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EAN : 9791097434151
283 pages
Éditeur : Lynks Editions (16/05/2018)

Note moyenne : 4.27/5 (sur 62 notes)
Résumé :
Matéo Soler sait que les fantômes existent. Il le sait parce que sa mère en a aidé des dizaines à trouver le repos, jusqu’à ce qu’elle-même meure, des années auparavant. Ce que le jeune garçon ne pouvait pas deviner, par contre, c’est qu’il hériterait de son pouvoir. Devenu Passageur à son tour, le voilà contraint de lutter contre un trushal odji, une âme affamée. Pour s’en libérer, Matéo n’a d’autre choix que de rejoindre l’âme dans son époque d’origine afin d’y ap... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (57) Voir plus Ajouter une critique
Livresque78
  16 août 2019
https://livresque78.wordpress.com/2019/08/16/le-passageur-le-coq-et-lenfant-de-andoryss/
Ce que j'ai aimé:
Le passageur a beau être un roman destiné prioritairement à la jeunesse, il est écrit avec beaucoup d'intelligence, un vocabulaire riche et une histoire profonde et forte. Matéo est un jeune homme touchant, son passé et sa vie actuelle amènent le lecteur à l'empathie. le sujet de l'adolescence difficile est donc abordé avec les problèmes relationnels de cet âge, les difficultés à trouver sa place au sein de sa famille. Matéo a une relation extrêmement tendue avec son père, on pourrait même la qualifier de révoltante, la douleur de la perte a mis une distance incommensurable entre ces deux-là. La xénophobie, les clichés raciaux sont également abordés et Matéo et sa famille en font également les frais. Vous l'aurez donc compris, des sujets d'actualité et de fond sont abordés par l'auteure, ce qui rend ce roman vraiment intéressant et lui donne un côté mature qui fait sa force.
Ce que j'ai moins aimé:
Ce qui m'a moins plus dans ce livre est justement ce pour quoi je l'avais choisi: le surnaturel. Je n'ai tout simplement pas été transporté par l'aventure à travers le temps de Matéo, il m'est d'ailleurs difficile de mettre des mots sur cette déception. Pas de passion, pas d'envie de découvrir la suite de ce voyage dans le passé ni de connaître l'issue de cette mission dont Matéo se retrouve involontairement dans l'obligation de réaliser. J'ai pourtant bien conscience que le don dont il a hérité lui permet de se sortir d'un quotidien où il ne trouve plus sa place depuis longtemps, pourtant la magie n'a pas opéré. C'est peut-être au final cette ambiance trop noire, trop sombre, trop triste qui m'a freinée. J'en suis un peu déroutée, car je dois avouer que j'attendais beaucoup de cette lecture, dommage!
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Ganistor
  07 septembre 2018
Avant de parler de l'histoire, je me dois de vous raconter comment j'ai découvert ce livre totalement par hasard. Bon c'est un fait, j'adore flâner dans les librairies et c'est d'ailleurs à cause de cela que je suis victime d'achats compulsifs à chaque fois....Bref, je baignais déjà depuis un certain temps dans cette ambiance si agréable et apaisante des pièces remplies de livres, lorsque subitement mon regard s'est arrêté sur le dos d'une couverture magnifique dans le rayon fantastique de la librairie! Incroyable, je suis attiré par ce livre comme par un aimant. Je le prends en main sans perdre une seconde et je découvre alors une couverture originale à la fois mystérieuse et glauque à souhait! On y voit une femme habillée d'une robe blanche entourée de mausolées dans un cimetière particulièrement sombre, et qui couvre son visage de ses mains comme si elle pleurait. J'ai immédiatement pensé aux légendes de la dame blanche et des banshees! Ensuite, juste en dessous de cette scène lugubre, le titre très énigmatique "Le passageur" est mis en valeur grâce à une superbe dorure! J'ai la bouche grande ouverte tellement je suis surpris! Je ne quitte pas des yeux ce livre et je sais déjà que je vais l'acheter sans même avoir lu la quatrième de couverture. Oui.... je fais partie de ces personnes qui adorent les beaux livres (les fameux livres objets, ou livres bijoux). Cependant, je suis assailli par quelques remords. Bah quoi c'est vrai, les gens normaux n'achètent pas de livre sans lire le résumé! Alors, je me décide à le faire....Je vous laisse juger par vous-même avec cet extrait : " La Dévoreuse se tient au centre du tourbillon. Ce ne sont plus des pleurs, ce sont des cris, des morceaux d'âmes que l'on arrache et qui produisent ce son. Dressée au milieu des ombres, la silhouette est un spasme de lumière qui se contorsionne dans le courant, comme si on le torturait. Je lutte comme un forcené pour l'atteindre et soudain je crève la bulle. Au centre du cyclone, le courant se meurt et disparaît pour rugir à l'extérieur de nous." Je n'ai pas le temps de lire la suite parce que je me retrouve, comme par magie, à la caisse devant la libraire qui me dit bonjour avec un sourire ravissant! Quelques heures plus tard, je lis déjà les premières pages du roman!
