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EAN : 9782330129958
Éditeur : Actes Sud (05/02/2020)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Novembre 1945 : Nahum Marquez est condamné à mort pour avoir assassiné la femme d'un dignitaire du régime franquiste.

Novembre 1975 : Lucia rentre à Barcelone après un long exil, en compagnie des cendres de son père et des fantômes qui l'ont fait fuir à Vienne.

Le généralissime agonise et avec lui une Espagne décrépie et violente incarnée par le commissaire Ulysse, prêt à livrer la dernière bataille. Ils se sont affrontés dans une aut... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
bilodoh
  07 novembre 2020
Quand un polar commence par une pendaison, on devine que ça ne sera pas rigolo.

Cette exécution dans les geôles espagnoles donne le ton pour tout le roman. Et ce n'est pas réjouissant, car la trame repose sur des dimensions historiques, sur les relents du régime franquiste après la Guerre d'Espagne.

Ça pèse lourd, tous ces morts… des hommes torturés dans les prisons, une femme infidèle empoisonnée, mais la chape de plomb posée sur le passé sera soulevée à la mort du dictateur lorsqu'un couple réfugié en Autriche reviendra au pays à la mort du dictateur. On découvrira alors des êtres sont encore plus abjects que l'on croyait.

Un polar historique très noir. La qualité de l'écriture de l'auteur est évocatrice et trempe le lecteur dans les émotions troubles d'une époque sans pitié.
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Cigale17
  14 mai 2020
Le Poids des morts est le premier roman de Victor del Árbol, publié (et primé) en 2006, réédité en espagnol en 2016 et finalement traduit et publié en français en 2020 seulement. On y retrouve les grands thèmes chers à l'auteur : le souvenir de la Guerre civile, la dictature de Franco et son cortège d'ignominies, bien sûr, une belle galerie de machos plus ou moins détestables, des enfants orphelins ou mal aimés, des traîtres, mais aussi, comme l'annonce ce beau titre, le poids des morts, des siens propres et de ceux des autres. Ce terrible récit se déroule pendant que Franco agonise, sur fonds de dénonciations, de bravades potaches qui tournent au drame et de règlements de comptes. J'oubliais les amours non partagées, les amours/haines, les amours vénales, bref, les variations sur les amours folles et malheureuses.
***
« Aujourd'hui, je n'écrirais sans doute pas cette histoire de la même façon. C'est justement pour cette raison que nous n'avons pas voulu remodeler le texte ou le corriger au-delà des quelques détails nécessaires. Avec ses défauts et ses qualités, ce roman était une déclaration d'intention. Ma voix narrative et mon univers sont déjà là. Je m'y reconnais, et j'espère que toi, lecteur, tu m'y reconnaîtras aussi. » On ne peut pas dire les choses mieux que l'auteur dans sa note d'introduction (page 12). Tout est là, non pas en germe, mais déjà bien fleuri. Il est probable que, si c'était mon premier contact avec cet auteur, j'aurai mieux noté ce roman… Ou peut-être pas : j'ai quand même vu le coupable venir de loin !
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Killing79
  27 mars 2020
Victor del Arbol fait partie de ces auteurs dont j'adore les romans mais dont je repousse toujours la lecture. En effet, ses histoires sont tellement sombres et dures qu'il faut que je sois dans les bonnes conditions pour l'apprécier à sa juste valeur. En revanche, à chaque fois, je ne suis pas déçu !
« le poids des morts » arrive chez nous maintenant alors qu'il est le premier roman publié par l'auteur il y a plus de dix ans. Mais il ne déroge pas à la règle. On peut constater que la noirceur était déjà omniprésente, même à ses débuts.
Dans cette aventure, des personnages sont confrontés à leur passé. En couvrant principalement une période de l'histoire espagnole de 1940 à 1975, l'auteur met en lumière le côté sombre de l'État franquiste. Il nous offre une critique acerbe de ce système dans lequel tous les moyens étaient bons (violence, viol, chantage…) pour faire régner l'ordre. C'est une nouvelle fois brutal et tragique.
Comme toujours, les personnages sont nuancés, jamais caricaturaux. Ils ont chacun une part d'ombre qui les rend humains. Dans le cas présent, même si leurs destins sont intéressants, je les ai trouvés un peu désincarnés. Leurs histoires passent devant nos yeux, mais il manque de l'émotion, qui était pourtant d'habitude la marque de fabrique de l'auteur.
Il est vrai que dans cette période difficile, ce n'est pas une lecture qui vous remontera le moral. Ce roman n'est pas non plus le meilleur de cet écrivain, qui a fait bien mieux ensuite. Mais pour son premier écrit, Victor del Arbol fait déjà preuve d'une véritable capacité à parler de résilience, avec toujours cette question en suspens : Est-ce que les drames du passé détruisent l'Homme ou le font avancer ? Il semble bien décider à continuer d'y répondre.
Lien : http://leslivresdek79.com/20..
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Rodin_Marcel
  29 juillet 2020
Arbol Victor del (1968-) – "Le poids des morts" – Actes Sud / Babel-noir, 2020 (ISBN 978-2-330-12995-8)
– format 22x14cm, 294p.
– traduit de l'espagnol par Claude Bleton, titre original "El peso de los muertos" publié en 2006.

