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ISBN : 2246812437
Éditeur : Grasset (17/01/2018)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 50 notes)
Résumé :
« Le téléphone sonne. C’est Charlotte qui m’appelle d’Israël. Nous étions dans la même classe à Montélimar. Elle a été arrêtée après moi, mais je ne l’ai pas croisée à Birkenau.

— Qu’est-ce que tu fais en ce moment ? demande-t-elle.
— Je travaille sur l’amour.
Un silence alors, comme si le mot amour s’égarait, se cognait dans sa tête. Elle ne sait qu’en faire.
— L’amour au camp ou quoi ?
— Après les camps.
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  30 mars 2018
Marceline est haute comme trois pommes, elle a toujours sa tignasse rousse qui lui donne un air de petit faune ingénu et insolent, comme dans Chronique d'un été de Jean Rouch et Edgar Morin, où elle demandait à des Parisiens croisés au hasard: "Êtes-vous heureux?'.
Aujourd'hui, Marceline a 89 ans. Et cette fois c'est elle-même qu'elle interroge en fouillant dans sa "valise d'amour" qu'on imagine joyeusement bordélique.
Une valise pleine de lettres d'amour et d'amitié.
Lettres de Loridan son premier mari lointain, de Georges Perec amoureux fou de ce petit bout de femme qui était revenue d'un enfer où sa mère à lui avait disparu, de Jean-Pierre Sergent, d'Edgar Morin, de Joris Ivens son deuxième mari, de trente ans son aîné, compagnon de luttes et de tournages engagés.
Lettres d'anonymes, parfois oubliés, d'amies tendrement chéries comme Simone Veil, comme elle revenue " du même transport, du même quai, du même camp".
Sortie de Birkenau, vivante, Marceline y a laissé son père, tendrement aimé. Et ce qui aurait pu être une adolescence heureuse a été tué avec lui. Elle se jette avec frénésie dans la vie, dans ce "ballet des hommes qui a chassé le nom de (son) père de (son) état civil."
Mais les lettres de la valise , parfois citées partiellement, ne sont pas l'objet du livre: elles tendent un miroir à la narratrice et lui posent toutes la même question : "Es-tu heureuse, Marceline? Peux- tu être heureuse? L'as-tu été ? "

Comment fait-on l'amour, comment ressent-on l'amour après les camps quand on y est entré enfant -elle avait quinze ans- et qu'on y a tout appris de la mort, rien de l'amour?
Sans esquive, sans effet, Marceline répond et dit la vérité d'un corps qui refuse de se dénuder, qui reste insensible, qui ne découvre le plaisir des caresses que dans un mélange troublant de sensualité et de violence.
Elle dit la quête effrénée de la liberté : plus personne ne lui donnera d'ordres, désormais. Et la griserie de la séduction.. .
Mais cette ivresse de séduire n'a pour objet que de s'apprivoiser elle-même. Bientôt elle retrouve la confiance dans la tendresse paternelle et amoureuse du grand Ivens, dont elle devient la co-scénariste.
C'est toute une époque effervescente qui revit en même temps qu'elle : effondrement de l'empire colonial, guerre d'Algérie, naissance d'une Chine nouvelle, luttes politiques , luttes sociales, luttes féministes.
Sortir du camp c'est aussi sortir de soi, donner la parole à ceux qui ne l'ont jamais, aller vers l'autre. Mettre en images et en mots les secousses du monde...et jusqu'au dernier souffle de l'homme aimé dans cette "Histoire de vent"dernier film du vieux lion à crinière blanche, qui m'a laissé un souvenir magique.
Une vraie leçon de vie, d' éternelle jeunesse.
Petit bémol : la co-écriture, qui me gêne toujours un peu. Mais j'ai entendu Marceline parler.. Elle parle comme elle pense et , sans doute, comme elle écrit : vite, juste, précis. Vivant.
Vivante Marceline.
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Bazart
  09 février 2018
Beau et énigmatique titre de ce récit paru chez Grasset en janvier dernier : L'amour après quoi me diriez vous ? Tout simplement et tout tragiquement, l''amour après Birkenau, où la cinéaste fut déportée à l'âge de quinze ans et où son père fut tué.
