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EAN : SIE258219_556
Flammarion (30/11/-1)
3.82/5   48 notes
Résumé :
L’action se situe durant le règne de Charles X (1824-1830) et se déroule entièrement dans la ville, dite médiévale, de Provins, dans le département de Seine-et-Marne.

Pierrette Lorrain est une jeune orpheline, confiée par ses grands-parents ruinés à ses cousins Rogron, deux célibataires imbéciles. Elle sera la victime innocente des manipulations des personnages essayant de récupérer la fortune des Rogron.

C'est le docteur Horace Biancho... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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Nastasia-B
  23 octobre 2014
Balzac est inégal, c'est vrai ; mais qui ne l'est pas ? Il s'englue parfois dans des sujets et des intrigues avortés ou grands prématurés, publiés à la va-vite faute de temps et d'argent. C'est vrai tout ça. Mais quand il est en forme le bonhomme, ouh ! nom de Dieu ! ça dépote les amis !
Et c'est ce Balzac-là qui justifie que, sitôt qu'on l'a croisé une première fois dans ses moments de grâce, l'on s'évertue sans cesse, à vie durant, à vouloir le croiser à nouveau vers de tels sommets.
J'ai eu récemment à dire du mal de mon petit chéri De Balzac et ça m'a fait de la peine. C'est peut-être pour cette raison que j'ai encore plus de plaisir aujourd'hui à vous parler de Pierrette, qui est, à n'en pas douter, un excellent Balzac.
C'est un court roman, qui se prêterait admirablement à une découverte de l'auteur pour un public lycéen, c'est du Balzac typique, du condensé de Comédie Humaine et à sa lecture seule, on comprend aisément que son auteur ait choisi ce titre pour chapeauter l'ensemble de son oeuvre.
Tout y est : l'entrée en matière avec la peinture du lieu où va se nouer l'action principale, l'éclairage rétrospectif sur les personnages centraux qui nous permet de mieux comprendre pourquoi ils en sont arrivés à vivre et réagir ainsi, Pierrette, le personnage prétexte qui n'est pas le personnage véritablement principal, un peu à la manière d'Eugénie Grandet ou du Père Goriot qui ne sont que des épiphénomènes de la mécanique humaine que l'auteur souhaite illustrer, le sens de l'intrigue sociale si propre à Balzac, la modification progressive du rythme vers la grosse accélération finale, etc., etc. ; tout y est ou presque des clefs d'écriture qu'on retrouve régulièrement à différents endroits de la Comédie Humaine.
Pierrette est indubitablement annonciatrice des Rougon-Macquart de Zola. On peut, au bas mot citer au moins quatre opus qui s'en inspirent directement : La Fortune Des Rougon, La Conquête de Plassans, Au Bonheur Des Dames, La Joie de Vivre. D'ailleurs, le nom même des Rougon résonnent de façon troublante avec celui des Rogron de Pierrette et Balzac écrit même textuellement à un moment la formule " la fortune des Rogron " à laquelle Zola donnera une descendance.
Mais c'est loin d'être tout, on peut y lire sans peine une amorce des Misérables d'Hugo où Cosette rime avec Pierrette, où les Thénardier sont des émanations postérieures des Rogron et où les personnages de Marius et de Jean Valjean apparaissent comme un dédoublement du personnage de Jacques Brigaut qu'on rencontre ici.
Nous sommes donc téléportés au sud-est de la région parisienne, dans le Provins des années 1825-1830 et l'on voit s'y épanouir la petite mesquinerie commerçante et provinciale d'un couple borné et absolument irrespirable, les Rogron frère et soeur, tous deux célibataires endurcis après une minable quoique rentable vie de merciers à Paris.
Parmi les rejetons éparpillés du rameau familial, exactement à l'instar des Rougon-Macquart, on trouve la petite Pierrette Lorrain, cousine des deux affreux, d'au moins vingt-cinq ans leur cadette, et aussi innocente, simple et admirable que les autres sont retors, prétentieux et détestables.
Par un hasard de mauvaises fortunes et d'héritages détournés, Pierrette va donc se retrouver pupille de ses cousins à Provins, elle qui a grandit près des embruns en Bretagne.
Tour à tour faire-valoir social, outil stratégique et enjeu matrimonial, on assiste impuissants à la mise au pilori de Pierrette (Pierrette et le poteau laid, en somme) par son cousin et surtout sa cousine Sylvie Rogron. Mais c'est sans compter sur l'intervention de Jacques Brigaut, un brave parmi les justes, qui voudrait bien arriver à inverser la tendance et à rendre à Pierrette un peu de sa dignité d'être humain et d'amour tout simplement. Y parviendra-t-il ? Ça c'est ce que je m'interdis de vous révéler.
En tout cas, c'est du très grand art Monsieur de Balzac, ça ne donne pas spécialement le moral, ça ne nous fait pas particulièrement aimer davantage l'humanité, mais c'est admirable dans son style, un patrimoine romanesque à inscrire sur la liste de l'Unesco, car malheureusement, ça a existé et ça existe encore de nos jours, peut-être avec une ou deux modalités différentes, mais si peu.
Bref, selon moi un opus majeur de la Comédie Humaine et de la littérature française en général, mais ce n'est que mon avis, c'est-à-dire une toute petite pierrette à l'édifice.
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cmpf
  25 décembre 2016

