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Armand Lanoux (Autre)
EAN : 9782253008941
508 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/10/1971)
3.93/5   756 notes
Résumé :
" Dormez sur vos deux oreilles, disait Flaubert à Zola inquiet, c'est une œuvre, votre bouquin, fort, très fort, râblé, bien portant. " Il s'agissait de ce quatrième volet des Rougon-Macquart, histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire. C'est la conquête d'une ville légitimiste, en réalité Aix, la ville natale de Zola, par un prêtre bonapartiste qui subjugue les femmes, la belle société, la jeunesse et le clergé. Au milieu des intrigues mesqui... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (110) Voir plus Ajouter une critique
3,93

sur 756 notes
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Nastasia-B
  08 janvier 2014
La Conquête de Plassans est chronologiquement le 4ème volet du cycle des Rougon-Macquart, l'oeuvre majeure d'Émile Zola.
Après deux épisodes parisiens, l'auteur nous reconduit à Plassans, petite ville de province (Aix-en-Provence pour ne pas la citer) où nous avions déjà assisté au coup d'état de Napoléon III dans le berceau familial des Rougon-Macquart (voir La Fortune Des Rougon).
Ici, Zola nous conte l'arrivée en catimini d'un prêtre de Besançon, l'abbé Faujas, d'aspect piteux et au passé aussi louche qu'obscur. Il arrive chez les Mouret, le couple consanguin de la famille, où le mari, François Mouret est un descendant du rameau Macquart tandis que sa femme Marthe est la dernière fille de Pierre Rougon.
Les Mouret sont de braves commerçants prospères de sensibilité républicaine. L'arrivée du prêtre va révolutionner la vie de ce couple paisible et bien assis dans la société de Plassans.
Après des débuts difficiles, l'abbé Faujas va réussir à se faire accepter et à devenir un personnage incontournable de la vie politique et sociale de la ville grâce au concours de Marthe Mouret, dont il va parvenir à faire une dévote, elle qui n'était pas même sûre d'être croyante auparavant.
Non content de semer la zizanie dans le couple, l'abbé et surtout sa famille (mère, soeur et beau-frère de Faujas qui s'incrustent comme une belle infection parasitaire) vont littéralement dépouiller les Mouret de leur bien.
On y voit la lente mais inéluctable aliénation du couple, qui se fait siphonner par le cerveau et par le porte-monnaie jusqu'au trognon.
Le parachutage de l'abbé Faujas à Plassans ne doit rien au hasard et semble avoir été minutieusement pilotée depuis Paris par le ministre en personne (à savoir Eugène Rougon, voir Son Excellence Eugène Rougon) dans le but d'assurer le résultat des élections législatives à venir...
Avec ce 4ème roman, Émile Zola franchit une étape dans son style où il abandonne les longues descriptions du Ventre de Paris et nous plonge plus directement dans l'action.
C'est pourtant un ouvrage très balzacien, à mon sens, assez proche du roman le Curé de Tours, aussi bien dans le ton que dans le propos. le texte est découpé en beaucoup plus de chapitres que précédemment, tendance qu'il poursuivra avec La Faute de l'Abbé Mouret et par la suite, ce qui rend la lecture plus agréable à mon goût.
On n'est pas encore à l'apogée de la série mais on s'en rapproche avec cette Conquête de Plassans, du moins c'est mon avis, et vous savez la suite...
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Kittiwake
  02 mars 2019
Retour à Plassans avec ce quatrième opus de la saga des Rougon-Macquart. Nous sommes chez François Mouret, qui a épousé sa cousine Marthe , fille de Félicité et de Pierre Rougon. Un couple bourgeois, qui vit en reclus dans sa confortable maison, entretenant peu de liens avec son entourage.
Ce cadre pépère va voler en éclat avec l'arrivée du père Faujas, un prêtre austère et peu loquace, mais dont il aurait été préférable de se méfier, avant de lui proposer un hébergement dans la maison Mouret. Marthe va abandonner son rôle d ‘épouse soumise pour sombrer peu à peu dans une folie mystique, qui détruit l'équilibre de la famille. Les enfants sont éloignés du foyer, le couple Trouche envahit la maison. le prêtre fait du jardin un lieu de débat entre bonapartistes et républicains, avec le but non avoué de faire élire à la chambre un candidat favorable au pouvoir.
En filigrane, le thème de la folie, avec les délires de Marthe, la décompensation de François et la faiblesse d'esprit de Désirée ,leur cadette.
Le roman est un pamphlet anti-clérical, donnant l'image d'un clergé arriviste et manipulateur.
Encore un excellent chapitre de la saga, qui se perd moins en description que les précédents, et met en scène des personnages intéressants dans leur évolution, à la fois par la fatalité de l'hérédité et les facteurs externes qui précipitent la denté aux enfers;
challenge pavés babelio 2019

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isajulia
  12 juin 2013
Après Paris, retour à Plassans pour une escale dans le berceau de la famille Rougon-Macquart. Si vous comptiez vous détendre à l'ombre d'un olivier, bercé par le chant des cigales, oubliez, car ça va encore swinguer dans les chaumières.
Ce quatrième opus marque l'entrée fracassante dans l'arène du couple Mouret, François et Marthe, dont le mariage consanguin est abordé dans La Fortune des Rougon. Républicains et non croyants, ce sont de riches commerçants de Marseille retirés à Plassans. Entourés de leurs trois enfants, Serge, Octave et Désirée, la petite tribu mène une vie paisible qui ne va pas tarder à être perturbée quand François décide de louer le deuxième étage de leur maison à l'abbé Faujas et sa mère.
L'abbé, avec sa soutane trouée et sa mine grave va essuyer les moqueries de Mouret et de la bonne société de Plassans, soucieuse de son image de marque. D'abord discret, peu à peu, il va s'insinuer dans la vie familiale du couple en faisant de Marthe une dévote acharnée. La pauvre femme n'est en fait qu' un instrument pour accélérer l'ascension sociale de cet homme de "Dieu" au passé plus que louche.
Son emprise sur sa propriétaire acquise, sa crédibilité dans ses fonctions se trouvant accrue, Faujas va étendre ses tentacules pour faire la conquête de Plassans...
Quitte à me faire taper sur les doigts par certains lecteurs, ma première exclamation en refermant ce livre a été : "Oh p....n". Je n'hésite pas à dire que je me serai pris une mandale, cela m'aurait fait moins mal. Ce quatrième volet des Rougon-Macquart est noir de chez noir, mêlant politique, religion et analyse de la folie. Pas de longues descriptions cette fois-ci, Zola nous offre une immersion immédiate dans l'intrigue qui va aller crescendo et nous emmener dans la décadence la plus totale.
Entre les parvenus avides de pouvoir, les curés vendus et les politiques manipulateurs, nous avons là une magnifique brochette de vautours prêts à tout pour rogner quelques lambeaux de splendeur, semant panique et désolation dans une famille qui a eu le malheur de traverser leur route....
Je crois que je deviens de plus en plus accroc de Zola, j'adore sa manière de mettre en scène les situations les plus horribles sans tomber dans l'excès. Depuis que je me suis lancée dans la lecture des Rougon-Macquart, je vais de surprise en surprise sans être déçue une seule seconde. Même si j'ai éprouvé de l'indignation et de la peine avec La Conquête de Plassans, j'ai adoré ce roman qui va encore plus loin dans l'horreur humaine.
Cinq étoiles un jour, cinq étoiles toujours, un vrai coup de coeur qui ne laisse pas indifférent. A lire !
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lyoko
  10 janvier 2018
Encore une fois Zola reste le maître incontesté de la description. Il va chercher d'infimes détails qui apportent une ampleur a ses écrits. Il maîtrise les décors, mais également les caractères des personnages.
