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EAN : 9782220085135
256 pages
Éditeur : Desclée de Brouwer (22/02/2017)
2.94/5   9 notes
Résumé :
La démocratie n'est pas finie, au sens où elle n'est pas achevée et où elle est encore capable de nous surprendre.
Elle ne retrouvera sa force qu'en admettant ses faiblesses : des maux qui ne sont pas passagers, mais constants et irréductibles. Des maladies chroniques, qui tiennent à son essence et à l'humanité même. Mais qui peuvent connaître des pics mortels. Il nous faut donc connaître et affronter ces maladies, pour revenir, non à une santé parfaite, mais... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Pasoa
  18 juin 2017
Avant toute chose, je tiens à remercier Babelio Masse critique et les éditions Desclée de Brouwer de m'avoir permis de découvrir l'essai de Frédéric Worms, professeur à l'École normale supérieure, Les Maladies chroniques de la démocratie.
Le sujet me paraissait déjà en soi intéressant. Tout au fil des pages de ce livre, il l'est devenu plus encore.
Si chacun peut convenir d'une définition de la démocratie, il est plus difficile de saisir les principes qui la sous-tendent, de décrire ce qui la fragilise, la remet en cause et surtout de ce qui peut aujourd'hui lui redonner sens.
Face à une société ambivalente, rivée au déni, au soupçon, à une vision (via internet) essentialiste des choses, Frédéric Worms défend l'idée que la démocratie est et reste aujourd'hui le seul moyen capable de contenir, d'absorber toutes ces dérives.
La démocratie n'est, selon lui, pas un principe figé, une idée abstraite qui se suffit à elle-même. Elle est bien plus un corps en mouvement qui porte en elle des «maladies chroniques» (racisme, terrorisme, ultralibéralisme, cynisme, etc.) dont il faut, tels le médecin et le personnel soignant auprès du malade, avoir pleine conscience pour pouvoir en contenir l'aggravation. Ces soins n'auront d'effets qu'avec une vraie connaissance des maux de notre démocratie et aussi une réelle confiance dans ses institutions aujourd'hui fragilisées. Seul préalable, selon l'auteur, pour faire naître une nécessaire et meilleure interdépendance, une plus grande solidarité entre les individus.
Difficile de ramasser en quelques lignes tout le propos de Les maladies chroniques de la démocratie, ce fut en tout cas pour moi un vrai plaisir de lire Frédéric Worms. Son propos est très structuré, accessible, plein de références (La Boétie, Kant, Tocqueville, Pascal, Rousseau, Bergson, Koyré, etc.) et surtout très éclairant.
Je recommande vivement la lecture de ce livre passionnant. Une réflexion nécessaire en ces temps d'incertitude et de méfiance ambiants.
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najnaje
  27 juin 2017
Je remercie Masse Critique et l'édition Desclée de Brouwer pour ce livre. Je voudrais commencer par dire que je ne suis pas une grande lectrice d'essai mais je me rends compte que même si ces lectures sont exigeantes, elles nous sont profitables. Avant de lire ce livre, je n'aurais jamais imaginé une seule seconde toutes les exigences nécessaires pour maintenir une démocratie, c'est au final une vraie gageure. Comme le dit l'auteur lui même, la démocratie , n'est jamais réalisée ou achevée, n'est jamais finie.
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lelangagedement
  12 juillet 2017
Didactique et intelligemment structuré, « Les maladies chroniques de la démocratie » correspondait exactement à ce que je souhaitais lire : un essai accessible, à l'écriture fluide et abordant de multiples problématiques. Dans cet ouvrage, Frédéric Worms soulève les multiples enjeux d'un système complexe, et construit ainsi une réflexion ancrée dans l'actualité. En traitant la question de la démocratie avec un angle d'attaque décalé – le décryptage des « maladies chroniques » qui la touchent –, l'auteur nous plonge au coeur de ses questionnements et parvient à tisser un propos passionnant et instructif. Un grand merci à Babelio et aux éditions Desclée de Brouwer pour cette lecture qui donne à penser.
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Latias
  21 août 2017
Je n'ai pas réussi à aller au-delà de la page 35 de cet ouvrage qui m'a remis en tête la maxime De La Rochefoucauld : "Comme c'est le caractère des grands esprits de faire entendre en peu de paroles beaucoup de choses, les petits esprits au contraire ont le don de beaucoup parler, et de ne rien dire".
Sur les maladies chroniques de la démocratie, lisez plutôt de la Démocratie en Amérique d'Alexis de Tocqueville.
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Motus1
  26 avril 2018
Un bavardage inutile et pesant pendant environ 250 pages. Des redites, un style lourd et confus. On ne sait pas bien où veut en venir l'auteur ni ce qu'il veut prouver. La démocratie, c'est difficile, bon d'accord; mais je crois qu'on le savait...A part ça y a-t-il quelque chose à retenir de ce livre? Je n'en suis pas sûr. (Pour ma part, j'ai réussi à tenir jusqu'à la page 90...mais quand c'est creux, c'est creux...). J'avais acheté le livre après avoir entendu un entretien avec F. Worms sur France Inter et je regrette son achat. Marketing, quand tu nous tiens!
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critiques presse (1)
Lexpress   20 mars 2017
L'attribut de la maladie démocratique est d'être chronique et génétique. C'est ce que démontre Frédéric Worms, dans son brillant essai.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
PasoaPasoa   15 juin 2017
Le danger du racisme, lui aussi, ne concerne pas seulement les autres, ceux qui en sont l'objet, ou les victimes, mais aussi "soi-même" ou celui qui en est le sujet et qui s'en trouve aussi atteint, en profondeur.

