> Baptiste Touverey (Traducteur)

ISBN : 2246756111
Éditeur : Grasset (2009)


Note moyenne : 3.8/5 (sur 66 notes) Ajouter à mes livres
Un soupçon légitime est l'histoire d'un homme dont les passions vont causer le malheur de son entourage. John Limpley s'installe à la campagne avec son épouse et adopte un chien, Ponto. Adulé par son mare, l'animal se transforme en tyran... jusqu'au jour où il est délai... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par Zazette97, le 14 mars 2011

    Zazette97
    "Un soupçon légitime" est une nouvelle inédite signée Stefan Zweig - probablement rédigée par l'auteur en 1939 et traduite en français en 2009.
    Betsy et son mari, un couple de retraités fraîchement installés dans une petite maison près de Bath, voient débarquer de nouveaux arrivants avec lesquels ils nouent rapidement des liens.
    Attristés par la solitude de leur voisine Ellen dont le mari John passe la journée au travail, le couple les persuade d'adopter un chien pour tenir compagnie à la jeune femme.
    Mais, dès l'arrivée du jeune Ponto, les choses prennent un tournant inattendu. John, d'un tempérament déjà propice à l'excès, s'accapare l'animal pour l'entourer d'une affection démesurée. le chiot grandit et se montre de plus en plus tyrannique...
    Bon sang de bonsoir ! J'ai eu du mal à rédiger ce billet et ce pour au moins deux raisons...
    Tout d'abord parce qu'il m'a fallu trouver un moyen de ne pas spoiler l'histoire comme l'a fait le quatrième de couverture mais aussi parce que me voilà bien forcée de reconnaître que pour une fois - et je n'aurais pas cru la chose possible - Stefan Zweig m'a déçue :/
    Je suis tentée de croire que si l'auteur s'est abstenu de faire publier cette nouvelle de son vivant, ce n'était sans doute pas sans raison.
    Malheureusement, il y a toujours des éditeurs prêts à écumer les fonds de tiroir pour publier des textes inédits qui se vendront sur la seule base de la réputation de l'auteur.
    Et ça marche ! Je dois avouer que Stefan Zweig est pour ainsi dire le seul auteur dont j'achète les écrits presque à l'aveuglette, avec cette certitude de ne jamais être déçue, quelque puisse être le sujet de l'oeuvre en question.
    J'étais tombée sur cette nouvelle il y a quelques semaines et je n'avais pas pu résister, certaine qu'elle ne ferait pas long feu dans ma PAL.
    Et voilà que hier justement, alors que je tentais d'analyser le comportement exclusif et jaloux de mon chat ("Cette fille débloque complètement ma parole!"), cette nouvelle s'est rappelée à mon souvenir !
    Il est ici question d'un homme excessif par nature qui va jeter son dévolu sur un chien - Ponto - au point de l'idolâtrer et de laisser l'animal régner en maître dans sa maison.
    Le chien sent l'emprise qu'il exerce sur son maître et s'habitue tellement à être l'objet de toutes les attentions qu'il joue de son pouvoir en vrai despote.
    Malheureusement, dès lors que son maître reporte son affection ailleurs du jour au lendemain, le chien ne comprend pas ce qui se passe, ruse pour attirer l'attention jusqu'à commettre l'irréparable.
    Dans cette nouvelle, le chien apparaît bel et bien comme un personnage à part entière que l'auteur, connu pour la finesse psychologique de ses portraits, caractérise si précisément que cet animal nous apparaît sous un jour étonnamment humain.
    Bien sûr une bête reste une bête et la fin de cette nouvelle - malheureusement on ne peut plus prévisible - se charge bien de nous le rappeler en faisant de ce chien un véritable psychopathe !
    Et c'est là que le bât blesse ! Si je reconnais que les animaux peuvent ressentir de la jalousie et se laisser volontiers guider par leur instinct pour défendre leur territoire, je déplore que l'auteur ait choisi de forcer le trait en prêtant à ce chien de mauvaises pensées tellement humaines que j'en suis presque arrivée à oublier le caractère tragique de cette histoire.
    Bien sûr on retrouve avec plaisir l'élégance du phrasé et le vocabulaire étoffé de l'auteur. le personnage de John, le maître, rappelle le goût de Zweig pour ces personnages de monomaniaques qui aiment toujours plus que de raison et ne peuvent exprimer leur passion que dans la démesure, s'abandonnant entièrement à une obsession qui les consume au point de les asservir.
    Mais franchement, si vous voulez découvrir Zweig ou continuer à l'apprécier, prenez n'importe quelle nouvelle mais pas celle-ci...

