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ISBN : 2246812437
Éditeur : Grasset (17/01/2018)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 25 notes)
Résumé :
« Le téléphone sonne. C’est Charlotte qui m’appelle d’Israël. Nous étions dans la même classe à Montélimar. Elle a été arrêtée après moi, mais je ne l’ai pas croisée à Birkenau.

— Qu’est-ce que tu fais en ce moment ? demande-t-elle.
— Je travaille sur l’amour.
Un silence alors, comme si le mot amour s’égarait, se cognait dans sa tête. Elle ne sait qu’en faire.
— L’amour au camp ou quoi ?
— Après les camps.
—... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Bazart
  09 février 2018
Beau et énigmatique titre de ce récit paru chez Grasset en janvier dernier : L'amour après quoi me diriez vous ? Tout simplement et tout tragiquement, l''amour après Birkenau, où la cinéaste fut déportée à l'âge de quinze ans et où son père fut tué.
Dans ce livre écrit avec Judith Perrignon L'Amour après, irrigue de façon aussi percutante que déchirante la voix de Marceline Loridan-Ivens écrivaine, une cinéaste, rescapée des camps de concentration. Et sans le savoir on la connaissait un peu puisque c'est la jeune femme qui, dans un morceau du dernier album de Vincent Delerm, demande aux gens s'ils sont heureux, extrait tiré d'un film de Jean Rouch.
A 15 ans, elle était à Birkenau. A la question que l'on se pose souvent : peut-on vivre après l'horreur, Marceline Loridan-Ivens en substitue plusieurs autres, peut-on aimer un jour après les camps ? Comment peut-on aimer quand son rapport au corps a été totalement ravagé ? Peut-on avoir un jour du plaisir ?
Aujourd'hui à 89 ans, et notamment il Ya un mois sur le plateau de l'émission La grande librairie, elle réaffirme sa conception de l'amour : un amour synonyme de liberté et sans possessivité. Marceline Loridan-Ivans dit se sentir toujours jeune dans sa tête, seul son corps ne suit pas. Une vision aussi libre que rebelle et surtout hors des sentiers battus de l'amour par une résistante dans tous les sens du terme.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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jg69
  16 février 2018
Alors qu'elle vient de perdre partiellement la vue lors d'un séjour à Jérusalem, Marceline Loridan-Ivens, 89 ans, se plonge dans ses souvenirs en fouillant dans une valise délaissée (sa "valise d'amour") dans laquelle elle retrouve des programmes de spectacle et des articles de presse jaunis, des brouillons de lettres qu'elle n'a jamais envoyées, des lettres qu'elle a reçues de différents hommes, de son mari et d'amies qui forment une sorte de choeur de femmes.
Elle se définit comme une fille de Birkenau où elle a été déportée avec son père alors qu'elle n'avait que quinze ans, c'est dans ce camp qu'elle a rencontré Simone Veil. A sa libération, il lui a fallu ensuite survivre seule, vivre comme une survivante qui a perdu son innocence et qui trimballe son enfer avec elle avec son numéro tatoué sur le bras "tous les jours qui passent ne sont pas la vie, mais du rabe qu'on lui a laissé et qu'elle n'a pas le droit de gâcher", surmonter la mort de son père, résister à l'envie de mourir et supporter la folie suicidaire d'une partie de sa famille.
Déportée à quinze ans sans avoir jamais connu l'amour, "J'ai tout vu de la mort sans rien connaitre de l'amour", " j'étais un très jeune bourgeon que la guerre avait gelé sur pied. Et pour longtemps.", de retour du camp, elle cherche l'amour d'abord parmi les survivants qui forment son entourage proche, s'oppose à sa mère qui voudrait la voir reprendre immédiatement une vie normale et n'imagine comme seul avenir pour elle que mariage et enfants, alors qu'elle a besoin qu'on lui laisse du temps. Assoiffée de liberté, elle s'amuse dans les bars et dans les soirées à St-Germain-des-Prés et rejette les conventions "il n'y eut, après les camps, plus aucun donneur d'ordres dans ma vie". Arrachée de l'école à quinze ans, c'est aussi un énorme désir d'apprendre qui l'anime, une énorme soif de culture "je préférais me pencher sur ce que je n'avais pas appris que sur ce que j'avais vécu", ainsi elle établit des listes de livres à lire pour combler son retard.
Elle évoque ses premières expériences sexuelles où elle ne ressent rien dans l'impossibilité qu'elle est de s'abandonner, submergée par la peur de se laisser aller et qualifie son corps de "sec et raide". Avec ses amies elle vit les débuts de la révolution sexuelle, l'avortement et les premiers combats féministes qui flamberont quelques années plus tard. Elle raconte son mariage avec Francis qu'elle qualifie d'épistolaire tellement ils ont peu partagé de mois de vie commune en cinq ans d'union puis l'histoire de son grand amour avec Joris Ivens.
Après avoir découvert le genre humain sous son pire aspect alors qu'elle n'était qu'adolescente, alors qu'elle n'avait connu que très peu de choses de la vie, Marceline Loridan-Ivens a choisi de laisser l'ombre de la guerre derrière elle, sans rien oublier, sans rien renier, pour VIVRE. J'ai aimé la distance avec laquelle elle se penche sur son passé, sur les conséquences qu'a eu sa déportation sur sa future sexualité, sur son rapport à son propre corps, sur les formes qu'a pris l'amour après les camps où elle avait connu violence et domination. J'ai aimé la détermination de cette femme qui n'a jamais voulu se contenter du destin que lui traçait sa mère et qui a tout fait pour retrouver sa part d'humanité. J'ai aimé la pudeur avec laquelle elle effleure ce qu'elle a subi ou vu dans les camps. J'ai aimé la personnalité hors du commun de cette femme qui a aimé plus que tout sa liberté.
Ce récit sur l'amour après les camps, sujet peu abordé dans la littérature, est servi par une écriture tout simplement sublime dans ce texte court mais très dense.
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ValerieLacaille
  09 février 2018
Je referme ce roman en étant émue. Comme à chaque fois que j'ai lu les témoignages de Marceline Loridan-Ivens. Ce petit bout de femme, aujourd'hui âgée de 89 ans, dégage une telle force et une telle détermination!!!
Après avoir témoigné sur son expérience terrifiante de la déportation dans "La vie balagan" et les conditions de survie dans le camp de Birkenau dans "Et tu n'es pas revenu", Marceline se penche sur son vécu de l'amour. En découvrant une valise remplie de lettres aussi bien d'amis ou d'amoureux, c'est tout un passé sentimental et sensuel qui lui revient en mémoire.
Tout d'abord, il lui a fallu mettre à distance sa vision du corps. Comment lui découvrir un éventuel attrait après avoir vu à l'adolescence tant de corps dénudés abîmés par la vie et la maltraitance nazie? Comment supporter le regard, les mains d'un homme séduisant quand notre chair paraît repoussante à notre esprit?
Il aura fallu du temps et de la patience pour que Marceline puisse enfin accepter son corps comme objet de désir.
Une magnifique leçon de vie; un témoignage jamais impudique et pourtant sur un sujet qui pouvait paraître inabordable.
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cathulu
  21 janvier 2018
Années 50, Marceline Loridan-Ivens qui est "une fille de Birkenau" est rentrée en France et ne tarde pas à prendre son indépendance vis à vis de sa mère.
La jeune femme dont le corps a été figé dans l'adolescence par le camp a soif de vie et de culture. Elle enchaîne aussi les aventures amoureuses ,même si son corps ignore toute sensation de plaisir, de désir ,et restera à jamais "sec", c'est à dire stérile, sans que Marceline le regrette, bien au contraire.
La nudité reste attachée au regard d'un médecin décidant de la vie ou de la mort et Marceline aura toujours des difficultés à se dénuder, y compris dans un contexte médical.
Un récit rare qui évoque le corps, les sentiments d'une jeune femme fracassée par les camps mais qui est pleine d'ardeur, de vie, d'énergie et d'une formidable liberté.
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delphp
  30 janvier 2018
"J'ai tout vu de la mort sans rien connaitre de l'amour."
Marceline a 16 ans en 1944, quand, déportée à Auschwitz, elle est confrontée pour la première fois au corps de l'Autre, contrainte de se tenir nue devant des centaines d'étrangères, pour être examinée, tatouée et rasée.
Dans les douches, elles observe ces corps nouveaux qui ont encore des formes, qui sont encore humains. Elle y remarque celle qui sera sa voisine de paillasse pendant une année de concentration, celle dont l'amitié durera toute une vie, Simone Veil, parce qu'elle est "la mieux roulée d'entre toutes".
Une année en enfer durant laquelle elle subira le pire de la violence, de l'humiliation, durant laquelle son corps ne sera que souffrance et dont la seule assignation sera de ne pas céder.
Mais lorsque l'on s'éveille ainsi à la nudité, à l'altérité des corps, comment fait-on, après?
Comment aime-t-on après, quand on a appris à n'être rien ?
"Je me cherchais dans les regards et je ne voulais pas y voir mon âme perdue."
A son retour des camps Marceline est une jeune femme qui lutte pour ne pas être une survivante.
Mais elle ne sait pas aimer.
Dans L'amour après, Marceline Loridan-Ivens replonge dans ses souvenirs et raconte son rapport à l'amour, plus que ses rapports amoureux.
Elle a vécu comme un femme libérée, allant d'homme en homme, semant chaos et désespoir, comme en témoignent les extraits de correspondances qu'elle nous livre, où l'on retrouve un Edgar Morin résigné, un Georges Pérec, fou d'amour.
"Je m'entrevois, si indécise, si dure plutôt que de me laisser voir en miettes."
Car au fond elle ne fût jamais libre.
Jusqu'à Joris.