Dans ce livre écrit avec Judith Perrignon L'Amour après, irrigue de façon aussi percutante que déchirante la voix de Marceline Loridan-Ivens écrivaine, une cinéaste, rescapée des camps de concentration. Et sans le savoir on la connaissait un peu puisque c'est la jeune femme qui, dans un morceau du dernier album de Vincent Delerm, demande aux gens s'ils sont heureux, extrait tiré d'un film de Jean Rouch.
A 15 ans, elle était à Birkenau. A la question que l'on se pose souvent : peut-on vivre après l'horreur, Marceline Loridan-Ivens en substitue plusieurs autres, peut-on aimer un jour après les camps ? Comment peut-on aimer quand son rapport au corps a été totalement ravagé ? Peut-on avoir un jour du plaisir ?
Aujourd'hui à 89 ans, et notamment il Ya un mois sur le plateau de l'émission La grande librairie, elle réaffirme sa conception de l'amour : un amour synonyme de liberté et sans possessivité. Marceline Loridan-Ivans dit se sentir toujours jeune dans sa tête, seul son corps ne suit pas. Une vision aussi libre que rebelle et surtout hors des sentiers battus de l'amour par une résistante dans tous les sens du terme.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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ValerieLacaille
  09 février 2018
Je referme ce roman en étant émue. Comme à chaque fois que j'ai lu les témoignages de Marceline Loridan-Ivens. Ce petit bout de femme, aujourd'hui âgée de 89 ans, dégage une telle force et une telle détermination!!!
Après avoir témoigné sur son expérience terrifiante de la déportation dans "La vie balagan" et les conditions de survie dans le camp de Birkenau dans "Et tu n'es pas revenu", Marceline se penche sur son vécu de l'amour. En découvrant une valise remplie de lettres aussi bien d'amis ou d'amoureux, c'est tout un passé sentimental et sensuel qui lui revient en mémoire.
Tout d'abord, il lui a fallu mettre à distance sa vision du corps. Comment lui découvrir un éventuel attrait après avoir vu à l'adolescence tant de corps dénudés abîmés par la vie et la maltraitance nazie? Comment supporter le regard, les mains d'un homme séduisant quand notre chair paraît repoussante à notre esprit?
Il aura fallu du temps et de la patience pour que Marceline puisse enfin accepter son corps comme objet de désir.
Une magnifique leçon de vie; un témoignage jamais impudique et pourtant sur un sujet qui pouvait paraître inabordable.
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jg69
  16 février 2018
Alors qu'elle vient de perdre partiellement la vue lors d'un séjour à Jérusalem, Marceline Loridan-Ivens, 89 ans, se plonge dans ses souvenirs en fouillant dans une valise délaissée (sa "valise d'amour") dans laquelle elle retrouve des programmes de spectacle et des articles de presse jaunis, des brouillons de lettres qu'elle n'a jamais envoyées, des lettres qu'elle a reçues de différents hommes, de son mari et d'amies qui forment une sorte de choeur de femmes.
Elle se définit comme une fille de Birkenau où elle a été déportée avec son père alors qu'elle n'avait que quinze ans, c'est dans ce camp qu'elle a rencontré Simone Veil. A sa libération, il lui a fallu ensuite survivre seule, vivre comme une survivante qui a perdu son innocence et qui trimballe son enfer avec elle avec son numéro tatoué sur le bras "tous les jours qui passent ne sont pas la vie, mais du rabe qu'on lui a laissé et qu'elle n'a pas le droit de gâcher", surmonter la mort de son père, résister à l'envie de mourir et supporter la folie suicidaire d'une partie de sa famille.
