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ISBN : 9791097434151
Éditeur : Lynks Editions (16/05/2018)

Note moyenne : 4.24/5 (sur 23 notes)
Résumé :
Matéo n'aurait jamais dû hériter du don de sa mère.
Il n'aurait jamais dû entendre les pleurs des fantômes.
Désormais, il n'a d'autre choix qu'accepter son héritage... ou sombrer dans la folie !

C'est au temps de la Commune, au milieu des horreurs de la semaine sanglante, qu'il débute son apprentissage...

Matéo Soler sait que les fantômes existent. Il le sait parce que sa mère en a aidé des dizaines à trouver le repos, jus... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
Ganistor
  07 septembre 2018
Avant de parler de l'histoire, je me dois de vous raconter comment j'ai découvert ce livre totalement par hasard. Bon c'est un fait, j'adore flâner dans les librairies et c'est d'ailleurs à cause de cela que je suis victime d'achats compulsifs à chaque fois....Bref, je baignais déjà depuis un certain temps dans cette ambiance si agréable et apaisante des pièces remplies de livres, lorsque subitement mon regard s'est arrêté sur le dos d'une couverture magnifique dans le rayon fantastique de la librairie! Incroyable, je suis attiré par ce livre comme par un aimant. Je le prends en main sans perdre une seconde et je découvre alors une couverture originale à la fois mystérieuse et glauque à souhait! On y voit une femme habillée d'une robe blanche entourée de mausolées dans un cimetière particulièrement sombre, et qui couvre son visage de ses mains comme si elle pleurait. J'ai immédiatement pensé aux légendes de la dame blanche et des banshees! Ensuite, juste en dessous de cette scène lugubre, le titre très énigmatique "Le passageur" est mis en valeur grâce à une superbe dorure! J'ai la bouche grande ouverte tellement je suis surpris! Je ne quitte pas des yeux ce livre et je sais déjà que je vais l'acheter sans même avoir lu la quatrième de couverture. Oui.... je fais partie de ces personnes qui adorent les beaux livres (les fameux livres objets, ou livres bijoux). Cependant, je suis assailli par quelques remords. Bah quoi c'est vrai, les gens normaux n'achètent pas de livre sans lire le résumé! Alors, je me décide à le faire....Je vous laisse juger par vous-même avec cet extrait : " La Dévoreuse se tient au centre du tourbillon. Ce ne sont plus des pleurs, ce sont des cris, des morceaux d'âmes que l'on arrache et qui produisent ce son. Dressée au milieu des ombres, la silhouette est un spasme de lumière qui se contorsionne dans le courant, comme si on le torturait. Je lutte comme un forcené pour l'atteindre et soudain je crève la bulle. Au centre du cyclone, le courant se meurt et disparaît pour rugir à l'extérieur de nous." Je n'ai pas le temps de lire la suite parce que je me retrouve, comme par magie, à la caisse devant la libraire qui me dit bonjour avec un sourire ravissant! Quelques heures plus tard, je lis déjà les premières pages du roman!
Bon alors, c'est bien joli tout ça, mais qu'en est-il de l'histoire?
La couverture est pour moi vraiment fidèle à l'histoire. Elle est à la fois belle et triste, avec à la fin une touche d'espoir et d'apaisement qui apparaît dans un contexte sinistre, exactement comme la dorure du livre mêlée à un fond sombre représentant les ténèbres nocturnes. On plonge dans un univers surnaturel où l'on suit le parcours d'un lycéen, Matéo Soler. Ce dernier possède une capacité très particulière héritée de sa mère: il peut voir les esprits des morts, les entendre et même leur parler. Il peut donc communiquer avec eux n'importe où, et à tout moment. Son rôle est de les aider à trouver le repos éternel. On retrouve le même principe que celui de la série "Ghost whisperer" qui met en scène l'héroïne Melinda Gordon et ses pouvoirs. D'ailleurs, cette faculté est plus une malédiction qu'un don pour notre héros car ignorer l'appel des morts le mènera sans détour à la folie pure. Ah et je vous ai déjà dit que les esprits les plus dangereux de ce monde font appel au Passageur en pleurant et en hurlant leur désespoir sous forme de tempête surnaturelle (cf extrait résumé! :P )? Il y a de quoi devenir marteau... En plus de ça, depuis le décès de la mère du héros, la vie familiale est devenue complexe et délicate, en particulier avec son père. Leur relation s'est terriblement détériorée jusqu'à devenir étouffante (ce "léger" détail sur la mère est déjà énoncé dans le résumé du livre donc je ne vous gâche rien!). Par ailleurs, la famille de Matéo ne se résume pas au père infect, au grand frère courageux et à la petite soeur talentueuse! Oh que non! Ce petit groupe est lié à la communauté des Roms par la mère et la capacité de communiquer avec les morts a un lien direct avec cette grande famille. Tous ces éléments sont très difficiles à gérer pour le héros et sont la source d'un réel sentiment d'insécurité. Matéo lutte tout au long du livre, à la fois pour comprendre son héritage mais aussi pour trouver sa place à la fois dans la société et mais également dans sa famille.
