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ISBN : 2757824732
Éditeur : Points (01/01/1900)

Note moyenne : 3.16/5 (sur 38 notes)
Résumé :
Yang Liujiu n’a pas le choix. Mao l’a nommé chef d’un chantier interminable au fin fond de la campagne chinoise. Les ouvriers sont incontrôlables. Ils ont faim, alors ils tuent les chiens qui rôdent alentour. La tension monte, des bagarres éclatent. Le village voisin est le lieu de toutes les tentations : argent, femmes, alcool… Le chantier semble sans fin, la sauvagerie aussi…

Né en 1955 dans une province rurale de Chine, Mo Yan a publié plus de quat... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Eric75
  13 mai 2013
Mo Yan n'est pas un auteur… moyen (bon, ça c'est fait) : il vient de recevoir le prix Nobel de littérature en 2012, et sa notoriété, qui était déjà bien installée en France, s'en trouve encore renforcée. Ce Nobel venu de Chine est donc populaire (fait également).
Il est toujours intéressant de lire, même par curiosité, un Prix Nobel. Mo Yan a produit des pavés aux titres insolites comme Beaux seins belles fesses ou le supplice du santal, mais également quelques courts romans, parmi lesquels le Chantier (environ 210 pages), idéal pour un premier contact avec l'auteur.
Nous sommes en pleine révolution culturelle, dans les années 60, dans une province oubliée de la Chine maoïste. Une route en construction conduit un groupe d'ouvriers aux abords d'un village. Des écoliers conditionnés pour propager la pensée de Mao Zedong se pointent pour soutenir le moral des travailleurs. Ces ouvriers, on le comprendra plus tard, sont d'anciens délinquants purgeant une peine légère en effectuant quelques travaux d'intérêt général pour se racheter une conduite aux yeux du régime.
Les conditions de travail sont difficiles et la maigre pitance n'est distribuée qu'avec parcimonie, c'est le régime qui veut ça (oui… bon). Yang Liujiu qui dirige le chantier, essaye néanmoins de faire au mieux pour améliorer l'ordinaire de ses ouvriers, par exemple en donnant l'occasion à l'un d'entre eux de pratiquer son sport favori : la pêche au gros, on parle ici de la pêche au gros chien. Yang Liujiu a un compte à régler avec l'animal qui l'empêche d'accéder au domicile de la belle Bai Qiaomai, sa maîtresse – celle du chien, mais Yang Liujiu voudrait également qu'elle fût la sienne. On le voit, les motivations de Yang Liujiu ne visent pas uniquement à rassasier la populace, elles sont assez tordues mais pas trop difficiles à interpréter. le chien en question ne tarde pas à mordre à l'hameçon et à agoniser dans d'atroces souffrances pendant plusieurs pages. Cet acte de cruauté et de barbarie et la mise à mort insoutenable de l'animal pourraient suffire à eux seuls à donner l'idée à Brigitte Bardot d'envisager une fatwa et de se lancer dans une nouvelle croisade destinée à relancer sa carrière. Et ceci n'est que le début, je vous laisse découvrir la suite dans le roman.
Une fois le chien transformé en nems, l'ordinaire amélioré et les panses prolétariennes bien remplies, les catastrophes vont rapidement se succéder, non pas pour le chien, qui a maintenant eu son compte, mais pour ces damnés de la route damée.
Le style de Mo Yan, contrairement à celui de ses personnages, est élégant et raffiné. le roman se lit donc avec fluidité et facilité, sous réserve d'avoir l'estomac bien accroché, et de ne pas être rebuté par les scènes gores ou les drames difficilement soutenables qui seront le lot quotidien des protagonistes : l'escamoteur de chien et sa famille, le cuisinier bossu du chantier, la jeune vendeuse de ciboules, etc.
Mo Yan expose simplement les faits, raconte les histoires individuelles de ses personnages, qui seront le plus souvent d'une infinie tristesse ; il ne dénonce pas, si ce n'est de façon assez subtile, les abus et les méfaits du régime chinois (une dictature, faut-il le rappeler), ni même l'hypocrisie des discours du Parti, supposés redonner le moral aux camarades révolutionnaires. Mo Yan cherche plus à explorer et à éclairer d'une lumière crue les facettes sombres de l'âme humaine : cruauté, cupidité, concupiscence, jalousie, soif de vengeance ou de pouvoir… que l'on découvre comme les composantes universelles de chaque « civilisation » humaine.