Déportée à quinze ans sans avoir jamais connu l'amour, "J'ai tout vu de la mort sans rien connaitre de l'amour", " j'étais un très jeune bourgeon que la guerre avait gelé sur pied. Et pour longtemps.", de retour du camp, elle cherche l'amour d'abord parmi les survivants qui forment son entourage proche, s'oppose à sa mère qui voudrait la voir reprendre immédiatement une vie normale et n'imagine comme seul avenir pour elle que mariage et enfants, alors qu'elle a besoin qu'on lui laisse du temps. Assoiffée de liberté, elle s'amuse dans les bars et dans les soirées à St-Germain-des-Prés et rejette les conventions "il n'y eut, après les camps, plus aucun donneur d'ordres dans ma vie". Arrachée de l'école à quinze ans, c'est aussi un énorme désir d'apprendre qui l'anime, une énorme soif de culture "je préférais me pencher sur ce que je n'avais pas appris que sur ce que j'avais vécu", ainsi elle établit des listes de livres à lire pour combler son retard.
Elle évoque ses premières expériences sexuelles où elle ne ressent rien dans l'impossibilité qu'elle est de s'abandonner, submergée par la peur de se laisser aller et qualifie son corps de "sec et raide". Avec ses amies elle vit les débuts de la révolution sexuelle, l'avortement et les premiers combats féministes qui flamberont quelques années plus tard. Elle raconte son mariage avec Francis qu'elle qualifie d'épistolaire tellement ils ont peu partagé de mois de vie commune en cinq ans d'union puis l'histoire de son grand amour avec Joris Ivens.
Après avoir découvert le genre humain sous son pire aspect alors qu'elle n'était qu'adolescente, alors qu'elle n'avait connu que très peu de choses de la vie, Marceline Loridan-Ivens a choisi de laisser l'ombre de la guerre derrière elle, sans rien oublier, sans rien renier, pour VIVRE. J'ai aimé la distance avec laquelle elle se penche sur son passé, sur les conséquences qu'a eu sa déportation sur sa future sexualité, sur son rapport à son propre corps, sur les formes qu'a pris l'amour après les camps où elle avait connu violence et domination. J'ai aimé la détermination de cette femme qui n'a jamais voulu se contenter du destin que lui traçait sa mère et qui a tout fait pour retrouver sa part d'humanité. J'ai aimé la pudeur avec laquelle elle effleure ce qu'elle a subi ou vu dans les camps. J'ai aimé la personnalité hors du commun de cette femme qui a aimé plus que tout sa liberté.
Ce récit sur l'amour après les camps, sujet peu abordé dans la littérature, est servi par une écriture tout simplement sublime dans ce texte court mais très dense.
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Nat_85
  18 mai 2018
Dans un livre intime et puissant, Marceline LORIDAN-IVENS, rescapée des camps de la mort, évoque les hommes qui ont traversé sa vie.
" Mon corps de femme s'est dessiné en même temps qu'il était condamné. A Auschwitz. Que faire de lui ensuite puisque j'avais survécu ? Serait-il capable de désir, de plaisir... d'aimer tout simplement ? "
Quelle capacité d'aimer a-t'on lorsque l'on est rescapée des camps ?
Ce livre bref - une centaine de pages seulement - , publié aux Editions Grasset, et avec la complicité de la cinéaste Judith Perrigon, est paru en ce début d'année 2018.
"L'amour après" fait suite à son précédent ouvrage "Et tu n'es pas revenu". Agée de 89 ans, Marceline LORIDAN-IVENS,  nous offre ici un récit extrêmement poignant. Née Marceline ROSENBERG, au fil des ans et des amants deviendra Marceline LORIDAN-IVENS.
En redécouvrant une valise qui sommeille depuis un demi-siècle dans un coin...sa "valise d'amour", elle nous fait partager son contenu. A l'intérieur, des centaines de mots, de correspondances, de souvenirs.
Déportée à l'âge de quinze ans à Birkenau, elle y rencontrera une certaine... Simone Veil : "nous étions du même transport, du même quai, du même camp." Ce drame commun les lieront à jamais. 
Après l'horreur du camp, comment se réapproprier son corps ?
p. 17 : " Elles cohabitent dans le même corps, l'une cherche la vie, l'autre flirte encore avec la mort. Il m'a fallu du temps pour les réconcilier."
