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Marcel Duhamel (Traducteur)Boris Vian (Traducteur)
EAN : 9782070380503
288 pages
Éditeur : Gallimard (11/05/1988)
3.85/5   31 notes
Résumé :
Dans le sud profond des Etats-Unis, le tragique destin des hommes noirs entre courage et soumission compose le récit de ce roman en trois parties - dur et tendre.

- Le feu dans la nuée : Le révérend Taylor est un homme noir pacifiste et raisonnable ouvert au dialogue avec les blancs. Mais quand les industriels font pression sur le maire de la ville pour éviter une manifestation des ouvriers noirs qui meurent de faim, il devra choisir entre la défense... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
ATOS
  08 avril 2017
On peut pour trouver le Nord, regarder le ciel en priant que le vent nous soit clément et qu'il chasse les nuages, on peut également chercher la mousse sur les arbres, chercher une ombre, en entrant dans d'épaisses forets. Et puis, on peut aussi lire des livres.
Donner à lire des livres. les éditer, les traduire, les porter bien plus sûrement , bien plus courageusement, plus fermement qu'une arme. « La poésie est une arme chargée de futur. écrivait Gabriel Celaya. Alors prenons les mots, tous, comme on tient une barricade. Nous avons besoin de témoins.
Certains livres parle de l'âme et change le regard. Certains livres ouvrent des portes, font tomber des grilles, renversent des murailles, bouleversent la géographie des esprits.
Par le soulèvement d'une phrase un précipice disparaît, les continent se rapprochent, les voix s'élèvent et là où il n'y avait hier qu'un désert on voit des hommes partager l'espace d'une prairie.
Mais avant, il faut des combats, des heurts, des fractures, des bouillonnements, une multitude d'éléments, des révolutions, des fleuves, des failles, des basculements de montagne, pour, qu'enfin, apparaisse la Vie.
Certains livres sont des Big Band. Ils sont le début d'une nouvelle Histoire.
L'oncle Tom est mort. « « Les larmes les plus amères que l'on verse sur les tombes viennent des mots que l'on n'a pas dits, des choses que l'on n'a pas faites »..., Harriet Beecher Stowe.
Le sel des larmes brûle la terre. Oui, L'oncle Tom est mort. Si les « afros américains », mis en mots dans le livre de Harriet Beecher Stowe, voguent, chargés de foi, vers l'Afrique, pour construite le futur de Libéria, les enfants de l'oncle Tom, eux sont là.
Ils sont là parce qu'ils sont américains. Ils n'ont pas à « rester » ou à « ne pas rester ».
Ils sont américains. L'Histoire les a légitimer.
Ils sont là , femmes et hommes ,du 20e siècle. Ils seront là, travaillant, dans les champs, à l'usine, là dans les tranchés, là sur les plages de Normandie, là au Vietnam. Ils seront là. Ils seront, mais séparés. Séparés d'un monde qui les disent ...différents. Différent d'être simplement nés. Différents à en être écrasés, pressés, exploites. Différents à en faire des sans droit, des sans papiers, des sans nom, des sans terre, des humiliés, des torturés, des meurtris. Les plus pauvres parmi les pauvres.
Les enfants de l'oncle Tom sont américains. Les mots de Richard Whright nous en apportent des nouvelles. Nouvelles, saisissantes de vérité, pétrifiantes de réalité. Il faut le talent d'un écrivain, le génie d'une écriture, sa vérité, et la fraternelle fidélité de ses amis .
Marcel Duhamel et Boris Vian nous les ont, dans ce recueil de nouvelles, traduit.
Black Boy, huit hommes, les enfants de l'oncle Tom, ...ma lecture me construit. me structure , , renforce mes bases, mes lectures me donnent mes armes. Pourquoi encore ?
Parce que l'oncle Tom est mort.
Parce que si l'année prochaine , nous nous rappellerons que cela fait cinquante ans que Martin Luther King Jr., a été assassiné, ….
il n'est pas mort.
C'est cela dont il faut se souvenir. Il faut l'annoncer.
L'annoncer à une partie d'une Amérique qui s'est oubliée, égarée, qui a voté comme ont pisse dans son froc, par peur, par lâcheté.
Car il n'y a aucune intelligence à ce qui s'est passé aux USA.
Une logique mais pas d'intelligence. La logique de l'abêtissement, de la peur.
Laisser des émotions commander et nous deviendrons tous des meurtriers.
Pourquoi lire encore Richard Wright ? Chester Himes, James Baldwin , Leroi Jones, Philip Roth, Toni Morrisson, Ta-Nehisi Coates ? Et tant d'autres ?
D'abord parce qu'ils sont de grands écrivains. Et parce ce que ce u''ils écrivent nous construit, nous donne l'intelligence de penser, de comprendre, pour ne rien oublier, toujours au chevet de notre humanité.
Les lire plus que jamais.
Les lire et en parler.
Rester éveillé .
L'indifférence c'est l'éternité de l'imparfait.
Pour rappeler que nos isoloirs ne sont pas des urinoirs.
L'image est choquante ?
Tant mieux.
C'est la première secousse qui annonce le début d'une nouvelle histoire.