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2011/03/un-soupcon-legitime-stefan..
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    • Livres 2.00/5
    Par choupynette, le 03 avril 2010

    choupynette
    Les Limpley sont les nouveaux voisins de la narratrice, Betsy, une femme d'un certain âge qui vit avec son mari dans un coin très tranquille de la campagne anglaise. Les Limpley forment un couple très complémentaire. Elle est réservée et parle très peu, alors que lui est expensif, enthousiaste à l'excès: "Ses yeux embués rayonnaient toujours de satisfaction, à propos de tout et de tout le monde. Ce qui lui appartenait, ce qui lui arrivait était splendide, était wonderful ; son épouse était la meilleure épouse du monde, ses roses les plus belles roses, sa pipe la meilleure pipe avec le meilleur tabac". Il est proprement fatiguant, ce qui fait dire à Betsy: "Jamais avant de faire la connaissance de Limpley les personnes âgées que nous sommes ne s'étaient doutées que des qualités aussi estimables que la bonhomie, la cordialité, la franchise et la chaleur des sentiments pouvaient vous pousser au désespoir."
    Un jour, les Limpley adoptent un chien. Dont le mari devient absolument gaga, esclave des quatre volontés de celui qui devint rapidement un tyran. Mais l'arrivée d'un bébé va totalement bouleverser les relations au sein du foyer Limpley, et mener à un tragique évènement.
    La nouvelle est une fois de plus un témoignage des qualités de plume de Zweig, et de sa capacité à décrypter les relations humaines, à brosser en quelques lignes un portrait, une atmosphère. Ce qui peut gêner cependant, c'est la façon dont le chien se voit appliquer les sentiments, les reflexions d'un être humain par Betsy. Cet anthropomorphisme est assez gênant. Mais peut-être faut-il y voir autre chose? Une métaphore sur la façon d'élever un enfant? Je ne sais pas trop. Car si il n'y a aucune arrière pensée, aucune métaphore, je ne vois pas bien l'intérêt de cette nouvelle.
    Cependant, une fois de plus, je me suis laissée emporter par la plume et le rythme de Zweig. Une lecture agréable, très rapide (80 pages seulement), mais qui ne restera pas dans les annales.
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 01 juillet 2011