Bon alors, c'est bien joli tout ça, mais qu'en est-il de l'histoire?
La couverture est pour moi vraiment fidèle à l'histoire. Elle est à la fois belle et triste, avec à la fin une touche d'espoir et d'apaisement qui apparaît dans un contexte sinistre, exactement comme la dorure du livre mêlée à un fond sombre représentant les ténèbres nocturnes. On plonge dans un univers surnaturel où l'on suit le parcours d'un lycéen, Matéo Soler. Ce dernier possède une capacité très particulière héritée de sa mère: il peut voir les esprits des morts, les entendre et même leur parler. Il peut donc communiquer avec eux n'importe où, et à tout moment. Son rôle est de les aider à trouver le repos éternel. On retrouve le même principe que celui de la série "Ghost whisperer" qui met en scène l'héroïne Melinda Gordon et ses pouvoirs. D'ailleurs, cette faculté est plus une malédiction qu'un don pour notre héros car ignorer l'appel des morts le mènera sans détour à la folie pure. Ah et je vous ai déjà dit que les esprits les plus dangereux de ce monde font appel au Passageur en pleurant et en hurlant leur désespoir sous forme de tempête surnaturelle (cf extrait résumé! :P )? Il y a de quoi devenir marteau... En plus de ça, depuis le décès de la mère du héros, la vie familiale est devenue complexe et délicate, en particulier avec son père. Leur relation s'est terriblement détériorée jusqu'à devenir étouffante (ce "léger" détail sur la mère est déjà énoncé dans le résumé du livre donc je ne vous gâche rien!). Par ailleurs, la famille de Matéo ne se résume pas au père infect, au grand frère courageux et à la petite soeur talentueuse! Oh que non! Ce petit groupe est lié à la communauté des Roms par la mère et la capacité de communiquer avec les morts a un lien direct avec cette grande famille. Tous ces éléments sont très difficiles à gérer pour le héros et sont la source d'un réel sentiment d'insécurité. Matéo lutte tout au long du livre, à la fois pour comprendre son héritage mais aussi pour trouver sa place à la fois dans la société et mais également dans sa famille.
Bilan, bilan: j'ai beaucoup aimé ce premier tome de la série "Le passageur" qui aborde intelligemment et avec efficacité, divers thèmes qui sont délicats, en particulier les liens familiaux et le droit d'être différent de ses proches. Par ailleurs, la plume de l'autrice est un véritable plaisir pour les yeux!