Bilan, bilan: j'ai beaucoup aimé ce premier tome de la série "Le passageur" qui aborde intelligemment et avec efficacité, divers thèmes qui sont délicats, en particulier les liens familiaux et le droit d'être différent de ses proches. Par ailleurs, la plume de l'autrice est un véritable plaisir pour les yeux!
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DreamBookeuse
  15 septembre 2018
Matéo Soler n'aurait jamais dû hérité du don de sa mère. Les Passageurs sont toujours des femmes depuis la nuit des temps. Mais quand pour la première fois il voit un mulo il sait que le temps lui est désormais compté. Pourtant, entre la haine de son père, le mépris de ses professeurs pour ses origines Roms et le racisme qu'il subit, devoir affronter des fantômes était bien la dernière chose dont il avait besoin.
Accompagné par une petite fille qui n'arrive pas à lui confier son nom le voilà parti pour la chasse aux fantômes, parce que s'il n'arrive pas à trouver ce qui ancre le trushal odji dans ce monde…l'âme qui pleure pourrait bien le dévorer tout entier.
Mon avis
Le Passageur est un roman étonnant. Contrairement à la plupart des chroniques que j'ai pu lire… je ne me suis pas faite embarquée directement dans l'aventure. Je dois dire que j'ai même trouvé la plume plutôt étrange. Et puis au fur et à mesure…ça m'a fait l'effet d'un tourbillon, vous voyez, des mouvements progressifs, et d'un coup j'étais partie, avalée, aspirée par l'action, l'émotion et la Commune de Paris.
Le premier point fort de ce roman réside dans le fait qu'il soit profondément humain. Émotionnellement parlant il est même très touchant. Matéo est un enfant à la santé fragile et dont les nuits sont peuplées de cauchemars. Année après année il subit la haine progressive de son père qui lui reproche d'avoir tué sa mère. Sous son regard bleu glacé, trop semblable au sien, Matéo se sent rétrécir, disparaître, et pourtant lui aussi se sent coupable. Mais il n'était qu'un enfant lorsque la maladie qu'il avait contractée a contaminé sa mère puis sa soeur. Lui seul a survécu. Parfois, pour échapper à ses coups et laisser un peu de paix dans leur appartement, Matéo préfère fuir, se réfugier sous les ponts et dans les ruelles.
Pour contrebalancer cette noirceur, Dio, son grand frère, et Luisa, sa petite soeur, l'entourent d'affection et d'amour. Mais il est parfois bien difficile de recevoir cet amour quand on pense ne pas le mériter. Diego, dit Dio, est un personnage que j'ai beaucoup apprécié, il est très protecteur envers sa famille et n'hésite pas à se mettre entre son père et son frère lorsque cela commence à dégénérer. Second père pour cette fratrie meurtrie il se donne corps et âme pour les protéger. Quant à Luisa, elle m'intrigue. le petit génie de la famille semble avoir également une conscience très aigüe de ce qui l'entoure et ce qui se joue parfois sous ses yeux de petite fille. J'espère que nous aurons droit à un développement plus poussé dans le prochain tome.
Outre cette charge émotionnelle que Matéo est obligé de supporter et d'affronter, son don se déclenche mystérieusement à l'arrivée de cette jeune fille, son premier mulo, son fantôme. Les cheveux noirs, le visage maigre, la chemise blanche collée à la peau et le corps dégoulinant, elle m'a beaucoup fait penser aux petites filles des films d'horreur.
