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> Pierre Leroux (Traducteur)
> Christian Helmreich (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253096407
Éditeur : Le Livre de Poche (1999)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.68/5 (sur 692 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Manifeste exalté de l'impétueuse jeunesse, Les Souffrances du jeune Werther est le roman qui donna ses lettres de noblesse à Goethe. Le succès de cette œuvre parue en 1774 fut étonnant pour l'époque et le personnage de Werther devint le symbole d'une génération entière.... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Erveine, le 08 juin 2015

    Erveine
    Sur son lit de mort, la mère de Charlotte dans un dernier souffle fait promettre à sa fille de se vouer aux enfants, de s'assumer en tant que mère et même de porter soutien à son père, puis, comme s'il n'y suffisait pas, elle la recommande à ce cher Albert, ami de la famille, ainsi instituée sa promise.
    Certes ! Une recommandation qui apaise la mère quittant le monde des vivants en emportant l'image sereine du couple se soumettant. Mais Charlotte endosse ce rôle bien au-delà qu'il eut fallu tant elle se leurre sur la nature des élans de connivence et d'affection qui la relient à Werther, lequel découvre pareillement que l'attachement de réciprocité qui les pousse l'un envers l'autre est pernicieux puisque scellé des flammes de la passion... J'aurais pu trouver cette lecture désuète et pourtant non ! Même ! Je dirai plus, j'aurais été peinée de passer à côté et d'en méconnaître le sens, le déroulement et la beauté du récit. du reste, pour le trouver désuet encore faudrait-il que je dénie le sentiment amoureux. Or, fort heureusement, ou bien fort malheureusement par ailleurs, l'amour existe. Oui ! Je suis bien sûr de moi criera-t-on ! Qu'est-ce qu'elle en sait ? Mais alors pourquoi ces livres ? Et quand bien même, sans eux ! Pourquoi faudrait-t-il vivre sans espoir ? Vivre sans amour ? Non ! Je ne le veux pas. Pour sûr ! Tout le monde et moi donc n'est pas aimé en retour de ce qu'il attend. Si, si ! Non, non ! Comme ce serait simple. J'imaginais parfois avec un soupçon d'ironie que se trouve dans ma boîte aux lettres, quelques certitudes. Oui ! Vous avez non pas gagné le gros lot mais choisi la bonne personne. Vous pouvez aller en chemin jusqu'à votre dernière heure et couler des jours paisibles, quel qu'en soit le menu, la longévité... Rire... Peut-être qu'il suffirait de ne pas mettre trop haut la barre !
    .
    ㄧ Ainsi fait ! Werther aime la nature et jouit en contemplateur de choses offertes et de joies simples :
    « Que je suis heureux d'avoir un coeur fait pour sentir la joie innocente et simple de l'homme qui met sur sa table le chou qu'il a lui-même élevé ! Il ne jouit pas seulement du chou, mais il se représente à la fois la belle matinée où il le planta, les délicieuses soirées où il l‘arrosa, et retrouve en ‘un' instant le plaisir qu'il éprouvait chaque jour lorsqu'il en suivait la croissance. » (p. 71)
    .
    ㄧ Werther se redécouvre à travers la reconnaissance de l'autre :
    « Elle m'aime ! combien je me deviens cher à moi-même ! combien ㄧ j'ose te le dire à toi, tu m'entendras ㄧ combien je m'adore depuis qu'elle m'aime ! » (p.81)
    .
    ㄧ Désinhibé par le ressentiment amoureux, il s'exalte et babille comme un enfant :
    « Comme je me retirais hier, elle me tendit la main, et me dit : « Adieu, cher Werther ! » Cher Werther ! C'est la première fois qu'elle m'ait donné le nom de ‘cher ‘, et la joie que j'en ressentis a pénétré jusqu'à la moelle de mes os. Je me le répétai cent fois ; et le soir, lorsque je voulus me mettre au lit, en babillant avec moi-même de toutes sortes de choses, je me dis tout à coup : « Bonne nuit, cher Werther ! » et je ne pus ensuite m'empêcher de rire de moi-même. » (p.144/145)
    .
    ㄧ Mais la passion le vole en sa tête et il se languit de n'être point cet homme un instant rencontré, qui lui, a perdu la raison :
    « Où tu étais heureux ! me suis-je écrié en marchant précipitamment vers la ville, où tu étais content comme un poisson dans l'eau ! ㄧ Dieu du ciel, as-tu donc ordonné la destinée des hommes de telle sorte qu'ils ne soient heureux qu'avant d'arriver à l'âge de la raison, ou après qu'ils l'ont perdue ? » (p.148)
    .
    C'est riche ! Il n'y a pas d'espace fortuit et la lecture pourtant reste d'un bout à l'autre captivante.
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  • Par TheWind, le 17 mai 2015

    TheWind
    « Les Souffrances du jeune Werther » est un de ces livres que j'ai du mal à « étoiler ».
    C'est souvent le cas avec les classiques passés depuis longtemps à la postérité. Disons que leur renommée se suffit à elle-même ...et que je ne me sens pas capable de les apprécier à leur juste valeur.
    Ceci dit, je vais tout de même vous donner mon ressenti. On est là pour ça, non ?