Il dirige le lecteur vers une critique sociale assez impressionnante.
Je reste étonnée de sa façon de voir les êtres humains, qui est si juste et si bouleversante. Il écrit pourtant avec "douceur" et poésie, et pourtant au fond il est cruel, il est cynique et mordant.
J'ai beaucoup aimé la curiosité quasi maladive de François Mouret. Et là Zola, encore très perspicace, rentre une fois encore au fond de la nature humaine, car le voyeurisme est un des vices de l'Homme. (on le voit aujourd'hui fortement avec le succès incompréhensible de la télé réalité).
Et puis pour mon plus grand plaisir il s'amuse a montrer les malversations de l'église, capable de tout pour arriver a ses fins. La manipulation religieuse a des fins politique. Et quel meilleur moyen que de le faire a travers les femmes.
Et puis Zola n'oublie pas de traiter la folie qui monte doucement, une folie qui peut être héréditaire, qui peut être liée a une certaine consanguinité.
Ce roman est jubilatoire de subtilité et de cynisme.
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Eve-Yeshe
  11 août 2018
Nous voici donc de retour à Plassant, dans le Sud de la France chère à Zola (lui-même natif d'Aix en Provence) loin de la vie parisienne trépidante des deux tomes précédents.
J'ai retrouvé avec plaisir Félicité, que j'avais bien aimée dans « La fortune des Rougon », ses rapports un peu bizarres avec sa fille, Marthe, dont elle n'est pas très proche. Seulement, Marthe lui est utile lors de ses réceptions du jeudi, où se côtoient les personnages importants de la ville :il est de bon ton de se critiquer, mais de se faire voir aussi…
Le personnage principal est l'abbé Faujas, qui se promène dans la ville, tout miteux, la soutane raccommodée, (il n'en a qu'une !) et apparemment modeste, ne s'intéressant qu'à Dieu. Il s'infiltre peu à peu dans la ville, la vampirisant, la domptant pour mieux la dominer. Il s'immisce ensuite dans tous les pans de la société de la ville, même les jeunes, il s'agit de convaincre tout le monde.
Pour établir son emprise, il est plus simple de commencer par les femmes, grenouilles de bénitier. Il s'attaque d'abord à Marthe, épouse soumise, éprise de raccommodage, de travaux d'aiguille, athée, devinant une frustration chez elle, il va l'amener à l'Église, au salut. Il en fait une dévote, intégriste, comme souvent les nouveaux convertis, la rudoie, refusant d'être son confesseur, lui imposant ses règles de façon drastique et malsaine.
Zola nous décrit à merveille, la manière dont cet homme qui méprise les femmes qu'il considère comme impures (tiens donc !) tisse sa toile pour arriver à ses fins, dans un rapport sado-masochiste, car c'est ce qu'on appelle de nos jours un pervers narcissique. Il aime dominer, se donner du mal pour conquérir, se faisant passer pour ce qu'il n'est pas. Seule la conquête est source de jouissance !
« L'abbé avait un mépris d'homme ou de prêtre pour la femme ; il l'écartait, ainsi qu'un obstacle honteux, indigne des forts. Malgré lui, ce mépris perçait souvent dans une parole plus rude. Et Marthe, alors prise d'une anxiété étrange, levait les yeux, avec une de ces peurs brusques qui font regarder derrière soi si quelque ennemi caché ne va pas lever le bras. « P 96
Le couple Mouret est intéressant par son évolution car on voit les deux personnes changer presque radicalement et la relation entre eux se modifie : François Mouret est davantage sur ses gardes quand l'abbé arrive chez lui ; il essaie bien de railler le personnage et la religion, mais bientôt il n'est plus maître chez lui et ne peut que regarder sa femme sombrer.
Marthe confond la dévotion avec l'amour, car elle est amoureuse du prêtre, pas de Dieu ou de Jésus. Elle s'autoflagelle au propre et au figuré. Vit-elle sa passion ou sa Passion ?
