AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2702163653
Éditeur : Calmann-Lévy (16/08/2018)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 8 notes)
Résumé :
1945, à Paris. Paul Valéry, vieux solitaire indifférent à la fureur des temps, doit en admettre l’horreur. Cherchant la lumière, il rouvre le carnet hérité dans sa jeunesse de Berthe Morisot, peintre du silence et de l’absolu. Dans ses mots, il affronte l’exigence vitale de beauté qui fut sa quête. Revient alors le souffle de la vie, malgré tout.
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
sylvaine
  17 août 2018
La tristesse des femmes en mousseline Jean-Daniel Baltassat Calmann-Lévy 16 août 2018.
Paris ,février 1945, un vieil homme solitaire dans un appartement glacial. Un vieil homme seul avec sa mémoire en guise de médecine. Une mémoire qui le ramène aux années de sa jeunesse, un Mardi chez Mallarmé, une femme encore belle et silencieuse comme à son habitude. Mars 1895, Paul Valéry avait tout juste 24 ans et Berthe Morisot 54 ans.... La mémoire de Paul Valery est toujours fidèle, de page en page s'égraine sous nos yeux la vie de cette femme hors du commun reconnue par ses pairs et aimée par beaucoup surtout par Edouard Manet . Autre époque, autres moeurs mais amour toujours. Précieux roman qui nous entraine sur les pas de Manet et Morisot, sur le chemin de la Beauté intangible mais qui ravit le coeur. "en excès d'amour" leit-motiv des aquarelles de Morisot, peux t'on peindre sans aimer? Un bien joli roman servi à merveille par une écriture ciselée et légère. Un moment suspendu entre deux lectures plus sombres. Un grand merci aux éditions Calmann Lévy via NetGalley pour ce partage. #LaTristesseDesFemmesEnMousseline
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          280
Jeneen
  20 septembre 2018
Difficile de résumer la trame de ce livre qui parle d'art et de beauté, de création et de peinture,  mais par le biais des souvenirs de Paul Valéry vieillissant, souvenirs d'une époque où tout jeune il fréquenta Mallarmé, les impressionistes (surtout les Refusés) dont Degas, Renoir, Monet, Manet et Berthe Morisot, que Paul Valéry admirait.
Ce livre nous parle magnifiquement d'art mais aussi de femmes cherchant à se réaliser dans ce métier de peintre essentiellement masculin.  Il décrit par touches une époque où l'art et la peinture était en pleine ébullition et (r)évolution.
Et il parle de Berthe Morisot.
De belle manière, avec sensibilité et poésie.
Mais dehors la guerre finie, la découverte les camps de déportation des juifs révèle une horreur qui rend cette peinture bien futile, voire inutile puisque tant de beauté n'a pas empêché l'indicible.
Bien que le roman commence et finisse par ce thème, il est peu traité  dans ce livre où le prétexte de la découverte de carnets intimes (fictifs)  de Berthe Morisot sert de fil directeur à des réflexions et  anecdotes sur l'art et les Impressionistes.
l''ensemble  peut alors sembler un peu décousu.
Pourtant ce texte bien écrit, fluide, empreint de finesse, est un roman qui devrait séduire les amateurs d'histoire de l'art et ceux qui apprécient la peinture impressioniste et Berthe Morisot.
Un roman délicat et intéressant, lu grâce aux Editions Calmann-Levy et à NetGalley que je remercie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
jostein
  21 août 2018
Jean-Daniel Baltassat drape son récit d'une belle tristesse. Celle d'une époque puisque nous sommes à la fin de la seconde guerre mondiale, lorsque le monde découvre l'horreur des camps de concentration et celle qui émane d'une artiste peintre peu diserte, Berthe Morisot.
Paul Valéry rencontre pour la première fois Berthe Morisot aux Mardis de Mallarmé en 1894. Il avait tout juste vingt ans. Berthe, mariée à Eugène Manet était en deuil. Peu expressive, en dehors de son regard de malachite, elle ne peut répondre à la question de son hôte sur le sens de sa peinture.
« Auriez-vous pour nous, m'aviez-vous demandé en mars, un mot, une phrase qui dirait le poème de votre peinture? »
Alors qu'il doit préparer un papier pour l'exposition des oeuvres de Berthe Morisot au musée de l'Orangerie, Paul Valéry est absorbé par cet énigme au point de ne pas entendre les craintes de son amie Mathilde sur la situation des juifs.
« L'art, selon le mot de Nietzsche, n'est-il pas la seule présence qui permit de survivre à la réalité? »
C'est en lisant les lignes que Berthe Morisot consignait dans un petit carnet à la couverture jaune offert par son amie, la Duchesse Adèle que Paul Valéry va tenter de comprendre la personnalité discrète et obscure de Berthe Morisot et peut-être trouver la lumière en cette période obscure de guerre.
« Souvent, j'ai pensé que nos peintres (Degas, Renoir, Monet surtout) ne cherchaient qu'à lutter contre ce temps qui passe et nous accable de la ruine perpétuelle qui est à l'oeuvre en nous comme en tout ce qui nous entoure. Mais cette peinture-ci ne lutte pas. Elle est la couleur du présent. Ou peut-être du passage, comme dit Monet. »
Ce carnet jaune, son contenu, les propos de Paul Valéry, Mallarmé, Degas ou autres sont de pure fiction. Il en reste l'atmosphère d'une époque mouvementée, d'un milieu d'artistes où les femmes peinaient à se faire une place, le portrait énigmatique de Berthe Morisot qui posa pour Édouard Manet mais épousa son frère.
