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Laurence Viallet (Traducteur)
EAN : 9782842614768
322 pages
Éditeur : Le Serpent à plumes (05/02/2004)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 17 notes)
Résumé :
La nuit en songe je rampe sur des pelouses fraîchement tondues, je contourne les statues et les chiens et les voitures qui surveillent votre geôle. Je m'introduis dans vos maisons par les plus infimes fissures des briques qui vous procurent un sentiment de confort et de sécurité. Je traverse vos salons et grimpe vos escaliers et pénètre dans vos chambres à coucher. Je vous réveille pour vous raconter ce qui m'est arrivé lorsque j'avais dix ans, un jour que je rôdais... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
ChezVolodia
  22 septembre 2018
Au premier abord, surprise de taille. Pratiquement aucune ponctuation ne marque les 14 premières pages du livre hormis quelques point déposés ça et là après des phrases d'une incroyable longueur. Cela s'arrange bien heureusement par la suite d'où une plus grande facilité de lecture, de suivi et de compréhension du texte et des pensées de l'auteur.
Le texte de ce livre est éructé avec rage et violence avec le langage qu'aurait, tous les marginaux : vagabond, voleur, putain, tapin, micheton et gigolo. Ce genre de voix qu'on s'attend à entendre dans les faubourgs, les quartiers réservés, ou les dits cas sociaux.
David Wojnarowicz a eu une vie courte mais riche et dévastatrice...
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carole13
  21 octobre 2018
pour les gens qui dépriment d'entendre des vérités, qui n'aiment pas qu'on les bouscule et qu'on les sorte de leur petit monde imaginaire. Non la vie n'est pas comme vous le souhaitez, la vie est tout simplement, la vie est belle, la société est laide mais vous pouvez sortir du bord du gouffre, sans en vouloir à ceux qui ont décidé de sortir de cette hypocrisie générale. HYPOCRITES!
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
lilianelafondlilianelafond   31 mars 2020
D’abord il y a le Monde. Et il y a l’Autre Monde. C’est dans l’Autre Monde qu’il m’arrive de perdre pied. Dans ses changements de calendriers, dans son existence préfabriquée. Ses dédales tortueux dont je me lasse parfois lorsque j’essaie de tenir bon, de m’adapter minute par minute : le monde des feux rouges, des interdictions de fumer, le monde de la location, des clôtures qui protègent des centaines d’hectares de nature sauvage et vierge des intrusions humaines. Cet endroit où, parce que l’on est né avec des siècles de retard, on se voit refuser l’accès à la terre ou à l’espace, la liberté de choix ou de mouvement. Le monde acheté ; le monde possédé. Le monde des bruits cryptés : le monde des mots, le monde des mensonges. Le monde vendu en kit ; le monde de la vitesse industrielle. L’Autre Monde dans lequel je me suis toujours senti étranger. Pourtant il y a le Monde où l’on peut s’adapter et repousser les limites de l’Autre Monde grâce aux clés de l’imagination. Mais là encore, l’imagination est cryptée par les informations fabriquées dans l’Autre Monde. On s’arrête devant un feu qui passe au rouge et l’on vieillit subitement de quelques siècles. Il paraît que l’Autre Monde est aux mains d’une autre espèce d’hommes. Il faut avoir du recul et prendre le temps pour découvrir l’Autre Monde. Seul ce décalage permet de le mettre à nu pour la première fois car il s’est insinué dans votre système sanguin comme un amant invisible. Petit à petit il épouse la forme de vos cellules et vole leur énergie, il se tapit à l’intérieur du corps jusqu’à ce qu’il en devienne le prolongement. Voyager et découvrir des cultures primitives nous ouvre les yeux sur l’Autre Monde ; on comprend qu’en inventant le mot « nature » nous avons divorcé avec le sol sur lequel nous marchons. Quand j’étais petit je comprenais tout cela intuitivement, de la même façon que l’on ressent une sourde peur sans pouvoir l’identifier ou la différencier d’une table ou d’une tasse ou des cieux qui roulent derrière les fenêtres.
Depuis l’adolescence, j’ai l’impression de m’observer comme si je me trouvais à des kilomètres au-dessus de la terre, dans les nuages. De là-haut j’aperçois ma minuscule forme humaine, assise ou se mouvant dans la mécanique de la civilisation – parmi les tic-tac de la monstrueuse machine – et elle m’a tout l’air de tourner en roue libre. Seuls quelques-uns en ont le contrôle : ceux qui confectionnent les rouages et les ressorts de l’engin préfabriqué et ceux qui se jettent d’un pont ou du sommet d’un gratte-ciel. Depuis l’apparition du sida et la mort de mes amis et voisins, j’ai la sensation persistante d’avoir une vue plongeante sur les rues et le quadrillage des blocs, mais maintenant au lieu de me concentrer uniquement sur ma silhouette perdue dans l’Autre Monde je vois tout et tout le monde. Comme si je collais l’œil contre une petite fissure dans les ténèbres de la terre d’où sortiraient des processions de fourmis – tout cela me semble désormais insensé et pas seulement mortifère.
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VadaemeVadaeme   28 avril 2013
Je suis un noeud de contradictions qui change constamment. Tant mieux puisqu'en me contredisant je brise les chaines mentales/physiques qui m'asservissent au code linguistique. Je fais abstraction de la maladie dont je souffre tout comme vous faites abstraction de la mort. Parfois j'oublie la maladie pendant des heures entières. J'en profite pour abattre du travail, et le travail me fait vivre, ou tout du moins me donne une raison de vivre pour un certain laps de temps. Je fais abstraction de la maladie mais elle revient régulièrement à la charge et me fout sur le cul.
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VadaemeVadaeme   28 avril 2013
Depuis l'adolescence, j'ai l'impression de m'observer comme si je me trouvais à des kilomètres au-dessus de la terre, dans les nuages. De là-haut j'aperçois ma minuscule forme humaine, assise ou se mouvant dans la mécanique de la civilisation - parmi les tic-tac de la monstrueuse machine - et elle m'a tout l'air de tourner en roue libre.
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