AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
EAN : 9782246812432
162 pages
Grasset (17/01/2018)
3.73/5   221 notes
Résumé :
« Le téléphone sonne. C’est Charlotte qui m’appelle d’Israël. Nous étions dans la même classe à Montélimar. Elle a été arrêtée après moi, mais je ne l’ai pas croisée à Birkenau.

— Qu’est-ce que tu fais en ce moment ? demande-t-elle.
— Je travaille sur l’amour.
Un silence alors, comme si le mot amour s’égarait, se cognait dans sa tête. Elle ne sait qu’en faire.
— L’amour au camp ou quoi ?
— Après les camps.
—... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (56) Voir plus Ajouter une critique
3,73

sur 221 notes
5
19 avis
4
20 avis
3
9 avis
2
4 avis
1
0 avis

Cancie
  14 juin 2019
Marcelline Loridan-Ivens, de son nom de jeune fille Rozenberg, est née le 19 mars 1928 et elle est morte le 18 septembre 2018. Elle est déportée à Auschwitz-Birkenau à l'âge de quinze ans.
À son retour des camps, elle se jette dans l'existence, le cinéma et les amours, à corps perdu. Elle se cherche follement. Ce qu'elle veut, c'est ne plus subir, jamais.
De cette expérience, ô combien traumatisante, elle a réussi à se relever à travers les mots et les images. Ses premiers amours, elle les cherche d'abord parmi les autres survivants. Si, très vite, elle a des amants, c'est aussi pour s'émanciper de sa mère qui veut absolument la marier. Mais comment aimer, s'abandonner, jouir au retour des camps ?
Qu'est-ce que le désir quand on revient de si loin ? Pour elle, la nudité reste associée au regard humiliant des nazis. Elle a dû accomplir un long chemin pour renaître à l'amour. Elle écrit la difficulté à trouver ce lâcher-prise et l'abandon. Pour le raconter, avec la complicité de Judith Perrignon, journaliste et écrivaine, elle va s'aider de « sa valise d'amour ».
Elle a retrouvé cette valise dans laquelle sont conservées les lettres, les petits mots échangés avec les hommes de sa vie. Elle nous offre d'ailleurs quelques passages de sa correspondance, notamment avec Georges Perec qu'elle ne pouvait aimer, celui-ci l'attirant inexorablement vers son passé.
De ces hommes qui ont traversé sa vie, elle en épousera deux. le premier se nomme Francis Loridan mais c'est le second, Joris Ivens, qui sera le grand amour et avec qui elle coréalise une série de documentaires dans les années 1970.
Cette femme d'acier qui avait une énorme soif de culture, grâce à une force de vie incroyable a dû accomplir un long chemin pour renaître à l'amour après avoir vécu l'inacceptable. L'amour après nous parle de son inlassable quête de l'amour, de son apaisement impossible et de sa soif d'aimer.
Cette femme exceptionnelle et insoumise se livre sans fard et nous offre une véritable ode à l'amour et à la liberté. Tout au long de son livre, elle prône la liberté, la liberté de l'esprit.
Ce livre éblouissant, écrit par l'un des derniers passeurs de mémoire, est un livre intime, puissant, bouleversant, un roman vrai sur le corps, la féminité, la sexualité, qui parle essentiellement d'amour.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          1148
Fandol
  04 août 2019
Retrouver Marceline Loridan-Ivens, toujours avec la complicité de l'excellente Judith Perrignon, est l'assurance de passer un moment très émouvant et plein d'enseignements sur ce qu'a vécu cette femme au retour des camps de concentration. Comment parler de l'innommable, de l'incroyable, de cette industrie de la mort de nos semblables, pensée, mise au point et réalisée par l'Allemagne nazie, au siècle dernier ?
Dans Et tu n'es pas revenu, elle s'attachait à parler de son père et voilà que dans L'amour après, c'est son intimité qu'elle dévoile avec spontanéité et franchise, ses amours, ses joies et surtout ses difficultés à retrouver du plaisir physique alors qu'elle ne peut plus supporter de se déshabiller devant quelqu'un d'autre.
Elle perd presque totalement la vue à Jérusalem, en pleine séance de dédicace. Ce qui lui arrive et le lieu où cela se passe déclenche en elle une cascade de souvenirs. Elle, une fille de Birkenau, regrette son nom, Rozenberg, car elle porte les noms des deux hommes qu'elle a épousés, le second étant son grand amour.
C'est en plongeant dans sa « valise d'amour » qu'elle retrouve quantité de lettres et de mots qu'elle ne peut lire qu'avec l'aide d'un appareil spécial. Elle cherche d'abord l'amour parmi les survivants mais c'est un échec. Comme elle fréquente Saint-Germain-des-Prés, elle rencontre et aime des personnages importants : Edgar Morin, Georges Perec… Elle est la copine de Christine Sèvres qui épouse Jean Ferrat et se lie enfin avec Simone Veil qui avait bien pris soin d'elle à Birkenau. Elle s'implique aussi dans la lutte pour l'indépendance algérienne, fait l'amour mais ne veut pas du mariage puis épouse successivement deux hommes.
Georges Perec était très amoureux d'elle, amour non partagé mais elle nous livre des passages de lettres de l'auteur de la disparition. Plus loin elle confie : « J'en ai voulu à Georges de s'être fait incinérer. Pourquoi as-tu donné ton cadavre aux flammes, comme là-bas ? » Ses confidences, ses réactions, sont spontanées, empreintes d'une extraordinaire franchise qui m'a beaucoup touché.
L'amour après est un livre tellement tendre, avec des confidences les plus intimes d'une femme immensément courageuse dont la vie n'a été que du rab, comme elle le confie à la fin. Savoir qu'on a été dénoncé par de « bons Français », être déportée, côtoyer la mort, l'horreur des camps, c'est inimaginable pour nous qui lisons cela aujourd'hui. Cela a broyé celles et ceux qui en sont revenus et qui disparaissent les uns après les autres aujourd'hui. Il faut lire ce qu'ils écrivent pour qu'ils vivent encore, que leur sacrifice ne soit pas oublié.
Marceline Loridan-Ivens a eu une vie pleine ensuite, beaucoup d'amours, donné toute son énergie à ses passions, surtout pour le cinéma. Elle est morte le 18 septembre 2018 mais lorsque je la voyais répondre aux questions de François Busnel qui l'invitait dans son émission, La Grande Librairie, je ne pouvais m'empêcher de l'admirer, de l'aimer.