Et surtout, une réflexion sur l'art.
La technique de Manet, bien évidemment, « qui fait chatoyer ce qui ne peut être vu et ce que nous ne pouvons caresser de la main. » La théorie sexiste de Blanc qui associe le dessin à la virilité masculine et la couleur comme expression du féminin sans oublier tout ce qu'une femme ne doit pas peindre. L'opposition courtoise entre gens de lettres et peintres. On y croise Mallarmé, Baudelaire, Degas, Duret, Manet.
Les descriptions de tableaux combleront les amateurs d'art. Je suis pour ma part restée très dubitative sur l'analyse du tableau de Manet ( le repos) où Berthe Morisot pose en robe de mousseline.
L'ensemble du récit manque d'unité pour réellement capter mon intérêt.
Si le roman commence et termine par l'effarante découverte de la condition des juifs pendant la seconde guerre mondiale, on effleure à peine ce thème lors du développement.
La vie passionnante de Berthe Morisot, certes personnage assez énigmatique, s'effiloche par bribes noyées dans les considérations assez pointues sur l'Art.
Tous les personnages, toutefois suffisamment connus, manquent pourtant d'ancrage dans ce récit.
Une lecture à réserver aux amateurs d'Art.
Lien : https://surlaroutedejostein...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Sharon
  24 août 2018
J'ai beaucoup apprécié ce livre, qui nous parle de plusieurs temps à la fois. Nous sommes à la fin de la seconde guerre mondiale et pourtant, Paul Valéry, cloîtré chez lui se souvient, alors que ce qui se passe en Allemagne entre chez lui par le biais de Mathilde, l'être aimée, autrefois et aujourd'hui, femme qui se révolte face à la barbarie découverte, face aussi à la carapace d'indifférence de Valéry.
En une langue soutenue, précieuse, le récit nous plonge dans les souvenirs de Valéry, où se mêlent Mallarmé et surtout Berthe Morisot. Jeunes filles, elles et sa soeur peignaient, avaient leur propre atelier, et semblaient peu se soucier peu de trouver un mari comme leur famille et les convenances le demandaient. Berthe s'interroge sur le fait même de peindre, de la manière de peindre, ce que l'on peint, et, dans ses écrits (fictifs) vus à travers les yeux de Valéry, j'ai vraiment lu les affres d'une véritable artiste, et non une succession de clichés comme l'on peut en trouver parfois quand on nous parle de peinture. Nous découvrons également son regard de modèle, quand elle pose pour Monet, quand la gestuelle, le regard, la place occupée dans la composition sont au centre même de la création de l'oeuvre. Berthe, rare exemple de femme à la fois peintre et modèle.
Berthe, femme de, aussi, que l'on retrouve, grâce aux souvenirs du poète, au soir de sa vie, veuve, dans ce cimetière parisien où les vivants ont autant de place que les morts, par les hommages qu'ils leur rendent, par les créations dont ils les entourent.
La tristesse des femmes en mousseline, une oeuvre parfois en demi-teinte, portraits d'hommes et de femmes sur trois époques, qui nous questionne sur la création face aux barbaries de l'histoire.
Lien : https://deslivresetsharon.wo..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
MlleBouquine
  24 août 2018
Nous sommes en février 1945 à Paris dans l'appartement de Paul Valery, lorsque celui-ci se replonge avec mélancolie dans ses archives. Il relit ses notes et contemple une aquarelle de Berthe Morisot. Petit à petit nous pénétrons dans l'intimité de Paul Valery pour y découvrir les liens très étroits qu'il entretenait avec de nombreux auteurs et artistes novateurs du XIX siècle tels Mallarmé, Manet, Degas et bien sûr Berthe Morisot, dite Mme Eugène Manet, grand nom de la peinture impressionniste.
Il s'agit donc d'une plongée dans le paris mondain et intellectuel de cette fin du XIX siècle. J'ai peu accroché à ce contexte, ni à la narration entre-coupée de réminiscence de Paul Valery qui se croisent avec les souvenirs de Berthe Morisot. Dans ce roman, on est imprégné de nostalgie, de remords, de non-dits qui peuvent devenir pesant sur la fin. L'écriture est belle, le style est très littéraire mais le manque d'optimisme, d'enthousiasme entourant la vie de Paul Valery et de Berthe Morisot m'a semblé alourdir la lecture. Peu de sentiments joyeux, légers. L'amour comme l'art est ici tourmenté et proche de la folie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
oktaokta   04 juillet 2018
Berthe, vous pouvez douter de tout, mais pas de cela. Vous portez l’amour en peignant. La main qui tient votre pinceau est celle de l’amour. Rien ne pourra se faire de beau sans lui. Qu’importe si vous ne savez pas où cela vous conduira, pour qui et comment. Cela viendra et ce sera votre oeuvre.
Commenter  J’apprécie          00
SharonSharon   24 août 2018
Le silence était souvent chez les femmes une fuite habile plu que mystérieuse, se plut-il à remarquer.
Commenter  J’apprécie          10
oktaokta   04 juillet 2018
Cette peinture aurait pu être une image de paix, un autre Repos. L'une lisait, l'autre vaquait à ses songeries.
Commenter  J’apprécie          00
Videos de Jean-Daniel Baltassat (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Daniel Baltassat
Jean-Daniel Baltassat - La tristesse des femmes en mousseline
autres livres classés : camps de concentrationVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox






Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
1382 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre