AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782253011224
219 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/01/1976)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.32/5 (sur 130 notes)
Résumé :
« Un grand roman classique, une histoire de haine, de sang, de mort et d'amour. Oui d'amour. Unité de temps, de lieu, trois personnages
l'auteur, son vieux maître, la victime ? oui, la victime ? et puis la foule, avec quelques silhouettes bien plantées au premier rang. Un récit qui va droit son chemin vers la réponse à l'unique question : mourra-t-il ?
Ce qui importe, c'est de savoir ce qu'est la justice, comment elle fonctionne, à quoi sert un avocat,... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
nilebeh
  20 août 2020
En 2020 il existe encore de nombreux opposants à l'abolition de la peine de mort. Mais le débat étant très ancien et le sujet très politique, peu osent ouvertement exprimer leur idée de la justice. Il en allait tout autrement en 1972. Nous sommes sous Pompidou, il y a très longtemps qu'une sentence de peine capitale a été mise à exécution. le Président de la République exerce son droit de grâce et l'affaire retombe dans l'oubli.
juin 1972, l'élection présidentielle n'est plus très loin. Un jeune avocat de 44 ans, Robert Badinter, en association avec Philippe Lemaire, plus expérimenté, a la lourde charge de défendre Roger Bontems. Bontems-Buffet, un couple de noms que j'ai encore en mémoire, avec sa charge médiatique, les émotions et les débats qu'ils auront engendrés dans les salles de classe, dans les journaux, les familles. Je me souviens que parmi les thèmes de débat qui revenaient au cours de ma formation universitaire figurait celui de la peine de mort. Pour ou contre ? Les arguments volaient, les injures aussi parfois. Et cette question qui nous revenait sans cesse jetée à la figure : et si c'était ton enfant qu'on avait tué ? ou ta mère ? La justice réduite à un cas particulier, à un trop-plein d'émotion...
Badinter raconte le procès, la mutinerie dans la prison de Clairvaux (pour moi ce n'était qu'une abbaye cistercienne superbe, située près de Bar sur Aube!), le meurtre d'un gardien et d'une infirmière par deux détenus : Bomtems, Buffet. J'ai entendu ces noms accolés comme un couple infernal pendant des mois.
Buffet a avoué le meurtre du gardien mais accuse Bontems de celui de l'infirmière. D'une maîtrise parfaite, désireux de mourir , il semble vouloir entraîner Bontems à tout prix. Badinter pourtant fait la démonstration que Bontems n'a pas pu égorger la femme, avis d'expert et témoignages à l'appui. On a l'impression que jusqu'au bout il aura cru à un issue positive pour son client. D'abord relaxe par le jury, puis cassation, enfin grâce présidentielle. Aucun suspens, nous connaissons tous la fin. Badinter laisse supposer que si, pour la première fois dans l'Histoire de la République, le chef de l'Etat n'a pas exercé son droit de grâce, c'est sous la pression de la rue, des médias, voire du contexte politique. Fâcheuse faiblesse pour un président humaniste, normalien.
Badinter raconte le procès comme une pièce de théâtre : les lieux, la disposition des acteurs, les rebondissements, les tirades, les réactions du public, tout y est. Il nous fait remarquer très justement que l'accusé n'est considéré que comme tel, jamais comme un être humain. « Accusé, levez-vous » : jamais on ne l'appelle « Monsieur », suivi de son nom. Les lieux mêmes sont partiaux : jurés, avocat général, procureur sont sur un même niveau, situés au-dessus de la défense et de l'accusé entre les gendarmes. La justice semble avoir pris parti : les jurés sont dans l'équipe de la partie civile, le défenseur semble leur adversaire !
Puis il nous apprend que tout a changé depuis Vichy : le jury populaire était souverain, on le fait délibérer désormais en présence (sous l'influence ?) des robes noires et rouges des avocats de l'accusation (en rouge) et du procureur (en noir).
La théâtralisation des débats est ici restituée dans des détails marquants : la circulation des photos des victimes produit un effet immédiat sur les visages des jurés, anéantissant les efforts précédents pour les convaincre. On dirait un jeu sordide qui aura pour issue la décapitation de deux hommes. Convaincre, séduire, semer le doute, user d'une éloquence travaillée, provoquer un coup de théâtre, croire un moment qu'on a gagné, retomber dans le doute et la peur d'échouer : ainsi vit-on pendant la durée du procès. Pourra-t-on ensuite reprendre le cours de sa vie, passer à autre chose, mettre de côté l'horreur d'une décapitation (sur laquelle Robert Badinter ne s'étend pas) ?
Le livre est très personnel, bien sûr, mais tout un chacun peut y trouver de l'intérêt, partager les émotions, espérer avec l'auteur. Avec Bontems, peut-être aussi, quoique ce dernier reste assez falot.
Il m'est arrivé d'assister à des procès d'assises avec mes stagiaires, j'ai toujours eu l'impression d'une part que tout était joué d'avance, d'autre part que n'importe qui, absolument n'importe qui pourrait un jour se retrouver devant un tribunal.
Ce livre est utile, nécessaire sans doute, quoique très daté. L'écriture en est élégante, soignée, très personnelle. le débat ne sera jamais clos sur l'abolition de la peine de mort. Il est indispensable de réaffirmer la loi, de rappeler les principes de l'exercice de la justice.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          72
marlene50
  16 mars 2020
Robert Badinter nous plonge avec lui dans un procès qui a eu lieu en 1971 sous la présidence de Georges Pompidou.
On y découvre la fonction d'avocat de la défense et tout ce que cela implique.
Cette affaire de prise d'otages avec meurtres à fait la une en son temps.
Maître Badinter défendait l'un des preneurs d'otages qui n'avait pas tué mais participait activement à cela.
Il est question bien sûre de la peine de mort (guillotine) encore appliquée alors et de la justice des hommes.
Très intéressant, sensible et dur à la fois.
Robert Badinter né le 30 mars 1928 a aboli la peine de mort le 9 Octobre 1981.