De cet auteur, j'ai lu – sans tenir compte de leur ordre de publication – successivement "Toutes les vagues de l'océan" (publié en 2014, cf recension), puis "La tristesse du samouraï" (publié en 2011, cf recension) ainsi que "La veille de presque tout" (publié en 2016 cf recension).

Dans sa "note" liminaire (pp. 11-12) écrite en 2016, l'auteur précise qu'il s'agit ici de son premier roman ayant connu un certain succès, publié en 2006, auquel il n'a finalement rien modifié, puisque :
"avec ses défauts et ses qualités, ce roman était une déclaration d'intentions. Ma voix narrative et mon univers sont déjà là."

Mais, lectrices et lecteurs averti(e)s le savent bien, c'est une véritable (et souvent détestable) manie des éditeurs que de pousser un auteur connu à sortir de ses tiroirs ses premiers écrits pour en tirer un bénéfice aussi peu juteux soit-il, surtout lorsqu'il s'agit d'un écrivain aussi peu prolifique – donc respectueux de son métier – que l'est Victor del Arbol.
Car franchement, hein, "seulement" six romans en quatorze années, on est très loin de la production à la chaîne si chère aux éditeurs, surtout dans le domaine du roman policier. Sauf que cet auteur-là est historien de formation, et qu'il semble vraiment creuser ses sources avant d'écrire une ligne, tout en cherchant à assurer le style qui rendra au mieux ses intentions : tout un travail, d'écrivain et d'écrivant...

Adoncque, connaissant ce vice des éditeurs, j'étais fort méfiant envers ce "premier roman" sorti des tiroirs dix années après sa première publication, mais l'oeuvre de cet auteur me semblait justifier une enquête. Je ne fus pas déçu : certes, on est loin de la qualité du sommet atteint dans son chef d'oeuvre "Toutes les vagues de l'océan", mais c'est indéniablement intéressant d'assister ainsi à la naissance d'un style, d'une technique de narration, de la mise en perspective d'une trame historique aussi complexe que la transition post-franquiste dans l'Espagne de 1975.