 « La proclamation de l'abolition de l'esclavage se fit à la Guadeloupe avec solennité. le capitaine de vaisseau Layrle, gouverneur de la colonie, lut le décret de l'Assemblée du haut d'une estrade élevée au milieu de la place publique et entourée d'une foule immense. C'était par le plus beau soleil du monde. Au moment où le gouverneur proclamait l'égalité de la race blanche, de la race mulâtre et de la race noire, il n'y avait sur l'estrade que trois hommes, représentant pour ainsi dire trois races : un blanc, le gouverneur ; un mulâtre qui lui tenait le parasol ; et un nègre qui lui portait son chapeau. », Victor Hugo , 19 mai 1848.
Nous avons l'Esprit, son génie, et notre âme pour témoins.
Notre Histoire, quant à elle, nous regarde.
Astrid Shriqui Garain
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Yuko
  10 août 2010
Les trois récits traduits par Marcel Duhamel et Boris Vian qui composent ce roman nous offrent une vision brute et lumineuse du destin des noirs-américains dans la société sud américaine ségrégationniste.
Dans un décor sociologique oscillant entre tragique et espérance, cette oeuvre porte en elle l'espoir et le courage du peuple noir américain. Face aux humiliations, l'écriture de Richard Wright, écrivain afro-américain éxilé à Paris met en lumière l'humilité et la force de ce peuple, sans ambage ni superflu.
Une belle leçon d'humanité !

Lien : http://art-enciel.over-blog...
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
YukoYuko   10 août 2010
"Les blancs n'ont jamais laissés une chance ! Jamais ils n'ont laissé la moind' chance à un noi' ! Ils n'vous laissent rien à vous de toute vo' vie. Y vous prennent vot' terre ! Y vous prennent vot' liberté ! Y vous prennent vos femmes ! Et après ça, y vous prennent vot' vie."
Il se tourna vers elle hurlant "Et faut enco' que j'me fasse poignarder dans l'dos par les miens. Quand j'ai les yeux su' les blancs pou' les empêcher de m'tuer, c'est les miens qui viennent me faire un crochepied !
Il retomba à genoux dans la poussière en sanglotant ; au bout d'un petit moment il leva les yeux au ciel, et son visage ruisselait de larmes (...) "Ca n'veut pus rien di' ! Si on s'bat, faut mouri'. Si on s'bat pas, faut mouri' ! D'une façon comme d'un' aut', ça n'veut rien di'... "
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Video de Richard Wright (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Richard Wright
L?adoption en 1944 du GI Bill par le gouvernement américain permet aux soldats démobilisés de la Seconde Guerre mondiale de financer leurs études universitaires ou artistiques. Elisa Capdevila nous entraîne dans le sillage de ces artistes qui, à l?instar du héros de la comédie musicale oscarisée de Vincente Minnelli Un Américain à Paris, ont choisi la capitale française pour se rêver les nouveaux Hemingway ou Picasso. Nous suivons le parcours de Richard Wright, Chester Himes, Mary McCarthy, William Burroughs, Sidney Bechet, Miles Davis, William Klein, Jules Dassin, John Berry et de tant d?autres : écrivains, auteurs de polars, jazzmen, peintres expressionnistes abstraits, poètes beatniks ou réalisateurs, ils empruntent à leur tour l?itinéraire de leurs aînés de la Génération perdue, celle des Miller et Hemingway pour qui « Paris est une fête ». Pour certains d?entre eux, artistes noirs américains, avant-gardistes mal perçus dans leur pays ou victimes du maccarthysme, Paris est aussi vu comme une terre d?asile et de liberté. Leur passage dans la ville sera pour certains déterminant, premiers pas vers une reconnaissance internationale, parenthèse fertile permettant de réorienter une carrière, source nouvelle d?inspiration liée à des rencontres et à des visites multiples. L?auteure nous fait découvrir ce pan de notre histoire que nous avions un peu oubliée et qui s?était achevée sous les pavés de mai 68. Elisa Capdevila enseigne l?histoire en lycée et à Sciences Po Paris. Elle est spécialiste d?histoire culturelle. http://www.armand-colin.com/des-americains-paris-artistes-et-bohemes-dans-la-france-de-lapres-guerre-9782200614904
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