Lien : http://notre-jardin-des-livr..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          808
Harioutz
  17 mars 2019
J'essaie depuis plusieurs dizaines de minutes, mais je ne parviens pas à formuler ma critique, celle que je ressens au plus profond, celle qui monte directement des "tripes" en achevant ma lecture.
J'aime Marceline, la jeune femme, la femme, la combattante, la traumatisée, l'amoureuse ... j'aime tout en elle, mais ce qui me touche jusqu'à m'en couper le sens des formules, c'est sa sincérité. C'est bien cela, sa sincérité. Merci à elle.
Commenter  J’apprécie          867
michfred
  30 mars 2018
Marceline est haute comme trois pommes, elle a toujours sa tignasse rousse qui lui donne un air de petit faune ingénu et insolent, comme dans Chronique d'un été de Jean Rouch et Edgar Morin, où elle demandait à des Parisiens croisés au hasard: "Êtes-vous heureux?'.
Aujourd'hui, Marceline a 89 ans. Et cette fois c'est elle-même qu'elle interroge en fouillant dans sa "valise d'amour" qu'on imagine joyeusement bordélique.
Une valise pleine de lettres d'amour et d'amitié.
Lettres de Loridan son premier mari lointain, de Georges Perec amoureux fou de ce petit bout de femme qui était revenue d'un enfer où sa mère à lui avait disparu, de Jean-Pierre Sergent, d'Edgar Morin, de Joris Ivens son deuxième mari, de trente ans son aîné, compagnon de luttes et de tournages engagés.
Lettres d'anonymes, parfois oubliés, d'amies tendrement chéries comme Simone Veil, comme elle revenue " du même transport, du même quai, du même camp".
Sortie de Birkenau, vivante, Marceline y a laissé son père, tendrement aimé. Et ce qui aurait pu être une adolescence heureuse a été tué avec lui. Elle se jette avec frénésie dans la vie, dans ce "ballet des hommes qui a chassé le nom de (son) père de (son) état civil."
Mais les lettres de la valise , parfois citées partiellement, ne sont pas l'objet du livre: elles tendent un miroir à la narratrice et lui posent toutes la même question : "Es-tu heureuse, Marceline? Peux- tu être heureuse? L'as-tu été ? "

