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ISBN : 2020530570
Éditeur : Seuil (17/02/2002)

Note moyenne : 3.25/5 (sur 12 notes)
Résumé :
En littérature, Venise semble fort bien se prêter au mal et aux maladies. Juan Manuel de Prada, avec La Tempête en avait déjà fait l'éclatante démonstration. Gabrielle Wittkop ajoute une pierre à l'édifice érigé en l'honneur d'une Venise pestiférée et maléfique avec ce court roman aux relents de poison mortel où la cruauté, la délation et le mensonge se baignent dans la même eau sombre. L'auteur, dissimulée derrière les traits d'un marionnettiste omniscient, s'évert... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Josepha_Anh
  20 octobre 2013
Challenge ABC 2013/2014
1/26
Les romans de Gabrielle Wittkop sont assez difficiles à se procurer et cela fait quelques temps déjà que je cherchais à mettre la main sur celui-ci. Je n'ai pas été déçue.
Venise au XVIIIème siècle.
Dès l'incipit, le ton est donné. Faisant de ses personnages des marionnettes dont elle agite elle-même les ficelles, Gabrielle Wittkop montre qu'elle mène la danse et fait de Venise la scène de son théâtre. La pièce qui s'y joue est sombre, funèbre puisqu'il s'agit de la mort successive par empoisonnement - mais en est-on certain ? - des quatre épouses d'Alvise Lanzi. Néanmoins, l'écriture est flamboyante, incroyablement colorée et suggestive. Baroque.
Par sa plume, l'auteure fait surgir une Venise décadente, grimaçante, déjà vérolée sous ses belles façades. Elle ne nous épargne aucune description macabre et c'est avec un humour tout autant glacé que jouissif qu'elle nous relate les empoisonnement successifs, la putréfaction en marche des corps.
L'intrigue "policière" passe finalement au second plan, supplantée par la peinture d'une Venise à l'ambiance carnavalesque et morbide, avec ses canaux pleins de brume, ces ombres fuyant dans la nuit (et qui correspond entièrement à l'image que je me faisais de la cité lorsque je jouais à "Intrigues à Venise").
Un vrai régal.
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Fantine
  28 mars 2010
L'action de ce court roman (121 pages) se situe dans la Venise du XVIIIeme.
Une atmosphère sulfureuse, glauque, malsaine s'y dégage. Celle-çi est
entretenue par différents narrateurs.
Ces derniers racontent, chacun à leur façon, les décès s'accumulant dans la demeure d'Alvise Lanzi.
En effet, ces différentes épouses (4 au total) meurent mystérieusement chacune à leur tour.
On comprend assez vite qu'il s'agit de meurtres, et, notamment d'empoisonnements. Qui est le coupable ??? L'entourage, la famille soupçonnent rapidement le mari. le doute subsiste jusqu'à la fin avec la révélation d”un tout un autre coupable auquel on ne s'attendait pas !!!!!
Il s'agit d'un drame familial centré autour de la jalousie que peut éprouver une mère possessive envers les épouses successives de son fils. Refusant que ce dernier quitte le giron maternel afin de fonder un foyer, elle n'a d'autres solutions que le meurtre !!!!
C'est aussi une féroce critique de la petite/moyenne/haute bourgeoisie où les membres d'une même famille, leurs divers relations passent leur journée à se surveiller les uns les autres.
En effet, les paroles échangées, les comportements sont commentés dans les moindres détails... On remarque également que l'argent, la respectabilité sociale rythme la vie de la bourgeoisie, essayant d'égaler ainsi la noblesse. L'incompétence des médecins est aussi dénoncée d'une manière flagrante.
Cet ouvrage n'est pas déplaisant à lire même s'il ne laisse pas un souvenir impérissable.
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MonCharivariLitteraire
  14 septembre 2017
La mort est une maladie qui s'attrape facilement à Venise au XVIIIème siècle. En tout cas c'est ce que se dit Alvise, 4 fois veuf!