Seul problème n'est pas Passageur qui veut et surtout pas un homme. Seules les femmes ont cette fonction parce qu'elles peuvent porter la vie et c'est cet ancrage qui leur permet de sortir des limbes. Je ne connais pas assez le peuple des gitans pour savoir si Mel Andoryss a inventé ou non les légendes et les termes que nous avons croisés, mais au vu de son sens du détail lors des voyages temporels, je ne serai pas surprise que tout soit « réel ».
Son père ayant coupé tous les ponts avec les traditions Matéo sait dors et déjà qu'il ne sera pas aisé de se faire une place dans l'histoire de ce peuple. Il ne connait pas leur langage, leur coutume et tout ce dont il se souvient ne sont que des bribes de souvenirs, des histoires que lui racontaient sa mère ou Diego. Son père y a veillé.
Devant faire face tout seul à son « âme qui pleure », le jeune garçon n'a plus le choix et décide de faire confiance à son fantôme. le voilà fraîchement débarqué à Paris en 1871, en pleine insurrection, événement que l'on nommera plus tard « La Commune de Paris ». A partir de là, tout s'accélère, ayant trouvé son fantôme, à cette époque bel et bien vivant en la personne de Marie, une insurrectionnelle. En plein milieu des bains de sang et des massacres, il devra se frayer un chemin à travers les ombres afin de dégager la vérité. Bien que je ne connaisse que de très loin cette époque puisqu'elle est finalement très peu évoquée dans les livres d'histoire, Mel Andoryss a réussi avec brio à recréer cette ambiance de peur et de panique.
La fin est assez surprenante et on comprend très vite que l'autrice nous a un peu menés en bateau mais on se laisse faire avec plaisir. Maintenant que tous les pions sont en place, les dés sont jetés, et advienne que pourra !
Dernier point non négligeable pour faire de ce roman une petite pépite : le soin apporté à l'édition. La couverture est légèrement gaufrée, le titre a subi un petit marquage à chaud lui conférant un doré brillant et l'illustration est tout simplement sublime, un peu glauque mais avec un effet « encre de chine » à tomber. Petit bonus pour votre bibliothèque, le dos s'est pourvu du même sens esthétique. J'adore !
En résumé
Le Passageur : le coq et l'enfant est un roman particulièrement addictif qui ne vous laissera pas filer. Même si sa couverture peut vous sembler terrifiante, l'histoire en elle même l'est beaucoup moins et vous fera sentir que quelques petits frissons. Mes ami.e.s peureu.x.ses vous pouvez vous y aventurer sans crainte. Grâce à une formidable plume, Mel Andoryss arrive aussi bien à nous embarquer dans cette vie de famille, dans la poésie des origines Roms ou encore dans cette chasse au fantôme à travers le temps et l'espace. Les émotions qui se dégagent du personnage sont extrêmement touchantes et on ne peut que réfléchir à la place des Roms aujourd'hui dans notre société.
Une fois le roman refermé, on ne veut qu'une chose… la suite !
Lien : https://lesdreamdreamdunebou..
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IreneAdler
  20 août 2018
Franchement, en voyant la couverture, j'ai cru que c'était une resucée de Miss Pérégrine et les enfants particuliers. Attention spoiler : pas du tout. Alors oui, le personnage principal hérite d'un pouvoir familial, celui de pouvoir traverser les plis du temps. Mais là s'arrête la comparaison.
Déjà, le pouvoir de Matéo, c'est de faire passer les morts qui n'arrivent à trouver le repos : il doit découvrir ce qui les retient et résoudre leur dilemme. Pas facile. Surtout que lui-même est hanté. Et attention : les passageurs ne sont pas censés exister : seules les femmes ont le pouvoir de délivrer les esprits. Tout pour réussir, quoi. Et je ne parle pas du reste.
J'écrivais dans mon avis sur le fils de l'Ursari que les "gens du voyages" (Roms, tsiganes, ici Sinti) ne sont pas très présents dans la littérature et voila qu'ils sont les personnages de 2 romans que je lis à très peu de temps d'intervalle (j'ai lu Grâce et dénuement de Ferney, aussi il y a longtemps et je ne les avais plus vraiment recroisé, du moins en personnages principaux). Et je crois que ça manque un peu à notre littérature. Ça les laisse, comme le dit Matéo, "en dehors de l'histoire".
