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EAN : 9782253152613
288 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (20/03/2002)

Note moyenne : 4.37/5 (sur 131 notes)
Résumé :
Son nom est lié à la peine de mort. Robert Badinter, avocat, ministre de François Mitterrand et ultérieurement président du Conseil constitutionnel, a fait plier la Constitution. Pour que des cas comme ceux de Buffet et Bontems n'existent plus. Leur exécution, le 24 novembre 1972, transforme Robert Badinter qui devient "un adversaire irréductible de la peine de mort." 1972-1981, une décennie consacrée à une lutte qui ne plait pas à tous. Contre : Valéry Giscard d'Es... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Crossroads
  06 mai 2012
Badinter – abolition de la peine de mort : un nom et un combat désormais indissociables , ancrés à jamais dans la mémoire collective .
S'il fut toujours un abolitionniste convaincu , Robert Badinter jettera véritablement toutes ses forces dans la bataille fin 72 . Buffet – perpétuité pour assassinat - et Bontems – 20 ans de réclusion pour vol qualifié - , tous deux détenus à la centrale de Clairvaux , prirent en otage une infirmiere et un gardien dans le but d'obtenir une libération anticipée . Assaut des forces de l'ordre , Buffet décide , seul , d'égorger ses deux monnaies d'échange ! Bontems , bien que reconnu innocent de ces deux homicides volontaires , suivra cependant son compagnon d'infortune sur l'échafaud le 28 Novembre 72 , Pompidou ayant alors refusé de le gracier . Début des hostilités pour Badinter qui , durant 9 ans et fort de son indéracinable volonté , s'opposera victorieusement à la grande veuve au travers de procès en appel tous gagnés , commuant ainsi la peine de mort requise en détention à perpétuité . Un engagement personnel forçant le respect et l'admiration à une époque ou le pouvoir en place supportait docilement , faisant fi de sa propre conviction , une opinion publique farouchement opposée à sa disparition !
Il aura donc fallu pres de deux siecles pour aboutir à la supplique du sieur le Peletier de Saint-Fargeau , premier requéreur en 1791 ! Deux siecles durant lesquels de grands noms se succédèrent , tous portés par une détermination et une ténacité sans failles . Lamartine , Jaurès , Briand , Hugo qui en 1848 proclamait : " L'abolition doit etre pure , simple et définitive "  . Autant d'illustres personnages qui , en leur temps , oeuvrerent inlassablement à la disparition de cette faiseuse de veuves . Un bouquin passionnant que je craignais , à tort , tres technique , et qui se lit pourtant d'une traite tant le propos et l'approche faite sont tout sauf rébarbatifs ! Badinter écrit juste , sans fioritures ni emphases , et vous convie talentueusement à devenir le spectateur privilégié d'un engagement , d'une époque . Les années 70 , Giscard est au pouvoir . Pourtant hostile à la peine capitale , il ne s'y opposera que tres rarement , préférant ceder à la vox populi plutot que de s'aliener ses potentiels électeurs à la veille d'un second mandat sollicité face à Mitterand en 81 . Ce dernier , totalement à contre-courant des sondages d'époque , affirmera son entiere et complete opposition à la peine capitale , allant meme jusqu'à promettre son abolition si d'aventure il était élu...Badinter deviendra l'avocat emblématique de procès aussi retentissants que symboliques comme le furent ceux de Christian Ranucci ( affaire du pull-over rouge ) et de Patrick Henry qui , au sortir d'une garde à vue , n'hésita pas à condamner mortellement les tueurs d'enfants . Vous avez dit cynique ? Autant d'affaires insupportables que Roger Gicquel résumera par cette phrase désormais devenue culte : "  La France a peur " . A noter que bon nombres d'opposants à la peine capitale furent également de droite , le cran d'assumer ses convictions personnelles n'étant l 'apanage d'aucun parti . Philippe Seguin monta courageusement au créneau , allant alors à l'encontre meme de sa propre famille politique . Un périple législatif mouvementé , harassant , fait de grands espoirs et assorti d'autant de tragiques désillusions jusqu'à cette date fatidique du 10 Septembre 1977 ou l'on fit monté une derniere fois un condamné sur l'échafaud . Il avait 31 ans , s'appelait Hamida Djandoubi et eut ce triste privilege...C'est le 30 Septembre 1981 , au terme d'une décénnie judiciaire incroyablement riche et agitée , que Badinter assista à l'adoption définitive de cette loi sur l'abolition tant désirée...