    Petit résumé rapide : Werther, jeune homme ambitieux issu de la bourgeoisie tombe amoureux de Charlotte, au cours d' un bal. Cette dernière est pourtant fiancée à Albert, jeune homme aux nombreuses qualités. Qu'à cela ne tienne, Werther s'entête dans cet amour platonique. S'ensuivent entre les trois personnages des relations d'affection, d'amitié, d'amour et de jalousies. Au fil de l'histoire, Werther confie ses sentiments à Charlotte tout en mettant en avant ses pulsions morbides.
    Je ne vous dévoile pas la fin même si cela doit être un secret de Polichinelle !

    Le lecteur vit cette histoire à travers les lettres que Werther écrit à un ami de sa province natale, pendant une bonne partie du roman. Cette forme épistolaire renforce naturellement l'identification possible du lecteur au personnage. Tantôt exalté, tantôt mélancolique, Werther étale ses états d'âme, sans ...état d'âme. le roman paru en 1774 se verra d'ailleurs interdit à la vente par les autorités locales de Leipzig en raison de son immoralité et de son apologie du suicide. Ils n'avaient pas tort ! Une véritable vague de suicides déferle chez les jeunes gens peu de temps après sa publication.
    Au-delà de cette anecdote, ce roman connaît un succès fulgurant, devient un phénomène de mode et va influencer bien d'autres romans. On le considère comme l'un des précurseurs du romantisme.

    Me voilà donc avec un chef d'oeuvre sur les bras...Si ce n'était son poids, je n'aurais aucun mal à le porter -180 pages, c'est une bagatelle- mais il ne s'agit pas de cela, vous vous en doutez bien !
    Il s'agit maintenant de savoir si oui ou non j'ai aimé ce livre.
    Eh bien, « p'têt ben qu'oui, p'têt ben qu'non » vous répondrai-je, en normande d'adoption que je suis …

    J'ai aimé le lyrisme poétique qui se dégage de cette oeuvre, la relation de Werther avec la nature. Toute description du paysage est un véritable miroir de son âme, qui n'est pas sans rappeler les écrits de Rousseau. Jugez plutôt : «  Il règne dans mon âme une étonnante sérénité,semblable à la douce matinée de printemps dont je jouis avec délices. » C'est beau, non ? !
    Et un peu plus loin alors que Werther succombe au désespoir « De même que la nature s'incline vers l'automne, l'automne commence en moi et autour de moi. Mes feuilles jaunissent et déjà les feuilles des arbres voisins sont tombées. » C'est vraiment cet aspect du roman qui m'a le plus séduite. Ces envolées lyriques et cette symbiose entre le personnage et la nature.

    J'ai beaucoup moins apprécié le côté exalté et pleurnichard de Werther. Autant je trouve craquant les hommes qui écrasent une petite larme en toute discrétion, autant les hommes qui pleurent abondamment pour un oui pour un non m'agacent. Petit extrait à l'appui : « Ah ! Lorsque, encore à demi dans l'ivresse du sommeil, je la cherche, et là-dessus me réveille, un torrent de larmes s'échappe de mon coeur oppressé et je pleure inconsolable devant le sombre avenir qui m'attend. » Je comprends bien qu'on puisse aimer follement, passionnément, qu'on se jette à corps perdu dans un amour impossible et platonique mais je crois bien que j'ai passé l'âge de ce sentimentalisme à outrance...
    Certains adolescents pourront s'y retrouver sans doute... (Reste à espérer que ça ne leur donne pas de mauvaises idées.)
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    • Livres 3.00/5
    Par Pingouin, le 12 juillet 2012

    Pingouin
    Quelle délicate tâche que celle de juger négativement -relativement à la renommée de l'oeuvre- un tel classique ! C'est pourtant à celle-ci que je vais m'employer.
    J'ai en effet été déçu à la lecture de cette ouvrage dont j'avais énormément entendu parler, et dont la préface n'a fait qu'exagérer ce sentiment d'attente -j'avoue que l'anecdote selon laquelle Napoléon l'aurait relu sept ou huit fois m'a intrigué. Je ne vais pas vous résumer le livre, vous en connaissez sûrement les grandes lignes, les suicides ayant eu lieu à la suite de sa lecture participant à la propagation de sa légende.