Comment fait-on l'amour, comment ressent-on l'amour après les camps quand on y est entré enfant -elle avait quinze ans- et qu'on y a tout appris de la mort, rien de l'amour?
Sans esquive, sans effet, Marceline répond et dit la vérité d'un corps qui refuse de se dénuder, qui reste insensible, qui ne découvre le plaisir des caresses que dans un mélange troublant de sensualité et de violence.
Elle dit la quête effrénée de la liberté : plus personne ne lui donnera d'ordres, désormais. Et la griserie de la séduction.. .
Mais cette ivresse de séduire n'a pour objet que de s'apprivoiser elle-même. Bientôt elle retrouve la confiance dans la tendresse paternelle et amoureuse du grand Ivens, dont elle devient la co-scénariste.
C'est toute une époque effervescente qui revit en même temps qu'elle : effondrement de l'empire colonial, guerre d'Algérie, naissance d'une Chine nouvelle, luttes politiques , luttes sociales, luttes féministes.
Sortir du camp c'est aussi sortir de soi, donner la parole à ceux qui ne l'ont jamais, aller vers l'autre. Mettre en images et en mots les secousses du monde...et jusqu'au dernier souffle de l'homme aimé dans cette "Histoire de vent"dernier film du vieux lion à crinière blanche, qui m'a laissé un souvenir magique.
Une vraie leçon de vie, d' éternelle jeunesse.
Petit bémol : la co-écriture, qui me gêne toujours un peu. Mais j'ai entendu Marceline parler.. Elle parle comme elle pense et , sans doute, comme elle écrit : vite, juste, précis. Vivant.
Vivante Marceline.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          5710
Bazart
  09 février 2018
Beau et énigmatique titre de ce récit paru chez Grasset en janvier dernier : L'amour après quoi me diriez vous ? Tout simplement et tout tragiquement, l''amour après Birkenau, où la cinéaste fut déportée à l'âge de quinze ans et où son père fut tué.
Dans ce livre écrit avec Judith Perrignon L'Amour après, irrigue de façon aussi percutante que déchirante la voix de Marceline Loridan-Ivens écrivaine, une cinéaste, rescapée des camps de concentration. Et sans le savoir on la connaissait un peu puisque c'est la jeune femme qui, dans un morceau du dernier album de Vincent Delerm, demande aux gens s'ils sont heureux, extrait tiré d'un film de Jean Rouch.
A 15 ans, elle était à Birkenau. A la question que l'on se pose souvent : peut-on vivre après l'horreur, Marceline Loridan-Ivens en substitue plusieurs autres, peut-on aimer un jour après les camps ? Comment peut-on aimer quand son rapport au corps a été totalement ravagé ? Peut-on avoir un jour du plaisir ?
Aujourd'hui à 89 ans, et notamment il Ya un mois sur le plateau de l'émission La grande librairie, elle réaffirme sa conception de l'amour : un amour synonyme de liberté et sans possessivité. Marceline Loridan-Ivans dit se sentir toujours jeune dans sa tête, seul son corps ne suit pas. Une vision aussi libre que rebelle et surtout hors des sentiers battus de l'amour par une résistante dans tous les sens du terme.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          452