Un livre essentiel pouvant fortement servir d'axe de réflexion dans certains pays tels que , allez , au hasard , La Chine , l'Iran , la Corée du Nord , et tant d'autres...
L'abolition , un cours d'histoire magistral dispensé par l'un de ses acteurs incontournable ! Eeeet coupez !! Elle est bonne , on la garde...
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fleurdusoleil
  17 novembre 2011
Robert Badinter, grand avocat et universitaire, s'engage dans un combat de grande ampleur en 1972, lorsqu'il se trouve face à ce qu'il appelle une grande injustice. le procès, tristement célèbre, de Claude Buffet et Roger Bontems ( prise d'otages à la maison centrale de Clairvaux qui se terminera par la mort d'un surveillant pénitentiaire et d'une infirmière de la croix rouge ) se conclura inévitablement par la condamnation à mort des deux accusés. Pourtant, dans cette affaire seul Buffet a fait couler le sang. Bontems n'est que complique. Mais la justice a tranché, ils ont commis l'irréparable ensemble, ils mourront de la même façon. Ça sent la chasse aux monstres ! Robert Badinter n' a pas su éviter la peine capitale à Bontems et se rend compte que ce châtiment est disproportionné et utilisé de manière aléatoire.
Son destin est dorénavant tout tracé. Il va se battre contre un système jusqu'à présent inattaquable et va tout mettre en oeuvre pour rendre justice à l'Humanité. Il est intolérable, dans un pays civilisé, de surcroit vanté "Pays des droits de l'Homme", d'avoir encore recours à cette méthode de justice archaïque, barbare et injustifiable.
Pendant près de dix ans sa vie va être une lutte de tous les jours, sur tous les fronts. Il va devenir pour les médias et le peuple "Monsieur Abolition". Il sera décrié, insulté, menacé, mais rien ne va empêcher ce grand défenseur de l'Humanité d'aller au bout de son combat.
Son premier but, faire prendre conscience au peuple que de tuer un homme n'est pas rendre la justice. La mort d'un assassin n'amènera pas l'apaisement. Ces hommes et femmes ne sont pas des monstres, ils sont humains comme chacun et nous n'avons aucun droit de vie ou de mort sur nos semblables.
Puis il s'attaque à la partie la plus épineuse, le gouvernement. de fausses promesses en rétractations, il se heurtera souvent à une politique qui ne veut surtout pas déplaire : jamais le bon moment, toujours des projets à réviser, à réétudier...
Dans ce récit, c'est avec beaucoup d'humilité et d'émotion qu'il retrace son parcours. Il revient sur ses grandes victoires ( la première avancée fut de sauver la vie de Patrick Henri ), ses erreurs, ses déboires politiques ( qui furent nombreux ). Dans l'intimité de sa vie d'avocat, d'homme et de père, il explique ses profondes convictions. Il revient sur les rencontres décisives lui permettant de faire échos à ses idées.
Sa force de conviction, son acharnement et sa ténacité porteront leurs fruits. En 1981, l'abolition de la peine de mort sera votée. Au revoir, Madame Guillotine !

Lien : http://lacaveauxlivres.blogs..
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Runwarrior
  13 avril 2020
Enchaîné après la lecture de "l'exécution", "l'abolition" En est la suite directe.
Ces 2 livres retracent l'épopée incroyable d'un homme de conviction et de grande valeur qui réussira où des Grands Hommes comme Victor Hugo, Jean Jaurès et bien d'autres ont échoué.
Si "l'exécution" était centré sur le procès de Roger Bontems dont l'exécution marqua très fortement Badinter, "l'abolition" évoque les différents procès où la tête de l'accusé était en jeu et que l'éloquence, le talent et la conviction profonde de Badinter ont permis de sauver.
8 ans de combat entre procès et joutes politiques qui le mèneront jusqu'à la place Vendôme et à faire voter l'abolition de la peine de mort en France et la remise ses guillotines aux oubliettes.
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ay_guadalquivir
  08 janvier 2015
L'abolition a un nom.