Et puis Matéo est un personnage vraiment intéressant, bien qu'il ait eu un peu tendance à se lamenter sur sort (qu'il n'a certes pas toujours facile, origine mise à part). J'aime beaucoup ce personnage hanté, qui lui donne son pouvoir de passeur d'âmes. Et cette dualité féminine/masculine tout à fait acceptée, est vraiment une bonne idée (et je ne le dis pas uniquement à cause de l'atmosphère sociale actuelle. Mais ça joue, c'est sûr), une idée originale. Et puis ce n'est pas un super-héros, il fatigue, il a du mal à respirer, a des émotions (et même il pleure, même si c'est un garçon !).
Je crois que la littérature, notamment jeunesse (mais pas que) a besoin de ce genre de personnage masculin sensible, attaché à sa famille et qui s'avoue ses faiblesses en tentant de les transformer. Et qui accepte d'être aussi un peu une fille. Oh le chemin ne sera pas facile, mais je vous le laisse découvrir.
Je remercie Babelio et les éditions Lynks de m'avoir fait gagner ce roman.
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LightandSmell
  24 juin 2018
Je tiens tout d'abord à souligner le soin apporté au travail d'édition : une couverture à effet qui rend la prise en main du livre très agréable, des dorures, des ornements présents dans le livre, une couverture aussi belle qu'effrayante et intrigante… Difficile de passer devant les étalages d'une librairie sans s'arrêter devant ce très bel ouvrage !
Matéo est un lycéen qui mène une vie assez difficile : pris en étau entre la haine de son père et celle des brutes de son lycée, seuls le soutien et l'amour de son frère aîné, Diego et de sa petite soeur, Luisa, lui offrent une bouffée d'oxygène. le jeune homme subit également le rejet et la méfiance dus aux préjugés que les gens ont envers les Roms, communauté à laquelle, de par ses origines, il appartient. Et ceci même si son père a tout fait pour couper sa famille de ses racines depuis le décès de sa femme…
À tous ces problèmes bien trop humains, vient s'ajouter un problème d'ordre surnaturel. Matéo découvre, à son plus grand désespoir, que comme sa mère, c'est un Passageur ! Chose dont il se serait bien passé d'autant que ce don ne se transmettant en théorie qu'aux femmes, sa mère ne lui a jamais vraiment donné le mode d'emploi. C'est donc accompagné du fantôme d'une mystérieuse jeune fille qu'il va devoir comprendre ce qui empêche l'âme affamée qui l'appelle de trouver le repos.
Appréciant la mythologie grecque, j'ai tout de suite été séduite par la référence à Charon et par l'idée de l'autrice de faire voyager son héros à travers les voiles du temps. Afin d'apaiser le fantôme, Matéo va ainsi faire des allers-retours entre le présent et le passé, au temps de la Commune. Ayant lu il y a quelques mois Blanche d'Hervé Jubert qui aborde cette tentative insurrectionnelle qui sera réprimée dans le sang, cette période ne m'était pas inconnue… Cela ne m'a pas empêchée d'apprécier cette petite incursion dans un épisode peu connu de notre histoire d'autant qu'on sent chez l'auteure un vrai sens du détail et un vrai travail de recherche historique. Cela nous permet de nous immerger facilement et totalement dans les rues de ce Paris à feu et à sang. Un Paris dans lequel vous rencontrerez une figure historique qui devrait parler à pas mal de lecteurs, Louise Michel.