Commenter  J’apprécie          161
Runwarrior
  12 avril 2020
Un livre bouleversant, rempli d'humanité.
Un homme qui n'avait tué personne est condamné à mort et guillotiné. Certes il n'était pas un enfant de coeur mais méritait-il la mort?
Le livre retrace l'affaire du point de vue de son avocat, du début du procès à l exécution.
Robert Badinter se livre sur la manière de plaider et sur ce qui fait un bon avocat sensible et humain qui voit l'homme au delà de son crime et de ce que la prison a fait de lui.
Cet épisode sera la source du combat de Robert Badinter qui aboutira à faire voter la loi contre la peine de mort.
Commenter  J’apprécie          130
frandj
  10 avril 2016
L'affaire qui est décrite a eu un énorme retentissement: en 1971, une prise d'otage à la centrale de Clairvaux s'était achevée dans le sang. L'année suivante, deux prisonniers sont jugés pour cette affaire: Buffet et Bontems. Au procès, Badinter démontre que ce n'est pas Bontems qui a tué. Pour cela, il s'appuie sur un rapport d'expert frappé de nullité à la suite d'un vice de forme (ce qui interdit absolument d'en faire état !). Le résultat ? Sur le fond, le jury a finalement donné raison à l'avocat, mais… il a condamné à mort Bontems, en même temps que Buffet. La dernière partie du livre raconte la demande de grâce et l'exécution.
Cet ouvrage, qui a affermi la réputation de l'avocat Robert Badinter, a un double objectif. Le premier, qui est le plus évident: plaider contre la peine de mort, par principe; d'ailleurs, le lecteur reste sidéré par le récit de l'exécution du condamné. Badinter lui-même, devenu ministre, abolira la peine de France. Le second objectif du livre n'est pas moins intéressant: il fait décrit précisément le rôle de la défense dans un procès. L'avocat doit connaitre à la perfection l'ensemble des circonstances du crime et rechercher les failles dans la thèse de l'accusation; mais au-delà des faits, il fait sa plaidoirie en mettant en avant des facteurs plus larges, car l'accusé ne se réduit pas aux actes qu'il a (ou qui est supposé avoir) commis.
Un livre prenant, instructif, ancré dans les réalités humaines, qui a joué un rôle important en faisant évoluer l'opinion publique française au sujet de la peine de mort.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          61
athena1
  11 décembre 2012
L'Exécution n 'est pas seulement une réflexion sur le peine de mort c'est aussi un éclaircissement sur la profession d'avocat.
Dans ce bouquin, monsieur Badinter nous conte l'affaire Clairvaux et son dénouement. Au delà du châtiment infligé à son client, Roger Bontems, guillotiné pour avoir été le complice d'assassinat de Buffet, notre avocat et homme politique a vu dans cette affaire une nécessité, celle de lutter contre la peine de mort. D'ailleurs dans les affaires qu'il défendra ultérieurement il s'attardera bien plus souvent sur l'inutilité d'infliger cette peine que sur la possible innocence de ses clients.
Et moi quand je referme ce livre, je suis enfin réconciliée avec les avocats, mais également avec la justice. Car, bien des propos sont vrais dans ces faits qui nous sont contés. Après tout, la peine de mort est le châtiment de la loi du talion qui ne résout rien et renverse la charge de la culpabilité du coupable vers le peuple poussé par sa haine. L'abolition de la peine de mort est la juste logique d'un chemin vers une société pacifiée... On ne peut rendre la justice avec la haine et c'est bien ce qu'essaie de défendre notre auteur et ce avec un grand succès. Enfin L'Exécution c'est aussi une introspection dans le procès des assises, le procès des criminels par quelques membres du peuple, et surtout la difficulté de l'avocat qui doit mener sa plaidoirie moins sur des preuves que sur des éléments sociologiques, conjoncturels et émotionnels... D'ailleurs Badinter dit lui même que si le jour de sa plaidoirie il avait su qu'au même moment la Cour Suprême des Etats Unis avait aboli la peine de mort, peut être aurait-il pu sauver la tête de Bontems.
Désormais je me suis plongée dans l'Abolition de Badinter.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50

Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
cocacoca   12 mars 2013
Le courage, pour un avocat, c'est l'essentiel, ce sans quoi le reste ne compte pas : talent, culture, connaissance du droit, tout est utile à l'avocat. Mais sans le courage, au moment décisif, il n'y a plus que des mots, des phrases, qui se suivent, qui brillent et qui meurent. Défendre, ce n'est pas tirer un feu d'artifice : la belle bleue, la belle rouge, et le bouquet qui monte, qui explose et retombe en mille fleurs. Puis le silence et la nuit reviennent et il ne reste rien
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          360
YukoYuko   19 juillet 2010
Dans l'appartement, les lumières étaient demeurées allumées. Tout était silencieux. Je suis allé à la cuisine. La théière, les tasses étaient encore sur la table. Nous nous sommes assis, ma femme et moi, l'un en face de l'autre, comme tout à l'heure. [...]
J'ai regardé l'heure. Il était six heures passées. Hier, à la même heure, Bontems dormait sans doute. Son angoisse de la nuit était achevée. Aujourd'hui aussi. Et pour toujours.
Bontems était mort. J'avais vu Bontems aller à sa mort. J'avais vu mourir un homme que j'avais défendu. Plus jamais je ne pourrais faire quoi que ce soit pour le défendre encore. on ne plaide pas pour un mort. L'avocat d'un mort, c'est un homme qui se souvient, voilà tout. [...]
Quel était donc le sens de tout ce qui s'était passé, de tout ce que nous avions fait ou voulu faire pour lui, nous ses avocats ? Je regardais mon image dans la glace. Ce n'était pas là que s'inscrivait la réponse. Il n'y a pas de tête d'assassin. Il n'y a pas non plus de visage d'avocat vaincu. J'éteignis la lumière. La vie, ma vie continuait. Je n'en étais pas quitte pour autant. Cette nuit-là, je le savais maintenant, ne s'achèverait pas à l'aube.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
LuMMLuMM   11 janvier 2017
L'avocat retourne à son banc. Qu'a-t-il fait réellement pour l'homme qu'il défend? Quand il a fait son métier, il lui est aisé de se dire qu'il a tout tenté, et que la décision ne le regarde plus, sauf pour son palmarès. C'est là le piège le plus subtil -Celui où se prend le plus aisément l'avocat. La bonne conscience lui est si facile. À lui qui ne requiert pas -qui ne juge pas- qui ne décide pas. À lui qui est toujours du bon côté de la barrière.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
cocacoca   12 mars 2013
Défendre, ce n'est pas aimer - ce n'est même pas connaître celui que l'on défend. Ceux qu'on aime, ceux qu'on connaît bien, on les défend mal, prisonnier que l'on est de cette affection, de cette amitié, de cette connaissance. Allez donc défendre un ami cher, une femme aimée, un frère avec ce qu'il faut à tout moment de sang-froid à la barre.
Non que la défense doive être froide, raisonneuse, logique. La défense au contraire est passionnnée. Mais cette passion, c'est pas dans la personne même de l'accusé qu'elle prend sa source.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
athena1athena1   11 décembre 2012
Au Moyen Age on mettait les lépreux à l'écart des villes, on les obligeait à porter des clochettes comme du bétail, pour qu'on les entende venir et puisse s'en écarter à temps. Il n'y avait pas de lépreux visibles. Mais la lèpre était toujours là, bien vivace, dans l'ombre. Nous en sommes encore au Moyen Âge quand il s'agit du crime, cette lèpre de la société.
Commenter  J’apprécie          100

Videos de Robert Badinter (33) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Robert Badinter
Vidéo de Robert Badinter
Dans la catégorie : Peine de mortVoir plus
>Criminologie>Peines. Sanctions>Peine de mort (17)
autres livres classés : peine de mortVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

Vous aimez ce livre ? Babelio vous suggère




Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (5 - essais )

Roland Barthes : "Fragments d'un discours **** "

amoureux
positiviste
philosophique

20 questions
545 lecteurs ont répondu
Thèmes : essai , essai de société , essai philosophique , essai documentCréer un quiz sur ce livre

.. ..