La mère du prêtre est gratinée aussi : en extase devant son rejeton, qu'elle vénère, elle est prête à tout pour qu'il réussisse… « Elle trouvait, d'ailleurs, leur adoration naturelle, les regardait comme très heureuses d'être ainsi à genoux devant son Dieu » P 226
Zola traite dans ce roman, de l'influence du pouvoir sur l'homme mais surtout de la folie sous toutes ses formes : manipulations, perversité, délire mystique… Marthe et François ont, tous les deux, peur de la folie, car ils ont toujours présent à l'esprit leur grand-mère Adélaïde, la fameuse tante Dide de « La fortune des Rougon » qui est depuis des années dans un asile, aux Tulettes : la folie est-elle héréditaire ? Y-a-t-il un maillon faible dans la génétique, la consanguinité (leur fille Désirée a un retard mental) donc est-ce qu'ils risquent de devenir fou ? C'est la question qu'ils se posent….
Il change de technique dans ce roman, alors que dans les trois premiers tomes, on avait une scène présentant tous les protagonistes dans le premier chapitre, suivi de cinq ou six chapitres longs, racontant l'histoire et les personnages, ici il procède par petits chapitres (23 pour être précise), ce qui donne du rythme à l'histoire qu'il raconte, et il n'y a pas de flash-back. Par contre, les langues de vipères, les ragots sont toujours bien présents.
Ce roman est jubilatoire, dans sa férocité à décrire les protagonistes et leurs petitesses, le rôle de l'Église en politique à l'époque et se termine en feu d'artifice.

Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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Citations et extraits (224) Voir plus Ajouter une citation
AgathocleAgathocle   18 septembre 2021
La maison en flamme devenait beaucoup plus intéressante, depuis que la société connaissait la main qui avait mis le feu.
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Nastasia-BNastasia-B   29 octobre 2013
- Est-ce que vous connaissez la bataille des Gras et des Maigres ? demanda-t-il.
Florent, surpris, dit que non. Alors Claude s’enthousiasma, parla de cette série d’estampes avec beaucoup d’éloges. Il cita certains épisodes : les Gras, énormes à crever, préparant la goinfrerie du soir, tandis que les Maigres, pliés par le jeûne, regardent de la rue avec la mine d’échalas envieux ; et encore les Gras, à table, les joues débordantes, chassant un Maigre qui a eu l’audace de s’introduire humblement, et qui ressemble à une quille au milieu d’un peuple de boules. Il voyait là tout le drame humain ; il finit par classer les hommes en Maigres et en Gras, en deux groupes hostiles dont l’un dévore l’autre, s’arrondit le ventre et jouit.
- Pour sûr, dit-il, Caïn était un Gras et Abel un Maigre. Depuis le premier meurtre, ce sont toujours les grosses faims qui on sucé le sang des petits mangeurs… C’est une continuelle ripaille, du plus faible au plus fort, chacun avalant son voisin et se trouvant avalé à son tour… Voyez-vous, mon brave, défiez-vous des Gras.
Il se tut un instant, suivant toujours des yeux leurs deux ombres que le soleil couchant allongeait davantage. Et il murmura :
- Nous sommes des Maigres, nous autres, vous comprenez… Dites-moi si, avec des ventres plats comme les nôtres, on tient beaucoup de place au soleil.

Chapitre IV.