    brigittelascombe
    Stéfan Zweig, né en 1881 a étudié l'histoire, la philosophie, la littérature, très documenté et cultivé, cet intellectuel à l'érudition sans faille a publié dans des genres différents:Nouvelles,poésies,romans.
    Pour fuir le régime nazi, il s'est exilé à Londres puis à Bath en 1939, avec sa secrétaire Lotte qu'il a ensuite épousée, puis il s'est suicidé en 1942.
    "Vingt quatre heures dans la vie d'une femme" est très connu.
    Il fut l'auteur le plus lu et le plus traduit de son temps.
    Dans ce livre:trois parties essentielles.
    La nouvelle éponyme.
    Un chapitre en allemand: War er es?
    Stefan Zweig, Le Monde d'hier et d'aujourd'hui, où l'on voit que sa vie a été un roman. Ses jeunes années, ses débuts littéraires, la première guerre mondiale, la célébrité entre deux guerres, l'exil et les dernières années.
    Nous découvrons une personnalité et un style intéressants.
    "Un soupçon légitime" m'a plu, car d'emblée nous partons sur une fausse piste quant au meurtrier.
    Cette nouvelle se situe vers Bath où Stefan Zweig a vécu et aborde les conséquences de la démesure des sentiments.
    Qui est donc cet excessif en tout?
    John Limpley (un homme jeune, aimable, un tant soit peu intrusif mais sans histoires) car tout ce qui lui appartient est "wonderful", son épouse,ses roses, tout, tout,tout. Et donc il est normal, lorsque la narratrice, sa voisine Betsy, offre un bouledogue( Ponto) à sa jeune épouse Ellen (qui s'ennuie) que ce chien là soit une merveille de chien.
    Adulé par John, gâté outre mesure, Ponto, tyrannique,mange du foie,fait des caprices,sollicite continuellement son maître qui, lui, devient servile
    "Qu'ils aillent au diable avec leur bonheur! s'énerve Betsy, auprès de son mari. Car trop c'est trop.
    Jusqu'au jour où, Ellen enceinte, contre toute attente, John change d'attitude. Aux petits soins pour son épouse, il délaisse l'animal jaloux, et le repousse. Ce dernier, malheureux, fugue, puis revient hargneux pour s'en prendre au bébé. Un corps à corps Limpley-Ponto s'en suit. L'homme a le dessus, manque d'étrangler le monstre et le ficelle comme un saucisson larmoyant. Un meurtre s'en suivra dont je ne dévoilerai rien..
    Ce drame, dans lequel l'angoisse sourd et monte inexorable, dépeint très bien les conséquences de l'obsession d'un côté et du rejet de l'autre. L'analyse psychologique est très fine. le bouledogue devient peu à peu Ponto, puis le chien, l'animal, la bête à abattre et pourquoi pas... le "Cujo" de Stephen King?
    Oui, mais nous, on l'aime bien ce pôvre Cujo-Ponto là!
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    • Livres 1.00/5
    Par Bunee, le 21 juin 2010

    Bunee
    Je suis perplexe.
    Selon l'éditeur "Dans cette nouvelle angoissante, inédite en français, on retrouve le style inimitable de Zweig et sa finesse dans l'analyse psychologique. (...) Il dépeint avec virtuosité les conséquences funestes de l'obsession et de la démesure des sentiments".
    Perplexe, voire sceptique.
    Certes, l'histoire est originale, et bien progressive dans sa structure.
    Deux couples dans un coin vibrant de verdure, dont chaque maison est doté d'un jardin qui court en pente vers une rivière. La vie s'écoule, paisible, pour une couple retiré jusqu'à l'arrivé d'une jeune couple, Limpley et son épouse, qui n'ont pas pu avoir d'enfant. Limpley est un homme d'un enthousiasme envahissant et d'une vitalité incessante, épuisante, qui ronge son épouse à force de s'occuper d'elle. On dirait de nos jours "gentil mais pot de colle et un peu lourd"
    Leur vieille voisine, qui est la narratrice, leur offre alors un chien, un boxer, au départ pour distraire la jeune épouse.
    Mais Limpley se prend de passion pour la bestiole, la gâte, faisant d'un animal débonnaire un petit tyran domestique. Or, lorsque le couple parvient à attendre un enfant, la démesure de Limpley va se focaliser sur sa femme enceinte, puis sa fille, rendant le chien mortellement jaloux et mettant en place la trame du drame à venir.
    Alors, oui, la structure du récit est suffisamment progressive pour embarquer le lecteur.
    Mais pour ce qui est de la virtuosité du récit, je ne suis pas du tout convaincue. Zweig a habité son narrateur certes comme il convenait de le faire à l'époque de la rédaction de la nouvelle, mais il a teinté le récit d'une bonhommie, d'une espèce de convenance lénifiantes ... et agaçantes à terme. Et on voit arriver la chute à des kilomètres.
    Bon, je suis déçue, honnêtement. Mais pas découragée ;)
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    • Livres 5.00/5
    Par Megh, le 03 avril 2011