Car il s'agit là encore d'une déclaration d'amour passionnée à celui qui fût son second mari, et qui lui permis enfin d'être elle-même.
L'amour après est un récit passionnant, sublimé par une plume vive, emplie de gaieté.
Marceline Loridan-Ivens, accompagnée de Judith Perrignon, s'y dévoile avec pudeur, mais sans voile, et avec une simplicité absolument bouleversante.
Au-delà de la vie de l'auteure, L'amour après éclaire les enjeux du rapport au corps brutalisé, aux chairs traumatisées et de la reconstruction de ces "âmes perdues" que sont, d'une manière générale, les victimes de violences.
"Mon corps n'était plus un enjeu enfin."
L'amour après souffle l'espoir, le lâcher prise, l'abandon...
Marceline Loridan-Ivens est magnifique, d'une rare modernité.
Elle donne envie de vivre, elle donne envie d'être libre.
Plus de lectures sur : https://chatpitres.blogspot.fr/
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critiques presse (6)
LeFigaro   16 février 2018
La rescapée d'Auschwitz-Birkenau raconte la difficulté d'aimer après les camps.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Culturebox   13 février 2018
Un livre solaire et sensuel, écrit dans une langue d'une jeunesse éclatante.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Lexpress   12 février 2018
À son retour des camps, et après deux tentatives de suicide, Marceline Loridan-Ivens doit se réapproprier son corps, "à jamais associé à l'ordre d'un nazi".
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaCroix   09 février 2018
Dans un livre intime et puissant, Marceline Loridan-Ivens, rescapée des camps de la mort, évoque les hommes qui ont traversé sa vie.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Bibliobs   24 janvier 2018
Survivante d'Auschwitz, Marceline-Loridan Ivens fait le récit de son difficile retour à la vie et à l'amour.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeMonde   22 janvier 2018
L’écrivaine et cinéaste, survivante d’Auschwitz, de Bergen-Belsen et de Theresienstadt, raconte son retour à la vie dans « L’Amour après ».
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Marti94Marti94   19 février 2018
J’ai perdu la vue à Jérusalem. Ça n’a rien à voir avec Dieu, je n’y crois pas. Mais c’est arrivé là-bas, comme ça, d’un coup. Et je n’ai pu m’empêcher d’y chercher un sens.
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dvandvan   12 février 2018
livre très émouvant , où l'auteur sans fausse pudeur et avec beaucoup de sincérité nous amène à nous poser la question : comment vivre après avoir connu l'horreur des camps de concentration. Ce qui est ici très fort, c'est qu'elle aborde la question du corps , de la sexualité et du plaisir .
Petit bémol toutefois, la trame du livre est un peu brouillonne, à l'image des souvenirs qui reviennent à la mémoire.
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BazartBazart   09 février 2018
Je crois que tu t’es trompée, Marceline. Je ne crois pas, je ne sais pas, on ne jamais être totalement sur. Ou bien c’est moi qui me suis trompé. C’est possible, je ne crois pas. Je voudrais t’en vouloir- T’en vouloir pour cette impasse, pour cette impasse, ce cul de sac, pour ces coups de téléphone : - « Bonjour, Georges comment vas-tu ? »

Non, Marceline, tu le savais très bien, cela, je ne pouvais le souffrir, c’était pire que de l’hypocrisie.
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ValerieLacailleValerieLacaille   07 février 2018
On a commencé à sortir ensemble, à s'embrasser, se bécoter, je le laissais faire, de plus en plus pressant, je savais où nous allions, ou plutôt où il fallait aller, ça ne m'intéressait pas, ça me faisait peur, mais bien au-delà de la crainte de la première fois, bien au-delà du risque de tomber enceinte, je fuyais mon propre corps, sa mise à nu, à jamais associée pour moi à l'ordre d'un nazi, à son regard humiliant tandis qu'on nous rasait la tête et le sexe, à son verdict: la mort ou le sursis.
+ Lire la suite
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netsukenetsuke   19 janvier 2018
On a commencé à sortir ensemble, à s'embrasser, se bécoter, je le laissais faire, de plus en plus pressant, je savais où nous allions, ou plutôt où il fallait aller, ça ne m'intéressait pas, ça me faisait peur, mais bien au-delà de la crainte de la première fois, bien au-delà du risque de tomber enceinte, je fuyais mon propre corps, sa mise à nu, à jamais associée pour moi à l'ordre d'un nazi, à son regard humiliant tandis qu'on nous rasait la tête et le sexe, à son verdict : la mort ou le sursis. Jamais, avant le camp, je ne m'étais déshabillée devant quelqu'un, jamais je n'avais vu le corps de femmes nues, ni celui de ma mère, ni celui de mes soeurs. J'ai découvert le mien en même temps que je l'ai su condamné. J'en ai fait une quantité négligeable. Secondaire. Il fallait juste qu'il tienne, qu'il soit sec et solide. J'ai tout vu de la mort sans rien connaître de l'amour.
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