'Ordre, nous dit Bernanos, ce ne sont pas ceux en définitive qui ont le fusil à l'épaule, c'est la masse moutonnière, ces "majorités silencieuses" ou, comme il dit, les Respectueux, les Circonspects, les Modérés, ceux qui vivant dans la hantise de la sécurité sont prêts à toutes les abdications, à commencer par celle de leur propre liberté. "La pire imprudence est de dédaigner les médiocres ; la médiocrité est un gaz sans couleur et sans odeur ; on le laisse tranquillement s'accumuler, et il explose tout à coup avec une force incroyable." Bernanos n'a cessé d'être un immodéré : le modérantisme et la médiocrité ont amené Munich et parrainé le vieux maréchal qui en est l'enfant naturel.
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Videos de Michel Winock (31) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Winock
Par Annette WIEVIORKA, directrice de recherche émérite au CNRS
Tout historien, et même préhistorien, établit un lien avec "ses" morts dont il tente de restituer l'histoire, de la Lucy d'Yves Coppens aux morts qui sont ses contemporains. L'opération historiographique a souvent été décrite, de Jules Michelet à Michel de Certeau, comme opération de résurrection des morts et oeuvre de sépulture de ces morts qui hantent notre présent. Il y a aussi d'autres morts. Ceux des siens qui sont autant de dibbouk pour l'historien parce qu'ils ont orienté sa vie. Ce sont des morts fauchés avant d'avoir été au bout de leur vie, des morts scandaleuses. "Je suis le fils de la morte". Ce sont les premiers mots de l'essai d'égo-histoire de Pierre Chaunu. Ces morts nourrissent les récits familiaux, devenu un nouveau genre historique, de Jeanne et les siens de Michel Winock (2003)("La mort était chez nous comme chez elle") à mes Tombeaux (2023). Les morts de la Shoah occupent une place tout à la fois semblable et autre. C'est la tentative d'éradiquer un peuple, la disparition du monde yiddish dont ceux qui en furent victimes prirent conscience alors même que le génocide était mis en oeuvre. Ecrits des ghettos, archives des ghettos, rédaction de livres du souvenir, ces mémoriaux juifs de Pologne écrits collectivement pour décrire la vie d'avant, recherche des noms des morts, plaques, murs des noms, bases de données.... Toute une construction mémorielle. Vint ensuite le temps du "je"(qui n'est pas spécifique à cette histoire) , celui des descendants des victimes, deuxième, troisième génération, restituant l'histoire des leurs. Chaque année, plusieurs récits paraissent, oeuvres d'historiens ou d'écrivains, qui usent désormais des mêmes sources, témoignages et archives, causant un trouble dans les genres.
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