C'est le premier des trois portraits de célibataires de la Comédie humaine.

Coeurs sensibles et esprits imaginatifs, ne lisez pas ce roman à un moment de déprime. C'est le récit des mauvais traitements plutôt de nature morale que physiques infligées à une orpheline par des coeurs secs, un frère et une soeur, boutiquiers retirés à Provins pour y manger leur rentes.

La pauvre Pierrette est non seulement victimes des deux célibataires mais aussi des rivalités de pouvoir entre deux factions, pour lesquelles elle n'est qu'un pion. Personne ne la soutiendra donc jusqu'à ce que le pire arrive.

Le portrait des deux célibataires est sans nuance. Non seulement ils sont méchants, naturellement apparemment, sans en avoir vraiment conscience, mais ils sont bêtes, sont moqués pour leur volonté de paraître sans avoir la distinction et le bon goût nécessaire, mais sans comprendre pourquoi et pour parfaire le tout ils sont laids.
La vieille fille en particulier est l'objet des flèches De Balzac. Courtisée sur le tard par intérêt par un vieux colonel, il est dit que celui-ci grâce à son expérience de soldat peut faire face à sa laideur “. Les vieux militaires ont contemplé tant d'horreurs dans tant de pays, tant de cadavres nus grimaçant sur tant de champs de bataille, qu'ils ne s'effraient plus d'aucune physionomie, et
Gouraud coucha en joue la fortune de la vieille fille.“ ou encore “ il lui baisa la main, il était colonel de cavalerie, il avait donné des preuves de courage.”

Si l'histoire navrante mais vraisemblable de la fillette m'a touchée, j'ai eu beaucoup de mal au début du roman avec la présentation de tous les personnages. Je me suis un peu perdue dans les généalogies sans que cela gêne réellement ma lecture. J'en ai saisi assez pour comprendre que certains avaient été spoliés, dont les grands parents de l'orpheline.