Quand le corps y a été tellement blessé, comment le reconstituer ? " Je ne ressens rien, je suis asséchée".
p. 19 : " [...] je fuyais mon propre corps, sa mise à nu, à jamais associée pour moi à l'ordre nazi, à son regard humiliant tandis qu'on nous rasait la tête et le sexe, à son verdict : la mort ou le sursis. Jamais, avant le camp, je ne m'étais déshabillée devant quelqu'un, jamais je n'avais vu le corps de femmes nues, ni celui de ma mère, ni celui de mes soeurs. J'ai découvert le mien en même temps que je l'ai su condamné. J'en ai fait une quantité négligeable. Secondaire. Il fallait juste qu'il tienne, qu'il soit sec et solide. J'ai tout vu de la mort sans rien connaître de l'amour."
Mais comment passe-t'on de l'innocence de l'enfance à l'âge adulte lorsqu'on est déportée à seulement quinze ans, et seule ? Comment y survivre ?
p. 20 : " Mais j'ai découvert l'autonomie à Birkenau. J'étais seule, sans famille, contrairement à Simone qui survivait sous le regard de sa mère et de sa soeur. Et quelque chose s'est enclenché pour moi, un processus, un sentiment de liberté - drôle de mot je sais pour évoquer Birkenau - mais ce moment où personne ne vous protège et ne vous commande, ce moment où il faut vivre, en l'occurence survivre, seule. Ce moment où l'on quitte ses parents."
Ses premières amours, Marceline, qui épousera plus tard le réalisateur hollandais Joris Ivens, les cherche d'abord parmi les autres survivants. Elle y évoque notamment sa relation avec Georges PEREC : " deux orphelins de part et d'autre d'Auschwitz". 
Toute sa vie elle prône l'amour libre. Elle combat la notion de jalousie et de possessivité.
Elle évoque également son choix du refus de la maternité.
Elle revendique sa liberté. A dix-sept ans, par exemple, en s'engageant pour aller combattre en Israël.
L'auteure alterne les témoignages bouleversants et drôles. 
Ce livre est une véritable leçon de vie et d'amour, spontané et sans pudeur.
p. 44 : " [...] les livres sont faits pour ça, nous empêcher d'oublier.
Lien : https://missbook85.wordpress..
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critiques presse (6)
LeFigaro   16 février 2018
La rescapée d'Auschwitz-Birkenau raconte la difficulté d'aimer après les camps.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Culturebox   13 février 2018
Un livre solaire et sensuel, écrit dans une langue d'une jeunesse éclatante.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Lexpress   12 février 2018
À son retour des camps, et après deux tentatives de suicide, Marceline Loridan-Ivens doit se réapproprier son corps, "à jamais associé à l'ordre d'un nazi".
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaCroix   09 février 2018
Dans un livre intime et puissant, Marceline Loridan-Ivens, rescapée des camps de la mort, évoque les hommes qui ont traversé sa vie.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Bibliobs   24 janvier 2018
Survivante d'Auschwitz, Marceline-Loridan Ivens fait le récit de son difficile retour à la vie et à l'amour.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeMonde   22 janvier 2018
L’écrivaine et cinéaste, survivante d’Auschwitz, de Bergen-Belsen et de Theresienstadt, raconte son retour à la vie dans « L’Amour après ».
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
Nat_85Nat_85   18 mai 2018
Quand sera brisé l'infini servage de la femme, quand elle vivra pour elle et par elle, l'homme, jusqu'ici abominable - lui ayant donné son renvoi, elle sera poète, elle aussi ! La femme trouvera de l'inconnu ! Ses mondes d'idées différeront-ils des nôtres ? - Elle trouvera des choses étranges, insondables, repoussantes, délicieuses ; nous les prendrons, nous les comprendrons.
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BazartBazart   09 février 2018
Je crois que tu t’es trompée, Marceline. Je ne crois pas, je ne sais pas, on ne jamais être totalement sur. Ou bien c’est moi qui me suis trompé. C’est possible, je ne crois pas. Je voudrais t’en vouloir- T’en vouloir pour cette impasse, pour cette impasse, ce cul de sac, pour ces coups de téléphone : - « Bonjour, Georges comment vas-tu ? »

Non, Marceline, tu le savais très bien, cela, je ne pouvais le souffrir, c’était pire que de l’hypocrisie.