Lecture recommandée pour celles et ceux qui apprécient Victor del Arbol et souhaitent se faire une idée de la genèse de son écriture.
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Selkis
  03 février 2020
Je ressors un peu troublée de cette lecture : un des personnages se prénomme Gilda (comme ma Maman) et que l'auteur évoque les cygnes (qui étaient les animaux préférés de ma maman) et que maman adorait se faire tremper par la pluie pour se sentir vivante. Vous y ajoutez la dictature franquiste et les récits de maman reviennent en masse (fin de la parenthèse familiale)
Donc… Premier roman de l'un de mes auteurs préférés. Et ça commence fort ! On est tout de suite dans le vif du sujet ! Lucia (l'héroïne) a enfoui bien profondément dans sa mémoire des souvenirs qu'elle a occulté pour pouvoir continuer à vivre. Les années ont passé et les libertés qu'elle avait prises pour arranger le passé à sa sauce l'empêchent de vivre : on a beau vouloir oublier, la vérité finit par trouver le chemin de la sortie… On ne peut pas vivre avec le poids du secret et de la dissimulation ; il faut apprendre à vivre avec le passé pour pouvoir continuer à vivre. Et pour vivre avec le passé, il faut le connaitre et donc aller à sa rencontre, le faire ressurgir, avec les souffrances qui vont avec. D'ailleurs il n'y a pas que les personnages qui souffrent ; une fois de plus Victor a réussi à me faire souffrir avec eux ! Un roman qui se déroule dans les dernières semaines du Franquisme – c'est le dernier moment pour certains pour finir ce qu'ils veulent achever avant le passage à une autre politique – et l'ambiance pesante et inquiétante de l'Espagne est un personnage supplémentaire, qui rode et répand terreur et suspicion. Les personnages du passé ont changé mais ils sont toujours là… surtout les pires…
Les personnages, comme dans ses autres romans, ne sont jamais tout bons ou tout mauvais (même les pires) mais sont fracturés dans leur âme et dans leur chair. Ils ont tous leurs faiblesses, leur part de fragilité, même les plus noirs, ce qui fait qu'au final ils sont finalement tous attachants par un bout ou un autre… Rien n'est jamais blanc ou noir… Au final tout le monde a toujours une part de culpabilité, même si ce n'est pas celle qu'on imagine… Mis à part Andrés, le mari de Lucía, il faut dire que la galerie des hommes que nous propose l'auteur est particulièrement gratinée et détestable…
Comme dans tous les romans de Victor del Arbol, passé et présent se complètent et se répondent. Et les personnages sont si bien analysés et décortiqués qu'on a l'impression de faire leur connaissance et de les côtoyer. Et ils sont tous crédibles et représentatifs de la société, à un moment ou un autre.
Et toujours l'eau… la mer, l'océan, la pluie qui lave et rend vivant…
Lien : https://www.cathjack.ch/word..
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critiques presse (1)
LeMonde   21 février 2020
Le premier roman de Victor del Arbol, aujourd’hui traduit, met déjà en scène l’obsession mémorielle de l’écrivain espagnol. Le cœur du livre, comme des cinq qui le suivront, c'est de savoir si la mémoire est libératrice ou aliénante.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
galyalaingalyalain   30 avril 2020
Trempé comme un moineau, la tête dans le col de son vieux manteau de milicien, Liviano s’abandonnait. Les gouttes glissaient sur ses cheveux couleur cendre, s’accrochaient à sa frange aplatie, et tombaient sur le nez et la bouche. Les yeux fermés, les bras croisés, il ne bronchait pas, on aurait dit la statue d’un ange déchu à l’entrée d’un cimetière. (Au pavillon psychiatrique pénitentiaire de Barcelone)
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bilodohbilodoh   09 octobre 2020
Avait-il jamais été davantage qu’une machine à tuer ? Oui, il avait été un jour un enfant qui rêvait d’être comédien et d’aller de village en village derrière une fanfare, mais il y avait mille ans de cela, ou deux mille. Le temps n’était rien, un voile qu’on déchirait facilement.

(Actes Sud, p.274)
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collectifpolarcollectifpolar   19 février 2020
— Quand l’anneau métallique vibre, actionné par une manivelle sur la trachée, il te prive d’un air précieux, peu à peu, et tu vires au bleu. Tu n’es plus quelqu’un, tu es un poisson qui se débat hors de l’eau, un asthmatique asphyxié dans un sac en plastique, les yeux exorbités et la langue violette. Alors, et seulement si la miséricorde du bourreau le permet, un dernier tour de manivelle, plus brusque que les précédents, te brise la colonne vertébrale avec un claquement sec. Et c’est la fin.
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galyalaingalyalain   30 avril 2020
La question qu’elle se posait souvent résonnait dans sa tête : « Si je ne l’aime plus, pourquoi ne pas le quitter ? » Elle n’avait qu’à dire « non » une bonne fois pour gagner le monde. Mais elle ne saurait où aller devant tant de chemins : quel pays, quelle ville… Quel homme ou quelle femme lui ferait oublier qui elle était ?
L’effort n’en valait pas la peine, à quarante-trois ans, elle était arrivée à cette conclusion. Son mariage et sa vie baignaient dans un bonheur sans accroc, pour lequel elle n’’était pas obligée d’investir quoi que ce soit d’elle-même. Il suffisait de s’asseoir et de laisser le temps passer. Le temps ne guérissait de rien, il se contentait de passer.
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collectifpolarcollectifpolar   19 février 2020
— Tu m’as l’air bien pensive, ce soir.

Lucía de Dios ne répondit pas. Elle admirait avec une certaine tristesse le bâtiment du Théâtre national entièrement illuminé. Elle était fatiguée, mais avait accepté le dîner et la promenade romantique intra muros. Ils avaient parcouru lentement la Ringstrasse et s’étaient arrêtés devant le palais du Belvédère pour admirer les stucs blancs de la façade, les centaines de fenêtres et les toitures en cuivre. Puis ils s’étaient assis dans un charmant jardin, près du modeste appartement où ils vivaient dans le quartier de l’université. Andrés l’embrassa. Elle aurait voulu lui rendre son baiser, mais ce soir-là, elle avait du mal à feindre.
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Videos de Victor del Arbol (51) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Victor del Arbol
À l'occasion du salon du livre de Genève 2019, rencontre avec Víctor del Arbol autour de son ouvrage "Par-delà la pluie" aux éditions Actes Sud.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2283734/victor-del-arbol-par-dela-la-pluie
Notes de Musique : Youtube Audio Library.
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