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PapillonVoyageur
  31 août 2019
Comme à mon habitude, j'avais juste survolé le résumé, sans trop m'y attarder, pour tout découvrir sans a priori. Et cela m'a beaucoup surprise… Dès la première page, une drôle de sensation s'est installée dès que je lisais ce roman, je ne saurais l'expliquer. Cela me rappelait mon état lorsque je visionnais Ghost Whisperer durant mon enfance. Quand une histoire touche au paranormal, au surnaturel, et que l'on y aborde les esprits, les fantômes, les apparitions étranges, je me sens très bizarre. Sans doute parce que je crois en l'existence de certains phénomènes, mais cela ne tient qu'à moi. Dans tous les cas, cette sensation ressentie lors de ma lecture n'a pas du tout été mauvaise. Une aura particulière se dégage de ce livre, et elle ne laisse pas le lecteur indifférent. En tout cas, moi, elle m'a troublée. Et ça me donnait toujours envie d'en savoir plus, de tourner les pages, de découvrir la suite des aventures de Matéo, du trushal odji et d'autres personnages, encore, que l'on apprend à connaître à mesure que le récit avance. J'ai lu cette histoire très lentement. Non pas parce qu'elle m'ennuyait ou que je la trouvais dénuée d'intérêt. En plus de manquer cruellement de temps, comme je l'expliquais plus haut, c'est un roman atypique, qui sort des sentiers battus. Je suis habituée à la lecture de l'imaginaire, et pourtant ce premier opus m'a éjectée de ma zone de confort. ​
L'intrigue fantastique ficelée par Andoryss touche au domaine des esprits, du surnaturel, de la mort. Lorsque l'on comprend que le but d'un Passageur est d'aider les esprits à trouver la paix (pour son bien, mais surtout pour le bien du Passageur), on pense d'emblée à un scénario tout cuit, bourré de stéréotypes et d'idées préconçues. Pire, on se persuade d'être tombé sur un auteur qui s'exprime sur ce sujet sans s'y connaître. Or, dans le coq et l'enfant, un véritable univers travaillé s'est ancré dans notre réalité. Un Passageur doit retracer la vie du trushal odji qu'il entend, afin de l'aider dans son vécu, juste avant sa mort. Pour que son âme affamée s'en aille, Matéo doit donc repartir dans le passé de cette dernière pour effectuer une certaine mission. Et c'est grâce à la réussite de cette mission que le trushal odji s'en ira. Dans ce roman, Matéo retourne donc à l'époque de la Commune de Paris et de la semaine sanglante, une période de l'Histoire que je ne connaissais pas en profondeur. À ce moment-là, j'ai compris que, non seulement ce premier opus alternait entre YA, drame et fantastique, mais qu'en plus il se recouvrait d'une grosse couche d'historique un peu plus tard. L'autrice mélange les genres avec habileté, le tout dans la finesse et la légèreté. Légèreté fortement appréciable, d'ailleurs, pour une lecture aussi dure émotionnellement. J'ai eu de la peine pour Matéo, sa situation est injuste, ce qui apporte son lot de tristesse dans une intrigue déjà sinistre. Bien qu'excellente, l'intrigue de ce premier opus s'avère rapidement éprouvante. À la fois perturbante et plaisante. Cependant, un point m'a dérangé : la lenteur. Jusqu'au premier tiers de l'histoire, j'ai eu du mal à accrocher, parce que tout avançait au ralenti. J'ai vraiment commencé à m'éclater lorsqu'il y a eu plusieurs allers-retours vers le passé, que l'on immergeait vraiment dans la Commune de Paris, au cimetière du Père Lachaise… J'ai adoré en apprendre un peu plus sur Paris ! On sent aussi que l'autrice s'est renseignée sur cette période, voire qu'elle s'y intéresse beaucoup, à travers ses lignes. Ce sont des passages que j'ai lus avec beaucoup d'avidité.