    Megh
    J'aime beaucoup le style de Stefan Zweig alors quand je suis tombée sur ce petit livre qu'est le soupçon légitime, je n'ai pas hésité à l'acheter. La déception ne m'attendait point au détour de cette oeuvre.
    Zweig nous peint dans cette nouvelle l'histoire d'un couple âgé, fuyant la ville pour la tranquillité de la campagne, en Angleterre, près de Bath, ils seront bientôt rejoints par un autre couple, plus jeune. Se trouve dans ces premières lignes, une longue description du lieu; je le pensais sans importance, mais il se révèle être un lieu clé de la nouvelle. Bref, les premiers mots, son style simple, mais vif m'enchantent, comme toujours.
    Il est intéressant de se voir décrire l'histoire par un personnage extérieur au drame et non par l'un des intéressés. J'ai vu dans le personnage de Limpley, enthousiaste et exubérant, la personnification des Hommes qui s'attachent beaucoup trop facilement et trop vite aux objets qui les entourent... et s'en détache aussi aisément face à de nouveaux jouets, tels des gosses. Zweig reprend même des phrases en tout point similaires pour chaque nouvel 'objet' admiré.
    L'analyse psychologique des personnages est précise, enfin, celle du chien l'est. Personnage central de la nouvelle, son changement d'attitude, tout au long du livre, est intéressant à voir, par exemple.
    L'histoire en elle-même présente une atmosphère angoissante, car l'on sait l'opinion de la personne qui raconte, Betsy, celle-ci est convaincue qu'IL est le coupable, mais qui ? Elle glisse pour cela plusieurs indices et pistes, et l'on devine rapidement à quel personnage réfère ce il mystérieux. La phrase « c'est lui, c'est lui seul » est présente au début et à la fin du livre, l'on a l'impression d'être revenu au début, que rien n'a fondamentalement changé, mis à part le drame survenu et le départ du jeune couple. Une sorte de structure cyclique intéressante et oppressante, car ledit meurtrier rôde toujours et un soupçon seul, même légitime, ne peut réellement l'inculper.
    En somme, cette nouvelle cumule plusieurs avantages : par définition, elle est courte et le style de Zweig est simple, facile et captivant. Ce n'est peut-être pas un classique ni l'oeuvre la plus connue de Zweig, mais elle reste intéressante si l'on aime son style ou si l'on veut le découvrir.
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Citations et extraits

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  • Par saphoo, le 24 mars 2010

    Pour ma part, j'en suis tout à fait certaine, le meurtrier c'est lui - mais il me manque la preuve ultime, irréfutable. " Betsy ", me dit toujours mon mari, " tu es une femme intelligente, qui observe vite et bien, mais tu te laisses mener par ton tempérament et tu portes souvent des jugements hâtifs. " En fin de compte, mon mari me connaît depuis trente-deux ans et ses mises en garde sont peut-être, et même probablement, justifiées. Je dois donc, puisqu'il me manque cette preuve ultime, me faire violence pour réprimer mes soupçons devant les autres. Mais chaque fois que je le croise et qu'il s'approche de moi, brave et amical, mon cœur s'arrête de battre. Et une voix intérieure me dit : c'est lui et lui seul, le meurtrier.
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  • Par jostein, le 02 août 2010

    L'animal, qui ne maîtrise pas la parole, est obligé de concentrer toute son expression dans sa pupille.
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  • Par brigittelascombe, le 01 juillet 2011

    Cette oisiveté ne peut que la mener à la mélancolie et cette mélancolie à son tour à une sorte de haine contre la gaieté provocante de son mari qui épuiserait tout être humain normal.
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  • Par brigittelascombe, le 01 juillet 2011

    Ses larges mains couvertes de taches de rousseur étaient comme son grand coeur toujours intrusives.
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Les Derniers jours de Stephan Zweig en BD, interview du dessinateur Guillaume Sorel .
Interview du dessinateur Guillaume Sorel au Salon du Livre de Paris 2012 à l'occasion de la sortie de l'album Les Derniers jours de Stephan Zweig en BD, par Laurent Seksik et G. Sorel (chez Casterman).








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