    Le romantisme à l'état pur, avec tout ce qu'il a de magnifique et d'insupportable, voilà comment je résumerais cette histoire et la façon dont elle est narrée. Il est indéniable que le style est raffiné et que certaines images sont magnifiques, mais il s'agit là d'un baume bien inefficace face aux excès sentimentaux qui caractérisent ce romantisme. "Oh ! comme je suis malheureux ! Oh ! comme je souffre ! Oh ! comme le monde entier m'en veut ! Oh ! comme la nature est belle !", je caricature à peine, c'est un côté qui m'a rapidement exaspéré.
    Ne vous méprenez pas, je n'ai pas jeté mon livre à la figure de la première personne paraissant rêveuse que j'ai croisé, c'est évidemment le propre du romantique toutes ces exagérations et je savais plus ou moins à quoi m'attendre, mais il faut reconnaître que celles-ci ne m'ont pas conquis. En somme, c'est loin d'être un mauvais livre, mais l'avantage des classiques est aussi leur plus grand défaut : on les considère comme des valeurs sûres, quand ils ne se révèlent pas conformes à nos attentes, c'est-à-dire, quand on ne découvre pas, si ce n'est un chef-d'oeuvre, au moins un grand livre, on est déçu. Et c'est là précisément ce qui m'est arrivé.
    Je comprends parfaitement que l'on puisse s'extasier devant ce type de personnage, sans doute est-ce là quelque chose d'imputable à un caractère, une façon de penser. En ce qui me concerne, la lamentation constante, comme l'extase à petits frais, ne font pas partie de mon idiosyncrasie.

    En résumé, la déception prime après la lecture de cet ouvrage que je reconnais volontiers comme bon et primordial dans l'histoire littéraire, mais ces deux dernières qualifications ne sauraient me contenter relativement à l'attente que j'ai de la visite d'un tel monument. Goethe n'a pas pour autant perdu mon intérêt, je lirai -avec cette même attente, j'imagine- ses autres oeuvres, ce genre de désappointement ne saurait me dissuader de poursuivre la découverte d'un tel auteur.
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    • Livres 5.00/5
    Par juliette2a, le 08 septembre 2011

    juliette2a
    Un livre très touchant, porté par le désespéré mais passionné Werther, écrivant des lettres à son grand ami Wilhem dans lesquelles il lui fait part de ses douleurs amoureuses pour Charlotte, rencontrée en se rendant à un bal mais promise à un autre...
    Werther n'accepte pas l'amour que porte Albert à Charlotte, et espère toujours pouvoir lui appartenir.
    Mais cela ne se produira pas et petit à petit, Werther pensera à la mort, car son amour partagé par Charlotte ne pourra jamais les réunir.
    J'ai été bouleversée à la fin de ce roman par la situation désastreuse de Werther adressant ses derniers voeux à tous ses amis et à sa famille puis passant à l'acte...
    Très touchant, magnifique, un roman à lire, tout simplement.
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    • Livres 4.00/5
    Par olivberne, le 07 mars 2013

    olivberne
    Werther est un jeune homme romantique, il tombe amoureux d'une jeune fille qui va se marier avec un autre et il va s'effacer par respect, en souffrant mille tourments d'amour.
    L'histoire comme cela peut paraître facile, mièvre et certains ont du souffrir d'ennui et de fatigue à la lecture de ce roman fondateur du Sturm und Grand, mais c'est si bien raconté, si sensible et si bien écrit qu'on en oublie Rousseau, Constant et Vigny pour se rappeler que Goethe est aussi un maître du romantisme et un champion des sentiments.
    C'est un classique et c'est un roman de la jeunesse dans lequel chacun pourra retrouver ses aventures amoureuses. Il ne faut pas avoir peur de la langue du XVIIIe, on s'y habitue vite.
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Citations et extraits

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  • Par Bloodyrose, le 30 novembre 2008

    C'est une chose résolue, Charlotte, je veux mourir, et je te l'écris sans aucune exaltation romanesque, de sang froid, le matin du jour où je te verrai pour la dernière fois. Quand tu liras ceci, ma chère, le tombeau couvrira déjà la dépouille glacée du malheureux qui ne sut pas trouver de repos et qui ne connaît pas de plaisir plus doux, pour les derniers moments de sa vie, que de s'entretenir avec toi. J'ai eu une nuit terrible, mais quelle nuit bienfaisante ! Elle a fixé, affermi ma résolution. Je veux mourir ! Quand je m'arrachai hier d'auprès de toi, dans l'atroce révolte de tous mes sens, quel serrement de coeur ! Comme ma vie, se consumant près de toi sans joie, sans espérance, me glaçait et me faisait horreur ! Je pus à peine arriver jusqu'à ma chambre. Je me jetai à genoux, tout hors de moi ; et ô Dieu ! tu m'accordas une dernière fois le soulagement des larmes les plus amères. Mille projets, mille idées se combattirent dans mon âme ; et enfin il n'y resta plus qu'une seule idée, bien arrêtée, bien inébranlable : je veux mourir ! Je me couchai, et ce matin dans tout le calme du réveil, je trouvai encore dans mon coeur cette résolution ferme et inébranlable : je veux mourir ! Ce n'est point désespoir, c'est la certitude que j'ai fini ma carrière, et que je me sacrifie pour toi. Oui Charlotte, pourquoi te le cacher ? Il faut que l'un de nous trois disparaisse et je veux que ce soit moi
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  • Par Sachenka, le 06 décembre 2014