Ce que j'ai vraiment préféré, en dehors de l'aspect historique bien maîtrisé, c'est la plume de Andoryss. Tout le roman est narré par Matéo, à la première personne du singulier, donc. Je n'ai aucune préférence de ce côté-là, mais il faut que ça reste bien écrit tout de même. Et c'était le cas dans ce premier opus ! le vocabulaire de l'autrice est impressionnant, tout en restant accessible à Matéo, un adolescent de 15/16 ans. Elle a su montrer l'étendue de ses connaissances, de son talent en écriture et de son style incroyable, tout en nous rappelant, par le biais des mots et des expressions, que nous suivions les pensées d'un jeune garçon. Pas une seule fois, j'ai été expulsée de l'esprit de Matéo, en me disant « là, c'est Andoryss qui parle ». À force de continuellement ressentir les émotions du protagoniste, on finissait même par croire qu'il a lui-même écrit son histoire, alors qu'il s'agit d'un personnage fictif. C'est un livre dans lequel on plonge tête la première, et il nous noie dans ses eaux glacées. L'écriture est fluide, addictive, vraiment bien dosée dans les émotions, les actions et les descriptions. Mais surtout, elle est poignante, donnant ainsi envie de continuer à suivre les aventures de Matéo. C'est ce qui m'a vraiment accroché au récit, lorsque l'intrigue se montrait un peu lente, durant le premier tiers. Un grand bravo à Andoryss pour une telle maîtrise de narration, nous avons clairement affaire à une conteuse fantastique !
Parler des personnages, ça va être un chouïa compliqué sans spoiler (et tel n'est pas mon but). Mais je peux vous parler du protagoniste du récit, Matéo. Je n'ai pas très bien cerné Matéo, c'est un garçon particulier, avec une personnalité décousue, voire un peu floue. On passe notre temps dans sa tête, et au final, j'ai eu l'impression d'avoir rencontré un adolescent vaporeux. Sa vie est triste, donc ses pensées le sont. On ne sait pas trop ce qu'il aime, ce qui le rend heureux. Il a l'air de vivre très simplement, de ne pas avoir beaucoup de loisirs. Puis, le don de Passageur lui tombe dessus, on sent qu'il n'en a pas très envie, qu'il a du mal et qu'il se bloque, ce qui l'empêche d'avancer. C'est un personnage très complexe, difficile à connaître en un seul tome. de plus, certaines révélations sont données seulement à la fin du livre, ce qui remet en perspective tout ce que l'on a lu juste avant et tout ce que l'on connaissait de Matéo. Mais, ça nous permet d'un peu plus de le situer, de comprendre son fonctionnement. de mon côté, je me suis attachée à sa narration, mais pas forcément à lui. Je suis très touchée par ce qu'il vit avec sa famille, notamment son père, mais en dehors de ça, je ne me suis pas sentie très proche de lui durant ma lecture. J'ai surtout été très sensible à la justesse de ses mots, à sa façon de voir les choses. Je l'ai adoré comme narrateur, mais je n'ai pas encore pu le cerner comme il se doit en tant qu'acteur de l'histoire, que Passageur, frère et fils. J'ai encore du mal à savoir qui est réellement Matéo Soler. Alors, j'ai vraiment hâte d'en apprendre davantage sur lui et le mythe des Passageuses dans le deuxième tome !
Malgré son début lent, l'histoire s'est beaucoup rattrapée sur son final. Des réponses à certaines questions tombent, l'autrice nous donne des explications sur certains éléments, elle éclaire des zones d'ombre, tout en gardant un récit énigmatique. Même si l'on apprend des choses, que des révélations nous sont dévoilées, un mystère brumeux plane encore au-dessus de la famille Soler, mais surtout Matéo. Un mystère qui sera résolu à mesure que l'on avance dans la saga. C'est avec cette fin que je me suis rendu compte qu'Andoryss avait vraiment bien dosé son premier tome ! Néanmoins, pour être tout à fait honnête, j'ai quand même trouvé cette conclusion très bien. Je n'ai pas été impatiente de sauter sur la suite, je prends même mon temps avant de la lire. Contrairement aux fins frustrantes de certains livres, celle-ci est passée comme une lettre à la poste. Et je n'ai donc pas ressenti le besoin viscéral de lire le deuxième tome tout de suite ! Est-ce un défaut ou une qualité ? Je ne saurais dire… Mais ce n'est que mon ressenti, après tout ! Je suis quand même très curieuse de découvrir la suite des aventures de Matéo. Peut-être que ce nouvel opus me plaira davantage ? J'ai vu qu'il évoquait la Seconde Guerre mondiale dans son aspect historique… Une période que j'adore, alors il y a des chances. Vous le saurez dans la chronique dédiée à ce deuxième tome !
