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EAN : 9782072965777
320 pages
Gallimard (13/10/2022)
3.78/5   25 notes
Résumé :
Quand Jaxie voit son père écrasé sous le pick-up — le cric a lâché —, il sait que tout l’accuse : en ville, per-sonne n’ignore qu’il haïssait Clackton senior, ivrogne borgne qui cognait sec. Alors Jaxie trace droit devant lui, crevant de trouille et bientôt de soif puis de faim dans l’immensité éblouissante du lac salé.
Soudain, une cabane. Pour Jaxie, un rien parano, le vieux schnock qui l’habite est forcément un ennemi.
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Tim Winton, né Timothy John Winton en 1960 à Perth en Australie-Occidentale, est un écrivain australien. Gamin, il annonce à ses parents son envie de devenir plus tard écrivain. Vers l'âge de 16 ans, il publie dans des magazines de petites poésies qu'il rédige lui-même. Deux ans plus tard, il fait éditer, dans différentes revues nationales, des histoires courtes. Aujourd'hui, il vit au bord de la mer à Fremantle, sur la côte ouest de l'Australie où il pratique la pêche, la plongée, le surf, entouré de sa femme et de ses trois enfants. Déjà auteur d'une belle collection de bouquins, romans, recueil de nouvelles ou littérature jeunesse, La cavale de Jaxie Clackton, son nouveau roman (noir) vient de paraître.

Je n'avais jamais entendu parler de cet écrivain, alors ce très bon roman m'a franchement séduit. Je ne sais pas s'il est très commenté sur les blogs ou ailleurs mais je vous conseille vivement d'y jeter un oeil et même les deux.

Quand l'adolescent Jaxie Clackton rentre chez lui et trouve son père écrasé sous son pick-up, il n'a qu'une idée, filer en vitesse car il sait que tout le monde dans la ville connait la haine entre le père et le fils, il fait donc un coupable idéal. Un sac vite fait, trop vite car il oublie des objets primordiaux comme un couteau, et en route à pied dans le bush par le désert de pierre vers les terres vierges et abandonnées des hommes…

Immédiatement j'ai aimé l'écriture, ou plus exactement le ton, la petite musique qui se dégage du récit fait par le narrateur, Jaxie. Des propos d'adolescent, exprimant naïveté, craintes, espoirs etc. Et puis, on le découvre peu à peu, le présent du texte est en fait un présent a postériori, indiqué par des réflexions annonçant des ennuis à venir et confirmés par la suite des évènements.

Le gamin est en cavale, il croit (on ne le saura jamais) que la police est à ses trousses et il rumine : des éléments de sa vie passée, le père ignoble, boucher braconnier, alcoolique, violent, frappant femme et fils ; la mère faible et décédée d'un cancer ; la scolarité de l'ado difficile, mis à l'écart de la société ; et ce seul point positif dans sa courte existence, Lee, une cousine, sa promise, qu'il compte bien retrouver au bout de son périple, et fuir avec elle vers Darwin pour vivre réellement…

Le terrain est ingrat et difficile, à découvert, trouver à manger compliqué et quand l'eau vient à manquer, ses heures sont comptées. Il sera recueilli par un vieux bonhomme, au coeur du grand nulle part. Lui aussi est en exil, prêtre catholique irlandais, Rome la consigné dans ce désert d'où il ne peut fuir, ravitaillé une ou deux fois l'an, il se débrouille pour y vivre. Jaxie et Fintan MacGillis, se cachent leur passé, s'épient, se méfient l'un de l'autre ; ils se reniflent, méfiants. L'essentiel du roman réside dans leurs rapports distants au début (l'adolescent pense avoir à faire avec un pédophile). le vieux, sourdingue et un peu fou, bavard comme une pie, requinque le gosse et tente de le convaincre de ne pas repartir.

Jaxie se lance néanmoins dans une sortie mais va tomber sur ce qu'il n'aurait jamais dû voir. Les périls envisagés par les deux hommes ne sont rien comparés à ce qui les attend désormais… La fin du bouquin est plus que dramatique, quasi christique et terriblement poignante.

Un très bon roman noir avec deux personnages touchants, chacun à leur manière, liés par la solitude, la crainte du monde extérieur qui ne leur veut pas de bien, d'où leurs distances vis-à-vis l'un de l'autre. Un parcours initiatique pour Jaxie dont on ne saura rien du futur mais qu'on lui espère favorable.

