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ISBN : B0014YA94I
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 2.62/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Les bastions de l'Est, Colette Baudoche, Histoire d'une jeune fille de Metz

Quand le traité de Francfort eut donné à l'Allemagne en 1871 l’Alsace et la Lorraine, nombreux sont ceux qui abandonnèrent leur terre natale. Les autres se résignèrent à subir cette mauvaise fortune des armes qui changeait leur nationalité. Mais un trait de plume au bas d'un parchemin peut-il aussi changer les cœurs ? Oui, disaient les vainqueurs, en laissant faire le temps. T... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
hannah851
  04 avril 2014
Colette Baudoche est un hymne à la résistance "passive" (silencieuse et invisible) des messins d'origine française après l'annexion de la Lorraine par les Allemands (1870). Maurice Barrés y décrit le quotidien d'un jeune professeur allemand, Frédéric Asmus, nouvellement arrivé à Metz. Locataire chez Madame Baudoche et sa petite-fille Colette, il va se familiariser en leur compagnie au mode de vie français et à sa langue tout en plaçant peu à peu les messins sur un piédestal dont son amour pour Colette sera l'incarnation. Cette trame principale n'est en réalité qu'un prétexte servant à l'auteur pour dresser une caricature de l'occupant, de ses moeurs et de critiquer ses apports dans le paysage urbain et sa politique d'assimilation des vaincus à la cause allemande. Parallèlement, Maurice Barrés glorifie la résistance et la fidélité des messins à leurs racines françaises.
Ce qui m'a principalement intéressée dans ce roman sont les descriptions du paysage urbain alors en pleine mutation (démolition des remparts, création du nouveau quartier allemand, modification de l'Esplanade...) et les impressions de chaque personnage sur ce bouleversement. Celles-ci même si elles sont exagérées, et parfois poussées à l'extrême, témoignent d'une certaine manière des réactions que purent avoir les Lorrains à cette époque.
L'auteur décrit également des éléments qui ont en partie disparu aujourd'hui mais qui subsistent dans les mémoires ou le paysage. La vie quotidienne était rythmée par les cloches de la Tour de Mutte, beffroi municipal, avec Melle de Turmel sonnant le couvre-feu ou la cloche Mutte sonnant les grands événements civils comme l'entrée de Guillaume II dans la ville. Il décrit aussi la campagne messine avec ses jardins fruitiers et ses vignes, le jardin d'Amour aujourd'hui remplacé par le temple protestant....
Lecteur averti et amateur du passé de Metz, ce livre est fait pour vous car il recèle des descriptions urbaines parfois très intéressantes malgré le discours largement pro-lorrain du roman.
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EricB
  19 septembre 2017
Colette Baudoche et sa grand-mère vivent à Metz, ville annexée par l'Allemagne après 1870. Elles prennent en pension un professeur allemand, le Docteur Frédéric Asmus, qui a pour mission de germaniser la Lorraine. Peu à peu, il tombe sous le charme de la jeune Colette, au point de lui demander sa main. La vengeance de celle-ci consiste à refuser toute union avec ce prétendant, par une sorte de résistance passive.
Il s'agit donc bien d'un roman patriotique, qui exalte l'âme lorraine, et la fidélité à la nation française. Barrès n'est toutefois pas le nationaliste belliqueux qu'a dépeint Bernard-Henry Lévy. Le portrait de l'universitaire allemand est plutôt nuancé, malgré quelques stéréotypes (Asmus représentant l'ennemi, le colonisateur), et le roman demeure fort lisible si l'on veut bien ne pas perdre de vue le contexte historique qui en est à l'origine.
En outre, les paysages y jouent un rôle de premier plan. Comme l'écrit Alain Brossat, "ce qui constitue le trait proprement barrésien, dans ce roman comme dans d’autres, c’est l’application et la constance avec laquelle la fable est enracinée dans une topographie, reconduite à la terre, aux lieux, à l’espace, aux paysages. Ce que l’ennemi ne saurait s’approprier, ce qui échappe résolument à ses prises, c’est cette géographie habitée, car chaque monument, chaque colline, chaque vignoble, chaque village porte la marque d’un génie autochtone qui résiste à son emprise et auquel en tant qu’étranger, semi-barbare venu de l’Est, il ne saurait être, d’emblée du moins, sensible."
(« Barrès ou la nationalisation du paysage », Appareil [En ligne], 11 | 2013)https://appareil.revues.org/1794.)
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
genougenou   15 septembre 2013
Que voulez-vous, mon cher Monsieur Frédéric Asmus, vous êtes une victime de la guerre. Votre naïve impétuosité n’avait pas tort de céder à l’attrait de cette terre lorraine, qui désire refaire avec ceux qu’elle attire ceux qu’elle a perdus; tout semblait propice à ce rêve pacifique; mais une jeune fille a choisi la voie que lui assigne l’honneur à la française.
... Rentre, Colette, avec ta grand’mère, dans votre appartement du quai sur la Moselle. Inconnue à tous et peut-être à toi-même, demeure courageuse et mesurée, bienveillante et moqueuse, avisée, loyale, toute claire. Persévère à soigner les tombes, et garde toujours le pur langage de ta nation. Qu’elle continue à s’exhaler de tous tes mouvements, cette fidélité qui n’est pas un vain mot sur tes lèvres. Petite fille de mon pays, je n’ai même pas dit que tu fusses belle, et pourtant, si j’ai su être vrai, direct, plusieurs t’aimeront, je crois, à l’égal de celles qu’une aventure d’amour immortalisa. Non loin de Clorinde et des fameuses guerrières, mais plus semblable à quelque religieuse sacrifiée dans un cloître, tu crées une poésie, toi qui sais protéger ton âme et maintenir son reflet sur les choses... Nous, cependant, acceptons-nous qu’une vive image de Metz subisse les constantes atteintes qui doivent à la longue l’effacer ?
Et suffira-t-il à notre immobile sympathie d’admirer de loin un geste qui nous appelle ?
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AbelKaderAbelKader   01 août 2019
Sans le stage qu’il accomplit quai Félix-Maréchal, il serait un de ces Allemands, aux poches bourrées de livres, que l’on voit arpenter, étudier, contrôler nos trois places, et, dont il faudrait croire qu’ils sont les plus fins connaisseurs en délicatesses d’art, si l’on ne remarquait qu’ils se mouchent dans des carrés de papier. Fâcheux signe extérieur !
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hannah851hannah851   04 avril 2014
Et tous trois, ils gagnèrent les escaliers de la haute basilique, sur laquelle le soleil, après tant de journées de pluie, mettait la couleur des mirabelles.
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Video de Maurice Barrès (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Maurice Barrès
Joseph Paul-Boncour et Maurice Barrès... .Joseph Paul-Boncour dans le ?Portrait Souvenir? de Maurice Barrès proposé en 1962 par Roger Stéphane pour la chaine unique de télévision. Montage d'Antoine Perraud pour Mediapart.
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