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michfredmichfred   30 mars 2018
En politique, nous* n'étions pas du même bord, mais qu'est-ce qu'un bord, sinon une rive d'où l'on écoute et interprète le bruit du monde? Nous étions du même transport, du même quai, du même camp. Nous étions des femmes dures.

*Nous: la narratrice et Simone Weil.
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netsukenetsuke   19 janvier 2018
On a commencé à sortir ensemble, à s'embrasser, se bécoter, je le laissais faire, de plus en plus pressant, je savais où nous allions, ou plutôt où il fallait aller, ça ne m'intéressait pas, ça me faisait peur, mais bien au-delà de la crainte de la première fois, bien au-delà du risque de tomber enceinte, je fuyais mon propre corps, sa mise à nu, à jamais associée pour moi à l'ordre d'un nazi, à son regard humiliant tandis qu'on nous rasait la tête et le sexe, à son verdict : la mort ou le sursis. Jamais, avant le camp, je ne m'étais déshabillée devant quelqu'un, jamais je n'avais vu le corps de femmes nues, ni celui de ma mère, ni celui de mes soeurs. J'ai découvert le mien en même temps que je l'ai su condamné. J'en ai fait une quantité négligeable. Secondaire. Il fallait juste qu'il tienne, qu'il soit sec et solide. J'ai tout vu de la mort sans rien connaître de l'amour.
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ValerieLacailleValerieLacaille   07 février 2018
On a commencé à sortir ensemble, à s'embrasser, se bécoter, je le laissais faire, de plus en plus pressant, je savais où nous allions, ou plutôt où il fallait aller, ça ne m'intéressait pas, ça me faisait peur, mais bien au-delà de la crainte de la première fois, bien au-delà du risque de tomber enceinte, je fuyais mon propre corps, sa mise à nu, à jamais associée pour moi à l'ordre d'un nazi, à son regard humiliant tandis qu'on nous rasait la tête et le sexe, à son verdict: la mort ou le sursis.
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Videos de Marceline Loridan-Ivens (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marceline Loridan-Ivens
Frédérique Berthet La Voix manquante éditions P.O.L Chronique d'un été : où Frédérique Berthet tente de dire quelques mots sur "Chronique d'un été", le film de Jean Rouch et d'Edgar Morin à l'occasion de la parution de "La Voix manquante" et où il est question notamment de sociologie et d?ethnographie, de l'histoire du film et de Marceline Loridan-Ivens, de "es-tu heureux?" et de "comme si", de Jean Rouch et d'Edgar Morin, de commensalité et de vérité, de déportation et de micro-cravate, à l'occasion de la parution aux éditions P.O.L, dans la collection TRAFIC, de "La Voix manquante", à Paris le 4 mars 2018 "Quelque chose est en cours. Je sens bien qu?on prend le train en marche, que les trois qui sont là ont dû se parler avant qu?on ne commence à les entendre. Marceline s?affiche en brune dans le noir et blanc. Dans quelques secondes, elle va entrer en cinéma, s?avancer de son corps, de sa voix, vers la mise en scène d?une effraction de l?histoire. Ses bras nus portent un message à peine visible : un matricule bouleversant, qui fait intrigue pour ceux qui la filment en ce 16 mai 1960. Cette histoire rapprochée du film d?ethnographie parisienne Chronique d?un été (Jean Rouch, Edgar Morin, 1960) reconstitue la fabrique d?un personnage féminin qui n?eut pas « les quinze ans de tout le monde ». En intriquant intimité et collectivité, décors naturels et sites fantomatiques, hier et aujourd?hui, je suis partie à la recherche de ce que l?écran condense du manque et de ce que les archives déplient du temps ? le temps d?apprendre à styliser et à dire. Apparaît ainsi, d?entre les pages, la silhouette prémonitoire d?une contemporaine, artiste et témoin de la Shoah. F.B."
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