Stéfan Zweig, né en 1881 a étudié l'histoire, la philosophie, la littérature, très documenté et cultivé, cet intellectuel à l'érudition sans faille a publié dans des genres différents:
Nouvelles,poésies,romans.
Pour fuir le régime nazi, il s'est exilé à Londres puis à Bath en 1939, avec sa secrétaire Lotte qu'il a ensuite épousée, puis il s'est suicidé en 1942.
"Vingt quatre heures dans la vie d'une femme" est très connu.
Il fut l'auteur le plus lu et le plus traduit de son temps.
Dans ce livre:trois parties essentielles.
La nouvelle éponyme.
Un chapitre en allemand: War er es?
Stefan Zweig,
Le Monde d'hier et d'aujourd'hui, où l'on voit que sa vie a été un roman. Ses jeunes années, ses débuts littéraires, la première guerre mondiale, la célébrité entre deux guerres, l'exil et les dernières années.
Nous découvrons une personnalité et un style intéressants.
"
Un soupçon légitime" m'a plu, car d'emblée nous partons sur une fausse piste quant au meurtrier.
Cette nouvelle se situe vers Bath où
Stefan Zweig a vécu et aborde les conséquences de la démesure des sentiments.
Qui est donc cet excessif en tout?
John Limpley (un homme jeune, aimable, un tant soit peu intrusif mais sans histoires) car tout ce qui lui appartient est "wonderful", son épouse,ses roses, tout, tout,tout. Et donc il est normal, lorsque la narratrice, sa voisine Betsy, offre un bouledogue( Ponto) à sa jeune épouse Ellen (qui s'ennuie) que ce chien là soit une merveille de chien.
Adulé par John, gâté outre mesure, Ponto, tyrannique,mange du foie,fait des caprices,sollicite continuellement son maître qui, lui, devient servile
"Qu'ils aillent au diable avec leur bonheur! s'énerve Betsy, auprès de son mari. Car trop c'est trop.
Jusqu'au jour où, Ellen enceinte, contre toute attente, John change d'attitude. Aux petits soins pour son épouse, il délaisse l'animal jaloux, et le repousse. Ce dernier, malheureux, fugue, puis revient hargneux pour s'en prendre au bébé. Un corps à corps Limpley-Ponto s'en suit. L'homme a le dessus, manque d'étrangler le monstre et le ficelle comme un saucisson larmoyant. Un meurtre s'en suivra dont je ne dévoilerai rien..
Ce drame, dans lequel l'angoisse sourd et monte inexorable, dépeint très bien les conséquences de l'obsession d'un côté et du rejet de l'autre. L'analyse psychologique est très fine. le bouledogue devient peu à peu Ponto, puis le chien, l'animal, la bête à abattre et pourquoi pas... le "
Cujo" de
Stephen King?
Oui, mais nous, on l'aime bien ce pôvre
Cujo-Ponto là!