Comme souvent chez Balzac la morale est assez cynique. Les méchants sont récompensés.
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PiertyM
  27 février 2021
Oh quel roman! On se croirait sur une scène de théâtre où on assiste à une confusion des faits, des intérêts pour les personnages...oui un conflit d'intérêt plane autour de Pierrette, sans que celle- ci, une enfant orpheline, maltraitée, sans aucune ambition, aucune force de caractère, n'ayant qu'une seule quête dans la vie une poignée de douceur, sans qu'elle en doute une seule pincée de machination! Recueillie par ces lointains parents, les Rogron, le frère et la soeur, deux bons célibataires, qui se sont enrichis dans le commerce de la mercerie, deux grincheux et très égoistes qui ont du mal à percer le voile d'amitié dans tous les milieux de Povins...mais je ne sais pas comment, et par quel retournement Balzac est parvenu à faire de la maison des Rogron l'un des enjeux qui va influencer le monde politique et bourgeoise de Pavins...cela relève simplement du génie de l'auteur! Pierrette est une oeuvre dont les choses se construisent a partir d'un chaos, pour des amateurs De Balzac, il va falloir d'un peu de patience...
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AMR_La_Pirate
  24 juin 2021
Pierrette est un livre peu connu De Balzac, présenté par son auteur dans sa dédicace à Mademoiselle Anna de Hanska comme « une histoire pleine de mélancolie »… Personnellement, je qualifierai plutôt ce roman d'illustration sordide de la maltraitance familiale ordinaire, de la négligence et de la non-assistance à une personne vulnérable en danger.
A douze ans, Pierrette Lorrain, orpheline, est confiée par ses grands-parents, ruinés, à Sylvie et Jérôme-Denis Rogron, des parents éloignés, merciers retraités, frère et soeur célibataires. Fraichement débarquée à Provins depuis sa Bretagne natale, la fillette est une belle enfant, spontanée, en quête d'affection ; les Rogron sont tout le contraire, calculateurs, mesquins, aigris… Ils occupent, à ce titre, une place de choix dans la galerie des célibataires de la Comédie humaine, vieille fille et vieux garçon exemplaires !
Tout au long du roman, Balzac donne à lire la montée en puissance du calvaire de Pierrette qui devient petit à petit la servante de la maison et le souffre-douleur de Sylvie Rogron. de réflexions désobligeantes en brimades, de jalousies en rancoeurs, de violence verbale puis physique, de manigances en manipulations, la fillette devenue adolescente est littéralement et méthodiquement démolie. Souffrante, maladive, elle évite de se plaindre, n'est pas soignée à temps…
En parallèle, Balzac nous décrit par le menu la rivalité entre deux clans politiques rivaux de Provins, reflet de la situation de la France sous le règne de Charles X ; des luttes politiques locales opposent les légitimistes et les libéraux qui se répartissent dans les salons influents de la ville. En effet, Sylvie Rogron reçoit beaucoup dans sa maison et les Rogron participent à des intrigues diverses et variés, politiques et même matrimoniales. Si la situation de Pierrette est remarquée par quelques protagonistes, personne ne s'intéresse assez à son sort pour lui venir réellement en aide ou alors, bien trop tardivement.
Seul Jacques Brigaut, son ami d'enfance et amoureux, apporte un peu d'espoir à la jeune fille.
J'ai déjà parlé de mon intérêt particulier pour le docteur Horace Bianchon, qui fait partie des rares bonnes volontés de cette histoire, et que j'aime retrouver tout au long de la Comédie humaine, lors de ses apparitions… On le croise ici au chevet de la pauvre Pierrette.
La narration souffre parfois des habituelles longueurs balzaciennes, surtout quand il s'agit de planter le décor des luttes politiques locales et de décrire les tenants et aboutissants de la situation sociale des Rogron. On se perd parfois dans un certain nombre de digressions…
J'ai cependant apprécié les réflexions sur les mariages tardifs et les risques des grossesses à un âge avancé.
La morale de cette triste histoire est particulièrement sordide et cynique, même si les Rogron sont jugés pour les mauvais traitements infligés à Pierrette ; l'épilogue montre la réussite future des notables mis en scène dans le roman et l'oubli du destin tragique de la jeune fille.
Un livre cruel, pessimiste…
Un huis-clos provincial sans espoir, une tragédie intime supplantée par des luttes politiques sans la moindre envergure.
Un texte à découvrir pour sortir des sentiers rebattus.

