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ISBN : 2757864483
Éditeur : Points (01/06/2017)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 260 notes)
Résumé :
À Kalamaki, île grecque dévastée par la crise, trois personnages vivent l'un près de l'autre, chacun perdu au fond de sa solitude.
Le petit Yannis, muré dans son silence, mesure mille choses, compare les chiffres à ceux de la veille et calcule l'ordre du monde. Maraki, sa mère, se lève aux aurores et gagne sa vie en pêchant à la palangre. Eliot, architecte retraité qui a perdu sa fille, poursuit l'étude qu'elle avait entreprise, parcourt la Grèce à la recherc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (84) Voir plus Ajouter une critique
petitsoleil
  13 septembre 2016
Un bel hommage à la Grèce et des personnages attachants. Yannis, enfant autiste, rassuré par les chiffres qu'il mémorise et collectionne chaque jour, restaurant ensuite l'ordre du monde avec des pliages plus ou moins élaborés. Maraki sa mère, qu'il attend à dix heures, quand elle a fini la pêche, et Eliot l'architecte américain, venu sur l'île où sa fille Evridiki est morte il y a des années.
Ce trio cabossé par la vie va pourtant avancer ...
Une jolie complicité va s'installer entre Eliot et Yannis. Eliot pense d'abord poursuivre les rêves et les travaux de sa fille, sur les traces du nombre d'or, puis il apprend les mythes grecs à Yannis et l'aide à grandir, à s'ouvrir.
Un roman original, une belle découverte.
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mcd30
  17 septembre 2018
Un énorme coup de coeur pour cette histoire. Un livre simple et lumineux comme la Grèce et les grecs. Une croisée des chemins où des êtres en souffrance se rencontrent, s'aident, se réconfortent. Une écriture sobre et pudique.
Il y a d'abord cet enfant, Yannis, un autiste qui veille sur l'ordre du monde.
Et Maraki, cette maman frustrée de son enfant, obligée de lui voler quelques gestes d'affections.
Ensuite vient Eliot,qui va poursuivre les travaux de sa fille, morte accidentellement et s'occuper de Yannis qu'il comprend mieux que personne,car cet enfant est un génie des mathématiques.
Sans oublier le père Kosmas, pope de l'île, qui passe d'une personne à l'autre, donnant des conseils, des idées, proposant des alternatives.
Puis une histoire banale se produit, un promoteur veut construire un complexe hoôtelier, les insulaires vont devoir choisir.
Chaque personnage a son importance et son rôle à jouer, tous sont unis par la bienveillance qu'ils portent à Yannis. Après une période de crise, l'île et ses habitants vont retrouver leur sérénité : l'ordre du monde sera rétabli.
Jai beaucoup aimé ce livre pour son approche de l'autisme qui nous oblige à changer ou à repenser notre vision de ces personnes. Il y a aussi cette histoire de nombre d'or et d'architecture sacrée qui m'a vivement intéressée bien que je n'ai pas le génie de Yannis (je me suis un petit peu perdue).C'est tout en justesse et en finesse sans pathos, avec la Grèce que j'adore pour toile de fond et en plus, j'y ai retrouvé cette impression de calme et de sérénité que j'éprouvais en lisant les romans de Michel Déon.
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Commenter  J’apprécie          626
Eve-Yeshe
  03 mars 2018
Eliot Peters, citoyen américain, apprend brutalement le décès accidentel de sa fille Evridiki (Eurydice) alors qu'elle effectuait des recherches sur les vestiges de théâtres, en Grèce, notamment sur l'île de Kalamaki. En se rendant sur place pour s'occuper des formalités, il va l'enterrer sur sur l'île, dans le petit cimetière face à la mer. Ensuite, il faut continuer à vivre…
Bien installé et intégré comme architecte aux USA, car sa famille a dû quitter la Grèce autrefois, il a presque malgré lui, inculqué l'amour de ce pays, sa philosophie, sa culture à sa fille qui a senti l'appel des racines familiales. Finalement il choisit de s'installer sur l'île, et de reprendre les recherches de sa fille.
C'est ainsi que sa route va croiser celle de Yannis, un enfant autiste, que sa mère a du mal à apprivoiser : il refuse les contacts corporels, (on imagine la frustration douloureuse de la mère), les seuls contacts se font dans la mer quand elle lui apprend à nager, ou sur le chemin du retour en scooter.
Yannis pique de violentes colères, cassant tout, dès que l'angoisse l'envahit : les relations compliquées entre Maraki, sa mère et Andréa, son père, le maire de la ville, car l'autisme les a poussés vers le divorce, par exemple. Cet enfant est une éponge pour les émotions des autres et a mis en place des rituels pour tenter de se rassurer : les bols doivent être jaunes, il fait des pliages pour tenter de maîtriser les situations, va compter les clients du bar, ou l'arrivée des bateaux et les kilos de poissons pêchés tous les jours et traduit tout en chiffres…
Tout changement le perturbe et provoque des crises, mais dans le village il occupe une place particulière, chacun vivant en fonction de lui, de son rythme…
J'ai adoré la complicité qui se noue, peu à peu avec Eliot, qui remarque très vite son intelligence, sa maîtrise des chiffres, du calcul et va l'initier aux grands mythes grecs.
La mère de Maraki est très attachante car elle se bat seule pour assumer son fils, financièrement et affectivement. Elle va pêcher à l'aube avec son matériel traditionnel et Metin Arditi explique la fabrication de la palangre, comment la fabriquer à la main, comment l'utiliser…
Tous les personnages sont intéressants : Andréas, le maire qui veut à tout prix faire passer un projet immobilier qui va défigurer l'île, le prêtre qui donne des conseils, Grigoris qui tient le café Stamboulidis, le tout dans ce qui ronge la Grèce, avec les magouilles, les comptes truqués pour accéder à l'euro, la rancoeur contre Bruxelles qui étrangle les habitants…
Metin Arditi m'a fait rêver, aussi, avec la suite de Fibronacci et le Nombre d'Or qu'on utilise en architecture (répartir les gradins d'un amphithéâtre) ou dans les proportions d'une statue. Avec lui tout est simple et harmonieux.
L'Histoire de la Grèce, sa culture, son passé, sa haine des turcs qui l'ont occupée, les grecs d''Asie Mineure chassés d'Istambul en 1955, en passant par les nazis, puis la dictature des colonels, se mêlent harmonieusement à la petite histoire de nos protagonistes, sur fond de philosophie, d'architecture, archéologie…
L'auteur pose une question importante : l'île doit-elle rester une réserve avec sa plage protégée, ses pêcheurs, sa vie simple ou doit-elle céder aux sirènes de la spéculation immobilière, en attirant des étrangers riches, dans un hôtel luxueux, et des bateaux de tourisme énormes, ou étudier un autre projet qui respecte davantage la culture grecque ancienne?
Une mention spéciale à Kosmas, le prêtre orthodoxe, qui est à l'écoute de ses fidèles et aide Eliot pour affronter son deuil, parlant de religion avec douceur, sans être rigide dans ses conseils, loin des dogmes ou des diktats et à sa théorie des trois ancrages que nous propose le Christ : le libre arbitre, la Résurrection « à chaque instant l'être recommence. La vie reprend ses droits » et la troisième ancre : la vie renaît par le travail.
J'aime beaucoup Metin Arditi que j'ai découvert avec « La confrérie de moines volants » et dont j'ai adoré « le Turquetto » et une fois de plus l'enthousiasme est présent. L'histoire est belle, de même que l'écriture sobre, sans jamais pontifier, le soin apporté au style, à la présentation, chaque chapitre ayant un titre et non un simple numéro, et racontant une petite histoire.
Son approche de l'autisme est très fine, de même que ses répercussions sur la famille, les autres en général, et l'auteur l'intègre de fort belle manière dans le scénario, dans la réflexion sur le temps qui passe, le nécessité ou non du changement, le deuil. Tout est harmonieux dans ce récit, et l'auteur réussit même à faire rêver, lorsqu'il parle du parfum du Nombre d'Or.
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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JIEMDE
  18 septembre 2016
Yannis, jeune autiste grec n'est pas seulement L'enfant qui mesurait le monde. Il est aussi celui qui ambitionne de le garder en harmonie et de lui éviter les désordres qu'engendre le chaos du monde moderne quand il vient fracasser par ses sombres réalités, sa petite île de Kalamaki.
C'est déjà pour lui le début du désordre quand les bateaux de pêche ne rentrent pas au port le matin dans le bon ordre ; quand le poids des poissons qu'ils rapportent varie sensiblement ; ou quand les clients du café du village sont plus nombreux que le jour précédent. Alors quand un grand groupe décide d'investir des millions d'euros pour construire sur son île un futur palace qui attirera les touristes du monde entier, c'est un cataclysme qui s'abat. D'autant plus que le projet divise l'île et ses habitants, aiguise les appétits pas toujours très nets et intéresse les pontes d'Athènes et de Bruxelles, les seconds n'ayant de cesse que de surveiller les actions des premiers.
Heureusement, Yannis peut compter sur Maraki, sa mère, qui a mis sa vie entre parenthèse pour s'occuper de lui, rejointe par Eliot, architecte américain récemment installé sur l'île sur les traces de sa fille défunte. Patiemment, il va apprendre à Yannis que la rupture de l'ordre établi est inéluctable, mais qu'elle se doit d'être accompagnée, adoucie, décidée.
Comme je l'avais déjà été dans plusieurs de ses précédents romans (Le Turquetto, Prince d'orchestre...) j'ai été à nouveau emballé par l'écriture de Metin Arditi, certes lente, mais faite de mots justes car économisés. Une écriture d'une poésie sublime lorsqu'il décrit l'atmosphère si particulière des ces îles grecques où le vent et la chaleur cohabitent si bien. Une écriture "musicale" où les variations de rythme cassent habilement l'ordre conventionnel du genre.
Arditi réussit surtout à faire cohabiter les extrêmes, appelant dans son roman les références classiques et glorieuses de la Grèce antique pour soutenir son propos, tout en les confrontant aux impitoyables réalités actuelles d'un pays financièrement exsangue, se faisant piller et dicter ses lois de l'étranger. Fierté et misère, les deux mamelles schizophrènes de la Grèce moderne. Dans la même veine, il appelle en soutien de son propos les principes idéologiques de la religion orthodoxe comme ceux totalement binaires des mathématiques de Fibonacci et de l'implacable logique du Nombre d'Or.
Alors oui, si on veut, c'est un conte et Metin Arditi ne tranche pas la querelle des anciens et des modernes. Mais puisque l'on ne peut arrêter l'évolution du monde, on peut cependant lui éviter le désordre absolu par l'application du compromis pragmatique, ambitieux et apaisant. Une lueur d'espoir. Et pas que pour les Grecs...
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FredMartineau
  26 novembre 2017
J'avais adoré le Turquetto, ma première lecture d'un roman de cet auteur. C'est donc sans hésitation que j'ai glissé L'enfant qui mesurait le monde dans mon panier, lors du dernier réapprovisionnement en librairie, et le souvenir laissé par Metin Arditi m'incita à le mettre en haut de la pile, espérant sans doute retrouver les plaisirs littéraires passés. Dans un registre différent, il a réussi encore une fois à m'embarquer. Je l'ai suivi avec émotion sur cette île grecque, plongeant sans retenue dans l'azur de cette Odyssée attachante au pays de l'amour universel. Et, qu'il prenne la forme inconditionnelle maternelle, celle de la floraison des sentiments dans la sécheresse des âmes blessées par le deuil et le destin, la compassion des habitants pour l'enfant autiste ou leur attachement à une terre, il démontre sa toute puissance, sa capacité à dépasser les différences, le handicap, les écarts générationnels, les nécessités économiques et les rêves de gloire. Il demeure cette étincelle dont est fait le génie des hommes, qui les emmène parfois tutoyer la beauté et le divin.
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critiques presse (4)
LeFigaro   29 septembre 2016
C'est, peut-être, la plus émouvante histoire d'amitié de cette rentrée.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LePoint   19 septembre 2016
Un beau roman grec, grave et sensible, dont un enfant est le roi.
Lire la critique sur le site : LePoint
LeFigaro   05 septembre 2016
Derrière l'allure d'un feelgood book, le nouveau roman de Metin Arditi, L'enfant qui mesurait le monde, pétille d'intelligence et de sensibilité.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Culturebox   26 août 2016
Dans une île grecque au pire de la crise, Maraki pêche à la palangre pour gagner sa vie. Et elle élève son fils autiste, qui tente de maîtriser, par ses calculs, le désordre du monde. Une parabole sur le changement, lumineuse comme le ciel de la Méditerranée.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (56) Voir plus Ajouter une citation
FredMartineauFredMartineau   26 novembre 2017
A cet instant, l'une aperçut Yannis qui prenait sa leçon de natation. Elle s'arrêta. Piquée par la curiosité, l'autre s'arrêta aussi, tourna la tête en direction de la crique, et les voilà toutes deux en train d'observer Yannis. Il nage jusqu'à sa mère, s'agrippe à son dos, tout essoufflé, Maraki le serre contre sa poitrine, l'embrasse avec fureur, le caresse...les deux femmes n'arrivent plus à détacher leur yeux de la scène, jusqu'à ce qu'elles se tournent l'une vers l'autre, se regardent en silence durant quelques instants et tombent dans les bras l'une de l'autre. Cet enfant porte en lui toute la douleur des hommes, se dit Kosmas. L'immense solitude et l'impossibilité désespérante de s'ouvrir à l'autre.