Un étrange épilogue laisse en plan les protagonistes du roman (dont nous ne connaitrons pas toujours la destinée) sur cette route inachevée, et nous propulse soit de nos jours sur un chantier similaire, soit quelque temps après, une nouvelle équipe – avec son lot de nouveaux drames humains – ayant remplacé l'ancienne. La construction d'une route est clairement le symbole d'un avenir maîtrisé, d'une civilisation qui sait où elle va. La révolution est toujours en marche. D'autres écoliers viendront soutenir d'autres ouvriers. En fait rien n'a changé, finalement. Au lecteur de se faire une idée sur les progrès accomplis et le chemin parcouru, tel semble être le dernier et subtil message de Mo Yan.
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nounours36
  20 novembre 2014
Un livre qui se lit très rapidement. Les petites histoires de tous les jours qui nous sont narrés par Mo Yan prennent toujours la forme d'une grande aventure épique. Certains s'offusqueront peut-être de la cruauté envers les animaux, mais rien de bien spécial dans l'empire céleste, pas de sadisme uniquement du savoir vivre et de la survie. Nous avons d'ailleurs une part de magie poétique lorsque nous avons la transcription du dialogue entre un chien et son bourreau, mais tout en utilisant un langage de tous les jours des plus imagés :
Le chien : "Enculé de ta mère, tout ça c'est des belles paroles. Mon ventre est empli de sang chaud, de sang fétide (...)
Lui : "Le chien, je te le répète, tu ne me fais pas peur. J'ai vraiment envie de te relâcher"
Le chien :"Salaud, c'est trop tard. Maintenant, entre nous c'est sans pitié, et si le poisson meurt, le filet sera déchiré"
Des personnages avec des titres longs comme le bras 'chef de la brigade de diffusion de la pensée de Mao Zedong de l'école primaire de Masang, vice président du comité révolutionnaire de l'école primaire de Masang' qui font plutôt sourire. Mais toujours des personnages attachants dans leur 'triste' vie. Un récit qui se lit rapidement, qui nous raconte une réalité de la Chine sous l'emprise du grand timonier, mais toujours enrobé d'humour. J'ai trouvé les protagonistes de ce roman un point en dessous de ceux du "Le maître a de plus en plus d'humour " ou "Le veau", néanmoins l'histoire est remplis de symboles .
Mo Yan est un magnifique conteur témoin et peintre de son époque : A lire ou à découvrir absolument. Et un prix Nobel qui ne s'embarrasse de grandes phrases alambiquées pour nous faire voyager.
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titiseb77
  31 août 2015
Livre lu dans le cadre du challenge ABC, je ne suis pas très habituée à la littérature asiatique et je dois reconnaître mon manque de connaissances concernant l'histoire de la Chine et de ses traditions.
Je sais que l'auteur a écrit ce livre en tant que fiction, mais ne connaissant pas du tout l'histoire de la Chine dans les années 60, je ne sais pas sur quoi il s'est basé pour l'écrire, du coup il m'a manqué quelque chose pour apprécié ce livre. Je l'ai lu en pensant que l'auteur s'était inspiré sur des faits réels et du coup ce livre m'a paru dur à lire, tant la vie de ces travailleurs est difficile.
Petite lecture intéressante mais sans plus, je suis plus contente de l'avoir lu pour compléter le challenge ABC plutôt que pour le plaisir littéraire.
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Floyd2408
  05 juillet 2013
Une lecture facile dans la froideur de cette chine au antipode de nos moeurs....ou la misère côtoie les idéaux d'un peuple asservit au système....
Ce chantier nous transporte dans ce flot noir de ces personnages perdus dans leur passé pour s'éveiller dans la névrose d'un présent lugubre de mort . la famine rumine les corps et l'esprit mais la justesse des mots caressent avec justesse le burlesque des scènes.....même l 'amour s'amuse de la noirceur de ce pays..