En plus de l'intérêt historique, ces voyages dans le passé se révéleront intéressants dans la mesure où ils permettront à notre héros de progresser dans son enquête et donc de découvrir ce qui empêche le fantôme de rejoindre le monde des morts. Si nous ne sommes pas dans un Sherlock Holmes, j'ai pris plaisir à voir les différentes pièces du puzzle se mettre progressivement en place. Je ne peux pas vous en dire plus sous peine de vous spoiler, mais j'ai trouvé l'histoire de cette entité très touchante. Bien que le passé ne puisse être changé, je n'ai pas pu m'empêcher d'espérer une autre issue…
Au cours de ces voyages temporels, Matéo fera différentes rencontres dont celle d'un garçon fort courageux et débrouillard que j'ai quitté à regret. D'ailleurs, l'un des points forts de ce roman est la galerie de personnages proposée. On suit principalement Matéo dans son apprentissage du rôle de Passageur, mais l'on rencontre aussi d'autres personnes qui l'aideront et qui se révéleront plus ou moins attachantes. À commencer par le grand frère de Matéo qui veille sur lui et sur Luisa comme une poule sur son oeuf. Il n'hésite pas à s'opposer à son père qui traite de manière cruelle Matéo l'accusant de la mort de sa femme et de son autre fille. Quant à Luisa, intelligente, si ce n'est brillante, elle est peu présente dans le récit, mais on sent émaner d'elle une grande bienveillance qui contrebalance un peu la méchanceté paternelle entièrement dirigée sur notre Passageur. J'espère que dans le ou les prochains tomes, Luisa prendra un peu plus de place, car je ne doute pas que ce personnage puisse réserver quelques surprises.
Et puis, bien sûr, il y a Matéo. Un jeune homme traité injustement par son père et par la plupart de ses professeurs ou des personnes qu'il rencontre comme si ses racines étaient une infamie en soi. J'avoue que j'ai eu beaucoup de mal à supporter le racisme dont il est victime, une constante à travers les époques d'ailleurs ! Comme quoi la bêtise humaine traverse le temps. L'auteure ne nous propose pas un plaidoyer antiracisme, mais nul doute qu'à travers cette histoire, les lecteurs devraient avoir une pensée pour la communauté Rom et la manière dont elle est traitée actuellement…
Très attachant et courageux, Matéo n'en demeure pas moins un adolescent de dix-sept ans que ses pouvoirs surnaturels effraient voire terrorisent. Car aider les âmes en peine à trouver le repos n'est pas une option pour lui ; c'est une question de vie ou de mort. Pour ne pas sombrer dans la folie, il va donc devoir apprendre à se faire confiance et à trouver la force en lui pour mener à bien cette mission qui ne lui laisse pas le droit à l'erreur. Et cette force intérieure, elle prendra une forme à laquelle je ne m'étais pas attendue !
L'auteure nous réserve ainsi une révélation finale étonnante qui nous montre qu'elle a su habilement détourner notre attention grâce à un rythme effréné et une tension insidieuse présente tout au long de la lecture. Ce n'est donc qu'en fin de lecture que l'auteure aborde un point que finalement, pris dans le feu de l'action, on avait quelque peu mis de côté. La révélation, en plus d'être surprenante, soulève quelques interrogations quant au futur de Matéo et nous laisse espérer un ou plusieurs autres tomes. Je vous rassure, le roman se suffit à lui-même et peut être lu seul, mais l'autrice laisse la porte ouverte à d'autres aventures, ce qui n'est pas pour me déplaire.
Je retrouverai, en effet, avec plaisir Matéo et sa famille (enfin, si le père pouvait disparaître du paysage, je n'en serais pas attristée) dans d'autres tomes. En plus de m'être attachée aux personnages et d'avoir fortement apprécié la mythologie autour de la fonction de Passageur, j'ai été séduite par la plume d'Andoryss. Fluide, immersif et rythmé, son style est un régal surtout si, comme moi, vous appréciez les plumes à la finesse et à la poésie enchanteresses.
Enfin, je préfère signaler, pour éviter toute déconvenue, que si la couverture peut faire froid dans le dos avec un côté très film d'horreur, le récit ne tombe jamais dans l'horrifique. Cela permettra donc aux lecteurs facilement impressionnables de se lancer dans ce roman sans trop de craintes. Par contre, si vous êtes en quête d'une histoire de fantômes à vous faire dresser les cheveux sur la tête, le Passageur n'est peut-être pas fait pour vous…
En conclusion, ayant craqué sur la couverture et le résumé, j'avais de grandes attentes pour ce roman et je dois dire qu'elles ont été plus que comblées. En nous proposant un personnage attachant autour duquel plane une aura de danger et en veillant à nous offrir un récit mené tambour battant, l'auteure captive le lecteur dès les premières pages. Si on ajoute à cela un style d'une grande finesse et une capacité à construire une histoire riche et complexe dont les fils se dévoilent progressivement sous nos yeux, on obtient un roman captivant dont il est bien difficile de se détacher.