Lien : https://www.facebook.com/pir..
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Cer45Rt
  30 avril 2019
Quel Balzac !... Profond, puissant, intelligent, avec un souffle épique, une sensibilité, une ironie extraordinaire.
L'auteur du "Père Goriot" se base sur une histoire toute simple : une jeune fille nommée Pierrette, est recueillie par certains de ses parents qui la maltraite jusqu'à ce qu'elle en meurt.
Il y a là tout un tragique désabusé sur la nature humaine, les moeurs sociales et la cruauté de la vie. Et la bêtise, la médiocrité, l'arrivisme et l'ambition finissent par remporter la victoire, arrachant à ceux qui leur sont opposés une capitulation inconditionnelle.
Les beautés des caractères, chacun à leur place, les crescendos presque lyriques, la situation elle-même, le style et tant d'autres choses transfigurent ce Balzac d'un éclair divin.
Sans aucun pathos, à la fois juste, épique, puissant et fort, ce texte inoubliable et intemporel est l'un des plus grands Balzac que j'ait lu à l'heure actuelle.
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   29 octobre 2014
Quand ses amis, ses compères les rouliers ou ses habitués lui demandaient ce qu’il comptait faire de ses enfants, le père Rogron expliquait son système avec une brièveté qui avait, sur celui de la plupart des pères, le mérite de la franchise.
- Quand ils seront en âge de me comprendre, je leur donnerai un coup de pied, vous savez où ? en leur disant : « Va faire fortune ! » répondait-il en buvant ou s’essuyant les lèvres du revers de sa main.
Puis il regardait son interlocuteur en clignant les yeux d’un air fin :
- Hé ! hé ! ils ne sont pas plus bêtes que moi, ajoutait-il. Mon père m’a donné trois coups de pied, je ne leur en donnerai qu’un ; il m’a mis un louis dans la main, je leur en mettrai dix : ils seront donc plus heureux que moi. Voilà la bonne manière. Eh ! bien, après moi, ce qui restera, restera ; les notaires sauront bien le leur trouver. Ce serait drôle de se gêner pour ses enfants !… Les miens me doivent la vie, je les ai nourris, je ne leur demande rien ; ils ne sont pas quittes, eh ! voisin ?
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Nastasia-BNastasia-B   25 novembre 2014
Ce colonel, gros homme court, portait d’énormes boucles à ses oreilles, cependant déjà garnies d’une énorme touffe de poils. Ses favoris épars et grisonnants s’appelaient en 1799 des nageoires. Sa bonne grosse figure rougeaude était un peu tannée comme celles de tous les échappés de la Bérésina. Son gros ventre pointu décrivait en dessous cet angle droit qui caractérise le vieil officier de cavalerie. Gouraud avait commandé le deuxième hussards. Ses moustaches grises cachaient une énorme bouche " blagueuse ", s’il est permis d’employer ce mot soldatesque, le seul qui puisse peindre ce gouffre : il n’avait pas mangé, mais dévoré ! Un coup de sabre avait tronqué son nez. Sa parole y gagnait d’être devenue sourde et profondément nasillarde comme celle attribuée aux capucins. Ses petites mains, courtes et larges, étaient bien celles qui font dire aux femmes : " Vous avez les mains d’un fameux mauvais sujet." Ses jambes paraissaient grêles sous son torse. Dans ce gros corps agile, s’agitait un esprit délié, la plus complète expérience des choses de la vie, cachée sous l’insouciance apparente des militaires, et un mépris entier des conventions sociales.
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Nastasia-BNastasia-B   26 octobre 2014
Cette vieille fille, à l’oreille si alerte, se présentait dépouillée des artifices en tout genre qu’elle employait pour s’embellir : elle n’avait ni son tour de faux cheveux ni sa collerette. Elle portait cet affreux petit sac en taffetas noir avec lequel les vieilles femmes s’enveloppent l’occiput, et qui dépassait son bonnet de nuit relevé par les mouvements du sommeil. Ce désordre donnait à cette tête l’air menaçant que les peintres prêtent aux sorcières. Les tempes, les oreilles et la nuque, assez peu cachées, laissaient voir leur caractère aride et sec ; leurs rides âpres se recommandaient par des tons rouges peu agréables à l’œil, et que faisait encore ressortir la couleur quasi blanche de la camisole nouée au cou par des cordons vrillés. Les bâillements de cette camisole entr’ouverte montraient une poitrine comparable à celle d’une vieille paysanne peu soucieuse de sa laideur. Le bras décharné faisait l’effet d’un bâton sur lequel on aurait mis une étoffe. Vue à sa croisée, cette demoiselle paraissait grande à cause de la force et de l’étendue de son visage, qui rappelait l’ampleur inouïe de certaines figures suisses. Sa physionomie, où les traits péchaient par un défaut d’ensemble, avait pour principal caractère une sécheresse dans les lignes, une aigreur dans les tons, une insensibilité dans le fond qui eût saisi de dégoût un physionomiste.