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La cavale de Jaxie Clackton de Tim Winton, odyssée australienne

Que diriez-vous d'une petite excursion dans le bush australien ?

Vous êtes au volant de votre 4x4, vous roulez sur une route de terre. Voilà 4 heures que le GPS s'est tu. Ici, impossible de tourner à gauche ou à droite, la route est droite. Au loin, vous voyez une mob de kangourous en train de brouter de petits arbustes. Vous avez l'impression qu'ils vous regardent ? C'est sans doute le cas. Alors que vous avez atteint votre rythme de croisière, une silhouette frêle apparait dans votre champ de vision. Est-ce un mirage ? Un homme, ici ? Vous êtes à plus de 300 km de la moindre petite ville, comment a-t-il pu se retrouver sur le bord de cette route ?

C'est bon ? Vous êtes dans l'ambiance ?

J'ai vécu plus de 5 ans en Australie et je vous assure que cette scène n'est pas sortie de mon imagination. Sauf peut-être l'histoire de la silhouette à la fin. À part quelques chameaux (si si), des dingos, et si vous avez de la chance, des kangourous, il est rare de croiser la moindre âme humaine sur les autoroutes australiennes. On vous conseille d'ailleurs de ne pas conduire à la tombée de la nuit, parce que si vous percutez un animal, il peut se passer plusieurs jours avant de croiser la prochaine voiture. Ah, et il faudra aussi penser à emporter 3 litres d'eau par personne… au cas où…

Bon voyage !

Langue à la fois vulgaire et lyrique

La cavale de Jaxie Clackton s'ouvre sur le jeune Jaxie Clackton au volant d'une voiture volée fonçant à travers les badlands de l'Ouest australien. « Malgré le moteur qui gueule et le vent qui fouette la vitre, les bruits sont doux et ouatés. Une flèche de lumière et rien d'autre ». le décor est grisant et fascinant : on est au coeur des terres de Tim Winton, et il va nous faire voir du pays.

Ce qui caractérise le plus Tim Winton, c'est son style cru et son sens du rythme. Tim Winton est habitué des romans qui se déroulent dans des environnements hostiles, souvent en Australie-Occidentale, sa région natale. Ses romans dépeignent des personnages perdus et marginalisés dans une langue à la fois vulgaire et lyrique.

Endurci à coups de torgnole

Jaxie est un ado mal dans sa peau, détesté par tout le monde « à cause de mon caractère et ainsi de suite. Mes singeries de délinquant ». Toujours prêt à en découdre. Son père « ce dégueulis de clébard était un vrai salopard avec nous deux, j'avais envie qu'il crève » est alcoolique et violent. Jaxie n'a jamais eu le « courage de le buter ». Sa mère lui répétait que si elle restait, c'était pour lui. Jaxie se demande quand même si c'était vraiment sa seule raison, peut-être qu'elle aurait pu l'emmener avec lui après tout. Mais maintenant qu'elle est morte d'un cancer, ils se retrouvent que tous les deux. Dans la petite ville où ils vivent, tout le monde comprend que Jaxie se rebelle contre son père, mais personne ne prend jamais sa défense. Son père et le flic du coin sont cul et chemise, c'est pour ça que sa mère n'a jamais rien dit.

La tête écrasée comme une pastèque

Quand Jaxie retrouve son père sous le pick-up « la tête écrasée comme une pastèque », il sait que tout l'accuse. Alors il décide de s'enfuir, prend quelques affaires et part vers le salt country « je ne me suis pas arrêté de la journée. Je crevais de soif, j'avais des crampes dans les jambes. C'est là que j'ai commencé à penser à Lee. » Parce que c'est pour retrouver Lee que Jaxie s'enfuit. Lee, la seule « avec qui je n'ai pas besoin de jouer les durs ». Mais Lee est aussi sa cousine. Et Jaxie sait qu'il n'est plus le bienvenu depuis que son père les a surpris ensemble. Avant de pouvoir la retrouver, il doit traverser le gold country « l'air était chaud, grouillant de taupins, d'abeilles et de sauterelles », à plusieurs centaines de kilomètres de sa destination.

J'ai taillé dans le bush

Après deux jours de marche, Jaxie tombe sur une cabane au milieu de tas d'ordures et de cannettes rouillées. Il rencontre également Fintan MacGillis, un prêtre vivant un exil à la suite d'actes dont il ne veut pas parler. Tim Winton introduit un élément contemporain dans son récit atemporel. Ces dernières années, l'Australie a été ébranlée par de nombreux scandales pédophiles au sein de l'Église catholique. Fintan et Jaxie cohabitent pendant quelque temps, mais Tim Winton laisse planer un doute sur l'avenir de ce duo. Il nous rappelle que l'homme reste le pire ennemi de l'homme. Je vous laisse découvrir comment en lisant ce roman envoutant.

Mon avis

Dès les premières lignes, Tim Winton nous plonge dans l'environnement brutal de Jaxie. le rythme et la tension de son écriture sont au service de cette histoire oppressante. On comprend rapidement que ce jeune narrateur fuit un passé traumatique. le récit se déroule sous nos yeux, on ne lit plus des mots, on entend ce que Jaxie entend et on voit ce qu'il voit. Tim Winton ne nous laisse pas être un lecteur passif. Il faut observer attentivement ce qu'il montre, car ce sont les silences qui éclairent les actions de Jaxie. Winton ne nous donne pas son point de vue sur la situation, il nous la fait vivre, provoquant en nous une réponse émotionnelle. Les sensations de peur, de soif et de faim de l'ado deviennent les nôtres. Et ce sont ces émotions qui rendent ce roman inoubliable.

Je voulais aussi souligner le travail remarquable du traducteur. On oublie souvent qu'un roman étranger est « réécrit » en français, et une mauvaise traduction peut rapidement vous faire décrocher. L'auteur de cette traduction n'est nul autre que Jean Esch, le traducteur de Stephen King et de Michael Connelly. Ça vous donne un peu une idée de l'ambiance !


Lien : https://www.joyabooks.com/ca..
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Une cavale ça se prépare, et même en la préparant, on oubliera toujours quelque chose d'essentiel et dont on ne s'apercevra de l'absence qu'au moment ou l'on en aura le plus besoin.

Alors, imaginez un jeune garçon, "Jaxie", qui s'enfuie du domicile après la découverte de son père mort écrasé sous son pick-up, apparemment, alors qu'il changeait une roue. Et comme cet homme peu amène le battait, - et tout le village était au courant- tout va porter à croire que Jaxie l'a quelque peu "aidé à mourir".

Si une cavale se prépare quand on est le principal acteur, sa narration également doit être faite au cordeau, afin que le lecteur ne s'ennuie pas ; Tim Winton nous narre les"pétipéties" et problèmes quotidiens de Jaxie Clackton, mais en le faisant parler, lui, avec le langage de quelqu'un à peine sorti de l'adolescence, avec ses mots et expressions; et pour maintenir une certaine "densité" dans cette narration, de nombreux allers-retours entre le moment présent et ses souvenirs d'enfance, entre le cancer de sa mère, les coups de son père, les anecdotes avec d'autres membres de la famille, et avec la petite Lee, une cousine dont il est amoureux et qu'il est donc parti rejoindre, à cause des évèvements.

Ceci pour une partie du livre, la suivante étant consacrée à la rencontre avec une sorte "d'ermite", "Fintan" , prêtre défroqué, dont il essaiera de découvrir et d'obtenir le secret.

Attention, ne pas lire la paragraphe qui suit, car je spolie un peu l'histoire:

§!(Une histoire intéressante, mais un scénario un peu conventionnel, car on se doute très bien que je jeune et l'ancien vont se "rapprocher" sur un plan amical, jusqu'à faire face à un ennemi commun...!

Un scénario qui m'a trop rappellé "Un monde à l'endroit" de Ron Rash, et dans tous les sens du terme!!

Encore une histoire de drogue sous-jacente.

Et j'aurais bien aimé connaître "l'avis" des flics australiens sur la découverte du corps du père de "Jaxie", car ce passage a été totalement occulté - et bien entendu sciemment- par l'auteur-!)§

Par ailleurs, quelle surprise -et pas agréable- de relever un peu trop de coquilles à mon goût, le pompon étant atteint page 34, dans le même paragraphe de 3 lignes: "innocent comme lenfant qui vient de naître...ils lont jamais collé...elle na jamais rien dit"!!!