Une scène incroyable sur le duel du chien avec son agresseur pour qu'il puisse devenir leur repas .....D'un réaliste époustouflant
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Myrinna
  02 janvier 2015
Roman bien traduit, une histoire qui tient la route mais qui aborde des sujets sensibles tels que les conditions de travail sous le régime de Mao. Travail inhumain, maltraitance, barbarie, abandon et trahison rythment la vie de ces ouvriers.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Eric75Eric75   13 mai 2013
Le garçon s'avance vers l'homme de haute taille qui accourt effaré. Quand ils sont à un pas de distance l'un de l'autre, le garçon tend la main et se présente : « Je suis Gao Xiangyang, chef de la brigade de diffusion de la pensée de Mao Zedong de l'école primaire de Masang, vice-président du comité révolutionnaire de cette même école. »
L'autre reste interloqué un moment avant de reprendre ses esprits. Il se penche, tend ses grosses mains, prend la menotte du gamin dans les siennes, la secoue fortement et dit tout sourire : « Responsable Gao, chef de brigade Gao, pardonnez-moi de n'avoir pas pu vous accueillir moi-même.
- C'est toi le responsable ? demande Gao Xiangyang qui le regarde de travers, fourrant ses mains dans les poches.
- Oui, oui, c'est moi. Le commandant Guo m'a nommé chef de la brigade de voirie par intérim.
- T'appelles ? demande sèchement le gamin.
- Yang, Yang Liujiu.
- Chef de brigade Yang, je représente le comité révolutionnaire de l'école primaire Masang et viens prêcher la pensée de Mao Zedong aux camarades travailleurs civils révolutionnaires. Tu voudras bien prendre des dispositions pour qu'ils assistent à une représentation.
- Camarades travailleurs civils révolutionnaires, dit Yang Liujiu, approchez ! Vous allez assister au spectacle donné par les petits généraux révolutionnaires. »
Les ouvriers s'approchent sans grand enthousiasme.
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EFournEFourn   25 juin 2013
_ Mon homme, lance la fillette, dépêche-toi donc de finir de manger. Après le souper on va étudier les Citations !
_ Femme ! répond-il en bégayant, j'ai porté des pierres toute la journée, je suis fourbu, ça pourra bien attendre demain !
_ Pour ça non, réplique la fillette. Les œuvres de Mao Zedong sont un trésor, une panacée, aucun mal ne leur résiste. Tiens, ta fatigue par exemple, eh ben je te dis que tu ne la sentiras plus.
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nounours36nounours36   12 novembre 2014
Je t'en fiche !
Comment t'y es-tu pris pour tuer mon chien ?
Le sol entier était couvert de ses empreintes. Espèce de tête de ragoût de mouton qui mérite mille morts, je vais te faire frire comme une crevette, je vais te cribler de balles et te transformer en passoire, je te ferai exploser la cervelle dans la machine à souffler le riz, espèce de sale bâtard plein de pus et de furoncle des pieds à la tête, pourri dans la chair comme dans l'âme ! Tu as volé mon chien mais tu ne l'emporteras pas au paradis ! Quand le commandant Guo sera de retour, je suis prête à coucher deux nuits avec lui si nécessaire pour obtenir de lui qu'il t'arrache ta coquille verte d'oeuf pourri de canard !
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brigetounbrigetoun   05 novembre 2011
Sun Ba est chargé de faire chauffer le goudron, tâche qu’il a accepté. Heureusement, car personne d’autre ne veut accomplir ce travail, préférant encore tirer le rouleau compresseur en béton afin d’échapper à la fournaise et aux exhalaisons des vapeurs de bitume. Le commandant Guo, quand il était en poste, a conféré à Sun le titre de « Grand Capitaine des fourneaux ». Sun éprouve une attirance inexplicable pour les flammes. Il aime la vue du feu, de la fumée, il ne se lasse pas de leurs métamorphoses incessantes. Son coeur bondit au-dessus des flammes. Plus le feu est violent, plus il trouve cela excitant, émouvant, son corps le démange, un peu comme s’il avait contracté la gale.
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brigetounbrigetoun   25 septembre 2011
Le commandant Guo, quand il était en poste, a conféré à Sun le titre de « Grand Capitaine des fourneaux ». Sun éprouve une attirance inexplicable pour les flammes. Il aime la vue du feu, de la fumée, il ne se lasse pas de leurs métamorphoses incessantes. Son coeur bondit au-dessus des flammes. Plus le feu est violent, plus il trouve cela excitant, émouvant, son corps le démange, un peu comme s’il avait contracté la gale. Il ne se sent bien que devant un feu qui le brûle.
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Mo Yan prix Nobel de littérature .Annonce du 11 octobre 2012
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