critiques presse (6)
LeFigaro   16 février 2018
La rescapée d'Auschwitz-Birkenau raconte la difficulté d'aimer après les camps.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Culturebox   13 février 2018
Un livre solaire et sensuel, écrit dans une langue d'une jeunesse éclatante.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Lexpress   12 février 2018
À son retour des camps, et après deux tentatives de suicide, Marceline Loridan-Ivens doit se réapproprier son corps, "à jamais associé à l'ordre d'un nazi".
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaCroix   09 février 2018
Dans un livre intime et puissant, Marceline Loridan-Ivens, rescapée des camps de la mort, évoque les hommes qui ont traversé sa vie.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Bibliobs   24 janvier 2018
Survivante d'Auschwitz, Marceline-Loridan Ivens fait le récit de son difficile retour à la vie et à l'amour.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeMonde   22 janvier 2018
L’écrivaine et cinéaste, survivante d’Auschwitz, de Bergen-Belsen et de Theresienstadt, raconte son retour à la vie dans « L’Amour après ».
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (135) Voir plus Ajouter une citation
HarioutzHarioutz   17 mars 2019
J'ai fini par recroiser Simone [Veil]. Des années plus tard, rue Dante.
Elle a cette fois insisté pour que je la suive sur-le-champ, je n'ai pas résisté, je suis montée chez elle, remisant nos différences au rayon des apparences, et nous ne nous sommes plus jamais quittées.
En politique, nous n'étions pas du même bord, mais qu'est-ce qu'un bord, sinon une rive d'où l'on écoute et interprète le bruit du monde ?
Nous étions du même transport, du même quai, du même camp. Nous étions des femmes dures.
La politique, la vie, les hommes traversaient nos discussions mais nous étions des confidentes de l'Avant, nous revenions vers les camps ensemble, parfois même en souriant ou en rigolant au détour d'un souvenir. Et je lui voyais parfois des gestes, des poses, un relâchement qu'elle ne s'autorisait jamais en public.
Alors les jours où je butais sur la raideur et les réserves de sa fonction, je le supportais mal, je rentrais énervée, déçue, je disais :"Je n'irai plus" et Joris me répondait: Tu y retourneras, c'est une femme formidable".
Là-bas, quand l'une de nous mourait, on l'oubliait, on ne pleurait pas. Le deuil n'existait plus.
Nous étions les miroirs les unes des autres. Je m'accrochais aux regards des plus déterminées d'entre nous.
Celui de Simone en faisait partie. Maintenant qu'elle n'est plus là, je sens bien que je pleure à l'intérieur.
Je l'ai dit au cimetière : Nous nous sommes rencontrées pour mourir ensemble.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          102
HarioutzHarioutz   17 mars 2019
A la mort de Simone [Veil], une amie m'a écrit d'Algérie, elle tenait à m'informer qu'un ancien détenu du FLN lui avait rendu hommage.
Dans une tribune, Mohand Zeggagh a raconté tout ce qu'elle avait fait pour les Algériens emprisonnés, et il écrit même qu'il ne fut pas surpris d'apprendre alors que la protection au sein du gouvernement venait de deux anciens déportés des camps nazis.
Mais ces mots-là, qui les a entendus ? Qui les a relayés ? Sont-ils audibles aujourd'hui ?
Il faut répéter qu'une Juive survivante d'Auschwitz a tout fait pour sauver des femmes arabes de la torture et du viol.
Il est là le sens de l'Histoire, et de l'humanité.
Mais nous l'avons perdu. A moins qu'il n'y ait aucun sens, que j'ai simplement eu besoin d'y croire comme beaucoup d'autres au sortir de la guerre.
Il n'y a qu'un balancier, faisant, défaisant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
HarioutzHarioutz   17 mars 2019
"Quand sera brisé l'infini servage de la femme, quand elle vivra pour elle et par elle, l'homme, jusqu'ici abominable - lui ayant donné son renvoi, elle sera poète, elle aussi ! La femme trouvera de l'inconnu ! Ses mondes d'idées différeront-ils des nôtres ? - Elle trouvera des choses étranges, insondables, repoussantes, délicieuses; nous les prendrons, nous les comprendrons".
Rimbaud (cité par Marceline Loridan-Ivens)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          305
CancieCancie   14 juin 2019
Francis est mort il y a quelques années maintenant, sans avoir trouvé la paix. L'ai-je trouvée moi ? Non, je ne la cherche pas, elle ne viendra pas, elle m'est impossible. Seuls comptent la quête, le mouvement, le sens. Et j'ai su jalonner ma vie de gens et de combats qui m'apaisent.
Commenter  J’apprécie          400
BazartBazart   09 février 2018
Je crois que tu t’es trompée, Marceline. Je ne crois pas, je ne sais pas, on ne jamais être totalement sur. Ou bien c’est moi qui me suis trompé. C’est possible, je ne crois pas. Je voudrais t’en vouloir- T’en vouloir pour cette impasse, pour cette impasse, ce cul de sac, pour ces coups de téléphone : - « Bonjour, Georges comment vas-tu ? »

Non, Marceline, tu le savais très bien, cela, je ne pouvais le souffrir, c’était pire que de l’hypocrisie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210

Videos de Marceline Loridan-Ivens (32) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marceline Loridan-Ivens
Rencontre avec Frédérique BerthetFrédérique Berthet a publié en 2018 aux éditions P.O.L La Voix manquante – texte qui retrace l'apparition fugitive et inoubliable de Marceline Loridan dans Chronique d'un été de Jean Rouch et Edgar Morin. Ce film de « cinéma-vérité » évoque les souvenirs poignants de la déportation de Marceline. La Voix manquante raconte les coulisses de ces images. Frédérique Berthet a reçu pour La Voix manquante le Prix du livre de cinéma 2018 décerné par le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC).Rencontre animée par Alexia Vanhee
autres livres classés : shoahVoir plus
Notre sélection Littérature française Voir plus





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
1435 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre