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ISBN : 2234061660
Éditeur : Stock (18/08/2010)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 499 notes)
Résumé :
« Clandestine depuis un an Il s’étonnait de voir des aliments disparaître de sa cuisine : un quinquagénaire célibataire des quartiers sud a installé une caméra et constaté qu’une inconnue déambulait chez lui en son absence. » Un simple fait divers dans un quotidien du matin à Nagasaki.

Tout commence par des disparitions, en effet, des déplacements d’objets. Shimura-san vit seul dans une maison silencieuse qui fait face aux chantiers navals de Nagasak... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (138) Voir plus Ajouter une critique
Ladybird123
  12 septembre 2018
Il y a de ces tous petits romans qui en s'arrêtant chez vous, laissent une trace indélébile sur votre coeur. Nagasaki.
Il y a mille regards qu'on peut porter sur l'incompréhensible et un seul qui devrait suffir.
L'histoire d'une cohabitation secrète entre deux solitudes. C'est sa maison à Shimura. C'est son placard à elle, la clandestine.
L'homme regarde le ciel de son bureau comme le météorologue qu'il est. La femme regarde le ciel, le soleil sur sa peau.
L'homme se rend compte de la présence de cette autre chez lui. Il retourne et remue sa solitude à coups de rêves inassouvis, de fantasmes abandonnés.
Il se débat entre envies et peurs.
On fuit tous quelque chose. Nul refuge ne peut recueillir la paix tant qu'en soi elle se chamaille avec nos peurs.
Nagasaki.
Quelques pas en pépite.
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missmolko1
  08 avril 2017
C'est sur les conseils de belle-maman qui m'a prêté ce roman que je découvre Eric Faye.
Nagasaki est un court roman ou une longue nouvelle qui nous plonge au coeur de Japon. Shimura-san est un homme qui vit seul dans sa petite maison :
"Il faut imaginer un quinquagénaire déçu de l'être si tôt et si fort, domicilié à la lisière de Nagasaki dans son pavillon d'un faubourg aux rues en chute libre. Et voyez ces serpents d'asphalte mou qui rampent vers le haut des monts, jusqu'à ce que toute cette écume urbaine de tôles, toiles, tuiles et je ne sais quoi encore cesse au pied d'une muraille de bambous désordonnés, de guingois. C'est là que j'habite."
Peu à peu, il a comme une étrange impression que des choses disparaissent : un yaourt dans le réfrigérateur, un fruit, un peu de jus de fruit en moins dans la bouteille....
"A-t-on jamais vu un réfrigérateur hanté ? Ou qui se nourrit en prélevant une part de son contenu? "
Si au début, il pense à de l'inattention, très vite il devient suspicieux et installe une petite caméra dans sa cuisine. Ce qu'il va découvrir n'est pas du tout ce a quoi il s'attendait.
C'est un roman prenant que l'on dévore d'une traite. L'écriture est belle et poétique et j'ai beaucoup aimé la construction du roman qui oppose les deux personnages. Shimura-san m'a paru froid et j'ai eu du mal a m'y attacher. Bon, en même temps, je suppose qu'il a des circonstances atténuantes face a cette curieuse découverte. J'ai, par contre, beaucoup plus aimé la seconde partie du roman ou l'on apprend davantage sur ce second personnage. On éprouve forcement de la sympathie et de la pitié au fil des pages.
Je suis en tout cas conquise et ce livre est un vrai coup de coeur. Je pense partir très vite à la recherche d'un autre roman de l'auteur à découvrir.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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cicou45
  25 novembre 2011
Lu en quelques heures seulement, on peut donc dire que j'ai littéralement dévoré cet ouvrage.
L'histoire est celle de Kobo Shimura, un météorologue âgé de 56 ans et résidant à Nagasaki. Sa vie est des plus banales puisque célibataire, sans enfants, il vit seul, n'a pas de relation amoureuse et ne sort jamais avec ses collègues de boulot pour aller boire une bière après le boulot. Sa vie est d'un ennui à mourir et est chronométré à la minute près, à savoir par exemple qu'il de lui arrive pratiquement jamais de dîner après 18h30. Il connaît les rayons de son frigo par coeur, ce qui va lui permettre de se rendre compte que quelqu'un s'y sert de temps en temps. Après avoir mis cela sur le compte de la sénilité, il en est arrivé à obtenir des preuves irréfutables qu'une personne, une femme, se servait régulièrement dans son frigo. Il n'était donc ni fou ni sénile mais ce qu'il ignorait, c'est que cette même femme cohabitait avec lui depuis un an, et ce, à son insu. Lui qui est si méthodique et droit dans sa vie, comment ne s'est-il pas rendu compte plus tôt qu'une autre personne que lui utilisait la même douche que lui et dormait sous son toit ?
