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Nadine Gassie (Traducteur)
EAN : 9782743619251
395 pages
Éditeur : Payot et Rivages (01/04/2009)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 13 notes)
Résumé :

Vivre est urgent et ce qui l'est encore plus à Angelus, dans l'Ouest australien, c'est d'échapper à un destin terriblement prévisible. Là-bas, au bord de la mer, des hommes, des femmes et des adolescents fixent l'horizon, têtus dans leur désir de franchir la porte du bar, d'aller au-delà des bateaux dans le port, de passer outre le parking et les dunes, pour laisser derrière soi les sévices et la mélancolie.

Certains vont mourir, d'autres... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Beatrice64
  20 juillet 2012
Décidément, j'aime Tim Winton. Vraiment beaucoup beaucoup.
Angelus, c'est une bourgade côtière de l'ouest australien, ancien port de pêche à la baleine. Tim Winton passe au scalpel de sa prose tantôt brutale, tantôt délicate, toujours extrêmement touchante, la vie de certains de ses habitants.
Ce recueil de nouvelles est construit en échos (on retrouve certains personnages d'une nouvelle à l'autre, à différents moments de leur vie (enfants, ados, adultes), et selon différents points de vue ; des personnages secondaires à peine mentionnés dans une nouvelle deviennent les principaux d'une autre).
S'attachant à ces moments qui font sens soudainement quand on se retourne sur eux des années après, c'est avec une étonnante profondeur, une vigueur sans cesse renouvelée, une acuité de regard sur les émotions, les regrets, les désirs de ses personnages, que Tim Winton retrace le parcours de vie et dresse le portrait désabusé de ces gens ordinaires confrontés à la violence, l'amour, la mort, leur famille, le désir de vivre ailleurs. Explorant en quelques pages les cheminements aussi énigmatiques qu'imprévisibles de la vie, les souvenirs cuisants laissés par une soirée ou l'échec des relations fraternelles tout au long d'une vie, il livre au final un recueil qui donne l'impression d'un tout extrêmement homogène, dont chaque nouvelle bouscule le lecteur
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Ingannmic
  15 mai 2020
Angelus est une ville (fictive) du sud-ouest de l'Australie, inspirée de celle d'Albany, où Tim Winton a passé son adolescence. Mais ceci est un détail sans importance. D'Angelus même, de sa topographie, de son aspect -ses odeurs, ses couleurs-, nous ne saurons que le strict minimum, apercevant parfois les sinistres environs de son port baleinier, nous réchauffant face aux flammes d'un feu de joie allumé sur une de ses plages…
Il faut dire que c'est surtout une ville que l'on quitte, pour échapper à ses démons, à ses échecs, ou à certain déterminisme social. Certains y reviennent lorsqu'ils sont blessés, comme dans un refuge qui a pour seule vertu d'être familier, d'autres pour flairer les relents de secrets qu'ils y ont enfouis ou pour se confronter enfin à ce qu'ils continuer de traîner comme un boulet, même partis à des milliers de kilomètres. Pour y régler leurs comptes en somme, souvent avec eux-mêmes… D'autres enfin préfèrent ne jamais y remettre les pieds…
La ville surgit pourtant de manière obsédante, insidieuse, comme ces images rémanentes qui persistent (malgré la disparition de ce qui les a provoquées) quand vous fermez les yeux. Car il n'est pas ici tant question d'un endroit, que des empreintes qu'il laisse sur les êtres, sous forme des souvenirs, plus ou moins traumatiques, de ce qu'on y a vécu ou abandonné, des occasions qu'on y a manquées… La ville est aussi ce qui lie les héros de ce recueil en nous conduisant au fil de ses textes autour de lieux, de rites communs : fêtes de fin d'années scolaires, parties de pêches à pieds ou en mer…
Tous ont été adolescents au moment de la guerre du Vietnam, pendant ces années 70 où la consommation de drogue est passée de symbole de "coolitude" au statut de tueuse en série décimant la jeunesse. Mais ça aussi, ce sont des détails presque sans importance, ils constituent à peine un contexte évoqué du bout de la plume, ses personnages évoluant dans cet entre-deux des classes moyennes voire modestes, hésitant entre médiocrité et confort relatif, pas tout à fait coupée des possibilités d'ascension sociale, traversant des adolescences mornes et rarement enclines à la transgression.
Des prolétaires donc, pour la plupart, vivant dans des lotissements de banlieues arrachés à la brousse, où les immigrants venus de Hollande, d'Angleterre ou des Balkans ont semé leurs maisons bon marché le long de rues calcaires. le quotidien y est laborieux, les contacts avec les voisins plutôt circonspects, par indifférence, mépris ou discrétion. C'est en apercevant les ecchymoses sur les bras de la mère d'une camarade de classe, ou en entendant des cris que l'on soupçonne l'alcoolisme et son cortège de violences, le malheur des autres sur lequel on détourne les yeux. Certains sont plus pauvres que d'autres, notamment ces "Pommies" dont les intérieurs sentent le chou bouilli, ou ces catholiques aux myriades d'enfants. Quelques aborigènes parachèvent le tableau, mais là encore, c'est un détail…
Et puis il y a Vic Lang, que l'on retrouve régulièrement tout au long du recueil, à l'occasion de divers épisodes de son existence, évoqués de son point de vue ou de celui d'un tiers et qui tournent autour de l'événement qui a "créé l'énigme psychologique au centre de sa vie", sans jamais vraiment le décrire. Un événement qui a forgé une personnalité marquée par la honte, le désespoir, et la déception, qui l'a condamné à ne pouvoir survivre que dans l'ordre et l'austérité… le fil rouge que constitue ce personnage et ces instantanés de vie crée une véritable cohérence, et est l'une des grandes forces de ce recueil. On n'a pas tant l'impression de lire une suite de textes que de découvrir, étapes par étapes, les différentes pièces d‘un puzzle qui s'emboîtent à la perfection pour former une fresque où la mélancolie s'assombrit parfois jusqu'au désespoir, où les moments de rupture côtoient les moments de révélation, où les tragédies naissent de secrets ou de mauvais choix, mais où brillent aussi de sporadiques lueurs, d'espoir ou de courage.
Une très belle découverte malgré l'amertume et la tristesse qui se dégage de l'ensemble, et un recueil stylistiquement très réussi, Tim Winton parvenant à doter chacune de ses nouvelles d'un ton singulier, sans jamais tomber dans la caricature.
Lien : https://bookin-ingannmic.blo..
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joellemuller
  09 avril 2011
Excellent roman. Je l'avais pris pour accompagner mon voyage en Australie. Ce roman rend tout à fait l'atmosphère dus sud-ouest de l'Australie au delà de Margaret River, un univers de grandes forêt et de longues plages désertes réservées au surf. Un très beau style.
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eli-re
  05 septembre 2011
Rarement un livre m'a ému à ce point...
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ReadAllAboutIt
  08 novembre 2017
Une construction épatante !
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Vidéo de Tim Winton
Entretien avec Tim Winton (en anglais), deuxième partie. 2008.
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