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ISBN : 2221095170
Éditeur : Robert Laffont (24/07/2001)

Note moyenne : 4.28/5 (sur 85 notes)
Résumé :
Ils s'appelaient eux-mêmes les Hommes.
Ils étaient parvenus à cette extrémité de la terre - qui devait, bien plus tard, être nommée Terre de Feu -, au terme d'une si longue migration qu'ils en avaient perdu la mémoire. Sans cesse poussés par de nouveaux envahisseurs, ils avaient traversé un continent et des millénaires dans l'ignorance et la peur. Ils s'étaient établis là où, semblait-il, nul ne pouvait les rejoindre, tant sont cruels le ciel, la terre et la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
frandj
  27 mai 2015
"Qui se souvient des Hommes ?" est un beau et très sombre roman. Il évoque les Alakalufs (« Les hommes », en dialecte autochtone), une peuplade en voie de totale extinction dont Lafko est le dernier représentant. Sur un mode presque épique, l'auteur évoque l'obscur passé de cette tribu d'Amérique, repoussée de plus en plus loin vers le Sud, finalement arrivée à l'extrémité du continent: en Terre de Feu. Une contrée rude, oubliée des autres peuplades, où les conditions de vie sont très difficiles. Mais les Alakalufs s'y sont adaptés et ont vivoté dans leur solitude pendant des siècles et des siècles. Un jour, pourtant, leur isolement a été troublé par l'arrivée d'étrangers. Les premiers à découvrir cette contrée hostile, ce sont les hommes de Magellan pendant leur tour du monde. Puis sont venus progressivement d'autres Européens, navigateurs, géographes, colons... le contact avec ces nouveaux venus est dévastateur pour les Hommes, qui perdent leur autonomie et leurs repères culturels. Et c'est le déclin qui s'installe peu à peu, jusqu'à la complète extinction. La tragique agonie de ce petit peuple est dépeinte comme si c'était la mort d'un homme. L'ambiance crépusculaire que l'auteur a su créer est vraiment saisissante. Je ne peux pas dire que j'ai "aimé" ce livre très pessimiste, mais il m'a laissé des souvenirs impérissables. Evidemment, la disparition des cultures indigènes - par exemple celle des Indiens de l'Amérique du Nord - est une question très générale, qui est de plus en plus débattue après avoir été trop longtemps ignorée. Mais le propos du livre ne relève pas d'une critique anti-impérialiste, ni d'une utopie des "bons sauvages". Il renvoie plutôt à un questionnement métaphysique sur la vie et la mort des civilisations.
L'auteur, Jean Raspail (né en 1925), est un écrivain atypique, éloigné des modes littéraires, qui s'est particulièrement intéressé à la Patagonie. Il est resté peu connu du grand public, malgré les prix qu'il a obtenus pour ses romans." Qui se souvient des Hommes ?" est paru en 1986.
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litolff
  05 mai 2010
Jean Raspail nous emmène très loin avec cet ouvrage, au fin fond de la Patagonie, chez les Alakalufs, premiers habitants de la Terre de Feu. Un peuple nomade qui vit sur un canot au gré des éléments (souvent hostiles) et survit grâce aux phoques, aux baleines et aux sternes, en toute quiétude depuis des milliers d'années. Mais voici que la civilisation salvatrice arrive avec les grands navigateurs ! La prostitution, l'alcool, les conversions forcées viendront à bout de ce peuple millénaire.
Une splendide histoire terrible et bouleversante sous la plume cinglante de Jean Raspail : grâce à lui, je me souviendrai de ces Hommes.
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Ys
  30 juin 2012
En 1951, lors d'un voyage, Jean Raspail a croisé la route d'un des derniers canots Kaweskar. de cette rencontre est né ce livre, nourri par les travaux de José Emperaire – seul ethnologue (à l'époque du moins) à s'être consacré aux habitants du détroit de Magellan. C'est un roman aussi touchant que passionnant, qu'il m'a beaucoup plu de pouvoir comparer aux récits de voyage de Duplessis. D'un côté une vision romancée, romantique et érudite, basée sur des études scientifiques accomplies à la toute fin de l'histoire. de l'autre, effectuées presque 300 ans plus tôt, les simples observations précises et distanciées d'un esprit scientifique sans lien particulier avec ce qu'il découvre. le décalage est assez impressionnant, et l'on en viendrait presque à se demander parfois si c'est bien du même lieu et du même peuple que parlent les deux hommes... Or, ce genre de décalage me fascine : j'aime comme les choses deviennent mobiles et changeantes dès que deux regards se croisent au-dessus d'elles.