Grosso modo, le premier tome de le Passageur se place quelque part entre le YA, le drame, le fantastique et l'historique. Un véritable cocktail de genres qui devrait plaire aux amateurs de surnaturel, notamment dans le domaine des esprits. Étant peu habituée à ce type de récit, cette lecture m'a surprise de beaucoup de façons, à commencer par l'originalité de son intrigue et la plume incroyable d'Andoryss. Elle reste fluide, tout en se composant d'un vocabulaire riche, bien trouvé, en adéquation totale avec le narrateur et l'autrice du livre. Une lecture rapide, légère, traitant cependant un thème difficile à exploiter sans tomber dans le tout cuit. En plus d'avoir créé un univers atypique dans un contexte réaliste, Andoryss a su apporter une atmosphère à son histoire. Je recommande chaudement le Passageur aux fans de paranormal et d'Histoire, mais aussi aux lecteurs qui, comme moi, souhaitent sortir de leur zone de confort !

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DreamBookeuse
  15 septembre 2018
Matéo Soler n'aurait jamais dû hérité du don de sa mère. Les Passageurs sont toujours des femmes depuis la nuit des temps. Mais quand pour la première fois il voit un mulo il sait que le temps lui est désormais compté. Pourtant, entre la haine de son père, le mépris de ses professeurs pour ses origines Roms et le racisme qu'il subit, devoir affronter des fantômes était bien la dernière chose dont il avait besoin.
Accompagné par une petite fille qui n'arrive pas à lui confier son nom le voilà parti pour la chasse aux fantômes, parce que s'il n'arrive pas à trouver ce qui ancre le trushal odji dans ce monde…l'âme qui pleure pourrait bien le dévorer tout entier.
Mon avis
Le Passageur est un roman étonnant. Contrairement à la plupart des chroniques que j'ai pu lire… je ne me suis pas faite embarquée directement dans l'aventure. Je dois dire que j'ai même trouvé la plume plutôt étrange. Et puis au fur et à mesure…ça m'a fait l'effet d'un tourbillon, vous voyez, des mouvements progressifs, et d'un coup j'étais partie, avalée, aspirée par l'action, l'émotion et la Commune de Paris.
Le premier point fort de ce roman réside dans le fait qu'il soit profondément humain. Émotionnellement parlant il est même très touchant. Matéo est un enfant à la santé fragile et dont les nuits sont peuplées de cauchemars. Année après année il subit la haine progressive de son père qui lui reproche d'avoir tué sa mère. Sous son regard bleu glacé, trop semblable au sien, Matéo se sent rétrécir, disparaître, et pourtant lui aussi se sent coupable. Mais il n'était qu'un enfant lorsque la maladie qu'il avait contractée a contaminé sa mère puis sa soeur. Lui seul a survécu. Parfois, pour échapper à ses coups et laisser un peu de paix dans leur appartement, Matéo préfère fuir, se réfugier sous les ponts et dans les ruelles.
Pour contrebalancer cette noirceur, Dio, son grand frère, et Luisa, sa petite soeur, l'entourent d'affection et d'amour. Mais il est parfois bien difficile de recevoir cet amour quand on pense ne pas le mériter. Diego, dit Dio, est un personnage que j'ai beaucoup apprécié, il est très protecteur envers sa famille et n'hésite pas à se mettre entre son père et son frère lorsque cela commence à dégénérer. Second père pour cette fratrie meurtrie il se donne corps et âme pour les protéger. Quant à Luisa, elle m'intrigue. le petit génie de la famille semble avoir également une conscience très aigüe de ce qui l'entoure et ce qui se joue parfois sous ses yeux de petite fille. J'espère que nous aurons droit à un développement plus poussé dans le prochain tome.
Outre cette charge émotionnelle que Matéo est obligé de supporter et d'affronter, son don se déclenche mystérieusement à l'arrivée de cette jeune fille, son premier mulo, son fantôme. Les cheveux noirs, le visage maigre, la chemise blanche collée à la peau et le corps dégoulinant, elle m'a beaucoup fait penser aux petites filles des films d'horreur.