Et page 296: "J'ai vu tout que j'avais besoin"....

Pour info, j'ai lu ce livre dans l'édition de "Folio policier".

Bon, il paraît que Tim Winton est l'un des meilleurs auteurs australiens de sa génération, donc, je vais tenter de trouver une autre de ses oeuvres.

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Jaxie, jeune adolescent de l'Amérique profonde, décide de s'enfuir, seul, lorsqu'il découvre que son père, violent et alcoolique, est décédé sous sa voiture. Il sait que tout l'accuse et le flic du village est un grand ami de son père.

Jaxie va alors devoir apprendre à survivre seul, dans la nature, en ayant presque pas de matériel. Il part dans un but précis : rejoindre quelqu'un...

J'ai beaucoup aimé ce roman noir, très noir. On s'imagine bien dans cette Amérique dite profonde, faite de grandes plaines et avec son lac de sel. Ce gamin est attachant et on souffre avec lui de son histoire, de ses difficultés dans cette cavale. Sans rien dévoiler, dans la deuxième partie du roman, Jaxie va rencontrer une personne. Va alors se lier une haine-amitié entre deux personnages que tout oppose. Nous allons en apprendre encore un peu plus sur cet adolescent à la vie si compliquée.

Un roman noir mais la candeur de Jaxie apporte un certain humour. J'ai adoré le style de Tim Winton. Il me tarde de lire d'autres romans de cet auteur australien que je ne connaissais pas.

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Coup de coeur immédiat dès les premières phrases pour l'écriture rythmée et pleine de vie de Tim Winton. Coup de coeur confirmé pour le personnage de Jaxie. Il fait ce qu'il peut avec les cartes qu'il a en main, beaucoup de courage et d'improvisation pour survivre à son destin. Et c'est finalement un sacré bonhomme !

Un beau et bon roman noir, plein de d'humanité et d'humour, où le magnifique et terrible désert australien tient une grande place.

À lire absolument.

#LaCavaleDeJaxieClackton #TimWinton #LaNoire #Gallimard #Polar #thriller #lecture #livres #chroniques #polar #Noir #Australie

Le quatrième de couverture :

Quand Jaxie voit son père écrasé sous le pick-up — le cric a lâché —, il sait que tout l'accuse : en ville, personne n'ignore qu'il haïssait Clackton senior, ivrogne borgne qui cognait sec. Alors Jaxie trace droit devant lui, crevant de trouille et bientôt de soif puis de faim dans l'immensité éblouissante du lac salé.

Soudain, une cabane. Pour Jaxie, un rien parano, le vieux schnock qui l'habite est forcément un ennemi.

Entre le prêtre défroqué solitaire et l'adolescent rebelle s'installe un rituel de cohabitation façon chat et souris, chacun étant persuadé que l'autre représente une menace.

Pourtant, le vrai danger est ailleurs.

Dans ce désert peuplé d'eucalyptus rabougris et de rares kangourous, le silence et une sécheresse torride règnent, contribuant à faire de la cavale de Jaxie une épreuve initiatique d'une violence sourde.


Lien : http://lesbouquinsdesylvie.fr
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Difficile de dire si on était voisins ou colocataires maintenant. Ni l’un ni l’autre sûrement. Il disait qu’on était amis, mais je l’avais prévenu : s’il essayait un truc amical avec moi, je lui faisais sauter la bite. Malgré tout, on était obligés de se faire confiance, plus ou moins, alors je lui ai dit que je croyais que c’était pas un pédo, même si, au fond de moi, j’en étais pas aussi sûr. Et lui, il a dit qu’il était sûr et certain que j’étais pas un meurtrier, mais je crois qu’il avait des doutes lui aussi. En vérité, ça m’arrangeait qu’il se pose la question. Et ça a marché notre arrangement. Avant que je voie clair.
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Penser que quelqu’un est stupide, c’est une chose. Surtout si ça vous arrange. Mais vous pouvez pas miser dessus. C’est trop risqué. (p. 283)
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Le mieux que j’ai pu attraper ces jours-là, c’est des mouches, et j’ai pas vraiment fait exprès de les avaler.
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Vidéo de Tim Winton
Entretien avec Tim Winton (en anglais), deuxième partie. 2008.
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