Une histoire très émouvante et très bien écrite. La fin, que je ne vous dévoilerai pas, pour ne pas gâcher l'effet de surprise, m'a néanmoins laissée sur ma faim, effet bien évidemment intentionnel de la part de l'auteur. Je trouve d'ailleurs que ce dernier réussit parfaitement son coup puisqu'il permet au lecteur d'imaginer sa propre continuité de l'histoire en lui permettant de vaguer à mille et une interprétations possibles. de plus, qui a dit que "l'Histoire est un éternel recommencement ? "
Lisez ce livre si vous voulez comprendre où je veux en venir...
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Osmanthe
  23 août 2016
Nous sommes à Nagasaki, de nos jours. Monsieur Shimura, 56 ans, célibataire, météorologiste, est un homme solitaire. Sa vie est morne, son physique même est quelconque, il est somme toute assez transparent. Vivant dans un quartier tranquille peuplé de vieilles voisines qui veillent, il a confiance et ne ferme pas sa porte à clé pour aller au boulot.
Mais depuis quelque temps, il a l'impression que "quelqu'un" se sert discrètement dans son frigo...A l'aide d'une webcam, il va piéger ce qui se révèle être une femme qu'il ne connaît pas. Arrêtée par la police, elle a 58 ans et avouera avoir visité cet appartement très régulièrement, jusqu'à littéralement y vivre, dans l'armoire d'une pièce non occupée, pendant un an.
Pourquoi un tel comportement ? Est-elle folle ? A-t-elle des motivations matérielles, financières...un attachement sentimental particulier pour le propriétaire ou son bien ?
A partir d'un fait divers réel, Eric Faye nous livre un court roman de 80 pages, narrant une histoire peu banale. Sans dévoiler le fond, notamment les réponses aux questions posées précédemment, on peut dire que la construction formelle est solide. On suit pendant longtemps le point de vue du narrateur Shimura, dont on perçoit peu à peu les sentiments ambivalents, partagé qu'il est entre colère d'avoir vu son intimité violée, et une forme de compassion pour l'intruse face à une condamnation assez dure. Et puis brutalement, l'auteur fait parler la femme...qui va nous révéler ses étonnantes motivations.
La surprise est totale lorsque le lecteur comprend finalement que l'intrus dans cette maison n'était pas forcément celle qu'on croyait, les rôles étant finalement renversés. Chasseur chassé, arroseur arrosé, coupable victime...Eric Faye va chercher la réponse à cette énigme dans le passé et la mémoire de cette femme, ainsi que dans l'histoire de Nagasaki et du Japon depuis la bombe du 9 août 1945.
C'est bien écrit, l'intrigue est intéressante, on ne s'ennuie pas une seconde vu le format plutôt novella. L'auteur est passionné par le Japon, et ça se sent, il connaît parfaitement les goûts alimentaires des japonais, et nous fait ressentir avec subtilité certains traits de leur mentalité et de leur mode de vie en général, mais aussi du mal-être de plus en plus général lié notamment à cette crise économique interminable, mais aussi sociétale.
J'ai quand même regretté fortement une fin en accéléré, comme tronquée, les révélations sur les motivations de cette femme se succédant, s'accumulant dans les toutes dernières pages jusqu'à une fin assez brutale, avec un fort goût d'inachevé. Clairement ça coûte la 5ème étoile.
Dommage, mais c'est quand même une lecture qui vaut la peine à mon humble avis !
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sabine59
  08 février 2016
Ce court roman m'a marquée profondément, je l'ai d'ailleurs relu et l'émotion est intacte, plus intense encore ...
Eric Faye signale au départ qu'il s'est inspiré d'un fait-divers japonais. Une triste histoire comme tant d'autres , vite effacée par la ville moderne indifférente et anonyme, qui brasse les humains comme des objets.
Shimura est un célibataire d'une cinquantaine d'années,vivant à Nagasaki, qui aime la solitude.Il est météorologue.Le livre s'ouvre sur sa narration: il raconte qu'il s'est rendu compte progressivement que quelqu'un venait chez lui et lui dérobait de la nourriture.Il fait installer une webcam et finit par s'apercevoir qu'une femme de son âge vit effectivement dans son habitation.Un peu lâche, il se contente de prévenir la police , qui appréhende l'intruse.Elle sera restée en fait un an chez lui...
Cette anecdote est déjà en elle-même surprenante mais si l'auteur ne s'en était tenu qu'à cela, le roman n'aurait pas la force et l'intérêt qu'il prend ensuite. En effet, le point de vue change alors et c'est celui de la femme , "l'intruse", qui est donné. Après une peine assez légère ( mais on peut se révolter en se disant qu'elle n'a rien fait de mal vraiment; je reconnais qu'on peut aussi se dire qu'elle a d'une certaine façon " violé" l'endroit), elle sort de prison. Et elle retourne sur les lieux.La maison est en vente.Elle se rappelle que lors de l'audition, le propriétaire avait dit " Je ne peux plus vivre là-bas."
La lettre finale qu'elle lui envoie et dont bien sûr je ne révélerai rien, est bouleversante et éclaire d'un jour complètement nouveau ce drame de la solitude urbaine, de la nostalgie, du chagrin inconsolable, qui nous poursuit longtemps, lancinant et tenace.
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critiques presse (2)
Telerama   12 octobre 2011
Eric Faye est un auteur qui murmure, exige de l'attention pour parler de mélancolie et de solitude dans une société repliée sur elle-même.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeFigaro   05 octobre 2011
Ce récit s'est vu décerner le Grand Prix du roman de l'Académie française à sa sortie en 2010. Ce n'est pas étonnant : il allie les qualités d'écriture et un sens de la narration qui emporte l'adhésion.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (98) Voir plus Ajouter une citation
MahaDeeMahaDee   24 juillet 2017
La phrase idéale pour commencer une lettre à un inconnu n'existe pas. Nous ne sommes, il est vrai, pas totalement des inconnus l'un pour l'autre, bien que nous ne nous soyons vus, "réellement" qu'une seule fois, et dans des circonstances ô combien particulières. Je ne perdrai pas plus le temps en préambule, Shimura-san. Il était très important pour moi, avant toute chose, de vous exprimer ma reconnaissance pour votre retenue lors du procès. Je ne sais le dire autrement que par ce mot-là, retenue.
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miladomilado   26 décembre 2012
L'intérieur de mon frigo était en quelque sorte la matrice sans cesse recommencée de mon avenir : là m'attendaient les molécules qui me donneraient de l'énergie dans les jours suivants, sous la forme d'aubergines ou de jus de mangue, et que sais-je encore. Mes microbes, mes toxines et mes protéines de demain patientaient dans cette antichambre froide et l'idée qu'une main étrangère attentait à celui que je deviendrais, par des prélèvements aléatoire, me troublait au plus profond.
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KathleeneKathleene   08 mars 2011
Je me dis qu’il faudrait inscrire dans toutes le constitutions du monde le droit imprescriptible de chacun à revenir quand bon lui semble sur les hauts lieux de son passé. Lui confier un trousseau de clés donnant accès à tus les appartements, pavillons et jardinets où s’est jouée son enfance, et lui permettre de rester des heures entières dans ces palais d’hiver de la mémoire. Jamais les nouveaux propriétaires ne pourraient faire obstacle à ces pèlerins du temps. J’y crois fort, et si je devais renouer un jour avec l’engagement politique, je me dis ce que ce serait l’unique point de mon programme, ma seule promesse de campagne.
+ Lire la suite
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Corboland78Corboland78   24 septembre 2015
Par une sorte de « soupirail » que la présence de cette femme avait entrouvert dans ma conscience, j’y voyais un peu clair. Je comprenais que cette année commune, à elle et à moi, même si elle m’avait ignoré et que je n’avais rien su d’elle, allait me changer et que je n’étais déjà plus tout à fait le même. En quoi, je n’aurais pas su le définir. Mais je n’en sortirais pas indemne. Et par la baie vitrée du salon, regardant la ville qui s’endormait, je voyais plus loin ma vie ; beaucoup plus loin qu’une seule vie.
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BibliolibraBibliolibra   28 décembre 2011
"J'aimais ma chambre, balcon sur le monde, sur la renaissance d'un monde où étaient morts plusieurs de mes aïeux, un 9 août lointain. Huit de mes années se sont écoulées là. Comme j'aimais ces pièces, ces murs... Je me dis qu'il faudrait inscrire dans toutes les constitutions du monde le droit imprescriptible de chacun à revenir quand bon lui semble sur les lieux de son passé. Lui confier un trousseau de clés donnant accès à tous les appartements, pavillons et jardinets où s'est jouée son enfance, et lui permettre de rester des heures entières dans ces palais d'hiver de la mémoire."
+ Lire la suite
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Vidéo de  Éric Faye
Dans les pas d'Alexandra David Néel, d'Eric Faye et Christian Garcin
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