Seul problème n'est pas Passageur qui veut et surtout pas un homme. Seules les femmes ont cette fonction parce qu'elles peuvent porter la vie et c'est cet ancrage qui leur permet de sortir des limbes. Je ne connais pas assez le peuple des gitans pour savoir si Mel Andoryss a inventé ou non les légendes et les termes que nous avons croisés, mais au vu de son sens du détail lors des voyages temporels, je ne serai pas surprise que tout soit « réel ».
Son père ayant coupé tous les ponts avec les traditions Matéo sait dors et déjà qu'il ne sera pas aisé de se faire une place dans l'histoire de ce peuple. Il ne connait pas leur langage, leur coutume et tout ce dont il se souvient ne sont que des bribes de souvenirs, des histoires que lui racontaient sa mère ou Diego. Son père y a veillé.
Devant faire face tout seul à son « âme qui pleure », le jeune garçon n'a plus le choix et décide de faire confiance à son fantôme. le voilà fraîchement débarqué à Paris en 1871, en pleine insurrection, événement que l'on nommera plus tard « La Commune de Paris ». A partir de là, tout s'accélère, ayant trouvé son fantôme, à cette époque bel et bien vivant en la personne de Marie, une insurrectionnelle. En plein milieu des bains de sang et des massacres, il devra se frayer un chemin à travers les ombres afin de dégager la vérité. Bien que je ne connaisse que de très loin cette époque puisqu'elle est finalement très peu évoquée dans les livres d'histoire, Mel Andoryss a réussi avec brio à recréer cette ambiance de peur et de panique.
La fin est assez surprenante et on comprend très vite que l'autrice nous a un peu menés en bateau mais on se laisse faire avec plaisir. Maintenant que tous les pions sont en place, les dés sont jetés, et advienne que pourra !
Dernier point non négligeable pour faire de ce roman une petite pépite : le soin apporté à l'édition. La couverture est légèrement gaufrée, le titre a subi un petit marquage à chaud lui conférant un doré brillant et l'illustration est tout simplement sublime, un peu glauque mais avec un effet « encre de chine » à tomber. Petit bonus pour votre bibliothèque, le dos s'est pourvu du même sens esthétique. J'adore !
En résumé
Le Passageur : le coq et l'enfant est un roman particulièrement addictif qui ne vous laissera pas filer. Même si sa couverture peut vous sembler terrifiante, l'histoire en elle même l'est beaucoup moins et vous fera sentir que quelques petits frissons. Mes ami.e.s peureu.x.ses vous pouvez vous y aventurer sans crainte. Grâce à une formidable plume, Mel Andoryss arrive aussi bien à nous embarquer dans cette vie de famille, dans la poésie des origines Roms ou encore dans cette chasse au fantôme à travers le temps et l'espace. Les émotions qui se dégagent du personnage sont extrêmement touchantes et on ne peut que réfléchir à la place des Roms aujourd'hui dans notre société.
Une fois le roman refermé, on ne veut qu'une chose… la suite !
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IreneAdler
  20 août 2018
Franchement, en voyant la couverture, j'ai cru que c'était une resucée de Miss Pérégrine et les enfants particuliers. Attention spoiler : pas du tout. Alors oui, le personnage principal hérite d'un pouvoir familial, celui de pouvoir traverser les plis du temps. Mais là s'arrête la comparaison.
Déjà, le pouvoir de Matéo, c'est de faire passer les morts qui n'arrivent à trouver le repos : il doit découvrir ce qui les retient et résoudre leur dilemme. Pas facile. Surtout que lui-même est hanté. Et attention : les passageurs ne sont pas censés exister : seules les femmes ont le pouvoir de délivrer les esprits. Tout pour réussir, quoi. Et je ne parle pas du reste.