Lien : https://lightandsmell.wordpr..
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cristalya
  26 juin 2018
Merci à la Masse Critique de Babelio et aux éditions Lynks pour cette découverte.
On se retrouve dans les premières pages dans un mauvais rêve de Matéo, un peu étrange, qui donne le ton de ce qui va suivre. En effet, on va plonger dans un monde avec des apparitions fantomatiques, comme nous l'indique le résumé.
J'ai beaucoup aimé suivre l'histoire du personnage de Matéo, un adolescent qui n'arrive pas à trouver sa place. On sent que c'est quelque chose qui le blesse, bien qu'il essaye de ne pas le montrer. Il est un personnage attachant, on ressent ce mal-être qui l'habite, notamment parce qu'il est un Rom. le fait qu'il fasse partie de cette communauté, ou tout du moins qu'il ait une appartenance de part ses ancêtres, est intéressant et est un aspect important dans les capacités surnaturelles dont a hérité le personnage.
On retrouvera aussi dans les protagonistes le fantôme aux côtés du héros, plutôt mystérieux sur sa présence, mais aussi le frère et la soeur de Matéo, tous deux attachants, ou encore le trushal odji que Matéo va devoir faire passer. Tous ces personnages forment alors une fresque hétéroclite dans la vie de Matéo, sur qui il pourra plus ou moins s'appuyer.
L'histoire est prenante, et ce dès le début. le résumé nous le montre, on aura des apparitions et des fantômes durant le roman, ainsi que des voyages dans le temps, et c'est bien ce qu'on aura. Les fantômes et âmes auront une place non négligeable puisque c'est autour d'eux que la vie de Matéo va à présent tourner, comme on le comprend dès les premières pages. Mais en plus de ces apparitions qui pourraient nous faire croire qu'on est face à une énième histoire surnaturelle avec des fantômes, on a l'aspect de l'héritage, d'obtenir quelque chose du fait de son appartenance à une famille, une communauté. Et c'est là qu'intervient alors le camp des Roms, qui est des plus approprié, puisque ce sont généralement des familles qui sont Roms de père en fils et de mère en fille. L'histoire traitera ainsi du poids de cet héritage, du fait que l'on ne choisit pas ce que l'on voudrait obtenir de sa famille et ce que l'on voudrait refuser. Cela ajoutait d'autant plus à la dimension du personnage et de la responsabilité de son pouvoir.
Ce pouvoir était d'ailleurs très intéressant et nous menait dans une intrigue prenante et fluide, entre présent et passé. On apprend que Matéo est un Passageur, rôle obtenu par héritage, et le rendant responsable du passage des âmes vers l'autre côté pour qu'ils trouvent la paix, et de sa propre vie qu'il risque durant ces passages.
L'univers créé était captivant, avec les fantômes dévastateurs appelés trushal odji, les fantômes anodins, le rôle de Passageur, ou encore les sauts dans le passé. Pour cela, l'autrice a développé un aspect historique des plus captivants.
En effet, durant ce roman, on va aller à la (re)découverte d'un événement historique, ici celui de la Commune en France. Cela est très intéressant car on y apprend des choses sur cette période, sur les opposants et les raisons de cet événement et ajoute un vrai plus au livre. le récit est ponctué de ces quelques informations, sans toutefois nous submerger et nous plonge d'autant plus dans le roman et l'histoire de Matéo.
Tout au long de l'histoire, on se trouve dans une ambiance plutôt sombre du fait de plusieurs facteurs. Déjà, nous sommes dans le surnaturel avec des apparitions, mais aussi dans le passé sanglant de la France ainsi que les cités urbaines dans la périphérie de Paris. On s'imagine ainsi un monde plutôt gris, sombre, presque déprimant. C'est une ambiance particulière qui nous est offerte, mais qui correspond tout à fait au genre du roman et à l'intrigue.