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Nastie92Nastie92   25 octobre 2018
Marthe l’inquiétait depuis quelque temps. Il se sentait impuissant à calmer cette fièvre de dévotion qui la brûlait. Elle lui échappait, désobéissait, se jetait plus avant qu’il n’aurait voulu. Cette femme si utile, cette patronne respectée, pouvait le perdre. Il y avait en elle une flamme intérieure qui brisait sa taille, lui bistrait la peau, lui meurtrissait les yeux. C’était comme un mal grandissant, un affolement de l’être entier, gagnant de proche en proche le cerveau et le coeur. Sa face se noyait d’extase, ses mains se tendaient avec des tremblements nerveux. Une toux sèche parfois la secouait de la tête aux pieds, sans qu’elle parût en sentir le déchirement. Et lui, se faisait plus dur, repoussait cet amour qui s’offrait, lui défendait de venir à Saint-Saturnin. « L’église est glacée, disait-il ; vous toussez trop. Je ne veux pas que vous aggraviez votre mal. » Elle assurait que ce n’était rien, une simple irritation de la gorge. Puis, elle pliait, elle acceptait cette défense d’aller à l’église, comme un châtiment mérité, qui lui fermait la porte du ciel. Elle sanglotait, se croyait damnée, traînait des journées vides ; et malgré elle, comme une femme qui retourne à la tendresse défendue, lorsque arrivait le vendredi, elle se glissait humblement dans la chapelle Saint-Michel, venait appuyer son front brûlant contre le bois du confessionnal. Elle ne parlait pas, elle restait là, écrasée ; tandis que l’abbé Faujas, irrité, la traitait brutalement en fille indigne. Il la renvoyait. Alors, elle s’en allait, soulagée, heureuse.
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isajuliaisajulia   29 mai 2013
Tenez, ajoutait Lisa, dans ses heures d'expansion, j'ai un cousin à Paris... Je ne le vois pas, les deux familles sont brouillées. Il a pris le nom de Saccard, pour faire oublier certaines choses... Eh bien, ce cousin, m'a-t-on dit, gagne des millions. Ca ne vit pas, ça se brûle le sang, c'est toujours par voies et par chemins, au milieu de trafics d'enfer. Il est impossible n'est-ce pas? que ça mange tranquillement son dîner, le soir. Nous autres, nous savons au moins ce que nous mangeons, nous n'avons pas ces tracasseries. On aime l'argent que parce qu'il en faut pour vivre. On tient au bien-être, c'est naturel. Quand à gagner pour gagner, à se donner plus de mal qu'on ne goûtera ensuite au plaisir, ma parole, j'aimerai mieux me croiser les bras... Et puis, je voudrais bien les voir ses millions, à mon cousin. Je ne crois pas aux millions comme ça. Je l'ai aperçu, l'autre jour, en voiture ; il était tout jaune, il avait l'air joliment sournois. Un homme qui gagne de l'argent n'a pas une mine de cette couleur-là. Enfin, ça le regarde...Nous préférons ne gagner que cent sous, et profiter des cent sous.
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Nastie92Nastie92   06 juillet 2018
Marthe souffrait surtout de ne pouvoir donner aux quêtes de Saint-Saturnin ; elle cachait des pièces de dix sous dans des morceaux de papier, qu’elle gardait précieusement pour les grand-messes des dimanches. Maintenant, quand les dames patronnesses de l’oeuvre de la Vierge offraient quelque cadeau à la cathédrale, un saint ciboire, une croix d’argent, une bannière, elle était toute honteuse ; elle les évitait, feignant d’ignorer leur projet. Ces dames la plaignaient beaucoup. Elle aurait volé son mari, si elle avait trouvé la clef sur le secrétaire, tant le besoin d’orner cette église qu’elle aimait la torturait. Une jalousie de femme trompée la prenait aux entrailles, lorsque l’abbé Faujas se servait d’un calice donné par Mme de Condamin ; tandis que, les jours où il disait la messe sur la nappe d’autel qu’elle avait brodée, elle éprouvait une joie profonde, priant avec des frissons, comme si quelque chose d’elle-même se trouvait sous les mains élargies du prêtre. Elle aurait voulu qu’une chapelle tout entière lui appartînt ; elle rêvait d’y mettre une fortune, de s’y enfermer, de recevoir Dieu chez elle, pour elle seule.
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https://www.laprocure.com/flaubert-itineraire-ecrivain-normand-stephanie-dord-crousle/9782072930317.html
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