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alainmartinezalainmartinez   23 août 2017
— Si nous voulons offrir un enseignement aux meilleurs étudiants, choisissons des domaines où nous serons crédibles. Cours numéro un : La corruption en dix leçons. Cours numéro deux : Comment trahir son pays en éludant l’impôt. Avec en sous-titre : Du plombier au grand patron, en passant par le médecin. Cours numéro trois : Comment faire nommer ses amis à des postes d’où ils renverront l’ascenseur. Numéro quatre : Comment faire le beau dans la presse en trahissant ses électeurs. Numéro cinq : Comment se comporter avec vulgarité en pensant qu’on est un grand personnage… Là, nous serions légitimés. Champions du monde. Nous pourrions créer une école sur chaque île. Les gens viendraient du monde entier. Ils diraient : question corruption, excusez du peu, j’ai un diplôme grec. Et on les regarderait avec respect…
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petitsoleilpetitsoleil   12 septembre 2016
Elle s'efforça de se raisonner. La réunion s'était bien passée. Ces gens semblaient corrects. Ils lui offraient une exclusivité. Sa direction la féliciterait ...
Si ce n'est qu'elle allait servir la soupe à un projet obscène.
Un pays qui sombre. Voilà comment elle aurait intitulé son papier, s'il lui restait trois grammes de dignité.

Mais comment se battre ? Le pays était tombé aux mains d'opportunistes qui contrôlaient les affaires, la politique et les administrations locales. Brillants et cyniques, ils avaient transformé la Grèce en un animal exsangue, couché devant la meute et résigné à la voir arracher ses derniers lambeaux.
Oui, trois grammes de dignité auraient suffi pour qu'elle écrive :

Il fut un temps où nous offrions au monde des temples, des stades et des amphithéâtres. Aujourd'hui, nous défigurons un site merveilleux pour y construire le Périclès Palace, symbole de nos rendez-vous répétés avec le ridicule et la honte. Appauvri et hagard, notre pays sombre chaque jour davantage dans l'indignité et le malheur.
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SZRAMOWOSZRAMOWO   18 juillet 2016
Maraki plaça trois dorades sur le plateua de la balance et attendit que l'aiguille cesse d'osciller autour de son point d'équilibre.
- Quatre kilos deux cents, fit Vassilis.
Maraki se tourna vers son fils :
- Tu as entendu pour les dorades ?
Yyannis resta immobile, les yeux sur l'aiguille.
- C'est plus qu'hier, fit Vassilis. N'est-ce pas Yannis ?
- Quatre kilos cent,dit le garçon sans bouger.
- Yannis, tu es formidable ! lança le mareyeur.
Il nota le poids et plaça les dorades sur son étal.
- Tu sais combien tu m'aides dans mon travail ?
L'enfant ne réagit pas, Maraki recommença l'opération avec les pageots et les pagres, se trounant chaque fois vers son fils pour s'assurer qu'il vait bien entendu le résultat de la pesée.
Eliot s'approcha d'elle :
- Comment était ta nuit ?
- Une douzaine de kilos.
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petitsoleilpetitsoleil   12 septembre 2016
Ces jours-ci, une question me revient sans cesse : qu'est-ce que la vie peut nous offrir de plus beau ?
Deux choses, je crois, totalement opposées.
D'abord, une énorme lucidité. D'un coup, ce que tu regardes est comme éclairé de mille projecteurs, tu comprends tout.
Et puis le contraire absolu. La capacité de rêver. D'imaginer ce à quoi on n'oserait pas même penser.
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Vidéo de Metin Arditi
Salon du livre romand 2016 Grand Entretien avec Metin Arditi, interrogé par Christine Gonzalez
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