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Nastasia-BNastasia-B   27 février 2014
Elle s’appelait Bathilde et l’autre Pierrette. Elle était une Chargebœuf, l’autre une Lorrain ! Pierrette était petite et souffrante, Bathilde était grande et pleine de vie ! Pierrette était nourrie par charité, Bathilde et sa mère avaient leur indépendance ! Pierrette portait une robe de stoff à guimpe, Bathilde faisait onduler le velours bleu de la sienne ! Bathilde avait les plus riches épaules du département, un bras de reine ; Pierrette avait des omoplates et des bras maigres ! Pierrette était Cendrillon, Bathilde était la fée ! Bathilde allait se marier, Pierrette allait mourir fille ! Bathilde était adorée, Pierrette n’était aimée de personne ! Bathilde avait une ravissante coiffure, elle avait du goût ; Pierrette cachait ses cheveux sous un petit bonnet et ne connaissait rien à la mode ! Épilogue : Bathilde était tout, Pierrette n’était rien.
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Nastasia-BNastasia-B   20 octobre 2014
Le vin de Bordeaux était inconnu il y a cent ans : le maréchal de Richelieu*, l’une des plus grandes figures du dernier siècle, l’Alcibiade français, est nommé gouverneur de la Guyenne ; il avait la poitrine délabrée, et l’univers sait pourquoi ! le vin du pays le restaure, le rétablit. Bordeaux acquiert alors cent millions de rente, et le maréchal recule le territoire de Bordeaux jusqu’à Angoulême, jusqu’à Cahors, enfin à quarante lieues à la ronde ! Qui sait où s’arrêtent les vignobles de Bordeaux ?
(N. B. : *Louis François Armand de Vignerot du Plessis, duc de Richelieu (1696-1788), petit-neveu du cardinal.)
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Découvrez l'émission intégrale ici : https://www.web-tv-culture.com/emission/nathalie-cohen-un-fauve-dans-rome-53194.html Je vous invite à un voyage dans le temps. Dans l'Antiquité plus précisément pour évoquer ce roman « Un fauve dans Rome » paru chez Flammarion. Nathalie Cohen a toujours été fascinée par cette période qui couvre quand même près de trois millénaires, de l'invention de l'écriture vers 3200 av. J.-C. jusqu'à la chute de l'Empire romain d'Occident en 476. Cette attirance, elle l'explique notamment par ses origines méditerranéennes et son goût à étudier les échanges interculturels. Helléniste de formation, professeur de latin et de grec, elle a publié en 2017 un essai aux éditions du Cerf, « Une étrange rencontre, Juifs, Grecs et Romains ». Mais étant elle-même une grande lectrice, considérant Balzac comme le boss, l'envie de l'écriture romanesque était aussi bien présente. Conciliant donc ses deux passions, elle publie un premier roman en 2019, « Modus Operandi, la secte du serpent » dans lequel nous faisions connaissance avec Marcus Alexander, membre des vigiles romaines, chargé de prévenir les incendies et de maintenir l'ordre public. Revoici ce personnage dans ce nouvel opus, « Un fauve dans Rome » qui bien évidemment se lit indépendamment du précédent titre. Et c'est une belle réussite. Rapidement, le lecteur est captivé par cette intrigue d'enfants volés, tous blonds, dans une Rome battue par le vent du sud provoquant une touffeur insupportable. Nous sommes à l'été 64, Néron règne en despote et bientôt sa folie n'aura plus de limite avec une scène d'anthologie dans la seconde partie du roman, celle du grand incendie de Rome. On s'attache aussi à ces personnages qui peuplent le roman, telle la vestale Gaïa, demi-soeur par adoption de Marcus et qui cache un secret inavouable. Et dans cette Rome toute puissante, pourtant au bord du précipice, comment vivre sa foi lorsqu'on est juif. Si elle reconstitue parfaitement l'Antiquité avec force détails et références historiques qui permettent aux lecteurs d'en apprendre beaucoup sur la vie quotidienne à Rome à cette époque, Nathalie Cohen réussit la performance de faire un roman très vivant, avec une écriture moderne et alerte, glissant juste ce qu'il faut de dialogues, distillant savamment les éléments nous permettant de rester en haleine sur l'intrigue de départ et abordant des thématiques qui font écho à notre monde contemporain. Quant au personnage de Marcus, avec ses failles et ses complexités, son bégaiement et ses yeux vairons, il est parfaitement campé et donne corps à ce roman que je vous recommande vivement. « Un fauve dans Rome » de Nathalie Cohen est publié aux éditions Flammarion.
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