    Comme cette image [de Charlotte] me poursuit! Que je veille ou que je rêve, elle remplit seule mon âme. Ici, quand je ferme à demi mes paupières, ici, dans mon front, à l'endroit où se concentre la vision intérieure demeurent ses yeux noirs. Ici! Non, je ne saurais t'exprimer cela. Si je ferme les yeux, ils sont encore là ; ils sont là comme une mer, comme un abîme ; ils reposent devant moi, en moi ; ils remplissent les sens de mon front.

    Qu'est-ce qu'un homme, ce demi-dieu de vanité? Les forces ne lui manquent-elles pas précisément à l'heure où elles seraient les plus nécessaires? Et lorsqu'il prend l'essor dans la joie, ou qu'il s'enfonce dans la tristesse, n'est-il pas alors même retenu, et toujours ramené à la morne et froide conscience de sa petitesse, alors qu'il espérait se perdre dans l'infini?
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  • Par kristov1, le 26 janvier 2012

    Pourquoi, m'écriai-je, vous autres hommes, ne pouvez vous parler de quelque chose sans ajouter aussitôt : c'est sage, c'est bien, c'est mal ! Et que veut dire tout cela ? Avez-vous, pour en juger ainsi, pénétré les raisons secrètes d'une action ? Savez-vous démêler avec précision les causes qui l'ont produite , qui devaient nécessairement la produire ? Si vous l'aviez fait, vous seriez moins préssés de juger.
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  • Par adilosa, le 11 août 2013

    " Oh ! qu’est-ce que l’homme, pour oser se plaindre de lui-même ? Je veux, cher ami, je te le promets, je veux me corriger ; je ne veux plus, suivant ma mauvaise habitude, revenir éternellement sur quelques sujets d’affliction que le ciel nous envoie. Je jouirai du présent, et le passé, tel qu’un vain songe, sortira de ma mémoire. Oui, mon ami, tu as raison, l’homme serait moins malheureux si (Dieu sait pourquoi il est ainsi fait), si au lieu de s’appliquer sans cesse à rappeler de douloureux souvenirs, il se laissait aller avec indifférence au cours de la vie."
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  • Par Mistigrif, le 18 août 2013

    Je porte aujourd'hui cachée dans mon sein la source de toutes les misères, comme j'y portais autrefois la source de toutes les béatitudes. Ne suis-je pas le même homme qui nageait autrefois dans une intarissable sensibilité, qui voyait naître un paradis à chaque pas, et qui avait un cœur capable d'embrasser dans son amour un monde entier ? Mais maintenant ce cœur est mort, il n'en naît plus aucun ravissement ; mes yeux sont secs ; et mes sens angoissés, que ne soulagent plus des larmes rafraîchissantes, sillonnent mon front de rides. Combien je souffre ! Car j'ai perdu ce qui faisait toutes les délices de ma vie, cette force divine avec laquelle je créais des mondes autour de moi. Elle est passée !... Lorsque de ma fenêtre je regarde vers la colline lointaine, c'est en vain que je vois au-dessus d'elle le soleil du matin pénétrer les brouillards et luire sur le fond paisible de la prairie, tandis que la douce rivière s'avance vers moi, en serpentant entre ses saules dépouillés de feuilles : toute cette magnifique nature est pour moi froide, inanimée, comme une miniature passée au vernis ; et de tout ce spectacle délicieux je ne peux faire passer de mon cœur dans mon cerveau la moindre goutte d'un sentiment bienheureux. L'homme tout entier est là debout, devant la face de Dieu, comme un puis tari, comme un seau qui a une fuite.
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Thomas Hairmont le Coprophile
Thomas Hairmont- le Coprophile (POL) : Où Thomas Hairmont tente d'expliquer d'où vient "Le Coprophile", et parle de la matière du livre et de la matière fécale, de l'excrément et de l'extrême, des formes et du vivant, du corps et du corps social, des mathématiques et des surfaces, de l'intérier et de l'extérieur, de l'usage de la première personne et de l'abstraction, de la narration et du lecteur, des sensations et des descriptions, de Goethe, de Dante et de William Blake, de la merde et de la quête de l'absolu, au moment où paraît "Le Coprophile" aux éditions POL, à Paris le 22 février 2011











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