Au roman de Jean Raspail, je ne reprocherais guère que l'inclusion de Dieu et d'un dessein divin dans le fil de l'histoire, pour la rendre moins tragique. Même en argument romanesque, j'ai du mal à trouver ce genre d'idée autre chose que naïve, mièvre, faiblarde et agaçante, mais en l'occurrence elle m'a moins horripilée qu'elle ne l'aurait pu. La magie noire des paysages, le pouvoir de fascination de ce peuple en marge de l'histoire, l'intérêt des nombreux personnages - géographes, navigateurs, savants... - qui interviennent dans leur destin, rendent ce défaut assez facile à oublier, pour savourer ce qui reste un très beau roman.
Lien : http://ys-melmoth.livejourna..
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jacklin67
  02 janvier 2013
Ce livre lu il y a plus de 20 ans m'a bouleversé! Tant de souffrance humaine générée par d'autres humains....Et puis les conditions de vie épouvantables que doit traverser l'humanité ,je me suis demandé si cela en valait la peine ....
Mais quelle écriture ,que du bonheur !Merci Monsieur Raspail
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michdesol
  05 septembre 2017
Un livre bouleversant.
Le livre (je ne dis "le roman") des Alakalufs, ce "malheureux peuple microscopique abandonné au bout du monde", chassé de ses terres pendant des millénaires jusqu'à l'extrémité du continent, cette Terre de feu où la nature est inhumaine.
Inhumain fut aussi l'Occident qui, de Magellan le premier, à nos contemporains, les humilia, les exploita, les moqua jusqu'à nier leur qualité d'homme.
Un livre documenté, où domine l'empathie.
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Citations & extraits (3) Ajouter une citation
litolfflitolff   01 mars 2011
Le bonheur est un mot qui n’existe pas dans la langue des Alakalufs, ni aucun vocable similaire. On a faim ou on est rassasié, on est malade ou bien portant, on a chaud ou on a froid, on se serre les uns contre les autres sous la peau de phoque, dans la hutte, et de cette chaleur animale de la chair naît une sorte d’apaisement de l’âme qu’on partage sans l’exprimer. Mais le bonheur ? On rit quelquefois, on chante, mais comme cela ne dure jamais et se paye ensuite chèrement, les Alakalufs ne l’ont pas défini par un mot. En revanche ils en ont cent pour exprimer l’angoisse.
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tgranductgranduc   02 octobre 2012
Adossé contre la paroi, un cadavre les observe de ses yeux morts. C'est un homme de petite taille, avec de courtes jambes arquées, des cheveux longs très noirs, le front fuyant, la fente des paupières oblique, le nez court et épaté au-dessus d'une large bouche à grosses lèvres. Il est très laid et commence à se décomposer. Plantés dans les trous du rocher, des piquets peints en rouge forment un cercle autour de lui. Des armes sont posées à ses pieds, un bâton pointu, une massue de pierre, un harpon d'os. Il s'appelle Taw, père de Lafko. Les marins se signent et s'enfuient.
La fin du monde est habitée !
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michdesolmichdesol   05 septembre 2017
Dieu seul sait combien de fois de siècle en siècle la même scène s'est répétée, combien de fois ils ont été sur le point de périr jusqu'au dernier, devant combien de peuples ils ont dû reprendre la route chaque fois qu'ils se croyaient sauvés, des peuples toujours plus nombreux et plus forts, servis par des divinités puissantes, des étrangers qui les méprisaient et ne leur faisaient jamais de quartier parce qu'ils les trouvaient petits et laids, inutiles, moins dignes de vivre qu'un animal. Enfin, Dieu seul sait combien de fois et après combien de massacres s'est élevé de leurs rangs clairsemés le grand chant de lamentation, celui qui ne s'adresse à personne parce qu'il n'existe aucun dieu pour l'entendre, et tisse sous les arceaux des tchelos, de cœur à cœur, un réseau de tristesse et d'angoisse qui est le seul élément familier propre à ce peuple abandonné. "Akwal aswal Yerfalay", le chant du monde...
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Videos de Jean Raspail (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Raspail
Radioscopie, 1976.
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