Robert Badinter incarne, chair et esprit, ce combat historique pour l'abolition de la peine de mort. Et chaque fois, je repense au film de Sidney Lumet, Douze hommes en colère, où Henry Fonda convainc les autres jurés que l'accusé ne peut être condamné à mort.
Le livre de Badinter met à nu ce combat, son combat, et l'inscrit dans l'histoire.
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athena1
  14 décembre 2012
Après avoir dévoré l'Exécution, j'ai décidé de me plonger dans l'Abolition, et je n'en suis pas déçue. C'est toujours avec autant de fougue que ce grand monsieur qu'est Robert Badinter nous conte sa lutte pour abolir la peine de mort. Ici ce n'est pas seulement l'affaire Clairvaux qui est énoncée mais aussi celle de Patrick Henry et bien d'autres encore. Autant d'affaires qui vont illustrer la difficulté de changer les moeurs, autant d'affaires qui vont nous démontrer à quel point l'homme politique est dépendant de l'opinion, et qui ne laisse présager rien de bon sur l'évolution de nos sociétés. L'Abolition c'est donc un essai sur la justice mais aussi et surtout sur le pouvoir de l'opinion donc du peuple sur les décisions politiques. Et on se dit même si on a pas toujours été d'accord avec lui que F. Mitterrand a bien eu du courage de se prononcer contre la peine capitale avant les élections. Dommage toutefois que monsieur Badinter n'est pas poussé plus loin ses écrits sur les débats parlementaires... mais il me reste encore un essai à lire sur le sujet, et je ne doute pas que cette erreur sera réparée. En quelque sorte, la fin de ce bouquin et les débats soulevés par l'abolition me rappelle la loi sur l'IVG courageusement portée par madame Veil.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
EggEgg   15 février 2013
Si vous votez comme Monsieur l'avocat général vous le demande, je vous le dis, le temps passera, c'en sera fini du tumulte, des encouragements, vous demeurerez seul avec votre décision. On abolira la peine de mort, et vous resterez seul avec votre verdict, pour toujours. Et vos enfants sauront que vous avez un jour condamné à mort un jeune homme. Et vous verrez leur regard !
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YukoYuko   18 octobre 2011
"L'avocat ne mérite pas l'habit de lumière, disaît mon maître, enfant du Sud-Ouest et grand amateur de corridas (que je réprouvais pour ma part). Il est tout au plus bon à porter le deuil de son client. D'ailleurs, il est déjà prêt,dans sa robe noire !" Et il ajoutait en souriant de l'excès du propos : "Tandis que l'avocat général [Le procureur], lui, mérite bien sa robe rouge : elle est couleur de sang".
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JOCKERETTJOCKERETT   30 novembre 2015
Amnesty International avait été crée pour venir en aide aux prisonniers d'opinion. Luttant contre la torture, confrontée à la disparition des opposants politiques, l'organisation avait été conduite à combattre la peine de mort sous toutes ses formes. Tel était le premier mérite de l'approche d'Amnesty International: ne pas traiter la peine de mort en soi, comme s'il s'agissait d'un problème autonome, mais l'inscrire parmi les atteintes aux droits fondamentaux de l'homme, dont le premier est le droit à la vie.
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YukoYuko   18 octobre 2011
Cette émergence-là, d'une passion qui n'avait pas sa place dans une enceinte parlementaire, donnait à mes paroles une tonalité singulière. Ce n'était pas un discours ministériel, tant s'en faut. Ce n'était pas non plus une plaidoirie, comme beaucoup le dirent qui ne m'avaient jamais entendu plaider. C'était pour moi une sorte d'ultime appel, au-delà de l'hémicycle, à libérer notre Justice de l'emprise de la mort.
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JOCKERETTJOCKERETT   30 novembre 2015
Je voulais lui rendre cette part d'humanité souffrante que le criminel même le plus endurci porte en lui. Tout homme est d'abord l'enfant qu'il fut.
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Videos de Robert Badinter (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Robert Badinter
Robert Badinter et les mondes disparus Après une vie de barreau et de chancellerie, Robert Badinter a mis de côté ses sujets de prédilection, le travail et la justice, pour en revenir aux origines d’une vie et à son enfance marquée par la figure de sa grand-mère maternelle Idiss, à laquelle il consacre un livre témoignage. Il était l'invité de La Grande table de France Culture.
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