En ce qui concerne la fin, elle nous révèle un élément important sur l'un des personnages et nous montre l'évolution du protagoniste, de sa façon de penser et voir les choses. On voit qu'on a pu suivre cette évolution et que rien que dans ce roman, les choses ont avancé et ont initié le jeune héros.

Pour conclure, j'ai réellement aimé ce roman. J'apprécie souvent ce type d'ouvrages, et celui-ci n'a pas fait erreur. L'idée du rôle de Passageur et de voyage dans l'histoire de la France était intéressante et prenante, nous plongeant encore mieux dans l'intrigue. le fait d'aborder les notions du poids d'un héritage familial dont l'on ne peut se défaire ou de ne pas se sentir à sa place était aussi un point plaisant que j'ai apprécié trouver durant ma lecture. C'est donc avec plaisir que je lirais la suite quand elle paraîtra.
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critiques presse (1)
Elbakin.net   11 juillet 2018
Andoryss choisit un style très brut, très violent dans son écriture pour l’époque moderne. Un style qui n’est pas agréable à la lecture, encore plus lorsqu’on l’oppose à celle utilisé pour raconter la Commune où tout paraît plus fluide, mieux cadencé.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
GanistorGanistor   05 septembre 2018
Je les connais, les autres sans domicile fixe. Ils n'ont pas cherché à se retrouver là plus que moi. C'était peut-être provisoire, peut-être par inadvertance, peut-être parce qu'ils n'avaient pas mesuré les conséquences, ou parce que, mis dehors par une administration à laquelle ils ne comprenaient rien, ils sont tombés au bas d'une falaise qu'ils ne peuvent pas remonter. Leur histoire est la mienne, parce que potentiellement, ils sont moi demain.
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DreamBookeuseDreamBookeuse   15 septembre 2018
Il ne supportera pas que je sois un Passageur. Je vais lui renvoyer à la gueule tout ce qui le blesse, ce qu’il déteste, ce qu’il a effacé : la mémoire de sa femme, mon existence et notre passé. La tradition. Des choses qu’il voudrait avoir enterré avec le reste. Ce serait comme si je le provoquais.
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DreamBookeuseDreamBookeuse   15 septembre 2018
Dans l’allée envahie d’ombre, elle est là, les cheveux noirs le long des joues, les yeux caves et les mains décharnées. Et je sais de façon certaine que cette fois-ci, ils la voient aussi. Le cri que poussent les gardiens domine celui du vent, de la peur et des spectres. Les deux lampes inutiles tombent au sol, la voiturette est abandonnée, et le bruit de leur course me parvient tandis qu’ils dévalent les allées en direction de l’entrée.
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readnfeelgoodreadnfeelgood   20 novembre 2018
"- nous sommes loin de Paris ? Vous n'avez pas eu de problèmes ?
Lilka hausse les épaules avant de répondre.
- On ne nous arrête pas, nous.
Le vent passe entre les roulottes, et Je comprends ce qu'elle veut dire.
- Nous vivons tous hors du temps.
Lilka me jette un regard et grogne quelque chose qui pourrait passer pour un assentiment. Moi, Je médite les propres paroles. Les gens du voyage, comme les Passageurs, vivent l'Histoire tout en restant en dehors d'elle. J'imagine bien que les soldats surtout de Paris avaient d'autres chats à fouetter que d'arrêter une bande de romanichels, mais l'idée que ce soit si simple est à la fois un soulagement et un sujet de tristesse. A cette époque comme à la mienne, les semblables sont en dehors du monde, ou en tout cas sont traités comme tels."
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CarolinaBouquineCarolinaBouquine   05 juin 2018
La Dévoreuse se tient au centre du tourbillon. Ce ne sont plus des pleurs, ce sont des cris, des morceaux d’âmes que l’on arrache et qui produisent ce son. Dressée au milieu des ombres, la silhouette est un spasme de lumière qui se contorsionne dans le courant, comme si on le torturait. Je lutte comme un forcené pour l’atteindre et soudain je crève la bulle. Au centre du cyclone, le courant se meurt et disparaît pour rugir à l’extérieur de nous. La Dévoreuse est à deux pas de moi, et cette fois-ci, je la vois.
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Videos de Mel Andoryss (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mel Andoryss
Avec Mel Andoryss, John Scalzi et Thierry Harvey
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