J'écrivais dans mon avis sur le fils de l'Ursari que les "gens du voyages" (Roms, tsiganes, ici Sinti) ne sont pas très présents dans la littérature et voila qu'ils sont les personnages de 2 romans que je lis à très peu de temps d'intervalle (j'ai lu Grâce et dénuement de Ferney, aussi il y a longtemps et je ne les avais plus vraiment recroisé, du moins en personnages principaux). Et je crois que ça manque un peu à notre littérature. Ça les laisse, comme le dit Matéo, "en dehors de l'histoire".
Et puis Matéo est un personnage vraiment intéressant, bien qu'il ait eu un peu tendance à se lamenter sur sort (qu'il n'a certes pas toujours facile, origine mise à part). J'aime beaucoup ce personnage hanté, qui lui donne son pouvoir de passeur d'âmes. Et cette dualité féminine/masculine tout à fait acceptée, est vraiment une bonne idée (et je ne le dis pas uniquement à cause de l'atmosphère sociale actuelle. Mais ça joue, c'est sûr), une idée originale. Et puis ce n'est pas un super-héros, il fatigue, il a du mal à respirer, a des émotions (et même il pleure, même si c'est un garçon !).
Je crois que la littérature, notamment jeunesse (mais pas que) a besoin de ce genre de personnage masculin sensible, attaché à sa famille et qui s'avoue ses faiblesses en tentant de les transformer. Et qui accepte d'être aussi un peu une fille. Oh le chemin ne sera pas facile, mais je vous le laisse découvrir.
Je remercie Babelio et les éditions Lynks de m'avoir fait gagner ce roman.
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critiques presse (1)
Elbakin.net   11 juillet 2018
Andoryss choisit un style très brut, très violent dans son écriture pour l’époque moderne. Un style qui n’est pas agréable à la lecture, encore plus lorsqu’on l’oppose à celle utilisé pour raconter la Commune où tout paraît plus fluide, mieux cadencé.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
DreamBookeuseDreamBookeuse   15 septembre 2018
Il ne supportera pas que je sois un Passageur. Je vais lui renvoyer à la gueule tout ce qui le blesse, ce qu’il déteste, ce qu’il a effacé : la mémoire de sa femme, mon existence et notre passé. La tradition. Des choses qu’il voudrait avoir enterré avec le reste. Ce serait comme si je le provoquais.
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FungiLuminiFungiLumini   25 juillet 2019
La peur sourde des pavés, des pierres et des arbres, elle glisse entre les particules d’air, entre les brins d’herbe et les feuilles desséchées. Elle rampe en tentacules invisibles en direction des deux gardiens. Je la sens curieuse, amusée. La peur les connait. D’ordinaire, elle les évite, elle ne leur fait pas de mal, mais la volonté des spectres l’incite au jeu.
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GanistorGanistor   05 septembre 2018
Je les connais, les autres sans domicile fixe. Ils n'ont pas cherché à se retrouver là plus que moi. C'était peut-être provisoire, peut-être par inadvertance, peut-être parce qu'ils n'avaient pas mesuré les conséquences, ou parce que, mis dehors par une administration à laquelle ils ne comprenaient rien, ils sont tombés au bas d'une falaise qu'ils ne peuvent pas remonter. Leur histoire est la mienne, parce que potentiellement, ils sont moi demain.
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Koneko-ChanKoneko-Chan   13 janvier 2020
Je pense à un vieux film que j’ai vu gamin, qui m’avait traumatisé, avec un gosse qui essaie de sortir son cheval du marais et le cheval qui s’enfonce, s’enfonce… Je suis un cheval très mal barré.

[Si toi aussi tu as été traumatisé par « L’Histoire sans fin »... xD]
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DreamBookeuseDreamBookeuse   15 septembre 2018
Dans l’allée envahie d’ombre, elle est là, les cheveux noirs le long des joues, les yeux caves et les mains décharnées. Et je sais de façon certaine que cette fois-ci, ils la voient aussi. Le cri que poussent les gardiens domine celui du vent, de la peur et des spectres. Les deux lampes inutiles tombent au sol, la voiturette est abandonnée, et le bruit de leur course me parvient tandis qu’ils dévalent les allées en direction de l’entrée.
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