Car, au fond, en quoi consiste cette maladie, vue de ce côté ? Elle ne consiste pas seulement à refuser aux autres toute complexité, toute liberté, toute individualité, toute ambivalence, toute vie.
Elle consiste aussi à se dénier soi-même toute négativité , tout problème, toute division intérieure, toute diversité, toute capacité aussi à se construire et à s'inventer, à se rassembler, et finalement là encore à se dénier toute liberté, toute créativité et toute vie. C'est le déni profond de l'ambivalence intérieure de tous les êtres, y compris de soi-même.

C'est la plus grave des maladies chroniques des êtres humains sans doute. Or, redisons le tout de suite pour prévenir tout malentendu, elle n'empêche pas seulement de reconnaître ses propres torts, de voir sa propre division, de lutter contre sa part sombre, ce qui est certes essentiel pour une vie humaine. Cette maladie, ce déni de la diversité intérieure, elle empêche aussi de voir ses plus profondes capacités, celles qui consistent à non seulement "être", mais à avancer, à créer, et à se manifester dans le monde non pas par une essence figée mais par une intervention constante.

Elle empêche à la fois cette lucidité ironique sur sa propre diversité intérieure, et cette invention de soi-même et des autres, qui va jusqu'à oublier, dans sa générosité, tout ce qui s'y oppose, parce qu'elle a d'abord consisté à lutter contre lui.

p. 172-173
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PasoaPasoa   18 juin 2017
L'ultralibéralisme commence précisément en ce point. Il commence au point où, sous couvert d'une liberté individuelle de défendre des intérêts pris comme des absolus, on nie et on masque du même coup les dimensions de vie et de pouvoir qui sont aussi au cœur des échanges de biens et de travail entre les humains dans une société.
Cette réduction est un passage à la limite consciemment théorisé par des auteurs qui sont aussi les théoriciens de la dérégulation politique et ont théorisé de la sorte les deux pôles extrêmes du déni de l'interdépendance qui caractérise à la fois la mondialisation et l'individualisation, et cela alors même qu'elles sont le sommet des relations humaines.
On mesure l'enjeu. Il concerne toutes les relations, et on appelle à une politique, qui pourrait résumer le présent essai ou l'ouvrir sur son horizon le plus précis. Il faut donc donc revenir d'abord sur la mondialisation, et la manière dont les institutions (encore une fois) de la démocratie constituent une réponse, voire la seule réponse, au déni de l'interdépendance qui la menace, et avec elle la construction humaine du monde, avant de revenir sur les relations vitales et morales entre les êtres humains, d'une manière plus générale.

p. 217-218
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PasoaPasoa   27 mai 2017
Mais la démocratie n'est pas finie, non plus, si l'on entend par là qu'il faudrait l'abandonner, qu'elle serait dépassée, ou qu'elle ne pourrait plus rien orienter, entre ses défauts et ses progrès, ses régressions et ses avancées - deux pôles assumés par ceux qui la défendent vraiment, qui donc aussi la critiquent, au nom de la démocratie même.
Pas finie, au sens où elle est défaillante et menacée, mais aussi parce qu'elle peut encore surprendre, inventer et orienter, et n'a pas dit son dernier mot.

p. 9
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PasoaPasoa   15 juin 2017
Mais il est certain aussi qu'un autre risque peut menacer la démocratie, qui fait l'objet aujourd'hui pour de nombreuses raisons d'une dangereuse recrudescence d'intensité, voire d'une crise "aigüe".

(...) C'est le mécanisme qui transforme la critique en soupçon, la critique locale en soupçon généralisé, la critique dans et en vue de la démocratie en soupçon sur la démocratie et contre elle. C'est le risque de mettre en cause les principes et les institutions mêmes de la démocratie, comme si elles n'étaient pas un cadre neutre et objectif pour encadrer l'ambivalence des relations humaines, mais comme si elles étaient elles-mêmes un acteur de ces relations que l'on pourrait et devait devait soupçonner de malveillance.
Ce mécanisme n'est plus de l'ordre de la critique, qui est nécessaire au renforcement même de la démocratie, mais bien du soupçon qui vient saper ce qui est le fondement même de la démocratie, le cadre commun qui permet la critique et l'accord.

p. 138 -139
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PasoaPasoa   12 juin 2017
Le mal chronique de la démocratie, ou si l'on veut la racine morale de tous les maux chroniques de la démocratie n'est peut-être pas celle que l'on croit.
Ce n'est pas une défaillance de la nature humaine qui exigerait son dépassement.
Mais c'est l'ambivalence intérieure de la nature humaine ou des relations entre les êtres humains qui pose la question de la capacité - ou de l'incapacité - des êtres humains non pas du tout à la dépasser, mais à l'accepter et à l'affronter, à en accepter l'existence et, en même temps, à en refuser les conséquences, à en contenir les effets.

p. 85
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Videos de Frédéric Worms (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Frédéric Worms
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Philosopher ensemble !
#Trailer de présentation des Rencontres Philosophiques de Monaco
Avec la participation de: Alain Fleischer, Anastasia Colosimo, Anne Dufourmantelle, Avital Ronell, Barbara Cassin, Bernard Harcourt, Bernard Stiegler, Boris Cyrulnik, Bruno Karsenti, Camille Riquier, Catherine Chalier, Catherine Millet, Charlotte Casiraghi, Christian Godin, Claire Chazal, Claire Marin, Claude Hagège, Cynthia Fleury , Davide Cerrato, Denis Kambouchner, Dominique Bourg, Donatien Grau, Edwige Chirouter, Elisabeth Quin, Emanuele Coccia, Éric Fiat, Étienne Bimbenet, Fabienne Brugère, François Dosse, Frédéric Gros, Frédéric Worms, Gary Gillet, Geneviève Delaisi de Parseval, Geneviève Fraisse, Georges Didi-Huberman, Georges Vigarello, Géraldine Muhlmann, Gérard Bensussan, Hakima Aït El Cadi, Jean-Luc Marion, Jean-Pierre Ganascia, Joseph Cohen , Judith Revel, Julia Kristeva, Laura Hugo, Laurence Devillairs, Laurent Joffrin, Luc Dardenne, Marc Crépon, Marie Garrau, Marie-Aude Baronian, Mark Alizart, Markus Gabriel, Marlène Zarader, Martine Brousse, Corine Pelluchon, Maurizio Ferraris, Mazarine Pingeot, Michael Foessel, Miguel de Beistegui, Monique Canto-Sperber, Nicolas Grimaldi, Olivier Mongin, Paul Audi, Perrine Simon-Nahum, Peter Szendy, Philippe Grosos, Pierre Guenancia, Pierre Macherey, Raphael Zagury-Orly, Renaud
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