L'auteur a une belle écriture et des mots choisis mais je n'ai pas du tout accrocher à l'histoire ou à la manière dont elle est écrite. Je ne suis pas les personnages qui semblent se mélanger. On a du mal à suivre l'auteur. On saute d'un lieu à l'autre, d'une personne à l'autre sans saisir pourquoi. On perd le fil très facilement même en le lisant d'une traite (tout à fait faisable avec 122 pages). je n'ai compris le livre qu'à la fin ce qui m'a empêché d'en profiter. Bref une déception car j'aime tant me promener à Venise avec des écrivains.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Josepha_AnhJosepha_Anh   04 octobre 2013
On reste jusqu'à l'heure où le Canal Grande prend une couleur plombée avant de disparaître sous les barques des maraîchers. Cependant, au détour des jardins secrets où crèvent des mouches à ventre blanc, à l'angle de palais que flanquent des lions galeux, un Styx sans saules ni roseaux, un flot d'encre clapote lugubrement. Peut-être la ville va-t-elle s'engloutir en un instant. La nuit apporte toujours quelque chose quand les miroirs s'abreuvent de ténèbres. Des lanternes passent vite sur un pont. Des chants sinistres et obscènes viennent on ne sait d'où. Un long cri résonne. Un fanal de galère brûle dans la cour d'un palais. On peut se rencontrer secrètement à l'Uomo Selvaggio, auberge mal famée où les servantes tiennent compagnie aux clients et qui sert une piquette nommée Alfabeto, à cinq soldi le gobelet. C'est un perfide breuvage qui verse du vitriol dans le sang, pose un salpêtre sur la langue, un philtre sale et vif qui fait parler. Elle et lui sont là en masques. De l'index, elle trace sur la table des figures dans une flaque de vin.
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Josepha_AnhJosepha_Anh   07 octobre 2013
Quelqu'un lit un billet qu'on ne lui destinait pas. On rince hâtivement un verre dans le cabinet de toilette. On chuchote dans une oreille penchée. On compte des ducats. On cachette une enveloppe. On empoche prestement l'éventail posé sur un guéridon. On épie le va-et-vient dans l'escalier. On étudie une oraison funèbre. On brûle une paire de gants. On entre dans un salon. On sort en masque. On contrefait sa voix pour donner des ordres au gondolier. On contrefait son écriture. On contrefait sa démarche. On veut d'abord faire goûter tout ce qu'on boit ou mange. On fait un compliment. On sait où se procurer le nécessaire, la jusquiame noire qui croît dans les décombres, la digitale des terrains siliceux, la mandragore debout dans l'ombre des halliers. On peut administrer tout ce qui vient des plantes dans la nourriture, les confiseries, les breuvages et, plus facilement encore, dans le clystère ou l'hostie.
Quelqu'un distille quelque chose dans le silence d'une cuisine nocturne. Quelqu'un montre un petit morceau de soie rongé par les rats et dit qu'ils en ont ainsi dévoré dix balles. Quelqu'un, dans un galetas des Fondamente Nuove, écrit à la lueur d'une chandelle.
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Josepha_AnhJosepha_Anh   04 octobre 2013
Les figures respirent, marchent, tremblent et mentent, s'aiment ou s'entretuent, rient ou gémissent, mais jamais ne mangent sinon quelque poison. Qu'il en soit donc ainsi : je demeure présente, masquée par convention, tandis que dans une Venise à la veille de sa chute, des femmes gorgées de venin vont en crever comme des outres. Je me plais à les donner en spectacle, cependant qu'elles forment aussi le mien.
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MonCharivariLitteraireMonCharivariLitteraire   14 septembre 2017
Ne peut-on lire sans être dérangé à tout bout de champ?
Debout devant lui, la Rosetta tortille son tablier:
_ c'est que, Signor...Votre femme est morte...
_ Encore?!
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